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LITTÉRATURE MODERNE

PREMIERE PERIODE

Nous arrivons à une époque de renaissance lilléraire qui, dans toute TEurope, fut signalée par Tappari4.ion du romantisme. Le classicisme avait fait son temps. Ses productions étaient surannées et ne répondaient plus à l'esprit de répoque. La nouvelle génération élevée à To^bre des grands événements qui avaient bouleversé le monde, au commencement de ce siècle, accueillit avec enthousiasme les idées nouvelles et fécondes du romantisïne. La Russie ne resta pas étrangère à cette régénération intellectuelle. Ce ne fut pas un écho, mais bien une lutte passionnée, ardente.

Karamzineen avait été le promoteur. Les réformes qu'il avait introduites dans la langue littéraire, son peu de respect pour les méthodes vieillies du classicisme lui avaient attiré les foudres des représentants

de celte école. Les classiques qui comptaient à leur tête Schichkof, Derjavine, Krylof, le prince Schakhovskoï, Toumansky, avaient fondé un organe intitulé : Entretiens des amateurs de la langue russe ^ dans lequel ils entreprirent une carapagne sérieuse contre le romantisme.

Ce dernier avait pour lui la jeune génération qui avait aspiré avec ardeur le souffle des idées libérales venues de l'Europe occidentale. Les disciples de Técole de Karamzine, après avoir défendu les théories du maître, ne tardèrent pas à placer le débat sur un terrain beaucoup plus élevé et plus général. Ils laissèrent de côté les questions grammaticales et linguistiques, pour parler des droits de l'écrivain et de la littérature. Ils fondèrent une Société iatitiilée Arzamas (1815) qui comptait parmi ses principaux membres : Joukovsky, Bloudof, le prince Viazemsky, Daschkof, Tourguénief, Ouvarof, Pouchkine.

Cette Société, vivement attaquée par l'organe de Schichkof, se défendit vaillamment. Le parti de&elassiques avait pour lui tout un code de formule», de règles, de théories classifiées, qui embrassait dans son cercle étroit tes diverses parties d^lalittëraliHre.

V Arzamas y répondit par des satires et de» épigrammes. Le prince Schakhovskoï avait attaqué Joukovsky dans use comédie. Btoudof vengea MB ami en ridiculisant le parti de Schichkof, dans une amusanté satire, intitulée : Vision du restaurant i*A rzamas, publiée par une Société de savants. La gaieté la plus spirituelle faisait le fond des réunions de ce petit cénAcle. Là, rieu de guindé, ni de sévère. Chacun desB^nlres avait le droit de porter le titre de : Son excellences un de$ génkè as VArzamt», Toici, par exemple, la ma-*

PREUIBR8 PÉRIODE.

ûière doat Toncle de PcmchkiM tet reçu meÉkbre de cette Soei6té. « Lorsqu'on Feut jiitfH»âmt dans une des premièreft cbaos^res, on 4e plaça sur «ui dtvaii^ et on ealassa sar hn tmtm les feurrares des autres membres : c'est dans celle position, 4fB'il dut ècouief la lectu^ d'une tragédie firaoçaisie tout >efitière. En* snite, oa M baada les yeux, et on le coaduisil d'e&* caliers en escaliers dafis une des cliambres qui prëoédaieat le cabinet. Ce cabinet, qui étaift lelieu hsd>itiiel de la Féoftioii et oà iras tes awmbres se tronyaient alors réunis, était brillarnsMiit édairé. La chambre qui le précédait était sombre et séparée du cabinet par une portière.

^ On lui enleva son mouchmr , et on lui présenta un énome el affreux imtnnequia, construit à l'aide d'un porte4naiiteafu, recouvert d*UB drap delii. On expliqua à Pouclfkine que ce mannequin représentait le mau^ vais goûK. On lui remit alors un arc et des flèches qu*H dot décocber contre le mannequin. Enfin, on Tintroduisf t dans le cabinet, -et t)n lui donna une oie gelée qu'il dut tenir dans ses mains pendant qu'on lui faisait' un discours de réoeplion... » Gomn^ tous les AfVBêma^em étaient immiorlels, le nouvel élu ne pouvait faire Téloge d*un memiire ^^unt. Il fut donc convenu que tout isitié ferait, ea «entrant, le panégyrique d'un des m^aibr^ du parti de Schichkof. Cela s'appelait : « emprunter un 4éAint aux Gbaldéens des Sntretiens^^ de 1* Académie^ aAn de le récompenser selon ses mérites, sans attendre la postérité. » Les comptes rendus des séances étaient écrits en hexamètres par Joukovsky.

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