CHAPITRE VII
Ëtes-voiis comme moi, et ne trouvez-vous pas que ce soit une tâche nouvelle de suivre ainsi le poète à chaque pas de sa course haletante, à travers les passions de son âge et ses passions perBonnelles? Certes c'est là une œuvre pleine d*intérôt et d'émotion, d*éblouissements et de périls. Marcher à la suite de cette pensée hardie et que rien n'arrête, la suivre échevelée et vagabonde, à travers les ruines qu*elle relève, à travers les faionuments qu'elle brise ; prêter Toreille à cette voix puissante, et tour à tour l'entendre maudire et bénir, blasphémer et prier.
En même temps passer avec son guide infatigable, d'un lieu à Tautre, comme on passerait d'une idée à une autre idée. — Tantôt sur le bord de la mer quand Tocéan gronde, — tantôt dans le fond de quelque petit vallon dont le feuillage frémit sous la tiède haleine du printemps 1 — aujourd'hui prosterné dans les décombres d'un monastère antique — le lendemain, improvisant une chanson d'amour sur la mandoline espagnole — un autre jour, au milieu d'une révolution qui passe, l'œil en feu, et les bras III. 11
croisés, regardant à ses pieds ce vaillant i)euple qui bouleverse le monde. — Voyez donc le poète rôver une autre fois au pied de la colonne, et se grandissant, comme c'est le droit de la poésie, à la hauteur de cet empereur en bronze que M. Tliiers et le roi Louis- Philippe ont replacé sur son piédestal éternel ! — l'instant d'après, îe poète agenouillé murmure un pieux cantique au berceau de l'enfant qui dort. Il marche ainsi, du ciel à l'abîme, et qui le voudrait suivre aurait le sort du fils imprudent de Dédale.
Eh bien ! quel que soit le charme et la fatigue à le suivre en ses sentiers brûlants, il n'y aurait guère moins de peine et moins d'imprudence a vouloir pénétrer dans l'intime secret de cette âme aux impressions si mobiles, tour à tour joyeuse jusqu'à la folie et triste jusqu'à la mort, passant avec le même abandon du rire aux larmes, de l'amour à la haine, de la colère à la paix, du bonheur sans frein au désespoir sans limite ; ajoutez que ses passions politiques sont variables et multiples, terribles et orageuses autant que ses autres passions. Aujourd'hui il est à genoux devant la monarchie expirante, le lendemain il se prosterne devant le peuple, justement parce que le peuple est vaincu !
Plus tard, il va pleurer le roi de Rome comme il a pleuré le duc de Bordeaux ; plus tard, il tend la main au jeune prince royal, parce qu'il a été bienfaisant et généreux comme un poëte qui serait prince royal. — Quelle ûme à comprendre! un philosophe, un rhéteur, un homme, un enfant, un croyant, un sceptique, un républicain, un royaliste^ un orateur, un déclamateur, un amoureux, un fantasque en pleine règle, en pleine fantaisie; invoquant Racine et Virgile ; adorant Shakspeare et Corneille ; ami de Mo* lière et ne haïssant pas Despréaux. 11 va parler tantôt en .'grand politique, et tantôt en songe creux ; il va sans cesse et sans fin de l'ironie au pathétique, du simple au grotesque, de Lord Byron à Rabelais, de Triboulet à François I*'" I
Il a cherché tour à tour et en même temps l'ordre et la Tévçh Itttion en toute chose ; il écrivait ses poèmes les plus hardis, avant même d'avoir écrit sa poétique; il était avec un bonlieur égal le maître écouté, l'écolier attentif; il était architecte, légiste , avocat au besoin quand il a le plus bizarre de^8«9 drames à défendre ; mais en haut et en bas, dans la vérité ou dans le sophisme, il est resté toujours un grand écrivain, toujours
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lin grand poè'tp, et ce ({iii vaut niicMix, ou pour mieux dire, ce qui revient au même, toujours un brave homme, un galant homme et un homme do bonne foi.
