Guizot, Histoire de France, Tome
leurs et de formes beaucoup plus poétiques, sans doute parce qu'il touchait de plus près à l'individualité humaine. C'est ainsi que les nymphes des eaux et des bois, Bpussalkas^,, apparaissent sous la forme de jeunes filles toutes nues, recouvertes seulement de feuillage ou d'un léger tissu, portant de longues tresses vertes, et dansant, pendant la nuit, au fond des bois ou sur les bords d'une fontaine. Le dieu lare du foyer, domovoï^ diédouchka^y est un vieillard à barbe grise, qui protège les êtres et le bétail de la maison. Le leschi est capricieux, taquin, parfois même méchant, comme le faune et le satyre. Le vodiany^ esprit des eaux, protège les pêcheurs qui lui font des offrandes. Puis vient toute une série de génies malfaisants, comme : la Baba-Yaguy la plus redoutable de toutes les sorcières et des magiciennes^; le serpent Gorinitch qui garde des trésors dans les antres des montagnes; le Rossignol meurtrier (Soloveï Rasboinyk), qui siffle comme un serpent et hurle comme une bête féroce; et le vampire {Voukodlak), qui erre dans les cabanes pendant les nuits d'hiver^^pour sucer le sang humain.
La tradition populaire a aussi conservé quelques fragments de chansons rituelles (obradovy) qui se chantaient aux grandes fêtes de Tannée, comme à la fêle de Noël {kolenda)^ et au solstice d'été (koupala),
A une époque un peu plus avancée, nous voyons
1 . Elles sont appelées Vilas chez les Serbes, Samo-vilas chez les Bulgares, Margas en Gallieie et Vodnas paunas chez les Polonais^.
2.'Domovoï vient de domt maison; diédouchkay diminutir de dièd, aïeul.