Tome licion de querer El que no sahe ques pena
Que délia suele nascer La gloria que amor ordena Al que quiere engrandecer.
En buen estado me halla La muerte y tin de mis dias.
Pues por daAarme escusalla.
« Agora que me querias Muero yo en esta b&talla. »
Que morir desengaftado De tu flngida aticion,
Ks fin bienaventurado
Y prueva de un corazon Sufrido y determinado.
Que un rio caudal derrama Por mis ojos sin moverte
Y en este suelo por cama
« No me peso de mi muerte Aunque temprano me llaraa. »
A mas llega mi amistad Que adonde llego el bivir,
Y aun es de tanta verdad Que la acabara el morir Con grande difficultad.
Pues en esta tierra brava Ni de heridas de muerte Ni de bivir me acordava « Mas pesame que de verte
Y de servi rte dexava. »
Y aun el no servite creo Que de acabar me es mas parte.
Pues (os ojos del desseo Te miran, y en contemplarte Hago cuenta que te veo.
Corne c&pitan que gana Para su rey la vitoria Servi, « y rogalde de gana Que tenga de mi memoria Un a vez en la seinana »
Lo que mas pretendo aqui Es su servicio y honor;
Que acordandose de mi Ningun extrangero araor Juzgaradigno de si.
Que pues la vida arriscava (Y es lo meiios que se pierde)
Y a mas mi fe la obligava, n Dezilde que se le acuerde De quan cara me costava. »
O si se hallasen artes De poder esta aima enferma
Y el cuerpo hecho mil partes Kescatar una Belerma
Por mil muerlos Durandartes.
Muerte sus tilos ensaya Mas passa en azeros finos De una vez toda la raya :
« A Dios, à Dioa Montesinos Quel coraron me desraaya. n Toma la rnayor herida La mano, toma, seftora.
De amores la homicida :
Que no fuerau las de agora Parte en quitarme la vida.
Con que sera descontada La muerte que amor me ha dado; Que esso traya esta vengada,
« Pues traygo el braco cansado
Y la mano del espada. »
No quiero rnayor descuento Que ser vos délia ocasion * *
A cuyo meresciraiento 8e enflaqueze la razon
Y amayna el eutendimiento.
Y queda tan bien pagada Ques ganancia conoscida,
Aunque al fin de la jornada « La vista tengo perdida Mue ha sangre derramada. »
Mas de entender no he perdido Que, en mis heridas bartado.
Mas cantidad que he verlido De sangre, me han mejorado En gloria que he merescido.
Ya no se quexa ni habla Mi lengua los males mios Porque si à quexar se entabla, n Los sentidos tengo frios
Y se me quita el habla. »
Mas, reyna, no tengas duda Que estando tu en mis enojos Présente, por «larme ayuda,
Te hablarian mis ojos Callando la lengua muda ;
De donde tanta abundaucia De lagrimas veo salir Que el morir sera ganancia « Y ojos que me vieron yr Nunca me veran en Francia. »
Contad, primo, la ocasion De mi desdichada guerra
Y dareys (como es razon)
El cuerpo à la fria tierra,
Y à Belerma el corazon.
Dezilde que no se aparta
De mi aima sa figura ;
Dalde en mi nombre esta carta, « Pues que quiere mi ventura Que deste mundo me parta. »
Ya mi luz me va dexando Sin partirse de su estrella.
Pues si el aima bive amando Biviendo en aima tan bella Mas bivira que caminando.
Yenga ya la honroso palma, Sepulladme entre estos pinos Y aunque me dexays en calma, « A Dios, à I)ios, Montesinos, Que ya se me sale el aima. »
Quant à l'auteur Diego Ramirez Pagan, nous n’avons sur son compte d'autres détails que les quelques traits, en fort petit nombre, qu’il nous donne lui-même dans ses poésies. 11 était, paraît-il, natif de Murcie. En efTet, dans un sonnet en l'honneur d’Antonio de Padilla, chevalier de Baeza, on Ht les vers suivants :
5ili HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE ESPAGNOLE
Que y a de la ribera de Segura Nuevo milagro vemos en Valencia.
et dans un autre du capitaine Joan de Diaz Cardenes, habitant de Murcie, pendant qu’il était prisonnier à Alger :
Yengan en ta ribera de Segura Y cedan A Dardanio humildementa.
