VIL LITTÉRATURE NOUVELLE
Cffiblenseklœger est resté dass PépoqaeadueUe ce qu'il avait été dès son début, Tun des plus grands écrÎTains du Nord, et le premier poète. du Dane* mark. L 'impulsiou qu'il avait donnée à la littérature s'estpropagée autour de hii. L'école poétique donfcil avait arboré la bannière a produit plusieurs œuvres distinguées. Aucun des écrivains actuds du Danemark ne s'est élevé «aussi haut que Fauteur d'^laddin, de Palnatoke et à! Axel et Falborg. Mais après avoir parcouru toute cette longue séri^ d'teu vres épiques et dramatiques qui ont illustré le nom d'GElhjen$cbl(9ger, on aimeà observer tout ce mouvement littéraire^^doot il a été. le principal mobile et tout ce qui s'est fait en dehors de son^^influoice. Parmi les hommes dont les œuvres occupent aujourd'hui le peuple danois, nous devons citer en première ligne Ingemann, l'àuti&ur dé plusieurs romans et derquelques poôskes jusiei^eBifappréciéflP;
38) UTTiRATURB DAIfOISB.
Heiberg, quia transporté avec succès le vaudeville spirituel et railleur sur le théâtre de Cqpenhague; ^ Hertz, Tauteur d'uDe tragédie etapruntée Bu^Kiempe^iser^ qui a été très applaudie; Ch. Viovher à qui Ton doit deux recueils de poésies d'une grâce naïve éi touchante; Hauck^ qui a raconté avec un vrai talent de romancier rhistqjre deDyveke, cette jeune femme adorée de Chrétien IL
Parmi ces jeûnas représentants de la littératare danoise, Tun d^eux m'a intéressé par sa vie mêlée d'incidents dramatiques autant que {)ar ses oeuvres empreintes d'une noble pensée- de poète. Je.rapporterai ici sa bioggraphie lelie qu'il me Fa kii nvème racoiîtée. C^st une de ces histoires qui caractérisent non^^eulemem oelui.qui en est le liérosv OQUr» le pays oà il est^é, et Tépoqae où il a vécu.
> Andersen est un de ces hommes ;qui ont engagé, ^dès leur jeunedse^ 1^ hiti$ de la« pensée contre 4à -fortune, un homme comme Bi»m» et Hogg, ^ue 4e sort semblait avoir condamnés à vivre obscureittent dati$ un village, eit ^U'iié ^seMinieDtMsljaicttf -de leur voeaf4on liltét»âii^6 et )ûne rdlonté ferme ^ont entraînés dam le monde des ^ndes villes* Un jeur, à Copenhague, je vîa entrftTxdms ma ohaat* i>re un gnnd jeune: hoM^ àont ies'nonnièriea lî-
UTTBRilTUU DANOISE. 319
mides et embarrassées, le maiaUen un peu lourd, eussent pu déplaire à une petite -maîtresse, mais dont leregard'caressant elf la physionomie ouverte et candide inspiraient au premier abord la sympathie et la conûançe^ c'était Aj^idersen. J'avais un voluote de Ses oeuvres sur ma table. La coniiaîssance fut bientôt faite. La poésie est aussi une francMnaçonnerie ; ceux qui Fatlnent sont Jiés en** tre eux d'un bout du monde à loutre : ils prononcent un mot, ils font un signe, et ils savent qu'ils'âont frères. Ceux qui vivent Tun^rès dé Tautre se disent, ilans une él^ie, leur émotions de chaque jour ; ceux qui se rencontrent sur ui^e terra étrangère se racontent, comme des pèlerins, la route qu'ils ont suivie et les liaAx qu tfe ont vus^ Cest ainsi qu'après avoir passé un soip plusieurs heures dans une de ces conversations poétiques qui ouvrent le coeur et appdient les épancbemenisi Andersen me parla des douleijirs qu'il avait ép^ou* vées; et, comme je le priais de me raconter sa vie, il me fit le récit suivant :
« Je suis né en 1805 à Odensee en Fionie. ^es aïeux avaient été riches ; mais, pal* une longue suite de malheurs et de fausses spéculations , ils perdirent tout ce qu'ils pc^sédaient, et il -ne leur resta q^ie le douloureux souvenir de leur p^eintère condiUixi.:
)42 UTTÉRATURB DANOISE.
vetle. Mais je persistai dans ma résolution. J V massai patiemn^^nt skelKng par skelling tout ée<|ue je pourais avoir h ma disposition; et quand je fis un jour la récapitulation de ma caisse, je n'y trouvai pas moins de treize rixdalers(environ 35 francs). C'était une fortune^ une fortune qui ine semblait inépuisable. Je ne- songeai plus qu'à partir. Ma mère essaya en vain de m'arréter. Ellem^avàit procuré, disait- elle, une excellente place d'apprenti chez nn tailleur. Dans peu dcf temps, je pourrais gagner un salaire suffisant pour me faire vivre ; dans quelques années , je pourrais être premier ouvrier; et qui sait? par la suite, je pourrais peutêtre avoir une maîtrise >. Tous ces riants projets, qui avaient fait plus d'une fois tressaillir de joie le cœur detna bonne mère, ne me séduisirent pas. J'avais quatorze ans, j'étais seul, je ne connaissais personne aa monde capable de me prol^er; mais une voix intérieure me disait qu^ je devais partir. Avant de me donner la permission que je sollièîtais d'elle, ma mère voulut encore faire une épreuve. Il yavaitydansla vil|eqnenous habitions, une vieille femme renoimnéeà plusieurs lieues à la ronde pour
* Les maîtrisée arAD leurs privilégies existent encore en. Danemark •omme «lies exialiint en France arant la léTolatkm de nsa.
LITTÉRATOUK DANOISE. • 243
âa science oiflgique. C'était noire sibyllede Cumes, noire M€^*MerriltQs ; et quo^Ue les bons chrétteas d'Odensée la regardassent comme un peu entachée de sorcellerie, tout le monde pourtant arait recours à elle, et tout le monde parlait d'elle avec une sorte de rénération ; car elle pouYaît deviner Tavenirrpar le moyen des cartes, pat las invocations mystérieuses qu'on ne comprenait pas. Elle disait aun jea*nés filles quand elles devaient se marier^ et aux vieillards combien de temps durerai! l'hiver , et comment s^alt la riéçphe. Ma tnère alla prier oette parente des enchanteurs de vouloir bien Thonorer d^une visite; et quand elle la vil venir, elle la prit parla main^^la fit asseoir sur le bord desotilit, et. lui servit du café dans sa 'plus belle tasse. Puis elle lui expliqua mia: situation et lui demanda con*seil. La magieietuie mit ses lunettes sur le bout éf son nez, prit rnarisiaîn^^uclie^ la regardi altenti;vement^ puis la r^arda encore, et dit d'une voix solennelle qu'un jour on illuminerait la ville d'O- , densee en mon honneur. ;
Ces paroles^ de là sibylio dissipèrent toutes iep craintes de ma mère.» Elle me donna ^ bénédiction, et je partis. Je salua^i j^vec enthottôiasmiB.les plaine^ fécondes qui se déroulaient à mes regards, la mer qui s'ouvrait devant moi. Mais quand je fus
arrivé ao«delk do Second BeU, jeme jbtai àgeaoïix sur le rivage, je fondis en larmes, et je priai Bieu tie ne pas m'abandontier. J'enlrai à Copenhague avec mes treize écus dans ma bourse et tout mon bagage dans un mouohoir de poche. Je m^nstailai dans la première auberge qui s'offril. à ma vue, et, comme je ne savais rien de la vie pratique, je me fis servir satts hé&îler tout ce dont j'avais besoin. Quelques jours après, j'étais ruiné. Il ne me resiait qu'an écu. J'avais été me présenter au directeur du théâtre, qui, me voyatit si jeune et srinexpérimenté^* ne se donna pas même la peine de m'interroger, et répondit que je ne pouvais* entrer au théâtre parce que fêtais trop maigre. Il était temps d'aviser aux moyens de vivre, et je passai de longues heures à y réfléchir. Un matin, j'ap- -pris par hasard qu'uni tailleur cherchait un ap* prenti. J'allai le trouver. Il me prit à l'essai et me mit à l'ouvi^ge. Mais, hélas! h peine y eUs-je passé quelques heures que je mé sentis horriblement triste et ennuyé. Tous mes rêves d'artiste, assoupis un instant par la nécessité, se ranimèrent l'un après l'autre. Je rendis au bailleur l'aiguilie qu'il m'avait confiée, et je (lescendié dans la rue avec la .joie d'un-captif qui recouvre sa lib^té; Je commençais pourtant à Comprendre que toutes roea
fantaisies poétiques ne me procureraieot pa&jfi pluspeiiws plaee4di)s les hétela <^ Ck^ojbi^fMw ei qu'il faU^il me chercher un Qxnploi, m'm$tPeîo^ dre au iratail. Taudis que je.m'Q0 aljai^ aiôsi chft^ EuinaQl Je long àeVy^magcr/4?rVi Qt sopgeafft à <^ que je pourrais dotTeuîr, je merappeiai qu'oQ aimîl souvent^ »Odeo^êe, vante ma v^^^^t U me sem?
