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Solis continua, dans cette voie, à être, durant la plus grande partie de sa vie, un des écrivains favoris tant du théâtre-particulier du roi que des théâtres publics de la capitale. Les drames qu'il produisit se distinguent presque tous uniformément par l'habile complication de leurs intrigues, qui ne sont pas toujours originales, par une pureté de style, une harmonie de versification qui lui sont tout à fait propres. Ainsi que beaucoup d'autres poètes espagnols, il finit par regarder comme coupables de pareilles occupations et, après une longue délibération, il se décida pour une vie de retraite religieuse, et se soumit à la tonsure. Dès ce moment il renonça au théâtre. Il refusa môme d’écrire des autos sacramenlales, lorsqu'on l’en chargea, dans l'espoirqu’il deviendrait facilement, tant pour la renommée que pour la fortune, le successeur de son grand maître. Il appliqua toute son intelligence à la méditation religieuse et aux études historiques, et il semble avoir vécu content, même dans la retraite et la pauvreté, jusqu'à sa mort, qui arriva en 1686. Un volume de poésies diverses, publiées après sa mort, poésies écrites dans toutes les formes alors à la mode, a peu de valeur, si l'on en excepte un petit nombre de divertissements dramatiques, parmi lesquels plusieurs se distinguent par le caractère et le charme qu’ils offrent fl).
Peu après Solis, quoique en partie son contemporain, fiorissait D. Francisco de Bances Candamo. C’était un gentilhomme d’une famille ancienne, né, en 1664. dans les Asturies, ce véritable sol de l'antique noblesse espagnole. Son éducation avait été soignée, sinon littéraire. II fut envoyé tout jeune à la cour, où il reçut d'abord une pension et où il obtint, plus tard, des emplois importants dans l’administration des finances, emplois dont il remplit, nous dit-on, les devoirs avec beaucoup de zèle et d'honnételé. A la fin la faveur de la cour l'abandonna; il mourut, en 1704, dans un tel état de misère qu’il dût être enterré à la charge d’une confrérie religieuse de l’endroit même où il avait été envoyé en disgrâce.
(1) Les varias poesias de Solis lurent éditées par Juan de Goyeneche, qui les lit précéderd’une biographie du poète fort mal écrite, et publiées, à Madrid, en 1095, in-8°. Ses comédies furent publiées pour la première fois, i Madrid, en 1681, dans le tom XLVI1 des Comalias escotjidas. La Gilanilla, type tiré, avons-nous dit, de Cervantès, se retrouve dans la Spanisli gypsey, la Gitane espagnole, de Rowley et Middleton; dans la Preciosa, charmant drame allemand par A. Wolff; dans Victor Hugo, Notre-Dame de Paris. Le Spanish studmt, du professeur Longfellow, oITrc en outre certaines ressemblances avec elle, ressemblances que l'auteur luiméme parait reconnaître.
Ses comédies, ou plutôt deux volumes de ses drames, s’imprimèrent en 1732. Quant à scs autres poésies qu'il légua en grande quantité au duc d’Albe, nous savons seulement que, longtemps après la mort de leur auteur, on en vendit une liasse pour quelques maravédis, et qu’une collection très-peu considérable de toutes celles ^fett put recueillir de différentes sources s’imprima dans un petit voluWf en 1729 (1). Celles de ses comédies qui ont le plus de valeur roulent sur des sujets historiques (2). Telles sont : La restauration de Buda et Por su rey y por su dama. Il écrivit pour le théâtre sous d’autres formes; plusieurs de ses drames sont même curieux par cette circonstance qu'ils sont ornés de loas et i’entremeses servant, dans l’origine, à les rendre plus agréables à la multitude. Presque tous ses plans sont ingénieux, et, quoique embrouillés, ils offrent encore plus de régularité dans leur structure qu'il n’était ordinaire à cette époque. Leur style est plein d’enflure et de présomption; malgré leur caractère ingénieux, le défaut de vie et de mouvement est tellement saillant dans le plus grand nombre de ces comédies qu’il les empêche de produire de l’effet sur la scène.
