‹ Histoire de la littérature contemporaine en RussieChapitre 22 sur 90 · Sae/^a, diminutif d'Alexandre · texte numérisé non relu

Sae/^a, diminutif d'Alexandre

des sotUses, qui eafiA est 4e¥eau boa i qaeicttte chose, et qui, attacbé à aae légation, pe«t, avec te lemps, devenir on commUi^ iÈtui. Mais iteiàe ¥ealfiat pas voir autre chose en moi. A Pétersbourg, il y ea a qui m'estiment à ma valeur, et qui au moins me jugent comme je veux ^% jugé. Ici, ce n'est pas la m^ne chose. Interroge Gendre, et il te dira que depniëremenl, pendant le souper^ ma mère a parlé avec mépris de mes travaux poétiques, et m'a reproché d*étre haineux comme les autres écrivassiers— tout cela parce que je n*admirais pas Kokochkine et sa clique. »

Son s^our en Pei^ donna plus de sérieux à son caractère. 11 avait jM tm gmtrwie^ comme on dit vul* gairement. Devenu homme, ii mit à proit les ixàsks de la vie solttaire qu'il menail, pour éÉdidîer le persan, et continuer ses travaux littéraires. Ge fut enGrosie, ou on renvoya quelque temps après, pour occuper un poste diplomatique, auprès du célèbre £rmoli^ qu'il conçut le plan de sa c^èbre comédie : Le wMikew^ cT avoir de re$prit. En iâ23, il obtint un congé, et revint à Moscou. Il passa l'été dans les terres de son ami Biégttchef; là, fl termina le troisième et le quatrième ^te de sa yièœ. Lf»«qu*eUe fut achevée^ il se roA^t à Pétershowg pour la faire jon«*. Mais, malgré les effmts et les dénarches 4iu'il tenta, la oensure se refusa à «utonser la reprësenlaition, et mteae rimpression. Il écnvaii à ce sojet à Biégitchef :

« Je ne puis me défaire de ma folle ambition d'auteur. J'attende, j'ospère, je me tomrmente, je remplace ce qui est biea par des bêtises; dans beaucoup d'endroits, les brillantes couleurs de mon tableau dramatique disparaissent; je me fâche, et remets ce

^e j*ayais effacé; je crois que cete ne finira jamais... Mais, j'arriTerat; la patience est la bcâe Umtes les seientes» Tôt, mon bien cher ami, ta connais ton Alexandre; étonne-toi donc de son entêtement, de ee frirole et indigne traçait, qm n'esl en rapport ni ayec Fardenr insatiable de mon âme, ni avec mon ardente passion poiff de Boweaux projets, pour de nouvelles études, et pour des gei» et des choses extraordinaires »

Griboîédof, nous l'ayons dit, était ambitienx. Il Tétait surtout comme écrivain. Anssi, le chagrin de Toir sa pièce refusée par la censure, et rimpossibilité de rimprimer, le mirent dans un état d'irritation inq^ossible à décrire K Le ton légèrement moqueur et sceptique de ses lettres se changea en railleries acerbes, en cruels sarcasmes. Il se regarda comme une intelligence supérieure mais incomprise et isolée au milieu des nombreux c imbéciles » qui Tentou* raient.

t Frère et ami t éerit-^il à Biégitchef% il est cinq heures du matin. Je ne dors pas. C'est aujourd'hui l'anniversaire de ma naissance, eh quoi? J'ai déjà parcouru la moitié du chemin; je serai bientôt vieux et béte comme tous mes nobles contemporains. Hier, j'ai diné avec toute la clique ' des littérateurs d'ici. Je ne puis m'en plaindre, tes génuflexions et Fencens ne m'ont pas manqué. Mais je suis abreuvé de leurs

1 . Celte pièce eut néanmoiiu «n gfand succès ; on s'en arrachait les copies. 11 est à remarquer que Pouchkine, qui en général élait très-i«dulgent pour ses eonfrirês, eritiqaa très-séyèrenrent la pièce d« GriboYédor. £taiA-ce par esprit de parti?

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