bla que c'était là un don du ciel dont je deiraîs sa* voir profiter. Je m'e&ialLai du même pas.frapper à la porte de notre célèbre professeur de musique, Sihof^. Je racontai naïvement à la domesliq^XItii Tint m'ouvrir toute.mon histoire et toulea mi9ii.esr pérances. ;£Ue rapporta fidèlement f fton réeitcà mu maître, et j'entendis de grands éclats de tire.: Sàt boni avait ce jour4à j^lusieurs peraomit&'kdybier chez lui, eiître autres Weyse, le eompesîfeuv, el Baggesen,. le poêtei Tout le monde vèuliH^Voir Cflit étrange voyageur qui s'en venait ainsi ehérdieiîJe fortune^ ek Ton mé fit^enti^er. Weyse mé prit {iar la rnain^ Bag^esen me frappa sur I9 joue en i^mt et en m'appelant. petil avenlurierv Siboni, apf<^ ffî'avoir entendu chauler, r^é^olui M m'eiisei^)* la musique et de^metaire eptrer à rOpéfa. J^e^'sp^y tis de , cette, m^isçû, avec Ji'ivresse de l'âpie» Toiji^ mes s'Mges d'arjtjsie allaient se réaljsep, la)Vie aW vftttt devuittinoi avec des cpuronii^' de fkwA if^
M MTTÉJRATURB DANOISE.
dësrehaéts harmonieux, et leJen^ieiiiftiD/ Weyse, ^i^4it<|fit\i|ié colleeleobez ses amis, m'apporta $t)it&falé*âixf écu^U m'èti^à^ à memeltreséiâeuh s;ett^til^ tfëvaH, à mé éhevchtv uùe demeori^ ak ^n d^ÉiAft farmllle honnête, et feutrai cfcez noede ?;«i1^mtM8f dont yictoit H»g^ parie dans sa Priètt pMr totos; dtie de ces fcimuaès éohevdées
f> . / <}al Vf»aeikl te déot mm d'inour.
' .J'hais 8ri<Hnoeenl encore, que je ne comprenais rien^ son gfenre de fie: Mais je nç restai pas long* UNBpsf dans cette maison. Je'pencfeunjourmaTax er tootts mes espérances» Siboni voulait que je la^rêUMimasse à Odensèe. Moi, je voulais ires* lar et lâévtair acteur/J'entrai k Técalede danse dothéAiré; je flgfurai dans quelques ballets. Je vbmfiidsats g|au«hemein mon r&h^ hélas! et j'etab irè{s' malheureux. Jene^ga^is pas phis de ski ftancâf par ji^ii^V ^<. dans les jouts rigoureui ^iltlirer, je n^avavs 'qii'un pantalon de toile. Mais 3'eft^ÂérÉis ti^ujou^s que la^oix me revimdratt. Je Ytoul&ts être acteur h' teut prix, et quand' je ^û- Waik dttus ma chétWetaiàiï9»rdd; je m'enveloppais i^bta^ tocouverture de tnon lie nbnr me réchattffer; ^ K&ttis et je i^pétais des rèles de ootnëdie. A c<lte
UTI^iUTURË DArmi^E. m
époq^e^ j avais encQrç toute la Candeur, toul^^^î* gaoranee et tome^ 1^ naïves superatUkma d'im enfant. J'ay^î^ entendu dire que ce qu'on fakait le 1^ janvier, on le faisait ordinairement toute Tan-* née. Je m^djaquei 9i je pouyaÎ3 monter le \^^ jan* vi^ sur le théâtre, ce serait d'un bon augure. Ce jô«rr-lè» tandi^^ que toUiteâ lea voitures drotilaieat dan^lç^r^e^i tftudis que les parents allaient voir leurs pansots et les amis. leurs amisi jf me gtissat par une porte détob^ dans les coulisses, je mV vauçaî. sur la scène» Mats alors le sa^timast de ma mi^àrW. me saisit tellement, qu'au lieu de prononcer Içdis^^Hir^ que j'avaii préparé,- je tombai à genoax et jf réoitai en pleurant mon Pat^r noêter*
Cependant moQ sort allait changer; le viens po^ <3n}dberg m'avmt pris en affeotion. Il me donna les hon<Maires d'on petit fivre qu^l venait do publier; il me fit venir chez lui et m'engage à liTQ des ç^uWages instructifs^ pins à écrire. Alon édwation élémentaire n'était pas: encore faite; j'i*gnorais jusqu'aux règles grammaticales de ma langue^ ^ quand je voulus m'exercer ^ écrire^ j'éortviiSr/u^ tf^édie* Guidbçrg la lut et la condamna d'un |»rdU de plume. Je me remis aussitôt à Tceuvre^ e| dan/» Tc^^pAce de huit jours j'en éerivis une autre qqe j^adrfssssià la commission théâilrale. Quelque
248 UTTËRATURË DANOISE.
teiftps après, M • CoUin; directeurdu ihéàtre, m'^gagea à passer chez lut. Il me dit que ma tragédie ne pouvait être jouée, mais qu'elle annonçait des dispositions, et qu'il avait obtenu pour moi une bourse dans un gymnase de. petite ville..
