CHAPITRE VI
Le temps des ( hroniques disparaît. — Charles-Quint. — Guevara. — Ocampo. — Sepulveda. — Mexia. — Relations du Nouveau-Monde. — Cortès. — Gomara. — Bernai Diaz del Caslillo — Oviedo. — Las Casas. — Cabeza de Vaca. — Jerez. — Zarate.
Au commencement du seizième siècle, c’est un fait évident, le temps des chroniques était passé en Espagne. On croyait cependant encore utile it la dignité de la monarchie de conserver à l’autorité publique,' sur ce point comme sur d’autres, les formes majestueuses de l'ancien temps. Charles-Quint eut, par conséquent, plusieurs chroniqueurs olliciels. hommes d’une grande considération et d’un profond savoir, comme si ses projets ambitieux de conquérant pouvaient trouver un contre-poids dans ses dispositions pour rappeler ses succès. Mais sur le cadran solaire, l’ombre ne peut reculer au commandement royal. Le plus grand monarque de son temps peut appointer des chroniqueurs, il ne peut leur donner l’esprit d’un siècle qui s’en va. Les chroniques qu'il demanda à leur plume ne furent jamais entreprises ou ne se terminèrent jamais. Antonio de Guevara, une des personnes à qui des fonctions pareilles furent confiées, semble avoir été singulièrement consciencieux dans l’emploi de son temps pour l’accomplissement de ses devoirs. Par suite de sa volonté expresse, à ce qu’on nous raconte, il ordonna que le salaire d’une année pendant laquelle il n’avait rien composé de sa tâche, fit retour au trésor impérial. Ce qui ne veut pas dire qu’il fût un brillant chroniqueur (1). Tout ce qu’il écrivit ne parut pas digne de publication à ses contemporains, et il n’aurait pas été jugé plus favorablement par la génération présente, s’il n’avait pas montré plus de respect pour la vérité historique, ni un style meilleur que celui qu’on trouve dans ses dissertations sur la vie et le caractère de l’empereur Marc-Aurèle (2).
(1) Nicolas Antonio. Bibl. Nova, tom. I, pag. 127, et la préface aux Epislolas familiares de Guevara, édition de 1673.
(2) Voyez l’article où Bayle dénigre Guevara.
Florian de Ocampo, autre chroniqueur dos plus distingués, montre une ambition démesurée dans le plan qu'il se propose, en commençant la chronique de Charles-Quint à l'époque du déluge de Noé. Comme on aurait pu le prévoir, il vécut seulement assez de temps pour terminer un lêgerfragment de sa vaste entreprise, le quart à peine de la première deses quatre grandes divisions (i). Mais cette portion nous suffit largement pour nous démontrer de la manière la plus complète que le temps était entièrement passé pour de semblables écrits (i). Non que la crédulité manque à Orampo, il enaplus qu'il n'en faut. Ce n'est pas toutefois la crédulité poétique de ses prédécesseurs, se fiant aux vieilles traditions nationales, mais une foi aveugle, croyant les fictions absurdes qu'on appelle œuvres de Berose et do Manelhon (3). œuvres tombées en discrédit dès leur première apparition, uu demi-siècle auparavant et mises maintenant à contribution par Ücarupo comme si elles donnaient l’unique relation probable, sinon suffisante, d une série non interrompue de rois espagnols, depuis Tubal, petit-fils de Noé. Une crédulité semblable ne présente aucun charme. En outre, l’œuv re d'Ocainpo est dans sa structure, froide et absurde; elle est écrite dans un style prétentieux et lourd qui en rend la lecture impossible. Florian de Ocampo mourut en 1533, l’année même de l’abdication de l'Empereur, sans nous laisser la moindre occasion de regretter qu'il n'ait pas poussé le récit des annales de l’Espagne plus loin que l’époque des Scipions.
Juan Ginez dirSepulvéda fut aussi spécialement chargé par l'Empereur du soin de raconter les événements de son règne (4) , ainsi que Pero Mexia (5). Mais leurs histoires ne se publièrent jamais, quoique celle de
(1) l.a meilleure biographie d'Ocampo se trouve dans la Biblioteca de los escritores que hatl sido individuos de los seis colegios majores par D. Josef de Itezabal y Ugarte (pp. 233-238). 11 y en a une autre en tête de l’édition de sa Cronica publiée en 1791.
(2) La première édition du premier des quatre livres de ta Chronique d’ Ocampo fut publiée à Zatnora en 1544, dans un beau volume in-folio, en caractères gothiques. Elle fut suivie d'une autre édition complète publiée i Médina del campo, en 1553, in-folio. La meilleure, à ce que je présume, est l'édition de Madrid, 1791, en deux volumes in-4».
(3) Sur ces misérables impostures lisez Nicéron ( Hommes illustres, Paris, 1730, tom. XI, pp. 1-11; tom. XX, 1732, pp. 1-6|. Sur ta simplicité d'Ocampo d'y ajouter foi, voyez le dernier chapitre de son premier livre et tous les passages où il cite Juan de Viterbe et son Berose.
