Oûat)p6Ue bourlttki les ouvriers de barques sur le Volga
Là NOUVatLE ÊObLfi. 348
simple miestféhmine , aimait à dire de gros mots ] et pèndaiit dix {)agëô iioils Voyons défiler sôus nbs yëUx toiis les termes d'injures les plus sonores, toutes les grossièretés dont le vocabalaire du peuple , en Russie^ est si riche. Plus loin, un paysan, dans un long dialogue impossible à traduire^ essaye dé prouver kur ses doigts , cornihe Hamlet dans la scène dii cime* tière , que son coi-ps étant sorti de la terre et devant y retourner, il ti'est pas tenu de payer la redevance pécutiiaire pour le lot qu*il a reçu; puis., ne pouvant expliquer clairement cette Idée de haute métaphysique^ il s'enfuit, dit l'auteur, t en poussant un cri de désest)0ir. » Le récit d'Ouspensky a aussi d'autres tendances. Son Fainéarit^ qui n'est encore qu'uti gamin, s'imaginei par toutes sortes de tours, avoir protesté contre Tordre de choses en vigueur^ et se croit un héros. Il étudie ihal ou pas du tout — protestation sociale ! il passe son temps à pécher à la ligne avec d'autres fainéants -^ protestation sociale !
« Je tombai (dit-il) dans le milieu de la protestation^ au moyen de la fainéantise, et grâce à la sympathie du vieux pêcheur, qui exerça sur moi une influence très-forte, je më joignis à eux.... 11 arrivait très-souvent que les petites el futiles professions qu'exerçaient ces gens n'étaient pas simplement une passion, mais une sorte de protestation qui, par sa force intérieure, forçait le vieux à dire en prenant sa ligne : « Cherchez-moi 1 j'ai assez souffert, maintenant je vais pécher, et zut ! » « Mes àitiis ! criait une bourgeoise dans toute la longueur de la rue : -^ Mon brigand de mari a engagé mon dernier habit pour acheter une oie ! — Oui^ mais rappelle- toi, répondait aussi dans la rue le brigand, en serrant contre sa poitrine l'oie qu'il venait d'acheter : — ^ Rappelle-toi, coquitie, combieil tu m'as fait souifrlrl oui! lorsque tu voulais avec ton amant m*emballer dans ud régi*
ment, canailles que vous ôtes !» En regardant avec quel amouf cet homme pressait son oie contre sa poitrine, et avec quelle indignation il constatait ses droits, on ne pouvait voir dans cet acte un simple amusement né de l'ennui^ mais une protestation ! »
Tous les héros d'Ouspensky protestent à leur façon contre Tordre social : les uns en péchant à la ligne, les autres en volant des oies, les troisièmes en s'adonnant à Tivrognerie! singulière façon de montrer la lutte de l'individu contre le milieu qui l'écrase!
Les tendances de l'auteur sont encore plus visibles dans un autre de ses romans, la Ruine, Ouspensky nous dépeint sous de sombres couleurs la haine du peuple contre les marchands, les employés et les classes élevées. Le règne de ces derniers est fini; le temps est venu où le peuple va fouler aux pieds ses anciens oppresseurs, et envahir leurs châteaux « avec des auges et en haillons. » Le héros est un ouvrier qui s'est fait chasser pour son indiscipline. Il va partout dans les cabarets prêcher ses théories sociales et soulever le peuple contre l'oppression qui régnait autrefois. Tel est le sombre tableau que l'auteur nous fait du peuple russe. Espérons que les types que nous offre Ouspensky ne sont que les produits de sa fantaisie.
Pomialovsky, un autre écrivain réaliste, eut une jeunesse très-pauvre. C'est probablement à cela qu'il faut attribuer sa sympathie pour les pauvres et sa haine contre les riches. Cependant son héros Molotof, après s'être fait chasser de la maison où il élait précepteur, pour avoir osé aimer la fille du maître, cherche le bonheur dans un travail honorable et honnête. Pomialovsky n'a pas des tendances aussi