En outre dans l 'Histoire du marquis de Pcscara, composée par maître Valu s (voyez ci-dessus, p. 5t3), nous trouvons un sonnet en l’honneur de Diego Ramirez, de Murcie, qui est sans doute le même que Diego Ramirez Pagan.
Il étudia à Alcala, où il fut ordonné prêtre. 11 prit ensuite le grade de docteur en théologie, et obtint plus tard le titre de poêla laureado de son Université. Dès l’âge le plus tendre, il se consacra au culte de la poésie et il composa un grand nombre de vers, tant en latin qu’en espagnol, • qui lui vinrent les uns et les au- « très, dit-il, avec la plus grande facilité >, quoiqu’il ajoute ailleurs :« jem’adon- « nai aux vers lascifs et badins, tantôt pour faire preuve d’esprit, tantôt pour plaire ■ à des amis. » II habita le plus ordinairement Valence, sous la protection du duc de Segorbe, illustre Mécène de ce temps, dont il habitait le palais, comme aumônier et comme confesseur de ses filles. On ignore l’année de sa naissance, ainsi que celle desa mort. Mais le portrait sur bois, qui accompagne sa Floresla et qui est dû au pinceau du célèbre valencien Juan de Juanes, laisse supposer qu'il avait cinquante ans, en 1562. Il offrit un serond volume de la Floresla contenant, avec la description du tremblement de terre ressenti 1 Murcie, toutes les épitres d’Ovide traduites en vers castillans, et une apologie ou une invective contre les hérésies, mais il ne parvint pas à les publier
Chap. III, note t , page 39. — Juan Lopez de Velasco, auteur d'un Tratado de ortografia y pronunciacion caslellana , imprimé à Burgos, en 1582, in-8*, livre curieux et rare, publia, en 1573, à Madrid, chez Pierre Cousin, in-8°, les œuvres de Castillejo. qu'il avait auparavant corrigées et expurgées par ordre du Saint- Office. lien fit autant, la même année, à l’égard de la Propalladia, de Torres Naharro et du LazariHo de Tonnes. De sorte que se corrigeaient en même temps trois des productions des plus remarquables du génie espagnol : il faut aussi avertir que le susdit Lopez de Velasco porta ses ciseau*, avec si peu de mesureetdesoin, sur certaines œuvres du poète de la Manche, que, s'il venait au monde, il ne les reconnaîtrait pas pour être sorties de sa plume. El dialogo de las concUliones de las majores, dont nous avons vu des éditions de Venise (1514 goth.de61 feuillets) et une autre de Tolède, chpzJuandc Ayala (1546, in-4"), est barbarement mutilé; de plus on a enlevé toute la partie relative aux religieuses. Le Sermon de amores, que le même Castillejo publia, sous le pseudonyme de Fr. Nidcl, de l'ordre du Christ, et qui s’imprima eu 1542, fut sans doute trouvé trop hardi et trop libre pour être inséré parmi ses œuvres. Nous venions d’écrire cette note, lorsque est tombé dans nos mains un exemplaire du Sermon de amores. Nous l’avons comparé avec le Capitula de amor qui se trouve parmi les œuvres de Castillejo (édit, de 1573, p. 203, et édit, de 1598, fol. 83, verso). Il résulte de cette comparaison que le premier est en substance le même que le second, mais considérablement mutilé.
La mort de Castillejo a été fixée par les uns en 1596. On suppose qu’il mourut
A 1 Age de cent deux ans. On se trompe sur cette date qui est celle de la mort de Fr. Cristohal de Castillejo, moine bénédictin, mort cette année-là, à Valde-iglesias au monastère des bénédictins et non des chartreux, comme l’avance par erreur notre auteur. Cette erreur si palpable que propagea, pour la première fois, le P. Fr. Crisostomo Hennquez dans son Phoenix reviviscena , aive ordinis acriptorum Angliæ et llispanite sériés, Bruxelles, 102G, in-4°, a été reproduite depuis par de nombreux écrivains et entre autres par Ticknor, ainsi que le démontre clairement l'érudit Ferdinand Wolff. aux travaux etàla saine critique duquel la littérature espagnole est si redevable. Castillejo mourut en 1556, dans un monastère des environs de Vienne où il s’était retiré, ainsi que le prouve l'inscription sépulcrale qu’on y a découverte. Voyez le Sitzungsberichte des kaiscrlichen, académie des Wissenschaften, mars 1849, pp. 292-311.