A revenir avec hii sur les pas de sa jeunesse, il n'est pas un de nous qui ne revienne en même temps h sa propre jeunesse. Après juillet 4830, vingt-quatre heures après les Harmonies poétiques de M. de Lamartine, M. Victor Huj^o a publié les Feuilles cTy^utomn€j et dans cette pliase nouvelle de sa poésie, il n'était pas troublé, que je sache, « du retentissement perpétuel de la tribune sur la presse, et de la presse sur la tribune. » Au contraire, il y trouvait son compte, et que les poèmes faisaient assez bien leur chemin à travers Vémeute endormie « et ce bruit sourd que font les révolutions encore dans la sape. »
H disait (il disait vrai) que le mouvement, le bruit, la fumée et la dispute en toutes choses ne sont pas funestes à la poésie, et qu'elle s'accommode encore mieux des excès des champs de bataille, que du sommeil des tombeaux. La poésie est un oiseau. Musa aies; elle aime à voler contre le vent; elle n'est jamais plus belle et plus forte qu'au milieu des orages politiques ; elle aime à hanter ta ruine; elle se plait sur l'avalanche; elle bâtit son aire dans la tempête ; le poêle, quoi qu'il arrive, obéit à sa destinée. — a Data fata secutus ! — Fais ce que dois, advienne que a pourra. »
C'est surtout dans ce livre merveilleux des Feuilles d'automyie que le poëte se révèle : il y raconte son enfance, il y dévoile sa jeunesse, il y explique ses amours. — Ses enfimts et ses amis, il les a placés dans ce recueil, écrit avec toutes les tendresses de son cœur. — Vous y êtes tous, vous les frères de sa pejisée et de son âme, Louis Biiulanger, Sainte-Beuve, David, Lamartine, Fonlan ( un mort ! ) :
Famille, enfants, amour, Dieu, liberté, piilrie... La lyre à réveiller, la Bc(;iie à rajeunir*
Telle est l'œuvre nouvelle: Nostriferrago Hbelll, disait Horace.
Ah 1 les merveilles qui sont contenues dans ce livre, on voudrait tout citer, il n*y a rien à choisir. C'est la vérité même, la même implicite, la même grûce; \\n charme, un repos après les grondes
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compositions de TOrient. Qu'il était heureux et libre en ce tempslà ! Quelle fête et quel avènement ! Il était jeune, il était libre, il marchait, Tauréole au front ; il avait des accents qui allaient à Tâme, il avait des sourires qui allaient au cœur. Sa moindre parole était écoutée, et sa moindre chanson était chantée en chœur par tant de Jeunes esprits éblouis et charmés de son génie ; ainsi lui-môme
Dans une grande fête, un jour au Panthéon, J'avais sept ans, je vis passer Napoléon !
Je le vois encore dans cette douce maison des Roches, dans la vallée de Bièvre, qu'il a chantée en invoquant Virgile ! Le mettre de ces beaux lieux créés par lui, M. Bertin, était l'hôte de cette heureuse et naissante famille, et les deux petites filles et les deux jeunes garçons, lâchés dans ce grand parc sous l'œil attentif de leur mère, éclataient en mille fanfares pendant que le poëte, leur père et leur amour :
Poursuit au coin du bois la rime qui le fuit!
C'étaient des fêtes, c'étaient des rires et des extases. Que c^élaifc beau ù voir ce charmant et petit monde ingénu, étonné^ causeur, et qui ne savait pas qu'il était célèbre ! Et dans cette abondance de poésie arrivaient, sans rancune et sans envie, une demi-douzaine de grands prosateurs esprits sérieux et tout jeunes, dont la plume active et hardie enfantait, en se jouant, des pages qui n'étaient pas sans puissance et sans charme. 0 les belles journées l
La musique avait son tour; nous chantions les beaux choBurs d'un opéra dont l'écho savait les mélodies. Eh bien! ceux qui ont vu naître et gVandir ces beaux enfants et ces beaux vers, sous le toit hospitalier du plus rare et du plus sage esprit de ce temps-ci, peuvent attester, ils l'attesteraient au besoin par leun larmes, qu'en effet telle était la \ioés\e et tel était le poèfte, et que ces ravissements que je raconte ici, afin que l'avenir les sache et s'en souvienne, n'étaient pas de vaines fictions. Je les entends encore, ces voix éloquentes, ces cris joyeux, ces ravissements de la vie et de la gloire à leur aurore. Oui, et je te revois, frais vallon, parc séculaire, onde éclatante, notre chère patrie, que le poète a chantée :
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Oui, c'eâl bien le vallon; le vallon calme et sonibre!