Dès ce moment j'entrai daûs la vie sérieuse* J'allaîs chercha Tinstruction dont j'avais besoin; jV lais poser les bases; de mon avoiir. Jusque-la n'avais eir qu'une existeneeincertaine et hasardée, je devais marcher désormais par un sentier plus ferme» le le compris i, et je remerciât M. CoHin^avec toute 4'effusion d'un cœur reconnaissant. Mais le temps que j^i passé à cette école, où J^entrai par une faveur spéciale, est celui qui mp pèse encore le plus sur le cœur. Jamais je n'ai tant souffert, jamais je n'ai tant pleuré. J'avais dix^neuf ans; je commençais mesétudc» avec desécoliers de dix ans, parn^i lesquds je ne pouvais trouver ni un camarade ni un ami. J'étais seul dans la maison du recteur, et cet homme semblait avoir pris à tâche de m'humili^r, de me faire sentir à toute heure le poids de ma pauvreté et de mon isolem^li Que Dieu lui pardonne d'avoir traité avec tant debarbâyrie l'orphelin sans défense qyi lui était confié! Pour mdi je lui ai pardonné depuis longtemps, et je*me souviens sans^colère et sans haine qu'il aldt
LltriRATURS PANO<^. 349
, pour moi ce qiri me semblaii impossible ; il m'a fait regMler les jours d'hiver où je gagnais 6 francs par mois/ où je n'avais point de feu pour me ré-^ chauffer el point de* vêlements pour me oàuvrir»
£n6n, ce temps d'épreuves passa. Je iubis mi^s examens d'une maniera satisfaisante. J'entrai à l'uditersité de Copenhague, et j'y fus noté comme un bon élève. J''avais publié quelques poésies dont on parla dans le monde. Plusieurs hommes distingués me |)rirent sous leur patronage; plusieurs maisons me furent ouvertes. « Je continuai mes étu^s avec calme, avec joie. Je ne savais encore où elles me mèneraient, mais je sentais le besoin de m'instruire. Quand elles furent terini* minéBs, CHSktenscblœger, OErsted/Ingemann, me reeommandèrent au roi. J!obtins par leur entremise ce que nous appelons un stipende de voyage {reisestipefidiani). Je visitai, en 1^3 et 1884, l'Allemagne , la Suisse , la France , lltalie, étu«diant la tangue, les moeurs, la poésie des lieux où je passaiis. Maintenant, me voilà bourgeois de ' Copenhague. Je n'ai ni place, ni pension. J'éoris dans une langue peu répandue et pour un public peu nombreux j-^is, tôt ou tard, les roiMmsqué j'écris s'écoulent y et Reitzel^ le libraire, me paie exactement. . Souvent, quand je regarde les jolis
itidotHii^ klaii€«. <q|iu désoreni ma. çhaoïture da IVjhutn ei le» Hyr69 qui m'eMoureat » je ne epoia pks riche qu'un prince Je bénis la Fforickooe cloaiTeifl» pftr. letuiiydybs die m'a aonduil jst. du wti ^ qoi'eUe «l'a fait. 9 . Dans Teapace 4e quelquea annéea, A^nderam m piibUé>plu«»euirs ouvrages qui l^i cm aMwélP pltice^iiwaUe|>arâiîiea éciiyaiiis 49 Daqeniai UmiTJefkiietdnicore'; iU eoiwprialebesîCHQ d'ét«|die peta* fiçrire^ ^et aea 4eri^ièrea poésies, ses dermers nMoms , auuooceQt un prqgrès. Coinme rQipapciOTt il ipte i9itiiqu0 pas 4'Ai9«t c^rtaioe faonUé^'iDveation* 11 a tracé mec bonheur ^ie^ oaMictèiw oa%iiiafiX9 des situations vraies et dramatiques. U .sait. observer, il sait peîn|]re9v,et jeCer sur toutes '^eef peintures un coloris poétique. U a: surtwirle ^nd talent depénétrer dans la vie4u peuple» de la seâtir et de la représenter sous ses différentes 4Qiees, S/m Improvisaitmr est un table^M vif et apimé^'uneeiistieâce aventureuse d'ar(is|^ 94 niilieu 4$ l4c)iiatu?^' italienne, au^ipilieii d'une pppvlaœ ignômnteièl passionnée, aM înilieit des ruilies anliquefj.desiHiagntfiquf» scènes de^ ia ca1up9giff.de apraeei^des environs de INaplqs. Son raniM) JfW uippnr Ai^bO. 1\ est tme peinture^tin peumoips niùinée^ maïs non moins attrayante, des sites d^la
LITTÉBATOftB DABfàmB. 2àl
FWme, des mœurs dftooiiesw Ces deux romam pepréMoteiii très bi&b le contif^sle- des deux batuFfsdu Midi et du Nord. L% premier a toutesrles t0miqsieliaud^»d^fii) paysage napolitaiii ; le seodod alplmdei^pos et deS nuances^plus tendres. Il Msamnble & one de eea ptaîoes de Dafiemark <iu^on M0it;^MtoiiiiieJ éclairées par un beau soleil, et onûds^iag^çàet là par f(uek{ues rameaux d'arbres qui'eiminiefiçedt <faf Jaunir « Le' st^ile d'Anderseti a de [la 'Souplesse et cte rabandon, mais il pourrait être phis feraie et plue c(mcis.
Comme poëtei- Andersen appartieiM h celle écde mélancolique et rêveuse qui pféfire âti.x grands poëme^ les vers plaintifs, sortis du eceuir comme un soupir, et les él^ies d'amour^ composées dans une heure disolement. Il a essayé d^écrire quelques pièces humon^iquea ; m^is il nous semble que sa miAse ne sait pas rire ^ et qu'elle s'accommode mal de ce masque d^emprunt qu'ila voulu lui donner. Sa vraie nature esft de se laisseï* aller aux émotions du cœur et de les dépeindre avec naïveté ; sa vraie nature est dç s'associer aux scènes vclîampètres qu'il observe. 11 est poète, quand il chante les forêts éclairées par un dernier rayon du crépuscule, les oiseaux endormis ^oi^s la feuillée, et la douce et vague trist<ssse qui noU3
2^ UTTKR4TURB DANOISE.
vient à l'esprit dans les ombres da soir i. Il est poêle, -quand il représente la vie comme une terre étrangère où Thompa&se sent mal à Taise et aspire h retourner dans sa loinUûne patrie ^ ; il est poète surtout quand il^ chante, tomme les lakistes, la grâce, l'amour et le bonheur des enfants. Car sa poésie est élégiaque, tendre, religieuse, mais parfois uu peu trop moUe^ trop négligée et irop^enfantine. Je choiiîs, Sans le dernier reciieii qu'il a publié^, une élégie que bien des mères n'ont pas lue sans en être attendries. Elle ressemble à une autre élégie fertxonnue de M. Aeboul de Nîmes. Le$ deux poètes se sont rencontrés de loin sans se connaître.
ï-'ENFAIfT MOURANT.
Ma mère, je sois las et le Jour ya finir.
Snr ton leln bieiMiiné lalssê-aiol m'eiMkNnBiir. Mais cache^noi tes pleivs, cacUe-moi (es alannes. ' Tristes sont tés soupirs, trûlantes sont tes larmes. J'ai froid. Aalour de nous regarde : toat est noir; Mais lorsque je m'endon, e'est on bonheor di Yohr L'ange au front rayonnant qui devant moi se lave, Et les rayons dorés qui passent dans mon r^ye.
■ Aftmdamring:
* SamUde Digie, 1 vol. in-8.
LITTERATURE DAXOiaE. 252
N'entendi-ta pu des chants, des chants harrootiieui, Tds qn'nn Joar nous devons en écouter aui cieux ? L'ange est k nos côtés ; il m'appelle, il m'attin?. Je l'entends qoi me parle et je le vois sourire. Je Toiâ de tous cMs d'acbnirables couleurs :
C'est l'ange aux ailes d'or qui me jetie lies fleurs. Bans ce monde, ma mère, aurai-je aussi des ailes ? Ou bien faut-il mourir pour les avoir si belles?
Foorqùoi me presses-tcf tristement d'ans tes bras P PiHuqi^ ces l(mg9 scjipirs que je ne comprends pas? Pourquoi ces pleurs ardents sur t& joue enflammée ? Oh 1 ttt seras toujours ma mère bien-aîmée.
Hais je t'en prie entor, ne pleure pas ainsi. Si Jeté vois soiiflHr, hélas ! je souffre aussi. J'ai mal, et la douleur assoupit ma paupière. Adieu. L'ange m'embrasse. Adieu, ma pauvre mère.
LITTERATURE SUEDOISE.
LITTÉRAttJRE SUÉDOISE;
ANTÉttIBtJRE AU XYI« SIECLE.
Le développement de la littérature a été.pluA tardif en; Suède qu'en Danemark. La Suède» par sa position géographique, se trouvait en quelque sorte séquestrée 4u rçste de rEu;rope9 h une épor que où Tinduslria n-av^il pas^corç créé les mojens de communication qiie pous employons aujqurd'bui. C'était, ^u condinonc^ment du moyen âge, une contrée inculte, hérissée de forêts et difficile à traverser. Son commerce n'avait ^encçre pris aucun çssor, son agriculture était dans Tenfance. U eut fallu de longues années de calmfsi pour développer ses premiers estais çt le carac-t
Mi uTTtaATras sirôoiss.