Candamo, toutefois, doit être remarqué comme ayant donné une impulsion décisive à une forme de drame déjà connue avant son temps, mais qui servit plus tard à introduire le véritable opéra, je veux parler de la zarzuela, qui tire son nom d'une des résidences royales, près de Madrid où ces pièces étaient représentées avec la plus grande splendeur, pour l'amusement de Philippe IV et par ordre de son frère, l’infant D. Ferdinand (3). C'étaient, en réalité, des comédies de genres divers, plus ou
(1) Les comédies de Candamo, sous le titre de Poesias comicas, obras postumas, s’imprimèrent, à Madrid, en 1772, deux volumes in-4". Ses mélanges poétiques, Pocsias lyricas, s’éditèrent à Madrid, dans un volume in-12, sans date sur le titre, mais la dédicace est de 1729, les licencias de 1720, et la fe de erratas qui doit être la dernière du tout, de 1710. Ces dates diverses montrent la confusion qui règne, en cette matière, dans les livres espagnols; confusion poussée à l’extrême dans le volume qui nous occupe. En effet, il porte pour titre : Poésies lyriques, et il contient des idylles, des épitres, des romances, trois chants d’un poème épique sur l’expédition de Charles-Quint contre Tunis; neuf autres restèrent manuscrits parmi les papiers que l’auteur laissa au duc d’Albe. La vie de .Candamo, placée en tête du, volume, est pauvrement écrite. Huerta ( tealro , paitie ni, tom II, p. 196) dit qu’il acheta lui-même une grande partie des poésies, y compris six chants de son poème épique pour deux réaux (O fr. 56); elles formaient partie, sans aucun doute, des manu scrits laissés au ducd'Albe.
(2) C’est ainsi qu’il les appelle lui-même avec complaisance au commencement de son César Africano.
(3) Tout d’abord on ne fit qu’introduire quelques airs dans les drames ; peu à peu
moins courtes, plus ou moins longues, intermèdes ou comédies complètes,
toutes dans le goût de la nation et accompagnées toutes de musique.
La première tentative pour introduire des représentations dramatiques, avec accompagnement de musique, fut faite, nous l’avons vu, vers 1630, par Lope de Vega, dMs l'églogue Selna sin Amor, entièrement chantée et qui se représenS^levant la cour, avec des splendides décorations, préparées par Cosmo Lotti, architecte italien; « chose, dit le poète, entièrement nouvelle en Espagne. » Vinrent bientôt après de petites pièces, les tonadillas , espèce d'intermèdes, chantés au lieu des romances, dans les entr' actes des comédies et dont Benevente fut le plus heureux compositeur, avant 1645, année où ses œuvres se publièrent pour la première fois. Mais la plus ancienne comédie régulière, entièrement chantée fut la Ptirpura delaRosa de Galdéron, représentée, au théâtre du Buen Retiro, devant la cour, en 1659, à l'occasion du mariage de Louis XIV avec l'infante Marie Thérèse. C'était une espèce d'hommage rendu aux personnages distingués de France, venus en Espagne, en l'honneur de cette grande solennité, et pour lesquels on ne trouva rien de plus galant qu’un amusement analogue aux opéras deQuinault et de Lu 1 1 i , qui constituaient alors le divertissement le plus favori de la cour de France.
