‹ Histoire de la littérature contemporaine en RussieChapitre 23 sur 90 · Pétersbourg, le 4 janvier · texte numérisé non relu

Pétersbourg, le 4 janvier

3. L'expression que j'ai trouvée dans le texte russe est beaucoup plus forte.

sottises, de leurs cancans et de leurs talents microscopiques. Ne désespère pas, mon ami, je ne suis pas encore tout à fait embourbé dans cette ornière. Je vais partir, et pour longtemps.- Tu m'invites à te rendre une visite à la campagne. C'est là que je veux aller chercher un asile, non pas contre les orages ni les chagrins qui me menacent, mais contre le vidç de mon âme. Quel monde ! Et que son histoire est béte ! »

Griboïédof, mécontent de tous et de lui-même, retourna en Grusie, en passant par la Crimée.

(( Tu veux savoir, écrit-il au même \ quels sont mes projets? A vrai dire, je n'en ai aucun. Je voulais tantôt aller à Odessa ; tantôt me fixer à Sobli, qui n'est pas loin d'ici. J'ai fini par me résoudre à rejoindre Ermolof; et tout est déjà empaqueté. J'ai passé presque trois mois en Tauride; résultat — zéro. Je n'ai rien fait. Est-ce parce que je suis trop exigeant envers moi-même? ou parce que je ne sais plus écrire? C'est ce que j'ignore. J'ai des idées en abondance; mais pourquoi suis-je muet? muet comme le tombeau t

c( ... .Je cherche un coin où il me soit possible de m'isàler et je ne le trouve pas.... Ici, on m'adule, on me flatte..... Je me suis fait de nombreux amis, mais j'ai perdu mon temps et la force de caractère que j'avais commencé à acquérir en voyageant en poste. Crois-m'en! Ces sortes de voyages sont charmants! Le sang est agité, de hautes pensées errent et voltigent bien au delà des limites ordinaires des sensations usées; l'imagination est pleine de fraîcheur; un feu impétueux brûle mon âme Mais quand

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