‹ Histoire de la littérature contemporaine en RussieChapitre 19 sur 90 · SefaieUkof ^toU aton préiiéeai de rAnidioye · texte numérisé non relu

SefaieUkof ^toU aton préiiéeai de rAnidioye

L'école de Sehichkof avait sur ses adversaires de nombreux avantages. £Ile parlait au nom d'autorités incontestables^ de théories esthétiques formulées par les siècles, et qui avaient produit des chefs*d'œuvre. Son ton doctrinaire et sérieux en imposait beaucoup* De plus, son premier représentant, Sehichkof, avait une situation qui donnait beaucoup plus de relief au parti dont il était le chef. D'abord président de l'Académie, il fut plus tard (en 48^) nommé ministre de rinstruction publique. Sehichkof était un homme honnête et loyal. Mais, réactionnaire comme tous les vieux-classiques entêtés, il croyait Tordre social fortement menacé par les nouvelles théories littéraires. Ce fut sous son inspiration que parut le nouveau règlement de la censure, d'un caractère excessivement oppressif, et qui resta en vigueur pendant plusieurs années.

Les Arzamasiens étaient privés de toutes ces res* sources. Mais ils avaient pour eux la jeune génération; ils étaient de leur époque. Proclamant les droits -de tout écrivain à Tindépendance et à la liberté , ils accueillaient avec empressement tous ceux qui avaient quelques chances de célébrité. Aux anciennes autorités du classicisme ils voulaient opposer des noms et des talents: nouveaux. Sous des apparences frivoles et légères, ils cachaient la forte et saine compréhension des besoins de TépoqujB, et le sincère désir de mettre la littérature russe à la hauteur des idées modernes. Tout ce qui était beau, grand et libre trouvait en -eux de Técho, et un encouragement. Us aimaient le naturel avant tout, et avaient horreur du boursouflé, et de Temphase.

La Société de VArsamas ne tarda pas à se dissoudre.

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Parle caractère pea sérieux de son organisation, elle ne pouvait durer longtemps. Elle avait recruté quelques nouveaux membres, qui voulurent lui donner une nuance plus politique. On était alors à Tépoque des sociétés secrètes. Les idées libérales émanées de la révolution française avaient fait le tour de l'Europe, et pénétré jusqu'enRussie. Ce n'était pas en vain que les officiers russes avaient foulé le sol de la France. La constitution libérale accordée à la Pologne for^ mait un contraste frappant avec le despotisme gouvernemental de la Russie. Quelques esprits ardents, comme Bestoujef, Ryleief, Mourayief, Pestel, Tourguénief, etc., avaient résolu de faire cesser le joug de fer imposé à leur pays, par le ministre Araktchéef, en faisant une vraie révolution. Plusieurs d'entre eux admis à YArzamas proposèrent aux autres membres d'abandonner le terrain purement littéraire, afin d'aborder le domaine des idées sociales et politiques. Le président de la Société, Bloudof, appuyé par la majorité, refusa nettement. VArzamas avait vécu.

Mais, en quittant Tarène, elle n'emporta pas les idées qui avaient formé son programme, et qui étaient trop vivaces pour disparaître. Les principaux membres de YArzamas^ dans les carrières diverses qui. les attendaient, continuèrent h en défendre les théories. Ils les introduisirent dans leurs productions et dans la vie pratique ; c'est à Tombre de ce drapeau que grandit toute une jeune génération d'écrivains qui, plus tard, devait poursuivre Tœuvre commencée et assurer le triomphe définitif du romantisme. Cette théorie nouvelle produisit des résultats tout particuliers en Russie. Dans l'Europe occidentale, et surtout en France, elle avait été longuement préparée par la lutte

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des idées. Son enchainemeàt aux faits historiques pouvait se suivre dès Torigine. L^M^squ'eUe parut, eHe irouTa le sol toist prêt à la reoeFoir ; car die atait pris racine daâs la vie des nations ; elle en était le I»t>duit intime.

En Russie, le romantisme reçut rhospâtalilë qui arail été accordée à toales ies autres idées littéraires. C'était une tàéorie nouvelie, sans lien intime arec le passé intellediUel de la natii». U fut donc adopté d'abord comme un eoseigaesDeiit esthétique qui ouTrait de nomveaux horizons , en émancipant la littérature du joug classique et en proclamant la liberté individuelle de chaque écrirain. Plus tard, et par suite du caractère tout particulier que lui donna Timportation allemande, il se rapprocha peu à peu de la Tie du peuple et de la société, dont il se mit à étudier k» manifestiUiofis* C'est ainsi que nous verrons le grand poète russe, Pouchkine, avoir d'abord des folles poash sées de lyrisme à la Byron ; pais, instruit par l'expérience et la réalité, ne prendre au romantisme <pe ee qui pouvait être appliqué aux formes toutes particulières de la société. Après lui, Gogol devait suivre la voie tracée par le poète, l'étendre davantage, et arriver à pressentir le réalisme^ en faiswt à la vie russe une plus large part dans ses œuvres.

En résumé, ce fut par le romanliane que la littérature russe quitta le genre d'emprunt et d'imitation que lui avait imposé le régime classique, pour naviguer à pleines voiles vers l'indépendance et. arriver à Toriginalité de la création .

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