Dès ce moment, et, comme c’était naturel, s'explique la tendance d’introduire le chant sur la scène espagnole, tant dans les comédies régulières que dans des farces de toute espèce, tendance qui apparaît clairement dans Matos Fragoso, dans Antonio de Solis et dans la plus grande partie des écrivains contemporains de la seconde partie de la vie de Galdéron. Enfin, sous la direction de Diamante et de Gandamo, il se développa une forme particulière du drame. Les sujets s’empruntaient généralement à l’antique mythologie, comme ceux de Circé et i'Arcïhiise : et, quand ils ne lui étaient pas dus, comme El nacimiento de Chrùto de Diamante, ils étaient traités d’une manière entièrement semblable
toute la pièce se chanta. (Poni, Viajr de Espana, tome VI, p. 152 : Signorelli,Storia dei teatri S apale , 1813, in-8", tom. IX. p. 194.) Une de scs zanuelas où les parties chantées se distinguent du reste, se trouve dans les Ocios de Ignacio Alvarez Pellicer, de loletlo, s. I., 1635, in-4°, p. 26. La tendance à l’imitation de l’opéra italien est visible tant dans le sujet, La Venganza de Diana, que dans la manière de le traiter, dans tamise en scène, mais elle n’a aucun mérite poétique. Un petit volume d’Andrès Davila yHeredia. (Valence, 1676, in-12), intitulé : Comedia .tin mtinca semble, comme ce titre l'indique, composé pour couvrir de ridicule l’introduction et les commencements de l'opéra, en Espagne. Mais ce n'est qu'une satire en prose, peu importante à tous égards. Voyez ce que nous avons dit sur cette matière, chap. xtv, xvtt, xxiu, etc.
à celle qu’on observait dans la disposition de leurs prédécesseurs mythologiques.
De cette forme du drame à celle du véritable opéra italien, il n'y avait qu'un pas, et un pas très-aisé à faire. En effet, du moment où la famille de Bourbon succéda à la branche d'Autriche sur trône d'Espagne, le caractère national, si requis auparavant, pour tout cequi apparaissait sur la scène espagnole, cessa de jouir de la faveur de la cour et des hautes classes de la société. Par conséquent, vers 1705, il s'établit, dans Madrid, un spectacle analogue à un opéra italien, spectacle qui, avec des alternatives diverses, tantôt suspendu tantôt négligé, a toujours main tenu depuis son existence précaire, et sur lequel les vieilles zarzuelas et leurs naturelles farces musicales ont de plus en plus été découragées, jusqu'à ce quelles aient enfin cessé de se faire entendre dans leur forme primitive (1).
Un autre poète vivant dans ce temps et qui composa des drames marquant le déclin du théâtre espagnol, c'est Antonio de Zamora. Il semble avoirété primitivement acteur, puis attaché au Conseil des Indes, et enfin à la maison royale. Sa carrière dramatique commence avant l'année 1700, puisqu’il ne mourut qu’après 1730 et qu'il obtint probablement son principal succès, sous le règne de Philippe V, devant lequel ses comédies continuèrent à se représenter quelquefois, au théâtre du Buen Retiro, jusqu'en 1744.
Ses drames ont été publiés dans une collection de deux volumes, avec une dédicace solennelle et une consécration à la mémoire de leur auteur, dans l'idée de rendre à César ce qui appartient à César. Il n'y en a que seize, tous plus longs qu'ils ne l'étaient d’ordinaire, dans les plus beaux jours du théâtre espagnol, et en général d'une composition trèslourde et pesante. Les pièces qui roulent sur des sujets religieux sont, à l'exception de celle de Judas Iscariote, trop remplies d’horreurs pour être amusantes. La meilleure de toutes est sans aucun doute celle qui porte pour titre : No hay plaso que no se cumple, ni deuda que no se pague.
fl) Voyez la Srlva sin Amor et sa préface, imprimée par Lope de Vega à la fin de son Laurel de Apolo, Madrid, 1630, in-4°. — Benavente, Joeoseria, 1645, et Valladolid, 1653, in-12, où ces pièces sont intitulées : Entremeses cantados : Caldéron, La purpura de la rosa : Luzan, Poelica, liv. 14, ch. t. Diamante, El laberinlo de Crela, imprimé dès 1667, dans les Comedîas de Eseogidas, tom. XXVII; Parra, El tealro espanol , poème lyrique, 1802, in-8°, notes, p. 205 ; C. Pellicer, Origen drl tealro, tom. I, p. 268, et Esteban Arleaga, Tealro musicale italiano, Bologne, in-8», t. 1, 1785, p. 241. Ce dernier ouvrage est un excellent livre écrit par un des jésuites espagnols, expulsés par Charles 111, et mort à Paris, en 1799. La seconde édition de 1783-88 est la meilleure et la plus complète.
imitation évidente, mais habile, du Don Juan Tenorio de Tirso de Molina ; drame remarquable où les pas de la statue de marbre s'entendent avec un effet plus solennel que dans aucune autre des nombreuses comédies faites sur le même sujet.