(4) Pero Mejia dans les dernières lignes de son Historia impérial y Cesarea.
(5) Gapmany, Eloquencia espahola, tom. II, pag. 295.
Mcxia écrite, à ce qu’il paraît, peu de temps avant sa mort (1), survenue en 1552, soit conduite jusqu'au couronnement de l'Empereur à Bologne.
•Une autre histoire plus étendue du même auteur se compose des vies de tous les empereurs romains, depuis Jules César jusqu'à Maximilien d’Autriche, le prédécesseur de Charles-Quint. Elle fut plusieurs fois imprimée et annoncée comme une introduction à sa chronique. Malgré les imperfections de son style, elle montre que l'objet de son auteur fut d’écrire une histoire authentique et bien distribuée, puisqu’il cite généralement, dans chaque règne, les autorités auxquelles il s’est rapporté (2).
De pareils ouvrages nous prouvent que nous avons atteint la dernière limite du vieux style des chroniques et que nous devons maintenant apercevoir, dans la littérature espagnole, l'apparition des différentes formes d’une composition historique plus régulière. Avant d’en approcher, il faut nous arrêter un moment sur un petit nombre d'histoires et de relations du Nouveau-Monde qui, durant le règne de Charles-Quint, eurent plus d'importance que les chroniques imparfaites que nous venons de faire connaître sur l’empire espagnol en Europe. Dès que les aventuriers qui suivaient Christophe Colomb mirent pied à terre sur les côtes occidentales de l’océan Atlantique, nous commençons à trouver des descriptions plus ou moins étendues de leurs découvertes et de leurs établissements : quelques-unes sont écrites avec feu et distinguées même par leur bon goflt ; d’autres ont un style peu attrayant : presque toutes sont intéressantes par leur sujet et leurs matières, si elles ne le sont pas par autre chose.
Sur le premier plan de ce groupe pittoresque se détache, comme la
(1) Je dis, à ce qu'il parait, parce que dans son Histoire impériale et césarienne, il déclare, en parlant des exploits de Charles V, * qu’il n’aura jamais assez de présomption pour se croire capable de les rapporter. » C’était en 1545, et il ne fut nommé historiographe qu’en 1548. Voyez les détails sur lui par Pacheco dans le Semanario Pintoreseo, 1844, pag. 406.
Depuis le temps de Charles-Quint, il semble qu'il y a eu généralement des chroniqueurs du royaume et des chroniqueurs pour l'histoire parliculièrc des Rois. C’est ainsi que l'Empereur eut Ocampo et Garibay pour le premier objet ; et Guevara, Sepulvéda et Mejia pour le second. Lorenço de Padilla, archidiacre de Malaga, est aussi mentionné comme un des chroniqueurs de Charles-Quint (Dormen, Progresos, liv. u, ch. tt). Il ne me semble pas facile de déterminer combien il y en eut qui jouirent de l’honneur d’un titre pareil.
(2) I j\ première édition parut en 1545. L’exemplaire dont je me suis servi est de l'édition d’Anvers, 1561, in-folio. Mais la meilleure notice sur la vie de Pero Mejia est l'article qui lui est consacré dans la liiographie universelle.
plus brillante de ses figures, Fernand Cortès, appelé par excellence, El Conquistador, le conquérant. Il était né de parents nobles et avait été élevé avec beaucoup de soin. La fierté de son esprit l'avait fait sortir* de Salamanque, avant que son éducation fût complète et l'avait porté au Nouveau-Monde, en 4504, alors qu'il était à peine âgé de dix-neuf ans (4). L’éducation de sa jeunesse, bien meilleure que celle de la plupart des autres aventuriers américains, apparaît néanmoins dans ses documents, dans ses lettres, dans toutes ses œuvres, tant publiées qu’inédites. Parmi ces pièces, les plus remarquables sont, on ne peut en douter, cinq longs et minutieux rapports à l’Empereur sur les affaires du Mexique. Le premier et probablement le plus curieux, à la date de 1519, semble perdu, et le dernier appartenant, selon toute probabilité, à l’année 1527, n’existe qu’en manuscrit (2). Les quatre qui nous restent sontbieh écrits et portent un certain air de préoccupation, en môme temps que leur clarté et leur bon goût nous rappellent parfois, quoique rarement, les Relazioni de Machiavel et les Commentaires de Jules César. Ses lettres sont d’un autre côté plus ornées. Dans une d’elles encore inédite, écrite vers 1533, au moment où sa fortune s’évanouissait, il expose ses services et ses outrages, et se plaît à raconter à l’Empereur qu'il * conserve deux lettres de S. M. comme si c’étaient des reliques sacrées, » conserea dos carias de S. M. como si fueran sagradas reliquias , et il ajoute que « les faveurs de S. M. à son égard ont été trop grandes pour un vase si petit ■ que los favores de S. M. para con èl liabian sido demasiado grandes para vaso tan pequeho. Phrases de courtisan et pleines de grilce que nous ne trou-
(1) Cortès quitta Salamanque deux ou trois ans avant de passer au Nouveau- Monde. Le vieux Bernat Diaz, qui le connaissait bien, dit de lui : i c’était un sa- « vant et j'ai entendu dire qu'il était bachelier en droit ; que, lorsqu’il parlait avec • des légistes ou des érudits, il leur répondait en latin. Il était aussi un peu poète et il a écrit des couplets en vers et en prose.» (En métro y en prosa.) Il serait intéressant de voir des poésies de Cortès et en particulier ce.que le vieux chroniqueur appelle copias en prosa. Cortès aima toujours la société des esprits cultivés. Cèst dans sa maison, à Madrid, (voy. pag. (19, note,) qu’à son retour d'Amérique, se tenaient ces Académies fondées alors à l’imitation de l'Italie.
