Cette phrase est en français dans l'original
2. Cet athée était un docteur anglais que Pouchkine ayait fréguemment rencontré dans les salons du général-gouverneur, ^
choug, Tchernigof et Vitebsk, sans s'arrêter en route. Avant son dépari d'Odessa, il écrivit ces beaux vers lyriques : A la mer,
a Adieu, libre élément ! Pour la dernière fois lu agiles tes vagues bleues et tu brilles de ta Gère beauté devant moi.
« J'ai entendu pour la dernière fois ton bruit triste plein d'émotions, comme le murmure plaintif d'un ami, ou ses adieux de la dernière heure.
« Limite désirée de mon âme I Que de fois j*errai sur ton rivage, tranquille, assombri ou fatigué par de secrets desseins I '
« Comme j'aimais ton écho, tes bruits étouffés, la voix de l'abîme, le silence du soir, et tes accès capricieux!
« La voile tranquille des pêcheurs, protégée par ton caprice^ glisse bravement sur tes sillons, mais tu entres en courroux, et les vaisseaux sont submergés.
« Tu m'attendais, tu m'appelais... j'étais fasciné; mon âme courait vers toi : en proie à une forte passion, je suis resté sur le rivage.
« Que puis-je regretter ? où me diriger ? Un seul objet dans ton immensité eût pu frapper mon âme...
« Un rocher, tombeau de la gloire... Là, de grands souvenirs se sont éteints dans le froid sommeil ; U mourut Napoléon.
« C'est là qu'il expira au milieu des tourments. Après lui, et semblable au bruit de la tempête, un autre génie i, un autre maître de nos pensées, a disparu.
« Il a disparu, pleuré par la liberté, laissant au monde sa couronne. Gronde et bouillonne, ô mer! il fut ton chantre.
II portait ton empreinte, il fut créé par ton âme: comme toi, il fut fort, profond et sombre ; comme toi, il fut indomptable.
« Adieu, mer! Je n'oublierai jamais ta triomphante