II est probable que l'édition de Madrid de 1573 n’est pas la première des œuvres de Cristobal de Castillejo. Dans la licence du Conseil, qui précède la dite impression, il est dit formellement qne le conseil de la Sainte et Générale Inquisition leva la défense qui était faite de ne pouvoir le lire, c alzo la prohibicion que estaua puesla para no se poder leer. » Le Dialoyo de los condicionea de laa mujerea fut réimprimé à Alcalà par Andrès Sanchez de Ezpeleta, en 1615, in-8°, avec l’J/iatoria de loa dos lealea umadorea Piramo y Tisbc du même auteur. Le susdit imprimeur avait réédité, l’année précédente, le Dialoyo entre la verdad y la lisonja et le Diacurao de la vida de Corle.
Quant à la comédie de Costanza qui était à l’Escurial, D. Bartolomé Gallardo nous a transmis sur elle les détails suivants :
« Elle se trouvait dans un volume MS. de papiers divers, petit format. C’était un brouillon tellement bétonné et confus que le P. Piedralabes qui remplissait alors les fonctions de secrétaire, m’assura que personne n’était jamais parvenu à la lire. Pour moi, durant les jours que j’ai vécu au monastère même de l'Escurial, je n’ai pu qu’avec beaucoup de peine déchiffrer quelques passages de la comédie, lire rapidement une ou deux colonnes et tirer de toute la pièce quelques observations par ci parlé. La déchiffrer entièrement, la liro toute eût été un grand travail exigeant beaucoup plus de temps que je ne pouvais consacrer illic et tune à cette unique étude. Mais toutes les difficultés s'aplanirent : le bibliothécaire, avec la permission du prieur, le P. Lopez, me prêta le manuscrit pour qu’à Madrid, à mon temps et loisir, je pusse l’étudier et en prendre une copie pour moi et une autre pour le monastère. •
Bartolomé Gallardo perdit l’original, en passant de Séville à Cadix, avec le Gouvernement constitutionnel, en 1823. Dans sa lettre, après avoir raconté comment il la perdit avec les copies et les observations que la lecture lui avait suggérées, il ajoute :
• Je reviens à la farce de La Costanza. On a bien parié d'elle depuis que le marquis de Valdeflorez l’a cilée,dans les Origenes delapocsia espaiiola, mais personne ne nous a dit ce qu’elle est. Ce silence confirme l’assertion donnée plus haut que personne n’était parvenu à la lire. Moratin, qui semble vouloir nous fournir sur elle plus de détails, n’y parvint pas non plus ;on le reconnait, l’unique chose qu’il vit, ce sont, je crois, mes observations que j’ai perdues.
« La Costanza est une comédie du goût de Ménandre, écrite avec cette grâce piquante qui caractérise toutes les œuvres de Castillejo. Si l’on devait tirer son
MS
litre de sa moralité, le titre qui conviendrait le mieux c’est La Costanza o las edades encontradas ou les âges opposés. Ses personnages sont en clTet différents d’âge et d'inclination ; c’est une vieille mariée à un jeune homme, ouune jeune fille mariée à un «rieur. L’objet moral de la farce est de mettre en scène et de faire parler les personnages, dans de pareils contrastes. Castillejo le fait avec celte grâce et ce piquant qu'on pouvait attendre de son grand génie et de sa profonde connaissance du cœur humain. »
On peut compléter cette notice biographique de D. P. Gayangos par les détails que nous donne sur Cristobal de Castillejo, D. Cayetano Alberto de la lîarrera y Leirado dans son Catalngo Bibliografico y Biografico del teatro antiguo espanol. (Madrid Revadencyra , 1860.) (Note du traducteur).