(2) Les Rclacioncs de Cortès, qui ont été imprimées, se trouvent dans Barda, Historiadores primitivos de las Indias Occidentales, (Madrid, 1769, 3 vol. in-fol.) collection imprimée après la mort de l'éditeur, et très-mal ordonnée. Barcia était un littérateur très-distingué, très-versé dans les affaires d’État et un des fondateurs de l 'Académie espagnole. 11 mourut en 1743. (Baena, édit, de Madrid, tom. 1 , pag. 106.) La dernière Relacion de Cortès, qui n’a jamais été imprimée, et ses lettres inédites, m’ont été communiquées par mon ami M. Prescott, qui en a fait un si bon usage dans son Histoire de la conquête du Mexique.
vons plus dans les écrits de ses dernières années, alors que désappointé, dégoûté des affaires et de la Cour, il se retire dans une triste solitude où il meurt en 1554, ne trouvant qu'une faible consolation dans son rang, dans ses richesses et dans sa gloire.
Les merveilleux exploits de Cortès au Mexique furent toutefois retracés d'une manière plus ample, sinon avec plus de soin, par Francisco Lopez de Gomara, le plus ancien des véritables historiens du Nouveau-Monde (I). Gomara était né à Séville, en 1510, et avait été pendant quelque temps professeur de rhétorique à l'université d'Alcala. Il avait passé les premières années de sa vie dans le grand marché des aventuriers américains, circonstance qui lui inspira pour eux un tel intérêt et lui donna une telle connaissance de leurs affaires qu’il pût écrire leur histoire. Les ouvrages qu'tl composa, outre un ou deux de moindre importance sont, le premier, l’Histoire des Indes, llistoria de las Jndias , qui, suivant l'usage espagnol, commence avec la création du monde et finit par les gloires de l'Espagne, quoique principalement consacré à Christophe Colomb, à la découverte et à la conquête du Pérou : le second, sa Chronique de la Nouvelle-Espagne, Cronica de la Muera Espana , qui n’est, en fait, que l’Histoire et la vie de Fernand Cortès, Historia y rida de Hernando Cortès , titre beaucoup plus propre,’ sous lequel elle a été réimprimée par Bustamente, "à Mexico, en 1826 (2). Comme relations les plus anciennes publiées sur des affaires qui avaient agité toute la chrétienté, ces ouvrages jouirent immédiatement d'un grand succès, eurent deux éditions presque successives et furent bientôt traduits en français et en italien.
Mais quoique le style de Gomara soit facile et coulant, tant dans le récit simple que dans les parties de ses œuvres où il décrit si amplement les ressources des contrées nouvellement découvertes, il ne réussit pas à produire un travail d’une autorité solide et permanente. Gomara était secrétaire de Fernand Cortès et il fut trompé par les indications qu’il reçut de lui et d’autres personnes ayant pris une trop grande part aux événements qu'elles entreprenaient de rapporter, pour les raconter dans
(1) * Le premier ouvrage digne réellement de ce titre, » dit Mufioz, llistoria del Nuevo Mun do, Madrid, 1793, in-fol.,pag. xviu.
(2) Les deux ouvrages de Gomara peuvent se lire dans Barcia , Ilistoriadores
primitivos, etc. Ils remplissent le deuxième volume. Ils furent imprimés pour la première fois en 1553, et quoique Nicolas Antonio prétende (Bibl. Nova, tom. I, p. 437), qu'on en défendit la réimpression ou la lecture, il en parut quatre éditions avant la fin de ce siècle. - *
toute leur vérité (I). Ses erreurs sont, par conséquent, grandes et fréquentes, et sont exposées avec beaucoup de zèle par Bernai Diaz, un vieux soldat, qui avait fait déjà le voyage du Nouveau-Monde, et qui accompagna Cortèsà Mexico, en 1519, (2) combattit avec lui si souvent et si longtemps, que, plusieurs années après, il déelaraitnepouvoirdormir tranquille que revêtu de son armure (3). A peine eut-il lu la relation de Gomara qu'il se mit brusquement à l'œuvre pour lui répondre et il termina sa tiche en 1558 (4). Le livre qui en résulta est écrit avec beaucoup de vanité personnelle; il roule, dans un style assez rude, surde fastidieux détails, mais il est plein du zèle et de l'honorable sentiment naturel des vieilles chroniques : de sorte qu’en le lisant nous nous sentons reportés vers les siècles passés, et placés encore au milieu d’une espèce de ferveur et de foi qui, dans des auteurs tels que Gomara et Cortès, nous apparaissent sûrement laissées bien loin de nous.
