Elle porte le nom de Viédma dans la Petite-Russie
apparaître l'épopée qui célèbre les exploits des héros, bohatyri^ et leurs victoires sur les forces malfaisantes de la nature. A l'origine, ces héros onl encore quelque chose de surnaturel. C'est pour cela que la tradition leur donne le nom de bohatyri starschié^ ou anciens paladins. Ce sont : le géant Sviatogor, le prince Voïga- Bouslaévitch, souvenir épique du temps où la chasse était la principale occupation des peuples primitifs; Mikoula Sélianovitch, type de l'âge où les Slaves se livraient à l'agriculture.
Les paladins nouveaux, bokatyn mladschiéy sont beaucoup plus nombreux que les premiers. Les bylinas et les piesnas qui célèbrent leurs exploits ressem-^ blent un peu à nos vieux fabliaux et à nos romans de chevalerie. Le type le plus populaire de ces paladins est Ilia dé Mourom. Les chants de la Russie méridionale nous le dépeignent luttant, tantôt contre le Rossignol meurtrier, tantôt contre les Tatars. Le merveilleux et la fantaisie y occupent moins déplace; ici, les héros se rapprochent davantage du type humain.
Enfin, un peu plus tard, et à mesure que la domination des descendants de Rurik s'affermit chez les Slavo-Russes, l'épopée natjonale fait place aux chants de la droujina, La droujina, composée à l'origine de Varègues, était la garde particulière du grand-prince. En temps de guerre, elle formait un corps d'élite qui avait sa part du butin ; en temps de paix, elle constituait le conseil du prince et l'aidait à administrer les provinces. Cette sorte de milice du palais comptait dans ses rangs des bardes qui, dans les fêtes et au milieu des festins, célébraient les exploits d'Ascold,
de Dir, d'Oleg, et autres héros varègues.
Q^Qs la Rouss septentripnale, à Novgorod, ville cominerçante et colonisatrice, la poésie populaire chantait surtout la richesse des marchands, et le courage de c^\ix qui s'aventuraient sur 1^ ip^i* ou d^ns des p^ys ipconnus,
C^est h r^ide de ces fragments ^e chansons, de contes et de légendes, transmis par la tradition, qu'il est possible de remonter vers un passé très-obscurt Le fond de cette poésie a un parfum d'antiquité facile à reconnaître. Le christianisme n'a pu exercer une influence plus ou moins grande que sur la forme; c'est ainsi, par exemple, que les noms des dieux et des déesses ont été remplacés par des noms de saints ou de saintes, que les attributions de Péroune ont passé à saint Èlie le prophète ; celles de Lada à sainte Parascévie, elc,