Chai\ 111 , note 3, page 42. — Nous connaissons cinq éditions des œuvres de ce poète , la première de Grenade, 1582, in-8"; la seconde et troisième, aussi de Grenade, en 1588 et 1504; la troisième, de Lisbonne, par Miguel de Lira, 1592; la quatrième et la cinquième de Grenade, par Sébastian de Mena, 1590, in -8".
Chap. IV, noie l,page47. — Nous ne croyons pas qu’il yait d'autre raison d’attribuer à Er. Juan de Ortega le iMzarillo de Tonnes que la raison donnée par le P. Sigüenza dans son llistoriade la Orden de San Jeronimo, tom. II, p. 184, col. 1. Il s’exprime en ces termes : « Dizen que, siendo estudiante en Salamanca, man-
• cebo, como ténia un ingenio tan galan y fresco, hizo aquel librilloque anda por
• ahi, llamado Lazarillo de Tonnes, mostrando en unsujeto tan humilde la pro-
• priedad de la lengua castellana y el decoro de las personas que introduze con tan « singular artificioydonaire, que meresce ser leydo de los que tienen buen gusto « El indicio de esto fue averle hallado el borrador en la celda, de su propia mano < cscrito. • On dit que, lorsqu'il était étudiant à Salamanque, encore jeune, il avait un esprit si gai, si frais, qu'il composa ce petit livre qui circule par ici sous le titre de Lazarillo de Tonnes. Il montra sur un si humble sujet la propriété de la langue castillane et le charme des personnages qu’il y introduit, avec un artifice et une grâce si particulière, que ce livre mérite d’étre lu de tous ceux qui ont un bon goût. L'indice de ce fait, c'est qu’on a trouvé le brouillon dans sa cellule, écrit de sa propre main.
Chap. IV, note I, page 50. — Le fait attribué à D. Diego de Mendoza d’avoir jeté par-dessus le balcon le courtisan qui l’avait insulté est inexact. Ce que fit Mendoza, ce fut de lui arracher la dague avec laquelle il voulait le blesser et de la lancer dans les corridors du palais. Cela résulte d’une lettre que cet illustre seigneur adressa au cardinal Espinosa pour s’excuser du fait, lettre qui se trouve parmi les manuscrits de la Bibliothèque Nationale, et que ne dut pas lire, tout en la citant (fol. xlviii}, l’auteur de la Vie de Mendoza, placée en tète de l’édition de sa Guerre de Grenade. En voici la traduction :
Illustrissime et révëreodissime seigneur, le gouverneur de Breda, pendant le séjour de l'empereur Charles V au palais, saisit l'alcalde Konquillo, à Yalladolid.
Gutierrez Lopez de l’adilla délia dans le palais, et tua, â Alcaudete, Don Diego Pacheco.
Le duc de Gandie et Luis de La Cueva mirent la maiu à l’epée, devant l'empereur Chartes V, à Saragosse. ,
Le marquis du Vasto et le vice-roi de Naples mirent la main à l'épec, devant l'empereur Charles V,
Le commandeur d'Alcantara et M. de la Relusa (dans d'autres copies de la Palusa et de la Palissa) se donnèrent des coups de couteau, dans le cabinet secret, pendant que le roi était sous sa tente, au camp d’Aix.
Le duc de l’infantado donna un graod coup de couteau à un alguazil, devant l’empereur Charles V, en allant à cheval, dans une escorte, parce qu’il avait touché son cheval de sa baguette, en disant : « En avant, Messeigneurs; ordre du César!» Ordre fut donné de saisir le duc; alors de nombreux seigneurs se détachèrent de l’escorte et allèrent accompagner le duc. Quant à l’alguazil, l’empereur le fit raser et envoyé» aux galères, sans solde. Sur l’intervention et sur les prières du duc, il lui pardonna et le duc lui-même fut mis en liberté. Acte dont se réjouirent beaucoup les grands qui, à cause de cette grâce, baisèrent avec le duc la main royale de l’empereur.
Don César d 'Aval os et Don Juan d’Avalos son fils frappèrent Hernando de la Vega, en présence de la reine, Dofla Isabelle de Valois.
Don Baltaear de la Cerda et D. Luis de Tolède, frère de D. Pedro de Tolède, marquis de Villafranca, se querellèrent devant la même reine, à Bayonne, lorsqu'elle vint, en Espagne, conduite par le duc d'Albe, épouser D. Ferdinand III.