Ici Télé plus frais s'épanouit h, l'ombre;
Ici durent lon^j^temps les fleurs qui durent peu ;
Ici rame contemple, écoute, enivre, aspire
A grand pitié du monde» et voit ce fol empire,
Où l'homme tous les jours fait moins de place à Dieu.
Une rivière au fond, des bois sur les deux pentes.
Li, des ormeaux bordés de cent vignes grimpantes,
Des près où le faucheur brunit son bras nerveux ;
LÀ des saules pensifs qui plturent sur la rive.
Et comme une bergère indolente et naïve
Laissent tomber dans l'eau le bout de leurs cheveux
Oui c'est un de ces lieux où notre cœur sent vivre Quelque chose des cieuxqui flotte et qui l'enivre, Un de ces lieux qu'enfant j'aimais et je rôvais, Dont la beauté sereine, inépuisable, intime. Verse à l'âme un oubli sérieux et sublime, De tout ce que la terre et l'homme ont de mauvais!
Les Chants du Crépuscule contiennent aussi des merveilles. En vain le poète se plaint do la nuit qui commence, il retrouve en ces vers d'un âge plus mûr, des éblouissements dignes des Orientales. Dans le poëme intitulé : Noces et Festins, il arrive, à la façon du génie invisible qui tantôt écrira, sur la mwaille croulante de Balthazar, la sentence de malédiction. Laissez-le fiûre» il sait les moindres détours de ces palais do la grande orgie ; il sait Tor et l'argent qui s'est dépensé dans cette fête horrible; les esclaves, les gardiens, les muets, les eunuques, les folies des cinq sens déchaînés dans cette arène du blasphème, de rivrognerie et de la mangeai Ile !
Et maintenant il revient de l'Orient sur notre terre; il n'est plus au festin de Balthazar ; il assiste au banquet immense où sont asaises, confusément, nos ambitions de chaque jour, et c'est lui, lui le poèfte, qui écrit de son doigt vengeur, sur les murs de la salle faantëe, les trois mots qui doivent dépeupler ces riches demeures, et couvrir ces danseuses légères de leur premier et dernier linceul 1
De pareils drames ne s'analysent guère. Ces vers-là ne peuvent pas être coupés pour la citation. C'est un lingot d'or. Il y a dans oe8po(^mes complets, tant de bruits étranges, tant de mouvements passionnés, tant de silences inquiétants; vous assistez si fort au apectaclo honteux de toutes les convoitises humaines : l'or, le
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cristal, l'argent, le blason, le sceptre, la chaîne, la guerre, le canon, l'amour... jniel et poison^ le destin lui-même qui préside la fête, les convives couchés sur la soie, sur la pourpre, sur le duvet :
Tous mangent, tous ont faim, et leur faim les égare; El les plus acliiimés sont, autour des plats d'or, Ceux qui n'ont plus de dents« ou n'en ont pas encor.