Parmi les personnes qui passèrent des premières en Amérique et qui nous ont laissé des relations importantes de leurs aventures et de leurs temps, une des plus considérables c’est Gonzalo Fernandez de Oviedo. U était né à Madrid, en 1478 (5), et avait été élevé avec soin à la cour de
(1) Sur ce premier départ de Cortès comme chef de l’expédition, l’ecclésiastique Gomara raconte dans son histoire plusieurs faits grossièrement contraires à la vérité. On devait s’y attendre de la part d’une personne qui n’en savait que ce qu’elle avait entendu dire à cet égard par Fernand Cortès, et ce qu'il lui en avait fait écrire. Gomara devint le chapelain et le serviteur de Cortès après que ce dernier eût été fait marquis, et après son dernier retour en Espagne. Las Casas, (Historia de las Indias , part. 111, chap. exut, MS.) est un témoin intéressé, si l’on veut , mais sur un fait qui était de sa connaissance personnelle, il est le seul qu'on puisse croire.
(2) Voyez Historia verdadera de la Conquista de la Nueva Espaha, por el capitan Bernai Diaz del Castillo, uno de los conquistadores, Madrid, 1632, in-fol.. chap. eexi.
(3) Il dit qu’il assista à cent dix-neuf batailles fol. ‘254, d.);ce sont, je suppose, des combats de toute espèce.
(4) Son livre ne s’imprima que longtemps après; il fut dédié à Philippe IV. Il y a des détails tout è fait ridicules. Il donne même une liste de tous les chevaux dont on se servit pour l’expédition de Cortès. Souvent les qualités particulières d’une monture favorite sont décrites avec autant de soin que celles du cavalier.
(5) < Je suis né en 1478, » dit-il, dans scs Quinquagenas en parlant de Pedro Fernandez de Cordoba; et, dans plusieurs autres endroits, il parle plusieurs fois de lui comme natif de Madrid. 11 dit expressément qu’il assistait i la prise de Grenade, et qu’il connut Colomb à Barcelone, à son premier retour de l'Amérique, en 1493. [Qtlinquagcnas . MS.)
Ferdinand et d’Isabelle, comme undes pages du prince D. Juan. En 1513, il fut envoyé comme inspecteur des fonderies de l'or à l'ilc de Saint Domingue (1), où, à part quelques voyages accidentels en Espagne et dans différentes possessions espagnoles en Amérique, il vécut pendant presque quarante années, exclusivement consacré aux affaires du Nouveau-Monde. Dès sa jeunesse, Oviedo semble avoir été pris d'une passion pour écrire. Outre plusieurs autres ouvrages moins considérables au nombre desquels il faut placer les chroniques incomplètes de Ferdinand et d’Isabelle, de Charles-Quint, la Vie du Cardinal Ximcnez (2), 11 prépara deux autres livres qui n’ont pas peu de valeur.
Le plus important des deux est l'Histoire Naturelle cl générale des Indes, la Natural y general hiitoria de las Indias, composée de cinquante livres dont la première partie, comprenant les vingt-un premiers, se publia en 1535, tandis que les vingt-neuf restants ne se trouvent encore qu’en manuscrit. Vers 1525, pendantqu'il ôtait & Tolède et qu’il offrait à Charles-Quint le sommaire de son Histoire de l'ileHespaniola, il lui exprima le désir de voir son plus grand ouvrage imprimé. Mais il paraît, du commencement du trente-troisième livre à la fin du trente-quatrième, qu'il y travaillait encore en 1547 et 1548 : il n’est donc pas invraisemblable, d’après les mots par lesquels il termine le trente-septième, qu’il ait laissé chacune des grandes divisionsdeson œuvre entrouverte, pour ainsi dire, et qu’il ait continué d’y faire des additions presque jusqu’au moment de sa mort (3).
(1) Veedor de las fondiciones de Oro , c’est le titre qu'il se donne lui-même dans le préambule de son ouvrage adressé à Charles-Quint, en 1525 (Barcia, tom. I.) ; longtemps après , au commencement du livre XLV1I de ses histoires, MS., il parle encore de lui comme remplissant les mêmes fonctions.
(2) Je ne suis pas très-sûr que Nicolas Antonio ne soit pas dans l’erreur en attribuant à Oviedo une vie à part du cardinal Ximenez, parce que celle que contiennent les Quinquagenas est très-longue. Quant aux chroniques de Ferdinand et d’Isabelle et de Charles-Quint, il n’y a pas de doute qu’il les écrivit, puisque Oviedo lui-même y fait allusion dans le préambule adressé à Charles-Quint. Ni l’une ni l’autre n’ont été encore imprimées.