tére de ses habitants; la division de ses États, le voisi^j^ij^ Mf^t^p pay^,,U^^ ^fTïf 1 ^ sujet de giierrel Le Fondateur delà monarâuè suédoise était ce chef des tribu» asiatiques, cet Odin dont rhistoire raconte vaguement les courses aventureuses et dont la fable|a fait un dieu. Ses descendants avaient hérité de son ardeur pour les combats. Dans les heures de loisir aulls passaient assis devant la table de'chène^, Buvant le miœd avec leurs^ cjq^pi^ps^ on eCu .d^^ fi^M sentaient Taiguillon de cette lance teinte de sang que les y alkiries promenaient^ur les champs de bataille. Le repos leur pesait comme un remords. Le triomphe de la force était leur foi, la guerre leur re-
rîgion.^';^; '^'•■^•'' •' • '•; -''y]/ ^ y
' lies '{irétufefs roi^^aùxqu/éls'* tes missionnaires iihi^écieiis âréht eniieiiâr^'ië(ii*'v^ pa<[ii6que;,! ne ptlrent' 'dompter si tôt lés îdëésiié^gloîi^ë- que leur ân^àit^dbniiéës^^^ tradition. Ifloùï i°b H'itacUnàtit dîBiktitfle symbtJIëtté'fiiVécbirëiiikiibii; ils firofératent H? crt de ^tiétfè et s'Hàûçaîcièlt pjedièikth^^Siix
* '^î'Uanâ là gtiérrë rfêclïitali pas tâfani1fe^i)àys entré leà hommes d'une toéme râcfe'; entré lés distWôis d'un même État> elle s*èn allait èwÀici^ fortuné ailleurs fLe Danemark était Tobjët freqnent
LfTTÊtlAfORE SÙÉAOIsé. 259
dé Mft^ agnfssibfis; tièHititës; dé (^èk luftës ^iî matH araife ^Qi])«itdâii«!deâ ^ééleé Ont ôècu^ë'îdlité là Suj^de. Les dèsk ^fidoMitt^^j'tfé dbàqûè <!Ôtë du Sond se rie^iidâtentid^Mf éeî^ jàT^ûff .: Elles ^ dispolaieÉt^la j^oMêS^id^i de là iner comine deux j^deÙTsrde Jlorvicrtidte se disptrcent là ()osséâsion (d^ttii: dnÂip. Leur^ èfaViréA* ëVaîéAt |jéihé »: sèi rfttcoutréi^ krtfe. tes -deux mégés' ââriô 0i|KP|rw lèM^ fbrcë^ et' souteht Ik^batallle' engà-^ géèôût les vàguf^ jfe jrt-olonjgèâît^suV la| terre
'ktit xi^ siè(îlé, te traité d'union Aie (îâitoar, qui semblait devoir apaiser ces différends, ne'fît au ebM]^fiMffi$^ tfdis lesf ^(iàtoltrè et les compliquer. Le DaMttfUt^: ii'eut jàmài^' en Soède qû^un pouvoir fort contesté. Il ^gtialt sur {|ael(|Ued Hommes ddmîl A^a^ faVori^éTàmbition, mais la masse du peil^to'ëtiath'ieotitt^e hri; Dank le^ diètes,' les JiommeB'^évôIxé^ à k'dbliiihùtiôt^ étrangère gagnaiçnt tes Mffirages par leur habileté. Dans lés circowtanoefirdrageuèês^ dafts- tés bcéaslon^ tiécl&îves, le parti national Temp^lâît. Ge^fût Ce' Jiârtî (jui sippijja: rinBufi^ecifiôn d^Éhgëlbrëcbt, qiiî invçSIU dd pouivoir! sopféAiô *iTi sim])le paysah*. Ce fu^.ç^ f%Hi qùloMBinaToi Chartes Knutiiân 'éi Méprit àtm foib les armes pour lui et deu:!t fois le
260 LITTÊHATORE WÉDOfSE.
rai^peU-snr le tr6iie« Ce fpi oe ptfti qniVaUadûi k radminialrfttion des Store^ cpii les «^pla.pwr maîtres et soutint jusqu'au btfiit la lotte héroïque engagée par un de leurs dfsctndinilSw
Un siècle et demi s'était passé dans les insurrections continuelles, dans les guerres civiles enfantées par le tra^é d'union des deux royaumes^ A la fin, Chrétien 11^ essa^yant djB reeonquértr le pouvoir absolu en Suède, rompit le lien Indice qui rattachait ce pays au Danenark. Il ei|aça dans le sang des habitants de Stôc^holin le contrat ë%pé à Calmar et fraya par ses cruauiés ta route aOuslaveVasa. .
Ce qui ajoutait encore ^ toutes ces pà^ipéUesidti gouvernemeot suédois, c'était son «pf^gaa^ttioii même. La monarchie suédoise était une monarchie élective dominée par une oligai*ohie puiisante^ Le droit d'hérédité fut aqcordé à quelques fatntUeSf mais il leur fut accordé comme utte faveur. partie» culièrei non comme un droit. L'arîstoci^Aîe, en faisant cette concession, n'entendait renontor à aucun de ses priyil^^. i
L'ancienne constitution, suédoise avait été i>a8ée sur un principe démocratique* Les grapdes aflkires devaient se traiter dam l'assemblée des états, el l'ordre des bourgeois, Tordre (tes paysans,
LintiATUAB SUÉDOISE. 261
étmét lepré^mtës à ees états. Il fut un temps floéâie^ leor Tois eter^t uoe kiflueiice aisrt|uée. . Umfreu & peu laioituiie et riuflueoce des deux ordres supérieurs grao^ireot. Les hautes fonctions dont Us étai^ infesUs, les pritfléges qu^ils obMorept reny^rsib^nt Téquilibrequi devait exista e&lre eux et le peuple; Les |K>urge0is ei les paysans jœ remplirent plus, dans les diètes, qu'un râle timide et passif. LVbtocra^ie se trouva seule aux (Mises avec la royauté.
Il y savait ainsi dans TÉlat deux po^veirs rivaux l'un de l'autre, qui vivaient dans une sorte^'ac* cord hostile, cherchant tous deux à s'agrandir, k se. créer des pai^tisans ^ à étendre leurs attributions, et fat^mt le royaume par leur luttç sourde ei leurs continuels llraillemenls. Si le roi âait k plus fort, l'mnstoçratie couri>ait la tête; mats au premier changement de gouvernement, à la preniièfe apparence 4e fablesse, ellereparaissaitavec le souvenir de l'injure qu'elle avait reçue et le désir ardent de se venger^ Gu^ave Yiœa la gouverna par sa sagesse ; Charles XI la dompla avec sa main de fer; Charles XII la traita avec undé*d^n de héros. Elle se releva h l'ayénemenl; d'Ulft» que Éléonpreau trône^ et rédui^t la royauté Ji<ua état de nullité complète. Le pouvoir qu'elles était
*ïT9gf 9ffiPrff|onBÇî^ P»4wtî lo«t.fo t4§iie droki*
9'g^ibljl, §l}^n||^me |iar joi tifàlilé^ 4e pfirti el s«A ,4i94(mibiMkiEllQ perdît gux' 3^ {>eUpte
iqi}b $^ii ^raaiîge ^^ aw fafimei'ffiésure» el sa YéwliK^.. Quaqd Gusiaqre III porat, il lâTa&ur^ $9n ncoplw de leofiii rai« cH }e séitat/OtifUelIteus, qui ^ T^Udeocbre lui pre^pivitt, ém lob, tiWh* bla 4e se^Mottr â&ible «t s'tûciiqa hcmibltaoeiit devant lui.