Et toujours on mange, et toujours on boit, et le festin renaît toujours sous la dent des convives, comme le foie de Prométhée sous le bec du vautour. Les rires, les voix, les lampes, le vin, les chansons, les chevelures et les ivresses mêlées et confondues, la nudité sans honte et sans peur, et là haut et là bas des voix qui chantent ; pendant qu'à la porte de la salle, s'entassent menaçants, suppliants et tremblants des haillons qui pleurent; si bien que sur ce seuil de marbre et d'or la faim se lamente, la soif se plaint, les nudités se tordent suus la convulsion, les fièvres maudissent la santé, les femmes enceintes maudissent leur fécondité l Là haut, l'orgie abominable de la richesse insolente, là bas, l'orgie horrible de l%misèro sans frein 1 Voilà toutTabîme! Alors, vous tremblez, vous avez peur, l'effroi vous gagne, cet enivrement mortel vous porte à la tête et au cœur... — Fiez-vous au poëte pour vous venger :
Belas! à cet instant d'ivresse et de délire, Où le banquet hautain semble éclater de rire, Narguant le peuple assis à la porte, en haillons, Quelqu'un frappe souvent l'escalier des talons, Quelqu'un survient, quelqu'un en bas se fait entendre, Quelqu'un d'inattendu qu'on devrait bien attendre: Ne fermez pas la porte. Il faut ouvrir d'abord, 11 faut qu'on laisse entrer. — Et tanlôl c'est la mort, Tantôt l'exil qui vient la bouche haletante. L'une avec un tombeau, l'autre avec une tenlc; La mort au pied pesant, l'exil au pas léger, Spectre toujq,urs vôlu d'un habit étranger ; Le spectre est effrayant. II entre dans la salle, Jette sur tous les fronts son ombre colossale, <!ourbe chaque convive ainsi qu'un arbre au vent; Puis il en choisit un, le plus ivre souvent, L'arrache du milieu de la table effrayée £l l'emporte, la bouche encor mal essuyée !
LITTÉBATURE DRAMATIQUE. 187
Or ce fantôme, ce convive de pierre, ce quelqu'un dHnattendUy cette menace et cette vengeance , imprévoyants que nous élions, ii nous semblait que le fantôme ne devait jamais venir... H est venu pourtant. Un jour, en 1848, un mardi gras, le fantôme souflla sur ces fêtes , sur ces banquets , sur ces forces, et les convives se prirent à pâlir, a La propriété, disait le fantôme, la propriété, c*est le vol. »
Et plus loin, car ces prédictions no s'arrêtent pas, et elles montent aussi haut qu'elles peuvent monter :
Ilt'^.Ias! vous crénelez vos mornes Tuileries;
Vous encombrez les ponts de vos artilleries ;
Vous gardez chaque rue avec un régiment ;
A quoi bon ? A quoi bon ? De moment en moment
La tourbe s'épaissit, grosse et désespérée
El terrible: et qu'importe à l'heure où leur marée
Sort et monte, en hurlant, du fond du goulTre amer,
La mitraille à la foule et la grôle à la mer?
C'est ainsi que le poète (vatesl) est doué de prophétie. Il y a plus d'un vers prophétique dans les Chants du Crépuscule :
O Dieu! si vous avez la France sous vos ailes,
Ne souffrez pas, Seigneur, ces luîtes éternelles ;
Ces trônes qu'on élève et qu'on brise en courant,
(iCS trislcs libertés qu'on donne et qu'on reprend;
Ce noir torrent do lois, de passions, d'idées,
Qui répand sur les mœurs ses vagues débordées.
Ces tribuns opposant, lorsqu'on les réunit,
Une charte de itifttrc aux abus de granit ;
Cesllux et ces reilux de l'onde contre Tonde,
Cette guerre toiijours plus sombre et plus profonde,
Des partis au pouvoir, du pouvoir aux partis ;
L'aversion des grands qui ronge les petits ;
Et toutes ces rumeurs, ces chocs, ces cris sans nombre,
Ces systèmes affreux échafaudés dans l'ombre,
Qui font que le tumulte, et la haine, et le bruit,
ËinpIisÂcnl les discours, et qu'on entend, la nuit,
A riieiire où le sommeil veut des moments tranquilles.
Les lourds canons router sur le pavé des villes.
Prédictions! proscionco! cl divination! — Ajoutez cet autre mot: vengeance! Oh ! quel châtiment sur la tête de cet abominable Deutz ({ui a livré madame la duchesse de Berry !
