I. Ceci était écrit le lendemain des jouniécâ de juin I8i
rOIympe étemel , quand nous parlons des sanglantes tragédies, du drame éloquent, permanent de V Agora, comment oublier celte funeste semaine qui emporta dans la tombe sans limites tant de grands citoyens, tant d'illustres victimes, tuées à Tbeure où le blé est dans toute sa force, comme dit Thucydide ; comment, à propos des funérailles antiques , ne pas prononcer ces noms illustres qui, pour vivre, n*ont pas besoin du secours des Pyramides; le général Négrier, le général Bréa. le général Duvivier?
Hélas ! lui-même, lo héros-arcbevèque de Paris, il est tombé aux pieds de ces tristes citadelles qu'il venait renverser tenant en sa main paternelle Tolivier paciGque ! Il tombe, ô douleur ! Et la guerre civile épouvantée elle-même devant son crime, recule et se repenl ! Il est fécond en espérances et en remords, le sang des martyrs !
A la même heure et le même jour, au bruit des fusillades sanglantes, expirait M. de Chateaubriand, ce grand poëte, dont le nom seul est une harmonie, dont la parole fut un évangile, dont la vie fut un exemple. Hélas 1 il souriait à la mort, heureux et content de quitter ce vieux monde rempli d'agitations et d'amertumes. Nous avons vu ces nobles dépouilles que des mains pieuses rapportaient au rocher de Saint-Malo , battu des flots éternels.
Ce grand homme, le dernier homme de cette longue suite d'hommes illustres qui ont gouverné, éclairé, enchanté, effrayé le monde : Mirabeau, Napoléon, Cuvier, Byron, a accompli jusqu'à la fin la promesse qu'il s'était faite à lui-même : « Je reste, disait-il , pour enterrer mon siècle , comme le vieux prêtre qui, dans le sac do Béziers, devait sonner la cloche avant de tomber lui-môme, lorsque le dernier citoyen aurait expiré. »
C'est ainsi i[ue dans nos désordres civils, dans nos plus affreuses journées, quand la guerre civile remplissait la ville de Molière, de Voltaire et de Diderot, j'invoquais, pour me consoler, Athènes, se«* libertés, sa poésie et ses malheurs !