Juan de Véga, étant president de Castille, mit la main à l’épée contre D. Diégo Manrique, dans l’antichambre du roi.
A Valladolid, le comte de Tendilla, le vieux, enleva une doncella de la maison de D. Juan de Mendoza, pendant son séjour a la cour, et le marquis de Mondejar, son fils, étant president du conseil des Indes, emmena la fiancée dans la maison de la comtess* de Rivadavia, à Valladolid, et le comte et D. Juan de Mendoza se battirent, à coups de couteau, pour ce motif, devant le roi.
Le duc de Frias et D. Juan de Silva allèrent se battre en duel, dans le champ du roi, près des portes du palais.
Figueroa, étant membre du conseil, s'enivra à Ratisbonne, et comme on l'en plaisantait, quelques jours après, devant le roi. il attaqua un gentilhomme de la chambre à coups de poignard, parce qu’il n’avait pas d’autre arme.
Le secrétaire Antonio de Eraso dit vous à Gutierre Lopez, pendant qu’ils étaient au conseil, et pour ce motif, ils se battirent à coups de couteau.
Je pourrais produire ici. Illustrissime Seigneur.de nombreux exemples de personnes à l'égard desquelles on a dissimulé, etqui onteté très-promptement rétablies dans leursmaisons, sans être taxés de folie; seul, D. Diego de Mendoza est entré par une autre porte, puisque, à l’àge de soixante-quatre ans, en se défendant, il a jeté un poignard dans les Corridors du palais, manque de respect le plus faible, sans pouvoir aller plus loin, sans dépasser les bornes de la raison. Et afin qu'on ne me prenne pas pour un conteur d’histoires, ce que je déteste, je cesse de produire d’autres exemples. Si ceux que j’ai donnés ne suffisent pas, j'enverrai mon muet; il parlera, je le sais, pour tous.
Je ne peux cependant m’empêcher de rappeler à V. I. que l’année dernière, 1531, l’alcalde Morquecho s’empara du comte de Sastago, dans l’antichambre du roi, pour un mao’que de respect et une désobéissance d un ordre de la reine. Ce comte était capitaine des gardes, on le retint un jour en prison, et on ne lui infligea point d’autre punition.
Dans cette même année de 1531, le mercredi 17 septembre, an matin, deux régidors de Cadix se prirent de querelle, dans la cour du palais. L’un s’appelait Francisco Gonzalès de Angulo, avait plus de soixante-dix ans; aussi portait-il une canne et non une épée. L’autre se nommait D. Estevan Chiston Santonis de Florencia qui épousa la nièce d’un Anglais, devint fort riche, à Cadix, où il était venu fort pauvre d’Angleterre. Ce dernier prit la canne des mains de Francisco de Angulo et l’en frappa à satiété. Non loin de là se trouvait un fils de Angulo, du même nom que son père et avocat. Il s'avança au milieu de la rixe, et dès qu’il reconuut qu’il s'agissait de sou père, il attaqua le sieur D. Estevan et lui donna des coups de poignard dans la figure. On rétablit la paix entre eux, la garde fut envoyée par ordre du duc de l’infantado, D. Juan de Mendoza, majordome major; D. Francisco et D. Estevan furent saisis et jetes en prison; on laissa le
père libre de rentrer chez lui. On condamna D. Francisco à mort par le couteau, et de plus à quatre mille ducats d'amende. I.& peine de mort s'exécuta jusqu'à la sortie de prison, en la forme accoutumée ; le condamne était déjà sur l’échafaud, les yeux bandes et attaché à la sellette; le bourreau n'avait plus qu'à frapper son coup, lorsqu'arriva le pardon du roi, en considération de ce que le lait avait eu lieu pour la défense de l'honneur paternel. D. Francisco fut réintégré dans la prison, d’où il sortit peu de temps après; on lui fil remise de l'amende de quatre mille ducats. Le duc de l'infantado, jpge du procès, les Ht se donner la main tous les trois et se lier d’amitie.