Malgré le mérite de cette comédie, malgré la valeur de deux ou trois autres pièces, il faut bien admettre que les drames deZamora, au nombre de quarante environ, qui nous restent, et dont la plupart ont été représentés avec succès devant la cour, sont réellement fastidieux. Ils abondent en avis aux acteurs, ils impliquent l’usage le plus imparfait des trucs et des machines, deux fâcheux symptômes de décadence de la - littérature dramatique. Cependant Zamora écrit avec facilité et prouve qu’en des circonstances plus favorables, il aurait pu marcher avec plus de succès sur les traces de Caldéron, qu’il avait évidemment pris pour sou modèle. Mais il va trop loin, et pendant qu’il s’applique â l imitation des anciens maîtres, il tombe dans leurs défauts et dans leurs extravagances, sans leur prendre celte vive originalité, et cette invention merveilleuse qui constituent leur puissance particulière (I).
D’autres écrivains suivirent la même direction, mais avec moins de succès encore, ce sont Pedro Francisco Lanini, Antonio Martinez, Pedro de Rosete, Francisco de Villegas (2). Mais l'auteur qui continua de marcher le plus longtemps dans la voie ouverte par Lope de Vegael par Caldéron, c’est D. José de Canizares, poète madrilègne, né en 1676, et qui commença d écrire pour le théâtre, à peine âgé de quatorze ans. Il fut un des auteurs les plus favoris du public, pendant quarante années environ ; son succès se prolongea bien avant dans le dix-huitième siècle, puisqu'il ne mourut qu’en 1750. Toutes ses comédies appartiennent aux formes antiques (3).
(1) Comedias de Antonio de Zamora, Madrid, 1744, 2 vol. in-4°. Le permis d’imprimer ces comédies comprend aussi le droit d’éditer ses œuvres lyriques qui n’ont, je crois, jamais paru. Sa vie se trouve dans Baena, tom. I, p. 177 : nous avons aussi d’autres détails dans L. P. Moratin, Obras, édition de l'Académie, tom. II, préface, pp. 5-8.
(2) Ces comédies et beaucoup d'autres, aujourd’hui oubliées entièrement, se trouvent dans la vieille collection des Comedias de Hscogidas , publiée de 1652 à 1704, dans les derniers volumes. Il y en a neuf de Lanini ; dix- huit de Martinez > onze de Rosete et autant de Villegas. Je ne crois pas qu'il y en ait une seule méritant d'étre retirée de l'oubli où elles sont toutes plongées.
(3) Les comédies de Canizares, qu’on a pu réunir, forment deux volumes ; il en existe un grand nombre d’autres détachées, et beaucoup se sont perdues. Moratin > dans son catalogue, donne les titres de soixante-dix environ. Nous avons des détails sur lui dans Baena, tom. III, p. 69; dans Huerta, Teatro espanol, part, i tom. II, p. 347.
Le petit nombre de celles qui roulent sur des sujets historiques ne manquentpas d'intérêt, telles que : Lascuenlas del gran capitan Carlos V : Sobre Tunis ; et El pleito de Hernan Cortès. La meilleure de ces tentatives en ce genre c’est toutefois El picarillo en Espana racontant les aventures d’une espèce de Falconbridge, Frederico de Bracamonte qui, sous le règne de D. Juan II, découvrit les Iles Canaries et les gouverna pendant quelque temps, comme s'il en était le véritable roi. En général, Canizares a plus de succès dans les comédies de caractère, inaugurées peu de temps, avantson époque, par.Moreto etRojas, etcommunèinentdésignées, nous l'avons déjà dit, sous le titre de comedias de figuron. Ses spécimens les plus heureux dans ce genre sont : La mas illustre fregona, extraite de la nouvelle de Cervantès du même nom ; El montants en la corte et Domine Lucas, tableaux de mœurs de la vie de son temps, sujets choisis sur cette noblesse déchue, pauvre et orgueilleuse, qui infestait alors la cour de Madrid (1).