NiHur ne iû^ od$ qu^ifidiqoêr îeî («s principaux é?éMmrals de eetle «brontqueidu IVord; Noi» y rQiiewiBf(D& plus tardé
! . Pm d'hiaiDires seot ausdi varté^^y afiissi drama- Mq^^^ qw (^lle dq âuède/La j^mière époipie fUf^^QUt» TqioquepaiBnnéf et^ eeUe de IHimeé de OlUrMi ji^^qu'^ U ârniveralnelé bieofaitentè de Oil^Wv^YtaM» smi uufi sttiU3coQi^im^e^4e^dla*wâm intoalîmftt d& guénreà pasaioisàéûS et de çtalajioLifeéa publiqueer
li jpads mt 'ëtal jpermbnébt d'anarchie, dans cette ansècêfide touli lin peuple ipi ne trouvait encore dan» aoi»eomliierce et*son agri(HiUùi*e qu'une res- S0ufde fMiiiBâanie k ses besoins, les lettres, les jaets, ks i^Mthkitkiiis p^eXiqâes ne pouvaient que surgir aveu ^eàie e( Se d^vélopjpèr très lentement
etIadépH^ii.tp)i%l«^r«gfajr4 î; ;. ;, ,.
l» 0Ïimtimim§f,prèfMfim,iAi^^ i^ns^d au
A» »v le» paiw$>4>ffpaîteMi«iicor€^ dai)9 leJbemr pie d'Upsal» dea ^gcrîfioeâ auxdiw^KfWffûutiw^veà e^ ma^Acp««ent; àM» la ferètiaaînt Étiieiuie. lémh
âcaiidinayfS,.lor$qiA% WPQQt C(Hlirèrii l6S..0Qli}fis etjOQOT^ti k peuple» JU.Ibodèrepi:) cosmu^piof^ ttmjL, fdl|^ cloître et do» écoles, ^m cf» éçfAm
de g«ierr« ré^miAk trop souvent :^ h pçRle 4$» oo^jtr^Q^, pour pe pad ébvtniler dimb l^w r^aÂtP ri^tiwwr. bbliJqràaaQ de tous, eesi rbommes* Muf d'qne race de pir^«s et; de aoldut^r W ^nfafM^a; df la Suàde» éleviél^^^ eomme des aîglops dai^a lIod^piAr danqe^ de tenta piawtagn^, seot^iit leur fqvç^ji^ leur audace, se résignaient difficilement k se courbar«o» le peîdside la disoiptiae mtnasÉîqiiejriandis qu^iis pouvaient courir les dtànces ^loriettstèii d^une bataille, et ceux qui avaient reçu la cohsér
9M urniRATimc soÉBeisii:;
leralioft dfe pnècre, oa revêtu le firée, ne monçaûent pas à porter la eotte d'artîies. Dans ce temps-Ut, le monastère avait ses crénean, les nrf^tix se défendaient avee Pexoommonicatbn, les ëvdqties montaient à* cheval la lance au pmig et coÉdiiisaient eux-mêmes leurs vt^Élux eu Combat.
« Toute la scieneedes re%ieux, dit on écHvain pixrteMant % consistait k chanter la messe, ii'prononcer quelques mauvais sermcms» et i défendre les pri^fl^es ée leurs dohres et les^ immunités de leur ^ise. » Cependant c^étaient eux qui marchaient en tête de toutes les études. C'étaient eux qui, au xv« siècle^ exerçaient la médecine, s'occapaient de chimie, de mécanique et tf astronomie; et quand on trouvait quelque instraetion ailleurs, on en était surpris'. Des religieux, dont oh %nore it nota, écrivirent, au xlV siècle, un livre sur la nature des plantes et dès pierres, nniMitre sur la médecine, un troisième sur la vertu dès simples. Les simples n'entraient pourtant alors quecomoie mï accessoire dans les cures de maladies. On avak iSecours aux prières, aux ûeuvaines, plus qu'aux
m tm dm èmrâa F H ia u kÊf9rs lUtkmd i > Il est dit d'Où homme qai moanil en 1891 : Laieus Hikrah»
remèdes phyaîqaes^ et les fAa?res loàtodes «tiendaieif t d'un* miracle les secoin^ qu'ils oe pouvcaeni attendre de la science.
. Au xiv* siède, un autre reli^ux t doiat o« iglK>re ^(enienl le nom, écrivit un lirre sur la structure du corps humain et aur la digestion. Au xt^spàdet «û moine de Wadstena construisit h Upsal un globe sphérique, où Fon TOyail le mouvraient de la Urne et des planètes. Un autre eoûji coaq»osa U0 calendrier ecclésiaslique dont on se serTk longtemps en Suéde. C'étaient les religieux aussi qui rédigeaient, en mauvais iatm, il est vrai, les clip*oniques du temps, et c'étai»t eux qui dirigeaient les écoles. Les premières écoles dont il soit fiût mention dans les annales de la Suède, datent du xiii^ siècle. Ce sont celles de Linkcaping et d'UpsaL Plus tard 9 chaque diaiHtre métropolitain, diaque couvent en^ la sienne. Mais elles étaient inférieures encweà ceiies du Danemark, et nous avons vu ce qu'on apprenait là, un peu de mauvais latili, quelques homéKes, des règles arides de grammaire, et, sur la 6n, des subtilités philosophiques que Ton prenait pour de la philosophie. Beaucoup déjeunes gens s'en allaient alors chercher, dans les pays étrangers, une instruction plus étendue; En 1290, le sénateur André And acheta
unéluâiAHi k PddK'p^riat- le^ étttdifMnts pficrwes de la Suède; En U73, sainte Brigitte leur en donna une k Romex.
Bo 1476, Sien Stufe fonda Tunivershé dépliai, mais tous se^ efficHrts ne purent lui donn^ <{tl^tifeesimsneeirèaijficèrt&ine. Blt&ladgft^l ftnit« éé ^sources, laute ée iMttteê kaUles; ét^ se Hmfmii'qHeoetil cinquante ans «plus ^ tard!,. bous It wèffifede Gustave^AdoIphe. La sqrence était nbrs ^(«UétÎTeet ù peut M(iati4tte, que f on eittil <Jomme «ifie:raNté'i'aii;p1i0vè^ô Tndlle^ parce (ptllsamik le^e ^. iLm libres étaient rares, et le parcl^emm fie cher, que, faute de poii^oir s'ep prodarer, on écrivait parfois sm^Féeovt» de bouieaiu. Eh 1817, on paya pour un ttiissei dix liaares d?argent fin, ee qui équhrfim à 90 riksdalers de là ntomiaiéacvtuèUé (teOfmneâ)^, Cependant il y ataii^ et tt qwlquea bibliothèques. En 1992, le ebawMie Heming d^Upsal donna, par son testatneni; i Aadv6< Calis, des livres de Iqgique, de grammiM^, d'hiaioine n^turdUe, «les œuvi'es de ^I^uoaiii et de
' Sorte fi^i<te tàb celle maisoii Eéoa X tt graver odOe teitft^:
1)miiiii «Toiteft» Âi^i»^ * Geiier, StcenskalP'olkeU kisioria, tome I, page 333^.'
untaAwm suhdoibe. H't
Virale. ])ami;iiii< iainqatalye de^ h biUifmhàqae
d'Upsal^fait eniafid'^ion troiiw ptu»ieW8 bibk«t«
des livras A^ lUeeUgie. .et dé droit cMOU; tteuii
hiâlQtiîeside r^^^'qiiiUre'^égelMles^dé mpîê^ ane
deswiptiQa:dG'la tèrrèi de Ghana». Eii> UO^î h
cMUxb' d» domîiydaitts de Wîsby raçeît^ fiar te^
^m^qt.;.m^p8a-UQ.d^iCbiiviFeé dK)tidew liyaviitH
&'U fsiqi )Çp [cintir^l^^ MiqînMs «ntric^i dm» un
aiM^QiOlpitJrçi^ V^4f^ GothlanidK ttnebibliolkè^
queqN^i a^r^QfJip^.pas moins deJ2,t)00 noËntu»'
criU-* {ttat& Iji t#i»dâ|»ee des es(Màts Wélait^|Nts
mcçm^n tonruee du côté deséludes cks^iq^ies; On
abandonnait Cicéron pour une gbse, et Viirgile
pour mie litMie^Cas bons re%ieùx du mayen
âgie se trouvaienl si. bien ^ }tur • latiniië barl}are»
quUb oe songeaieni fioint à h corriger par de meil-
lewe^ âudes.:L«; panémarik, soîm ce rapport^
étail encore plus j^vanoe que la S<9ède.. 11 y a eu,
sur là fin du xu^ siàde ca Danenvark, un évâqoe,
Àbsakin, qui élaît un iMm^me de gpût^ un bomnoie
msfruà et déT0ué4i Tétude de l^mtiquhë classique.
Il y a eu à la inâmé /époque deux historpens oor^
réels et ëlégaots : Saro Grammaticui» et Svêno
Âggonis. Il n'y a eu en Suède que de mauvaises
^ G. WaUiiu» Goihland9k& SèmHH^r, pagef 46;
3«$ - UTTÉRATURB wAMISC
elifoi|k|ue& rtiaée^ sans esprit et sans fforme, quelqMd recueSft de Moteaces proTetiiiales groMièrement veraifiéea, et des t^eodes de sàmîs.