(3) Dans sa lettre à l’Empereur, insérée à la tin du Sumario, 1525, il l'intitule : La General y Natural historia de las Indias que de mi mano tengo eserita. Dans l’introduction au livre XXXHI, il dit : i Depuis les trente quatre ans qu’il y a que je suis dans ces contrées. » Au chapitre IX et dernier du livre XXXIV, il nous rappelle un événement à la date de 1548: de sorte qu'il s’occupa, plus ou moins, pendant vingt-trois ans, de la composition de son grand ouvrage. A la fin du livro XXXVII : • En voilà assez, quant à ce court livre du,,numéro trente-sept, jusqu'à ce que ■ le temps nous avise d’autres choses qui pourront l’augmenter. » D’otfje conclus
Oviedo nous raconte qu'il avait été autorisé par l'Empereur à demander aux différents gouverneurs de l’Amérique espagnole les documents dont il aurait besoin pour son œuvre (1), et, comme les divisions du sujet sont les mêmes que celles qui résultent naturellement de la géographie du Nouveau-Monde, il semble avoir consciencieusement rempli sa tilche. Mais les matériaux qu'il employa étaient d'une nature trop informe pour être maniés avec facilité, et le sujet était dans son ensemble trop vaste et trop varié pour ses facultés. Il se laissa aller à un style décousu et vague, au lieu de viser à la condensation philosophique. A la place d'un abrégé tel qu'aurait dû être son œuvre, il nous donne des récits de chroniques, des narrations avec commentaires d'une immense étendue, sur les contrées nouvellement découvertes et sur les événements extraordinaires qui s’y sont passés, récits parfois trop courts et trop superficiels pour intéresser, parfois trop détaillés pour la patience des lecteurs. Oviedo était évidemment un homme érudit, il entretint une correspondance avec Rainusio, le géographe italien, correspondance qui ne put manquerd'élreulile à l’un et à l'autre (2). Il était très-désireux d’écrire dans un style propre et éloquent, et il y réussit parfois. En somme Oviedo a composé une série de relations sur la condition naturelle du Nouveau- Monde, sur ses habitants primitifs, sur l’administration politique des affaires dans les vastes possessions espagnoles de l'Amérique. Il s’est arrêté au milieu du seizième siècle et son œuvre, d’une grande valeup, peut être considérée comme un vaste répertoire de faits, qui n’est pas
qu’il laissait chaque livre ou chaque grande division de son ouvrage ouverte aux additions, tant qu’il aurait vécu et que certaines parties ont pu être écrites, par conséquent, en 1557.
(1 ) a En outre je dis que j’ai des ordres du roi pour que les gouverneurs m’en- « voient une relation de ce qui touche A l’histoire dans leurs gouvernements, pour « ces histoires » (liv. XXXllI,introd. MS.). 3e soupçonne qu Oviedo a été le premier chroniqueur titulaire du Nouveau-Monde, fonction qui fut un moment mieux rétribuée qu’aucun autre emploi de ce genre dans le royaume, et qui fut remplie à différentes époques par Herrera, Tamayo, Solis et d’autres écrivains de distinction. Cet emploi disparut, je crois, avec la création de l’Académie royale d’Histoire.
(2) a Nous devons beaucoup à celui qui nous a donné des détails sur ce que « nous n’avions ni vu ni connu par nous-même. Ainsi je suis, pour ma part, aujour-
• d’hui beaucoup redevable à un homme distingué et savant, de l’illustre Sénat de
• Venise, appelé le secrétaire Jean-Baptiste Hamusio. 11 avait entendu dire que « je m’occupais des sujets dont je traite, et alors, sans me connaître personnelle-
• ment, il s’est adressé à moi par dp» amis pour communiquer avec moi par let- « très, et m’a envoyé une nouvelle géograpliic. • (Liv. XXXV1I1, MS.)
entièrement sans mérite sous le rapport de la composition littéraire (1).
L’autre ouvrage considérable d’Oviedo, le fruit de sa vieillesse, est consacré aux souvenirs aimés de son pays natal et des hommes distingués qu’il y a connus. Il a pour titre : La* Quinquagenas , et consiste dans une série de dialogues où, avec peu d’ordre et de méthode, il nous donne d’intéressants détails sur les principales familles qui ont figuré en Es- • pagne, sous les règnes de Ferdinand et d’Isabelle et de l’Empereur Charles-Quint. Là se mêlent anecdotes et réminiscences, autant que la mémoire d'une vie aussi longue et aussi occupée que la sienne put lui en fournir, avec un étalage assez candide de sa propre vanité. Le dialogue sur le cardinal Ximencz et d'autres passages nous apprennent qu’il travaillait à ses Quinquagenas en 1545 (2). L’année 1550 revient cependant plus fréquemment parmi les dates de ses conversations imaginaires (3) et, vers la fin de son œuvre, il déclare très-distinctement qu’il la termina le 23 mai 1556, alors qu’il était âgé de soixante-dix-neuf ans. Oviedo mourut à Valladolid l'année suivante.