Outre ce» exemples, si modernes et si uotoires, je me dispense de dire à votre Illustrissime Seigneurie qu’ayant été mis aux arrêts, dans sa maison, par ordre de Sa Majesté, sans autre crime que celui que V. I. commit, un homme d'ancélres aussi connus que moi, et avec la note de voir déjà parler sur les murs, celui qui doit faire de ma personue une grande démonstration, je me suis trouvé dans la nécessité de les rapporter tous, afin que, par leur conuaissance et par celle de mes représentations, on prenne la résolution la plus digne de tous. V. I. examinera, je l'en supplie, m«-s raisons, et je crois que son bon cœur, sa vertu, son savoir, n'inspireront au cœur de S. M. aucun sentiment contre ma réputation et ma personne; elle maudira, je l’espère, les dangereux desseins qui m'ont valu les égards correspondant À mes obligations pour le service de S. M. Que la bonté du ciel se conserve et prospère pour V. I., durant des années remplies de vertus, pour l'exemple de tous et comme je le desire. De ma demeure, cejourd’hui, lundi 20 septembre 15“ 9.
Postada. — Tout ce contenu est de ma mauvaise nota et cabeza , sans être de mon écriture. Je supplie V. I. de le considérer comme tel. — lltmo, et Reverendmo seAor, de V. I. le très-humble serviteur, D. Diaoo de Mkndoza.
Nous avons lu une aulre lettre du même D. Diego de Mendoza, adressée à Ruy Gomcz de Silva, favori de Philippe II, en réponse à une lettre où ce favori lui demandait des nouvelles de la guerre de Grenade. Elle est remarquable par son laconisme.
« I.a de V. E. del 27 de passado recivi à los dos de este, y cumplietulo con lo que me mando en darle aviso de el estado de la guerra, para que V. E. lo dé à S. M. Digo que el Sr D. Juan oye, y el duque bulle, y Luis Quixada rifle, y el Présidente propose, y el Arcobispo bendice, y Muflatones guardufla, y el marqués de Moudejar, mi sobriuo, esta alla ; que no hace falta aca. »
La lettre de V. Ex. du 27 du mois dernier, je l'ai reçue le deux de ce mois-ci. Je vais remplir les ordres que vous me donnez de vous informer de l'état de la guerre, afin que V. Ex. puisse le rapporter A S. M. Je dis «loue que le Sr D. Juan écoute ; le duc s’agite; Luis Quixada querelle; le président propose; l’Archevêque bénit; Muflatones fouine et le marquis de Mondejar, mon neveu, est là-bas; il ne fait pas défaut ici.
Chap. IV, note t, page 53. — Le capitaine Pedro de Salazar écrivit un livre 'intitulé : Historia y primera parte de la guerra que D. Carlos , emperador de los HomanoSy rnj de Espana y Aiemanta, moviô contra los principes y ciudadcs rcbcldes del reyno de Alemania y successos que tuvo. 11 fut imprimé à Naples, par Juan Pabîo Saganappo, en 1548, 85 feuillets, caractères gothiques, à deux colonnes. C’est, d’après Nicolas Antonio (Bibl. Nora, édit. Bayer, toin. Il, p. 235), l’ouvrage que Diego Hurtado de Mendoza critiqua dans sa charmante lettre du Bachelier de Arcadia. Un fait digne de remarque, c’est que le dit ouvrage, dont nous avons vu une seconde édition, donnée à Séville, en 1552, par Dominico de Robertie, sous un titre assez altéré, est adressé au prince D. Philippe, fils de Charles V, et non à la duchesse d’Albe, comme le dit Mendoza ; • Y pensando pa- « aaria como dob!on de plomo, vino tambien cargada con un libro vucslro dirigido,
• quando menos à la ilustrisima seùora duquesa de Alva ; en el quai se relata la « viloria habida contra los Paxones. » Paroles qui nous portent à croire que Pedro de Salazar écrivit un autre livre sur le même sujet, livre qui n’est pas arrivé jusqu'il nous. En effet, dans un passage de sa mordante satire, il s’exprime ainsi :
< Qu’on vienne me dire que ce fut un mauvais détail ,ue celui d'insérer dans ce
< livre le nombre des étendards et des bannières qui se gagnèrent dans la bataille « et les dimensions des uns et des autres, et vous verrez comme je leur tirerai les « moustaches. Grands dieux, quant à moi, il me semble que les drapeaux furent,
« dans ce livre, ce que sont les épices, les assaisonnements et le sucre dans les « potages : sans ces condiments, tout ce que l’on mange n'a ni goût ni saveur; de i meme le livre, sans ces peintures, n'aurait pas de quoi amuser les enfants ; « en effet, un livre sans images est comme un temple de luthériens qui n’a ni i crucifix, ni saint sur lequel on puisse tourner les yeux. » Pag. 211.