L'imimmerie fol cependant introdotte id dix ans plus tdt qu'en DaneoiaHc. Il y çn avait uûe en 1476 à Upsaii one autre en U82 à Stockholm, une autre eu 1490 à Wadstena. Le*preiaier livre imprimé que Ton connaisse date de 1483. Cest un in^4« de 98$^ pages, qui parut àStocUidlm sous le titre de Diaiogus creaiurarum optime nwralisatus &mm maieriœ mora^jacundo et edîficatii^o modo ûppUcabiUs. La seconde est la l^nde de sainte Catherine > •
La langue islandaise resta longtemps en usage à Upsal. Les rois avaient coutume d'appeler les icaldes à leur cour. Il y en avait encore un en I $65. La langue suédoise se développa fort lentement. D'un côté, les prêtres, les religieux, qui étaient alors les seuls hommes douéà de quelque connais* sance, la négligeaient pour parler leur mauvais latin; de l'autre, les rois et les hommes de leur cour employaient encore la vieille langue Scandinave* Au siv^ siècle, sous le règne d\4lbert de
' Fita 9€u legenda cttm mirantUis dominœ Katharinm flim S* Sriffium. aéimprimée * Rouie en i&«&.
LITTte ATUIi£ 3U toMSS. 369
Mecktembouvgv.eUe subit d'ulie maiiière noiaUe l'influence de rAUemagiie, et l'iofluenoe <ki Danemarkj à partir, du rèçoé de Marguerite* Cepen^ danl eijie est rc^s^ k^ucoup pAus piiès-deTirianf^ dais. qi4e la laiigue danoise. Elle a conservé^ dans toute leur identité» un grand nombre demotSt de tournures grammaticales et de terminaisans sonores appartenant à Tlslande. Si de la languie écrite CD- pas^e au dialecte du peuple dans qui^^ provinces; on y retrouvera plus d'analogie encore avec l'ancienne langue Scandinave. C'est ainsi, par exempje, que les Dàlécarliens ont. encore dans leur idiome de montagua^ds toutes les formes de verbes et les déclinaisons compliquées de Vh* lande ». .
Le premier monument de la prose suédoise est une lettre d'amouri une lettre de six pages, éerice par une religifsuse du couvent de Wadsteaa à oelut qu^elle aimait. Elle date de I49â« A cette époque, la lapgue n'était p^s oicore formée. L'amouralbil plus vite que les grammairiens. Cette lettre dé sœur logride est un naïf mélange de tendresse pro* fane et de piété mystique. C'est réouvre d'un jeune cœur qui aime» qui croi^t» et qui parle de ^on amour
' HiitwMa ItngiM dalekariia a Muman , li^4«» U^al, 17^3.
270 urrtaAVfii^ 99id6idfi^
eetfe pt^odiiidîdttdi^ukire époque ttioulté bien én^es* 899 4e Féfittra Un€ vMiém li^Héld&é, pfa^ PÔpè, «t îl aMtbob.. Il: j «ëitfe le9irei*s élégdoM du pôëte anglais ^eas ^pages ^i simplei <}'«i)ye pa^vrd rélF gicbatv tonte ta dîfierénoe qui txklë -eMi'fe W défe^ UpfiMBieiil asiifidel d^ulie lyénsëeet 1» libre et f^oh» i6x|tr|^îbB:dè I^éixieL.QlBVih.iM' permuté dé citer qttc^^ pastegbs à%\si&>ie ^ lettre. Oiy y ^m qtte*.le cttttr e^t toujours le pldéélOi^tleiit de^ poftes»
. . «.Tu tm'a» ditf ma tbè^ ehère joie (^^ tiUi'akoe^ rhsiê jgiédi&)yqé^ îe lïe devais ja^iiidoutei^ àt Vêkdow qMj^^lvtôûié eiltdt; el aùsiàtlotig teûip^ que j evivrai, je veux croire aux teudres pai^oleâ que tum'as Tait^eBUmdrd lé son* deiaaîtttvËafbid. Situ aaM»viBQsicker bient-dtihé|icoit}bieil^(lô^f6{4 depuis ioèlempSy /ai peMéà toi et Miiihlé iti(% cœur bfvjbdaiift ma pèrtrihe, tu ne t*étbi^êt*ai§ pas à MtrcHmirf)âle«t4âraite^ qudiid tii'lflëil^ Uë Voir! llDrB«|lle!jenié VegMtie dan^ H petit Wît(^ ^uetu m'a^-dentié^ îl me pàraîl'qti^jé l'e^'èmbl^à me statue io'àptmée plutôt ^u'ht une érëâl^ Iromaine. Tu t^QSîîicsfikré fii'|tatit' datisr tâôncdh^iK' ^^^i^ ^^ puis le dire à personne qu'à toi. Il gi'estbien difficile dVi^iyer* jui^u'au bout de mon ^tte Màna ou de
, UTr6llATDRE.SfieD0iS.fi. 271
réeiiw qiJie\qw^P^er Jiasf^^ «àm pep^er.à^ loi. Ménp peadaiii!i|i mesee» je perâe. à<ta chanuaQié fig^ura bt au]çketii*69 que xiom arôoâ passées eilafm< bicw Je'crois^c^ jen'ai besojqfdeieoôfesser cdbà' persdruue.^ il'faudrapouilfôniiin jouir '^ue je so«iffrb à cause cle>loîf;! maïs je mefcs tm»i.eapérau|cedaiiSr noÉiSe saÎBiQ luère.iie^ Dteui datis aawie Br%iile et dans les. {Miissanées dadelv . . . ;^
;<cT«i sais ^e Je ne wis pas entrée ici- de mon^ plein gré. Mes parenlspeuvent retenir mocK corps: dans cette prison , mais mon cœur et mes pensées ne seront pas de si tôt enlevés au monde. Je suis une 'Créature deohair el d!os» etia cbaii^ eatfrâ|;ile, comme dlt^éaipi JPaoI. De toutes ies douleuvs.doioe mondoi, tieû ne me semble plus trisie <p^0 4e m. poayôirjvivre et mourir avec loi.' Tu te souyieQ%. pent-^éipetdu pilemter ebtrelieo que noi^ eûm^ wi; ensendble. Je U> disais' alors que ni joie^ ni diagri|)f ne pouFàicnt n^e faire oublier la douter df) vivire loin de toi. Nous voilà maintenant sépaj^és^f^rji^llj plaît! U DkM» de 4e rappeler de q^Ue vje ayante |iH>i, jer€Bipliiwila]H*otnesa€ qui^]tf t^ai faite: je; te^^Fr. déraijcisqii^kiiMOjdepmer jour une plape dans-VWDj cœur désolé. Mais si jq meurs la preonièr/e^Qh^l pçie Dieu pour. WA pàuyre' âi»ç; pri^ poui* q(i;ie. iwi^ nous yetvouyions lous deux lui ciel ( •
272 LirrteATUai 8UÉD0»£.
€ Sous cette robe Manche dont on m*a retétne, il y a un cœur noir de tmtesseï plein de regrets, et qui restera ainsi jusqu^à ce qn'il répose dans le tombeau. Mais chaque fois que je pense à toi, ma cfaèrejoie, j'éprouve une douce consolation. lime semble qu^iu milieu de ma prison je me trouyedaos tes bras. Te rappelles-tu le jour ou nous étions dans la forêt et où tu chantais prés de moi? J^ ai souvent songé avec des larmes et des soupirs. Te rappelles^tu ce que tu chantais :
L'oiiaau tttOMUie joyeusement dmi le boU et reite ouiet dui laçage.
« C'était lace qui devait m'arriver. J'ai été Toiseau joyeui^ delà forêt. A présent je suis le pauvre oiseau enfermé dans lacagc.Quoique tout cela se soH passé dernièrement, il me semble qu'il y a longtemps , et je voudrais de grand cœur souffrir la mort la plus cruelle pour pouvoir goûter encol*e une fois le bonheur* que j'éprouvais alors près de toi.