(1) Comme spécimen de son style, nous donnerons le récit suivant sur Almagro, un des premiers conquérants du Pérou, que les Pilaires mirent à mort à Cuzco, après y avoir obtenu un pouvoir sans contrôle. • Pues oyd, à leed todos los autores a que quisieredes , e cotejad todo lo que todos ban dado, uno a uno (que reyes no « ayan seydo) , e veres como este ombre no tuvo para en lo que es dicho, ni hal- 4 larés quien se le compare, como digo, no seyendo principe : porque los Reyes » saben e pueden dar, quando les plaze, cibdades e estados e senorios, e otras cosas
• grandes ; pero un ombre que le vimos ayer pobre, e quanto ténia era muy poco,
• bastarle el animo à lo que tengo dicho, tengolo en tanto que no sé cosa seme- « jante en nuestros tiempos ni otros que se le yguale. Por cierto yo vi quando
< Pizarro , su companero, vino de Espaiia, e truzo aquclla compania a Panama de 4 aquellos trezientos ombres, que si Almagro no los acojera e ospedara con tanto
• liberalidad e obra , segun la tierra estava enferma e falta de mantenimientos, que
< la hanega del mahiz valia dos o très pesos, e el arroba del vino seys o siete de 4 oro, que pocos o ninguno de ellos escapara. A todos era padre y hermano y 4 companero , y abrigo y socorro de las necessitados . ( Général y natural hisloria 4 de las India*. Lib. XLVII, MS.) • Une grande partie est, comme le passage cidessus , écrite dans le vrai style et suivant la manière détaillée et moralisatrice des vieilles chroniques.
(2) En este en que estamos, de 1545. Quinquagenas MS., El cardinal Cisneros.
(3) Comme dans le dialogue sur Juan de Silva, comte de Cifuentes, il dit ; En este an o en que estamos, 1550. v Dans le dialogue sur Mendoza, il use des mêmes mots, ainsi que dans celui sur Pedro Fernandez de Cordova. On trouve une excellente note sur Oviedo dans le vol. I, p. 112 de l’édition américaine de Ferdinand et d’Isabelle de mon ami Prescott, à qui je dois tant pour le manuscrit des Quinquagenas et de l’ Historia general, etc. •
ira
Soit durant sa vie, soit après sa mort. Oviedo rencontra un adversaire formidable qui, suivant à peu près le même cours d'investigations sur le Nouveau-Monde, arriva presque constamment à des conclusions tout à fait opposées. Ce rival n'est rien moins que Bartolomé de las Casas ou Casaus, l’apOtrc. et le défenseur des Indiens d'Amérique, homme qui aurait été remarquable dans un siècle quelconque du monde et qui ne semble pas encore avoir recueilli toute la moisson d'honneurs qui lui . est due. Il était né à Séville, probablement en 1474; et, en 1502, après avoir suivi le cours des études à Salamanque, il s’embarqua pour les Indes où son père qui s’y était rendu avec Colomb, neuf ans auparavant, avait déjà ramassé une honnête fortune.
L’attention du jeune Las Casas se porta presque immédiatement vers l’étude de la condition des naturels du pays: ce penchant était dû à la circonstance d’avoir eu l'un d'entre eux donné par Colomb à son père, et attaché comme esclave à sa propre personne, pendant qu’il suivait encore les cours à l’Université de Salamanque. En arrivant à l'IIe espagnole, il n’avait pas tardé à apprendre que leur douce nature et leur délicate constitution avaient été déjà soumises, dans les mines et dans d’autres espèces de travaux, à une servitude si dure que les habitants primitifs de l’tle commençaient à disparaître devant la sévérité et la continuité des fatigues. Dès ce moment il consacra sa vie à leur émancipation. En 1510 il prit les ordres sacrés; alors il continua, comme prêtre et pendant un court espace de temps comme évêque de Chiapa, durant près de quarante ans. d’instruire, de fortifier et de consoler le troupeau désolé qu'on avait confié à ses soins. Six fois au moins, il traversa l'océan Atlantique pour persuader au gouvernement de Charles-Quint d’améliorer la condition des Indiens, et il fit toujours ces voyages avec plus ou moins de succès. Enfin, mais pas avant 1547, alors qu’il avait environ soixantedix ans, il vint s'établir à Valladolid. en Espagne, où il passa le reste de sa paisible vieillesse, s’adonnant sans réserve à la grande cause à laquelle il avait consacré toute la fraîcheur de sa jeunesse. Il mourut à Madrid, pendant une visite pour affaires, en 1566. à l'âge avancé de quatre-vingt-douze ans, comme on le suppose communément (1).