Outre la lettre de D. Diego de Mendoza à Pedro de Salazar, nous en avons vu une autre, réponse de ce dernier, dit-on, et qui est de lui sans aucun doute. Dans qelle qui est imprimée, D. Diego cherche à défendre le capitaine des reproches que lui adressent ses ennemis ; et dans la lettre inédite, dont nous nous rappelons d’avoir vu une copie, d’une écriture contemporaine, à la Bibliothèque du British Muséum, Salazar se montre très- reconnaissant envers D. Diego de Mendoza et réfute les arguments de ses détracteurs.
La Carta de los Cataribcras n’est pas l'œuvre de D. Diego Hurtado de Mendoza, et n'a aucun rapport avec celle du Bachiller de Arcadia. Son auteur est le Dr Eugenio Salazar y Alarcon, qui l'écrivit à Tolède, le 15 avril 1570, pendant que la cour se trouvait dans cette ville, et qu’il prétendait à une vare de corrégidor. Il l’adressa à D. Juan Hurtado de Mendoza, seigneur du Fresno de Torote et habitant de Madrid, » caballero muy aventajado» et bon poète qui, entre autres ouvrages, composa en vers : El buen placer trobado en trece discantes de octava rima, Alcalâ 1580, in-8°. Eugenio de Salazar fut précisément le fils du capitaine Pedro de Salazar, que D. Diego de Mendoza critiqua sous le pseudonyme de Bachiller de Arcadia, el comme Eugenio lui-méme adressa sa Carta de los Catariberas, & D. Juan Hurtado de Mendoza, cousin de D. Diego, il en est résulté que l'une et l'autre lettres ont été attribuées au même auteur. Cette question se trouve onguement traitée et éclaircie par des notes des plus curieuses dans le numéro 3 du Criticon de D. Bartholomé José Gallardo. Ce dernier y publie intégralement la lettre d’Eugenio de Salazar, telle quelle se trouve dans le manuscrit original de ses poésies, conservé dans la Bibliothèque de l’Académie royale d’Histoirc.
Chap. IV, noie I , page 54. — D. Diego de Mendoza composa en outre un Dialogo entre Caronte y el anima de Pedro Luis de Famesio, hijo del papa Paulo III, dont l’original appartient & la Bibliothèque Colombine et dont nous devons une copie à l’attention délicate de notre ami D. Adolfo de Castro. C’est un travail remarquable. A propos de D. Diego de Mendoza, voyez ce que dit cet écrivain dans une note étendue sur le Buscapiê de Cervantès, pp. Ü0-7G. Ses lettres officielles, dont on trouve une bonne collection à la Bibliothèque nationale de Madrid et dans celle de Salazar, réunie aujourd'hui i la Bibliothèque de l'Académie royale d’Histoire, sont un modèle du genre.
