‹ Histoire de la littérature contemporaine en RussieChapitre 16 sur 90 · Avec Voltaire de 1763 à 1777 et avec Diderot · texte numérisé non relu

Avec Voltaire de 1763 à 1777 et avec Diderot

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espérances sur le résaltat des réformes de Gathe-^ rjae II. II ne tarda pas à s'apercevoir que la noblesse^ russe, comme sons Pierre I", n'avait Mnpninté aux nouvelles idées que lenr côté sQperfieiel. Sons soa extérieur frivole et sceptique, elle était aassi ignorante et aussi grossière qa^anparavanl. Ce fut contreelle qu'il dirigea ses satires. Dans ses comédies dv Brigadier ei da Xineur^ il fil preuve d'une verve et d'une finesse d'esprit qui rappellent parfois Molière.

L'histoire fut, après la satire, la science qui fit le plus de progrès en Russie à cette époq«e. Sans^ atteindre la hauteur à laquelle elle parvint un peu plus tard, elle |H*oéuish cependant quelques œuvres^ originales imitées, pour la forme, des Mémeire$ qui étaient alors en vogue en Europe. Citons entre autres : la CmrufMam de mœurs en Jlacsste, par Stcherbatof ; le Béeit rineère de mei actes et de mes pensées^ par Von Vizine; les Mémoires de Danilof et de Bolotof.

La littérature courante s'enrichit de quelques publicaticHOs périodiques, comme le Messager de Samt^ Pétersbourg ^ et le Guide des amateurs de littérature^ publié sous la direction de la princesse Dascbkof , présidente de Facadémie des sciences.

Il ne faut pas croire cependant que la propagation des théories du dix-*buitième siècle, en Russie, ne s<mleva aucune opposition. Les réformes de Pierre 1*% et les syst^DOies philosophiques des encyclopédistes français, avaient pu séduire des esprits enthousiastes, d'une intelligence au-dei^susdu niveau ordinaire. Mais

1 • Le premier jourittl qui -puut en Hassie fut : Les Nouvelles russes^ fondé par Pjerre 1<^' en vertu d'un oukaze du mois de jan» ^ler 1703, < ^ , • . $ • ;^

ORiaiK£S BB LA LiTTËBATURE RUSSE. Sd

«ce groupe d*écri vains r^narquables, que nous venoas 4'étudier, était complètement isolé dans le pays. Le ^este de la nation ne les suivait que de Ioîa, ou n'ac* cueillait qu'avec effn^ des idées qu'elle ne pouvait partager. Le sol élait loin d*étre préparé. Et du resCe, n'était-ce pas une contradiction étrange que d'entendre prononcer les mots de liberté religieuse et so- -ciale dans un pays où le peuple était encore attaché à la glèbe ?

L'opposition ne vint plus du clergé, comme autrefois, mais de plusieurs esprits sérieux qui essayèrent de réagir contre ce que ces idées nouvelles avaient xl'extréme en politique, en religion et en morale. L'Europe s'occupait beaucoup alors des doctrines de :âaint-Martin, et les loges maçonniques commençaient à être en vogue.

La Russie eut aussi sa maçonnerie : ce fut d'abord «n engouement ; plus tard, le Martinisme trouva des adhérents sérieux qui donnèrent à ce mouvement un caractère philantropique et religieux. Les principaux d'entre eux, Novikof et le professeur Schwartz , établirent une société intitulée «/a Société des Amis,n Le but de cette association était de répandre Tinstruction religieuse dans les masses. En conséquence, ils instituèrent un séminaire pédagogique^ puis, en 4783, reçurent l'autorisation de fonder une imprimerie.

Leur propagande obtint d'abord quelques succès. Leur but étant de réagir contre le dédain que la haute société affichait alors pour la religion et l'histoire nationale, ils recrutèrent un grand nombre déjeunes gens qui embrassèrent avec ardeur leurs opinions. Malheureusement» le mystère dont ils s'entouraient,

et les rites symboliques qui présidaient à leurs réunions , les ayant rendus suspects au gouvernement, celui-ci fit dissoudre cette société, et arrêter NoYikof qui fut enfermé dans la forteresse de Schlûs^ selbourg.

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