(I) On peut lireunc excellente biographie de Las Casas dans Quintana, Vidas de Espahola celehrcs, Madrid , 1831, in-12, tom. III, pp. 255-510. Le septième article de l'Appendice, relatif aux rapports de Las Casas, sur le trafic des esclaves, pourra se lire avec un intérêt tout particulier. Il est prouvé par des documents inédits d’une authenticité incontestable, il est démontré d’une manière certaine que si Las Casas favorisa un moment ce qui était primitivement établi, à savoir : le
au
Parmi les personnes qui s'opposèrent à ses dispositions bienveillantes, on compte Scpulvèda, un des littérateurs les plus érudits, un des casuistes les plus distingués de l’Espagne à cette époque, et Oviedo qui, par ses rapports avec les mines et sa participation au gouvernement des diverses provinces dans les pays nouvellement découverts, avait un intérêt directement opposé à celui que dérendait Las Casas. Ces deux personnages, avec d'immenses ressources et une influence considérable pour se soutenir, intriguèrent, écrivirent, travaillèrent contre lui par tous les moyens en leur pouvoir. Mais Las Casas n'était pas un esprit capable de se laisser abattre par l'opposition ou tromper par le sophisme et l'intrigue. Aussi, lorsqu'on 1519, dans une discussion avec Sepulvéda relative aux Indiens, il fut mis en présence du jeune et orgueilleux empereur Cbarles-Quint , il n'hésita pas à dire : « Porque es cierlo, y hablando con todo acatamicnto y « reverencia que se debe a tan alto reV y Senor, que de aqui a aquel « rincon no me moviera por servir â S. M., salva la lidelidad y obe- « dicncia que eomo subdito le debo, si no pensase y creyese de hacer < à Dios gran servicio (1). > En s'exprimant ainsi, il traduisait le sentiment qui avait réellement dirigé sa vie et constitué la base du grand pouvoir qu'il avait exercé. Tous scs écrits en sont pénétrés. Le premier d'entre eux intitulé: Brecimma relation de la destruction de las Indias , fut composé en 1542 (2), et dédié au prince qui fut plus tard Philippe IL C'est un traité où les souffrances et les outrages des
transport des nègres aux Indes-Occidentales, pour soulager les Indiens, système que d’autres hommes bienveillants avaient favorisé de son temps, il le faisait sous l’impression que, d’après le droit des gens, les nègres ainsi importés en Amérique étaient des prisonniers de guerre des Portugais et rigoureusement esclaves. Plus lard il changea de manière de voir à ce sujet. Il déclara ser tan injusto el cautiverio de losnegros comoel de los Indios: que l’esclavage des nègres était aussi injuste que celui des Indiens, et il exprima même la crainte qu’apris être tombé dans Terreur en favorisant l'importation en Amérique des esclaves noirs, par ignorance et par un bon sentiment, il n’eüt à s'en excuser devant la justice divine. (Quintana, tom. III, p. 471.)
(1) « Parce qu’il est certain que, parlant avec tout le respect et toute la révé- « rence qu'on doit avoir pour un si haut, si puissant roi et seigneur, je ne me por-
• ferais pas d'ici à coin pour servir S. M., sauf la fidélité et l’obéissance que je « lui dois comme sujet, si je ne pensais et croyais rendre un grand service 4
• Dieu, s (Quintana, Espagnols célèbres, tom. III. pag. 321.)
(2) Quintana (pag. 413, note) doute de l’époque où ce fameux traité fut écrit. Las Casas dit lui-même au commencement de sa Breoissiina relacion, qu’il fut composé en 1542.
Indiens sont, sans aucun doute, fort exagérés par le zèle indigné de l'auteur, mais dont l'exposé se fonde encore sur la vérité et qui, par son énergie, réveilla dans toute l'Europe le sentiment de l'injustice qu’il mettait au jour. Il fut suivi d'autres petits traités écrits dans un même esprit et avec une égale vigueur, particulièrement ceux où il répond à Sepulvéda ; mais aucun d’eux n'a été aussi souvent réimprimé que le premier, soit en Espagne, soit au dehors (I) : aucun d'eux n’a jamais produit dans le monde un effet aussi profond, aussi solennel. Ils furent tous réunis et publiés en 1552 : et indépendamment des traductions faites à cette époque, dans diverses langues, une édition espagnole et une version française de tout l’ouvrage, avec deux traités de plus que n'en contenait la première collection de Séville, ont été publiées à Paris, en 1822, par les soins de Llorente.
Le grand ouvrage de Las Casas reste encore inédit ; c’est son Hisloria general de las Indias desde el ano 1492 hasta el de 1520, commencée en 1527 et linie en 1561. Il avait prescrit, c’est vrai, de n'en publier aucune partie dans les quarante années qui suivraient sa mort. Comme ses autres ouvrages, cette histoire porte des marques de précipitation et de négligence; elle est écrite dans un style décousu, mais elle a encore un grand mérite, malgré son zèle trop ardent pour les Indiens. Las Casas avait eu des relations personnelles avec plusieurs de céux qui les premiers avaient découvert et conquis le Nouveau-Monde ; il avait un moment possédé les papiers de Christophe Colomb et une quantité considérable d'autres documents importants qui sont aujourd'hui perdus. H avait, dit-il, connu Cortès • tan pobre y decondicion tan humilde, que buscaba el favor hasta de los ultimes criados de Diego Velasquez. • 11 le connut
(D Cet important traité continua longtemps 4 être imprimé séparément, tant en Espagne qu’au dehors. L’exemplaire dont je me sers a deux colonnes, l’une en espagnol, l’autre en italien, Venise, 1643, in-8°. Mais, comme le reste, la Brevissima Belacion doit être lue dans l’édition des œuvres de Las Casas par Llorente, publiée 4 Paris (1822 , 2 vol. in-8“), en espagnol, presqu’en même temps que la traduction française. 11 faut observer peut-être que la version de Llorente n'est pas toujours exacte et qu’il n'est pas prouvé que les deux nouveaux traités qu’il attribue à Las Casas, ainsi que celui qui roule sur l'autorité des rois, soient de lui.