« Tu as toujours mis tant d'empressement à faire ce que je désirais ! Viens, mon bie^^imé, passer une heure au courent. Je te rencontrerai dans le parloir extérieur. JN'oublie pas de m'écrire quelques oiots par Pierre Nilsson. Songe au jour où j'étais assise sur tes genoux tandis que tu chantais.
Tu me disais alors que ton cœur pourrait se brts^ et se partager en autant de morceaux quil y a de feuilles sur les arbres, avant que ton amour pour moi se refroidit- Hélas! chaque fois que je vais dans le jardin et que je regarde les arbres, je pense a tes chères paroles. Je ne peux plus écrire. Ma plume tremble dans m^ main. Mon cœur tremble dans ma poitrine. Dieu veuille que tu m^aimes autant que je t'aime; car mon amour pour toi ne finii*a qu'avec ma vie '. »
On trouve encore qttelques pages de prose d'un ton assez pur dans les légendes de saints. Quant à la poésie, elle resta en arrière. Mais il y avait alors la poésie traditionnelle, la poésie populaire, qui se perpétuait d'une génération à Fautré par le récitou parle chant, qui, dans la cabane dupaysan, dans les paisibles veillées du bourgeois àes petites villes, ranimait encore le coeur dti vieillard er faisait battre celui de la jeune jiHe. Cette poésie
*• Le coûtant de W^tena fût tré$^ renoininé en Suède. Il eiislatt d^i «1 m* «iècte; mais il était loin d'être alors aussi important qu'il le dc^nt plu» tard. Au xive siècle sainte Brigitte y fonda une communauté d'hommes et de femmes. En 1388 une partie de l'édlGce fut consainée. La reine Marguerite le Gt reconârétre. ta lettre que nous avons rapportée est extrâte d'un reeneif de diflérentes pièces écrites dans ee edhYent. Tous les bibUpgraphes s'accordent à en reconnaître rauthentieité.
174 LITTiaA'rUlUfi aUÉDOISE.
reftseniblebeaucoupà ceUed'£co6M^ d'Allemagne, de Hollande et de Danemark. Le recueil suédois publié par M * GeUer reaferme plusieurs pièces que l'on diraîl C£(|iquécs sur celles du Borders Mimtrelsy de Walier Scolt, des Reliquies de Percy, du fFnnder/éorn éàHrentmo^ et de$ Â^mpevîser 4eSyr.
Les sources où 1 -on a puisé pour composer le reGueildes Kasmpeviser sont cependant plus riches et plus abondantes, sans doute parce que les Danois étaient plus près des chroniques d'Allemagne et des chroniques d'Islande. La poésie populaire de Suède et celle de Danemark sont, du reste, tellement apparentées quHl n'y a souvent ^tre les chants de Tune et de l'autre qu'une légère difféveoiQ» d'idiome et déforme* Les deux peuples provenaient de la même origine* Us avaient les mêmes •Iradi^iOnS) le même culte» la même langue. La nature n!ayait mis çnUne eux qu'une barrière étroite et facile à frarichk*«p Ils se voyaient d'une des rives du Sund à l'autre.. Us se renfconirment à chaque instant sur les flots de la mer Bahique^, par iaurs nelations en temps de paix coonne en temps de guerre, Fhîstdre de l'un devenait l'histok^ de rautre. Plus d'une fois tes Suédois empryntèrent, pour composer leurs ehanti^, un héros ^ Dane-
mark, et les Danois ieur firent le mém^ bonww» Tl y a pourtant dans le F&Ucvwr^ comparé aux Kcsmpemseri une teinte moina sombre^ quelque cbose de plus tendre et de plus JbtUDaio^ €e qw apparaît souyent dans cette poésie du peuple suédois, c'est le tableau de Tamour. Cest Taoïour can<fide et fidèle dont rien n'altère Pespoir, dont rien n'ébranlé la croyance, qui nfi console du passé €» songeant à Tavenir, qqi, penché sur Je lit de mort, attend dans un autre monde le bonheur qu'il a vainement rêvé dans celutfci»
Un voyagem^ part pour les pays élr^ n^srs et dit à celle qu'il aime : a Comhiemde temps m'attendras -tu? -— Je t'attendrai quinze ansi. » Itfi rq[iond^eUe. 11 revient au bout.de qumse ans et la trouve fidèle et lendne conmie le jour où il Tfi quittée. ^ >
(Jn jeune homme tombe malade. Sa fi^m^ée va le voir et s'asseoit sar son lit* Il se âiit apporfter tont ce qu'il possède de plna^précieux. Il lui donne ses aiMeaMx , ses chaînes id'or. « Poim]ucit iim& donnes^n tout? lui dit-elle. iN'as*tu pas àssk frères et des soeurs ? ~ M es frères et mes amurs, répond le malade, trouveront un appui dans ce moiide; mais toi, quand je serai mort, tu n'auras plus personne pour te consoier. » Quelquesinsftants apià,
376 UTTiBATUU SUilMMSE.
oa Mnoe la cbcbe fonèbre pour tui, et le laidemain on la sonne pour elle*
Un chevalier, poursuivi par ses ennemis, sesl relire avec celle qu'il aime dans une ile déserte. Une troupe nombreuse d'hommes armés s'avance pour s'emparer de lui. Il est seul contre tous, et pourtant il ne cède pas. La jeune fille lui apporte elle-même sa longue épée, lui lace sa cuirasse sor les épaules. 11 combat pour elle et à côté d'elle. II s'élance au-devant de ses adversaires et les reaverse autour de lui.
Quelquefois une idée de mœurs barbares se mêle à un sentiment évangélique. Tel est, par exemple, le chant de Karine :
« La petite Karine servait dans la demeure d'un jeune roi. £Ue brillait cojnme une étoile enfre toutes les jeunes filles.
Elle hi*illait comme une étoile entre les jeunes fiUes. Le roi Tappelle et lui dit :
Écoute, Karine, veux-tu être à moi? je te donnerai des chevaux pommelés et des selles d^or.
— Les chevaux pommelés et les selles d'or ne me conviennent pas. Donne^Ies à ta jeune reine, et laisse-moi mon honneur.
— Écoute, Karine, veux-tu être à moi? je te donnerai une couronne d'or rouge.
LITTÉRATITRE SUÉDOISE. 2T7
— Ta couronne d'or rouge ne me convient pas. Donne-la à ta jeune reîne, et laîsse-moî noion honneur.
— Écoute, Karîne, veux-tu être knioî? je le donnerai la moitié de mon royaume.
— La moitié de ton royaume ne me convient pas. Donne-la à ta jeune reine, et laîsse-moi mot» honneur.
— Ecoute* Eàrine, si tu ne veux pas être Si moi, je te ferafî mettre dans le tonneau rempli de pointes de fer.
— Si tu me fais mettre dans le tonneau rempli de pointes de fer, les |gg£s de Dieu verront que je ne Tai pas mérité.
Les valets du roi s'emparent de la petite Karine et la roulent dans le tonneau.
Alors deux blanches colombes descendent du ciel et prennent là petite I^arine. On n'avait vu venir que deux colombes. En ce moment on en vît trois. »
Quelquefois aussi l'idée barbare l'emporte sur tout le reste. La scène la plus dramatique est ra^ contée avec le plus grand sang- froid. Une jeune fille a été empoisonnée chez sa nourrice par l'ordre de sa belle-mère. Elle rentre chez elle avec les angoisses de ta mort, et sa belle-mère lui dit :
278 UTTÉBATUHK SUÉDOISE.
« Ma douce fille, oh asHu été ai loogtempft? — Jfai été chez ma nourrice, ma chàre beUe«4iiëre, Toitti pourquoi j'ai si mal.
r-«^ Qu'as«l& maugéûbdE ta 0oiirrice2-^ Deux pelits'poissons; Toilà pourquoi fat ai maL
«** Que aouhailes^tu à ton père? ->^ Je lui souhaite les joies du ciel*
— Que souhaites-tu à ta mèreP — Le bonheur du paradis.
-^ Que souhaites-tu à tes frères? ~ Un naTÎre flottant sur Feau.