Malgré ses succès partiels comme poète, malgré la popularité qu’ils lui donnèrent parmi les acteurs, Canizares manifeste, plus clairement qu’aucun autre de ses prédécesseurs ou de ses contemporains, les signes de la décadence du drame. En parcourant les soixante-dix ou les quatrevingts comédies qu’il nous a laissées, nous nous rappelons sans cesse les tours et les temples du midi de l’Europe, construits, durant le moyenâge, avec les ruines et les fragments des édifices plus nobles qui les ont précédés, et prouvant en même temps la magnificence du siècle où ces constructions furent primitivement élevées, et la décadence du temps dont de pareilles reliques et de semblables fragments constituent la gloire principale. Les plans, les intrigues et les situations des drames de Canizares sont généralement empruntés à Lope de Vega, àCaldéron, à Moreto,àMatos Fragoso, à d'autres de ses prédécesseurs illustres auxquels il recourait, sous la garantie des nombreux exemples qu'offrait la scène espagnole, comme à ces riches et vieux monuments qui peuvent
(t) Le Domine Lucas de Canizares n’offre aucune ressemblance avec la gracieuse et divertissante comédie écrite sous le même titre par Lope de Vega, dans le dix-septième volume de ses comédies, en 1621, basée, dit-il, sur un fait positif, et réimprimée, à Madrid, en 1841 , avec une préface dans laquelle sont attaqués de la manière la plus vive, non-seulement Canizares, mais encore plusieurs auteurs contemporains de Lope. Le Domine Lucas de Canizares mérite, cependant, d’être . lu, particulièrement dans une édition contenant en outre deux de ses entremeses improprement appelés saineles. — Le tout nouvellement arrangé pour une représentation au Buen Retiro, à l'occasion du mariage de l'infante Marie-Louise, avec l’archiduc Pierre Léopold, en 1765.
HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE ESPAGNOLE encore fournir aux exigences du siècle des matériaux que le siècle lui-même ne peut plus longtemps tirer de ses propres ressources (1).
Il serait facile d’ajouter les noms d'un grand nombre d'écrivains dramatiques du théâtre espagnol qui, contemporains de Canizares, eurent, comme lui, leur part dans la décadence du drame national, ou qui contribuèrent à son déclin. Tels furent Juan de Vera y Villaroel, Inez de la Cruz, Melchior Fernandez de Léon, Antonio Tellez de Azevedo, et d'autres moins connus durant leur vie et depuis longtemps complètement oubliés. Des écrivains de cette espèce n’ont pas exercé une influence réelle sur le caractère du théâtre auquel ils étaient eux-mêmes attachés. Le théâtre resta, presque toujours, dans les propres limites que lui avaient tracées Lope de Vega et Caldéron, poètes qui, par un singulier concours de circonstances, conservèrent, tant qu’il demeura dans leurs mains séculières, un contrôle incontestable sur lui, durant leur vie, et qui, après leur mort, ont laissé imprimé sur lui un caractère qui ne s’est jamais effacé, jusqu’à ce qu’il ait cessé d'exister entièrement (2), pour se perdre dans le théâtre moderne.
(1) L'habitude d'en user avec la plus grande liberté i l'égard des auteurs qui les avaient précédés, était des plus ordinaires et des plus anciennes sur la scène espagnole. Cervantès disait, en 1617, dans son Persilet et Sigismonde , liv. III, ch. il, que .certaines compagnies avaient des poètes expressément chargés de refondre les vieilles comédies. Tant d'autres l’avaient fait avant lui que Canizares semble échapper par là à toute espèce de blâme. 11 n’en est pas moins certain que personne n’a poussé ce genre de plagiat aussi loin que lui.
(2) Voyez l'appendice I.