La traduction dont nous venons de parler parut en effet la même année, accompagnée, à la fin, de Y Apologie de Las Casas, par Grégoire, avec des lettres de Funes y Mier et des notes de Llorente défendant Las Casas au sujet du trafic des esclaves. Mais Quiulana alla, comme nous l’avons vu, aux documents originaux et ne laissa pas de doute que Las Casas ne l’ait d’abord favorisée et n’ait plus tard changé d’idée.
plus tard, à ce qu'il nous raconte, quand, dans l'orgueil de la place qu’il occupait à la cour de l'Empereur, il osait se moquer du beau rôle de corsaire qu'il avait joué dans l'affaire de Montezuma (1). Il connut aussi Gomara et Oviedo, et il donne longuement ses raisons pour être d’une opinion différente de la leur. En un mot, son livre, divisé en trois parties, est un immense magasin où Herrera et après lui tous les historiens des Indes sont allés puiser leurs matériaux, et sans lequel l’histoire de la première période des établissements espagnols en Amérique ne peut, même de nos jours, être écrite convenablement (2).
Il n’est pas nécessaire de pousser plus loin l’examen des vieilles relations sur la découverte et la conquête de l’Amérique espagnole. Il y en a certainement beaucoup qui sont comme les œuvres que nous avons déjà considérées , partie des livres de voyage à travers des contrées pleines de merveilleux; partie des chroniques d’aventures aussi étranges que celles des romans; roulant fréquemment sur des détails oiseux et inutiles, fréquemment aussi se distinguant par la fraîcheur, le pittoresque, la vigueur du ton et du coloris; presque toujours curieux par les faits qu’ils rappellent, par la lumière qu’ils projettent sur les mœurs et les caractères. On pourrait ajouter à ces œuvres les récits qu’Alvar Nuiiez Cabcza de Vaca nous donne de son naufrage, de ses dix années de captivité dans la Floride, de 1527 à 1537, et de son gouvernement postérieur du Rio de la Plata, pendant trois ans (3) : la courte narration de la conquête du Pérou, écrite par Francisco de Xérès (4) : une autre relation plus étendue des mêmes remarquables exploits, qu’Augustin de Zarate
(1) « Todo esto me dixo el mismo Cortès con otras cosas cerca dellq , despues « de Marques , en la villa de Monçon , eslando alli celebrando Cortès el Im- « perador, aùo de mil y Quinienlos y quarenta y dos, riendo y mofando con « estas formales palabras , a la mi fé andubé por alli como un gentil corsario. » (Hist. general de las Indias, liv. III, chap. 115, Ms.). Un fait digne de remarque, c’est qu’en 1542, l’année même où Cortès tenait un langage si scandaleux, est l’année ou Las Casas écrivait sa Brevissima Belacion.
(2) Pour connaître la liste de tous les ouvrages de Las Casas, lisez Quintana, Vidas , etc., tom. III, pp. 507-510.
(3) Les deux ouvrages d'Alvar Nunez Cabeza de Vaca intitulés : Xaufragios et Comentarios g suces os de su Gobierno en el Rio de la Plata, s'imprimèrent pour la première fois en 1555, et se trouvent dans Barcia, Historiadores primitivos , tom. I.
(4) Le livre de Francisco de Xerez, Conquista de Peru, composé par ordre de Pizarre, fut imprimé pour la première fois en 1547. Il se trouve dans Ramusio ( Venezia, édit. Giunti, in-fol., tom. 111; dans la Collection de Barcia, tom. III.). Il se termine par quelques mauvais vers pour sa propre défense.
commenra sur les lieux mêmes et qu’un officier de Gonzalo Pizarre l'empêcha de terminer, jusqu’après son retour dans sa patrie (1). Mais tous ces écriLs peuvent être .passés sous silence : ils sont moins importants que ceux que nous avons fait connaître, suffisant complètement pour donner une idée, tant de la nature de leur genre que du cours qu'ils suivaient. Quant au genre, ils ressemblent beaucoup aux vieilles chroniques, mais ils annoncent aussi l’approche de ces formes plus régulières de l'histoire à laquelle ils fournirent d’abondants matériaux.
(I) 1 liston a del descubrimiento y conquista del Pmi, imprimée pour la première fois en 1555 et éditée plusieurs fois depuis. Elle a été insérée dans la Collection de Barda, tom. III, et traduite en italien par Ulloa. Zarate fut envoyé au Pérou par Charles-Quint pour examiner l’état des revenus du Pérou , et sa relation comprend depuis la conquête jusqu’à la déposition de Gonzalo Pizarre Voyez une excellente notice sur Zarate et sur son oeuvre, à la fin du dernier chapitre de la Conquête du Pérou, par H. Prescott.