488 LirTKRATUHE URAMATIUUË.
Ce Deutz... avec Vautre^ celui qui livrait ses camarades en mangeant leur pain, Thomme qui a volé des vers à Lacenaire, le plus abominable coquin de notre âge, ils resteront plus fameux, par leurs trahisons, que des parricides et des tueurs de rois! — A peine il eut commis ce crime énorme, ce Deutz, que dans une prédiction vengeresse le poë'te foulait aux pieds ce lui- Bérable :
0 honte! ce n'est pas seulement cette fernihe, * Sacrée alors pour tous, faible cœur mais grande âme, Mais c'est lui, c'est son nom, dans l'avenir maudit, Ce sont les cheveux blancs de son père interdit, C'est la pudeur publique, en face regardée. Tandis qu'il s'accouplait à son infâme idée. C'est l'honneur, c'est la foi, la pitié, le serment. Voilà ce que ce juif a vendu lâchement !
Alors il prend Deutz à partie, avec une fureur toujours croissante, et il le traîne aux gémonies de sa parole :
Juif! les impurs traitants à qui l'on vend son âme, Attendront i)ien longtemps avant qu'un plus infâme Vienne réclamer d'eux, dans quelque Jour d'einroi. Le fond du sac plein d'or qu'on fit vomir sur toi!
Ce n'est pas mCme un juif, ^'est un païen immonde.
I. Jll. Victor Hugo a fait nagnère, sur les journalistes de sacristie et sur les aboyeurs en soutane, une admirable satyre. On n'en donne ici que les premiers vers par pitié pour ces assassins de toute poésie, et peut-être le lecteui' trouvera que cette fois Tartufe et Laurent, son valeti ont été trop rudement châtiés :
Parce que la soutane est sous vos redingotes. Parce que vous sentez la crasse et non l'œillet. Parce que vous bâclez un journal de bigotes. Pensé par Escobar, écrit par Patouillet,
Vous vous croyez le droit, trempant dans l'eau bénite Cette griffe qui sort de votre abject pourpoint, De dire : Je suis saint, ange, vierge et Jésuite, J'insulte les passants et je ne me bats point!
Vous insultez l'esprit, l'écrivain dans ses veilles, Et le penseur rêvant sur les iil)ret sommets
* LITTÉHATUUE DHAMATiQtE. 4 89
Alors il lui prédit, — la prédiction s'est acconiplio et au delà — toutes les ruines, toutes les misères, toutes les hontes, tout ce que peut inventer de plus abominable et do plus aflreux Fimagination d'un honnête homme qui se sent remué, au fond de son âme, et remué jusqu'au délire , par certaines hontes exceptionndlesque l'esprit humain ne saurait concevoir :
Et tais-toi I que veux-tu balbutier eiicor ?... Garde tous les soulllcis eniassés sur ta joue. Que fait l'excuse au crime et le fard sur la boiie?
Quant à ce bien volé, quant à cette fortune hideuse, il lui prédit que la ruine est au bout du trésor, que la corde est au cou du voleur ! En effet , ce vendeur dune femme eut bien vite dissipé lo vil salaire qui avait été jeté à sa face! L'argent eut peur de ces mains vénules, et il s'écoula comme fait Teau dans un crible. Il s'était fait chrétien, ce juif; il se refit juif, également en horreur aux deux croyances et aux doux peuples; il voulut se marier, le bourreau lui refusa sa fille, plus d'un forçat refusa do devenir son beau-père.
El Louvcl indigné repoussera ta iiiuiii :
n mourut, en effet, dans un taudis, sur dos haillons , plein de vermine et rongé de remords, invoquant le ciel et l'enfer, égale-
Et quand on va chez vous pour cliercher vos oreilles, Vos oreilles n*y sont jamais.
Après avoir lancé l'airront et le mensonge, • Vous fuyez, vous courez, vous échappez aux yeux Chacun a ses instincts, et s'enfonce et se plonge. Le hibou dans les trous, et l'aigle dans les cieux.
Votre iniame journal est une charretée De masques déguis(^.s en prédlcants camus. Qui passent, en prùchant la cohue ameutée, Et qui parlent l'argot entre deux oremus.
O saints du ciel, est-il sous l'œil de Dieu qui règne. Charlatans plus hideux et d'un plus vil esprit, Que ceux qui, sans frémir, accrochent leur enseigne. Aux clous saignants de Jésus-Chnsti