-— Que souhaites*tu à ta sœur? -^ Des bijoux et des cassettes d'or^ Jj^
— Que souhailes-tu à WlSelle-mère? -^ Les té^ iièi>res de Tenfer. »
A côté de ces vers, qui dépeignent si tranqoiln lementle crime, on en trouva d'autres qui esLprip^nt d^uue manière ^énergique la puissance du remords par un symbole.
Une jeune fille qui se 'promène au bord 4e la mer avec ^ sœur^ dont elle est jalouse, la précipite dans les flots. Un ménestrel^ en passant sur le rivage, trouve le corps inanimé de la victime. Il lui coupe les cheveux et en fait des ccardes pour sa ^pe ; puis il s'en va cbanl^r dans là maisdn ou elle deQpieuraiit , et la coupable, en entendant le
MB de i»Ue harpe merTeilleufie» toaihe oiMte.
n y a aussi çà et là, dans ces chants de kSoède, quelques jolies Gctions de sentiiûent cachées sous une allégorie. Telle est celle de oe chevalier qui promet à une jeune fille de lut faire voir les sept montagnes dW. La jeune fille n'a jamais éru à toutes les merTeilles qu^on lui raconte; mais son cœur est ému, son imagination est séduite. Elle entre dans le paradis de Tamour, et elle voit les sept montagnes d'or.
Telle est celle qui exprime la puissance du chant. Une pauvre petite bergère chante si bien, que le roi la fait venir auprès de lui. Il lui fait donner à la place de sa robe de laine des vêtements de martre et de zibeline, des bas de soie, des agrafes d'or; puis il la prie de chanter. Mais la bergère, étonpée de toqt ce qu'eUe voit, ne peut chanter, et demande h retourner auprès de ses chèvres. Le roi lui offre, de riches habita, des agneaux d'or, un navire, et la bergère répond : Tous ce» biens que vous m'of*- &e} ne ^pnt pas faits pour moi. Laissez-moi re^ tourner auprès de mon troupeau. Il lui offrje ia moitié de son royaume, et elle refuse. Il lui offre son amour. Alors elle chante, et le roi et les hommes de sa cour, se loettent à danser. Après» cela la
380 LirrillATURE SUÉIKHSE.
bergère vent partir; maîa le roi la nomme reine el lui domie sa couronne d'or.
La Suéde a puisé, comme le Danemark, sa poésie.populaire à plusieurs sources. Elle a gardé da paganisme la tradition du marteau de Thor, des perfidies de Loke, des Elfes qui dansent dans les ' forêts, des Hœgspelare ^ des StrœmkarU qui soupirent dans les fontaines et chantent dans les cascades. Le christianisme lui a donné ses. 1^^des de saints et ses miracles. LUslande lui a appris ses histoires de guerre et de pirates, rAUemagne ses contes de chevalerie. Elle a chaîné elle-même les événements qui se passaient autour d'elle, le» rois dont elle voulait célébrer la sagesse, les héros dont elle admirait le courage. Elle a chanté ses joies et ses douleurs. Tous ces chants improvises ainsi dans un moment d'émotion, et répétés par la foule, présentent aux regards de celui qui veut les étudier sérieusement, tantôt un tableau de nkBurs fidèle et intéressant, tautQ( une scène fictive, ri* che de sentiment 'et de poésie, tantôt la peinture d!iln caractère, le récit d'im fait qui peuvent servir à Thistorien. .
Voici un autre point assez curieux à observer. C'est dans ces recueils de chants populaires qu'if faut chercher les |)remiéres tptces de composition
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dramatique parmi le^ habitants du Nord. Les hommes qui vivent sous cette rude température des régions boréales ne connaissent guère cette vie extérieure, cette \ïtAtJbrum des populations méridionales. Dans les campagnes, ils habitent une maison à l'écart et restent isolés Fun de Tautreé Dans les villes, ils subissent encore l'influence dti climat, et Téducation qu'on le^r donne, les habitudes qu'ils prennent dès leur enfatice, sont en quelque sorte indiquées par cette atmasphère variable et froide qui les menace dès qu'ils posent le pied dans la rue. Ainsi ils s'accoutument à une vie sédentaire, ils aiment leur intérieur, leurs travaux patients pendant le jour et leur cercle de famille le soir. Que Ton se représente un pays comme la Suède, où toutes les habitations sont dispersées à travers champs, où l'on ne trouve que quelques petites villes & de longues distances Tune de loutre, et quelques villages dans deux provinces; il est facile de concevoir que Tart dramatique, fût-ce même Fart lé plus siipple et le moins exigeant, ne peutij^uèrese dévelof^er dans de telles contrées. Polichinelle aurait trop à faire de courir d'un chalet à l'autre pour montrer sa joyeuse humeur, et Colombine n'aurait jamais la îotct de traverser tani.de sentiers rocaiHeux, de gravir tant de
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iiioiilag;iies, pour jouer ses naives paalorales avec AHequin.
Les paysans de chaque paroisse ne se réunissent qu'une fois par semaine pour aller à TégUse. Le reste du temps, ils sont disséminés de part et dW tre^ Tété dans les villes, Thiver dans leur demeure. Ils sont là autour de leur foyer comme ces anciebs Scandinaves dont parlent les sagas, les femmes filant la laine« les hommes buvant la bière, ou proparant leurs instruments d'agriculture.
Dans ces longues veiUées qu'ils passent ainsi à la lueur d'une lampe pâle, au bruit du vent qm gronde, ils ont cherché à se créer une diatraietioD, etils Font trouvée dans leurs contes et leur poésie. Us récitent ces contes en changeant de ton selon la nature des événements ouïe caractère des person-xiages. C'est une espèce d'exercice déclamatoire, et la frayeur qu'ils excitent, le cri de surprise qui is'échappe de coté et d'autre au mom^iit de la catastrophe, remplacent pour eux les bravos du parterre et l'éloge du journaliste. Beaucoup d'entre eux s'appliquent à étonner les auditeurs pai^'ha* bileté de leur iécit, et Ton cite dans la paroisM un bon conteur comme on cite parmi nous un jeine premier on un j^ère noble. Lueurs chanto Ura* dilionnels n^ont pas moins d'importance. Les uns
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sont porement lyriques; on les chante sur une Doélodîe simple, doçt chacun répète le refrain ; d'autres sont dialogues, et par le fiitt qu'ils raconlent, par la forme que le poète leur a donnée, Us ressemblent à des scènes de tragédie. Le plus S0u>« ▼ent^ cependani, ces chants ont le caractère épi«* que. Ce sont des pages détachées d'une longue histoire^ deâ fragments de la vie morale, de la vie bdliqnéuse de tout un peuple. Il ne manqœ qu'on Homère pour en faire une Iliade.
Dans leur poésie populaire, les Suédois ont de plus que les Danob un chant particulier^ connu sous le nom de lek. C'est celui-là surtout qui pré* sente des intentions de jeu scénique. Le lek n'est parfois qu'un morceau fort court, destiaé seulement à rassembler plusieurs personnages et à peindre diverses situations. C'est une espèce de libretto complété par la danse, par la pantomime, par la musique. Une société suédoise le prend et se distribue les rôles. Chacun est acteur dans cette comédie de famille, car ceux qui n'ont point de part au dialogue s'associent au chœur qui répète le refrain du lek ou aux danses qui l'accompagnent. Quelques-unes de ces petites pièces sont d'une nature burlesque. Les jeunes gens les jouent en faisant diverses contorsions. D'autres ont ui^
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caractère liccDcieux. Dans les contrées du Midi 5 elles ne pourraient étire représentées sans danger. Dans le Nord, si une fiairaiUe de paysans s'avise de les jouer, elles ne servent souvent qu'à prouver la pureté de ses mœurs. En6n, il en est qui sont d'une nature tendre et gracieuse et d'une siinpKcité antique : tel est, par exemple, ce charmant lek de Vèndela, où toutes les puissances de Pâme se montrent absorbées dans le sentiment de l'amour.' Une jeune 6Ue est assise sur une chaise, la tête couverte d'un voile, les deux mains l'une près de l'autre, balançant le corps, comme si elle ramait. Plusieurs personnes passent en chantant, en dansant autour d'elle, et lui disent :
« Pourquoi es-tu assise là? Pourquoi rames-ta? Pourquoi rames-tu, belle Vendela?