ÉPOPÉES SECONDAIRES
Après ces grandes épopées qui semblent l'œuvre moins d'un homme que d'une époque, tant elles renferment de choses, nous trouverons toute une série de poèmes secondaires, de môme qu'après l'Iliade et l'Odyssée nous rencontrons chez les Grecs la série de poèmes cycliques, les Chants Cypriens de Stasiuus, l'Étuiopide d'Arctinus de Milet, les Retours d'Agias de Trézène, et la Thêbaïde, et les Épigones, et l'Héracléide; et après Virgile, chez les Latins, La Pharsale de Lucain, les Argosautiques de Valcrius Flaccus, les Puniques de Silius Italicus.
Parmi ces poèmes secondaires de l'Inde nous citerons le Bhalli- Caoya, poëme en vingt-deux chants, consacré, comme le Rà- • màyana, à la gloire du noble époux de Sila ; puis les cinq ou six poèmes de Kàlidàsa, qui vivait sous le règne à jamais célèbre de Vicramaditya , et qui fut ainsi le Virgile de cet Auguste indien. Parmi les compositions épiques de ce poète que nous retrouverons bientôt, lorsque nous nous occuperons du théâtre, nous mentionnerons d'abord le Ritusanhara, ou Cercle des tempêtes; le Koumara Sambhava , resté incomplet, et qui chante la naissance et la jeunesse de Kartikéya, le dieu de la guerre; le Raguu-Vansa, consacré à la dynastie solaire de Raghou , roi d'Ayodhya, un des ancêtres de Ràma ; le Naladaya, qui raconte les amours et le mariage de Nala avec la belle Damayanti; enfin leMÉGUA-DuïA, ou le JSuage Messager, exprimant les regrets d'une épouse loin de son bien-aimé. Il y a dans ce poème un soupir élégiaque assez ému.
Plus d'une fois les rois et les princes sont venus grossir la liste des poètes de l'Inde.
C'est ainsi que Sri Uarscha Déva , roi de Cachemire, écrivit 1» NiciiADHA-CuARiTRA , dont le héros est ce même Nala, prince du
LITTERATURE HINDOUE. 57 Nichadha, dont nous parlions tout à l'heure. L'œuvre de ses mains royales est rangée parmi les six grandes épopées de l'Inde. Un autre monarque , non moins lettré , Magba , qui vivait en même temps que Vicramaditya, ajouta aux épopées classiques déjà connues une sorte d'béroïde pleine de beaux vers et de sentiments généreux, intitulée la Mort de Sesupala.
Krishna , le héros du Maliabharatta, n'a pas inspiré seulement la grande épopée indienne. Comme Apollon, il avait été berger; l'amour le consola de ses grandeurs perdues en touchant pour lui le cœur de la belle Kadha. Cette vie aventureuse et sentimentale a été racontée dans des poésies qui furent comivarées, non sans raison, aux compositions dramatiques, lyriques, pastorales et surtout amoureuses de l'Italie , à l'Ahikta du Tassé , au Pastor Fino de Guarini.