‹ Histoire de la littérature contemporaine en RussieChapitre 36 sur 90 · Svitka^ vêlement en drap grossier · texte numérisé non relu

Svitka^ vêlement en drap grossier

a aperçue. S'il fait froid, je te serrerai plus fortement sur « mon cœur, je te réchaufferai de mes baisers, je mettrai « ma chapka^ sur tes, petits pieds blancs, mon cœur, mon « petit poisson I montre-toi! Passe à travers la fenêtre, ne « fût-ce que ta petite main blanche... Non, tu ne dors pas, « fière sauvage! »> dit-il d'une voix où perçait la honte de s'être humilié un instant, a II te plaît de te moquer de moi ! « adieu !»

« Il se retourna, remit sa chapka sur sa tête, et s'éloigna fièrement de la fenêtre, en tirant des sons harmonieux de sa bandoura. Alors, le loquet en bois remua, la porte s'ouvrit avec bruit, et une jeune fille, qui pouvait avoir dix- sept printemps, se montra dans l'obscurité du soir; puis, jetant' autour d'elle des regards modestes, et sans lâch0r le loquet, elle franchit le seuil. Ses yeux clairs brillaient comme des étoiles dans le demi-jour; son collier de corail jetait des reflets rouges ; et les yeux d'aigle du jeune homme purent remarquer la rougeur dont ses joues se couvrirent.

— « Quel impatient tu fais! » lui dit-elle à demi-voix; (( tu te fâchais déjà ! Pourquoi as-tu choisi ce moment? Il y « a beaucoup Se monde dans les rues... je suis toute saiu sie... •

— « Ohl ne tremble pas, ma belle! serre-toi plus fort a contre moi! » dit le jeune amoureux en l'embrassant, et en rejetant la bandoura suspendue à son cou par une longue courroie. Puis, s'asseyant sur les degrés de la porte, il ajouta : « Tu sais que je te vois rarement. »

— « Sais-tu ce que je pense ? » dit la jeune fille, en jetant sur lui des regards pensifs. • Quelque chose me dit que « nous ne nous verrons plus si souvent. Les gens sont mau- « vais : les jeunes filles sonl envieuses, et les jeunes pay- « sans... Je remarque même que ma mère, depuis quelque « temps, me surveille davantage. J'avoue que j'étais plus « gaie chez les autres ! »

« Une expression d'ennui se peignit sur son visage en prononçant ces paroles.

— « Il n'y a que deux mois que tu es chez tes parents, et « lu t'ennuies déjà ! Peut-êlre môme te suis-je importun! »

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