Chap. V, note4,pagcC6. — Dans un volume manuscrit de la Bibliothèque de Salazar réunie aujourd’hui i celle de l'Académie royale d’Hisloire ( Miscelaneas,n<> 44)
HISTOIRE DE Li LITTÉRATURE ESPAGNOLE
on conserve un colloquio du Dr Villalobos. Si nous en jugeons par son épigraphe, où l’on peut lire Sexta y ultima collation , il dut faire sans doute partie d'un ouvrage plus étendu, qu’on ne parvint pas à imprimer. Les interlocuteurs sont Villalobos lui-même et un certain Bustamante. Le sujet roule sur une question de médecine traitée dans un style familier et badin qu’adoucissent encore des contes, des plaisanteries, comme tous les ouvrages du mémo auteur. Dans le même volume se trouvent aussi diverses lettres, les unes en castillan, les autres en latin, adressées à l’archevêque de Tolède, D. Alonso de Fonseca. Le bon médecin y donne des preuves de sa bonne humeur et il y décrit, avec un vernis et une grâce qui lui soqt propres, des événements de la cour de l’Empereur qu'il accompagnait d’ordinaire dans ses voyages, lorsqu’il était en Espagne. Nous allons donner ici une partie d’une de ces lettres fort remarquable :
Despues que el otro dia escrive à V. S. se hallo esta ciudad preftada de tautos juegos y fiestas, que no cabiendo en el vientre, unos lia parido à pares y aun a diezes, y otros ha movido echados ante de su tietnpo- El primer juego de los principales fue el jueves xillt deste mes, eu que por 1a maA&na se quemaron xm hombres y îuujeres, con otra multitud de stituas, y obo rauchos reconciliados, y aunque id per locum factum est miseris tamen patientibus serio prevertehalur. Aqui pagan muv bien a los officiales que se in- •roduzenen los actos destos juegos : mas yo de muta gatia fuera personu en esta escena.
En este mismo dia à la larde huvo uu gran juego de caftas, en que S. M. saliô el mas esmerado jugador de todos y el mas gentil hombre. No faltan siuo que le adoren iodes las damas de Valencia, que son tantas y tau gentiles como adelante verà V. S. quidquid dicant alterius partes assentatores. A otro dia viernes se hizô aborto de la procession y tiestas del corpus Christi, en que ovo tantas represeulaciones tam bien echas que no se podrian escrivir (1). En acabaudo de corner se escomenzaron los juegos : S. Magd. y la Reina miravao de una ventana y todas las otras ventanas iniraban a esta la cosa la mas adornada y pomposa que nunca los vivos vieron. En la procession iba innuiuerable numéro de personas y muy gran cosn de reliquias, y muy gran riqueza de cosas sagradas de oro y de plata y de piedras preciosas. Acabôse de entrur toda la procession en la Seu de noche, doude se créé que estarian cien inill personas, y dos millones de candelas eneen Hidas, que si no mirarà con tanta apretura, pareciera cosa del cielo. El sabado adelante fué la fiesta de las damas de Valencia, que sino la escureciera la nueva de ltalia que Il ego entonces, fuera cosa preclarisima. Sériait mas de cieuto y ocltc.ua damas de la ciudad las que se juntaron en la sala, que como grandes avenidas de rios se sorbierott y derribaron à las de la Reyna. Avia entre ellas cieuto y ciucueuta ropus de brocado pelo y de oro tirado, y délias avia tam herinosas que no se puede nias dezir, y todas a una mano, tam dulces, para tractar con ellas, que no pareceu cosa humana, siuo mas adelante; danearian por m&ravilla seteuta délias, y duré la fiesta desde las cinco de la tarde hasta la inedia noche. y . . . quien pudiere. I)este maravilloso spectuculo no tomo miicho gusto el Emperador, porque rntava muy senlido de la muerte de tautos y taies criados. De esto no podemos dezir sino que es yra el uthà Doniini in transgr essore* et utinam non seviat in consenlientes. Alla sabra, V. S. mas por estenso como pasô todo en la m tr. De Valencia, Domingo de maftana, 17 de roayo, en preseucia del secretario y
de Pero Gonzalez. — llustrisimo Sr. — Los ra&nos de V'. S. bet»a, el Dr.-de Villalobos.
En 15*28, pendant le séjour de l’Empereur à Valence, on reçut la nouvelle de la déroute de notre escadre et de la mort de D. U go de Moncada, défaite à laquelle il est fait allusion dans la lettre du Dr Villalobos. Dans une autre lettre adressée
(1) A propos de ces représentations, voir l’article sur Gleicheu dans le journal français le Temps , du 2 mars 18(59. { Note du traducteur.)
au même archevêque de Tolède, il lui raconte un voyage fait avec l’Empereur et l'Impératrice, et lui rapporte un événement des plus gracieux, qui lui arriva avec la camerera mayor, dame portugaise. Il met le récit sous la forme d’un dialogue, comme si c'était une farce ou un intermède. A la lin d’une œuvre en latin du Dr Francisco de Villalobos, intitulée : Congressiones vel duodecim principiorum liber nuper editus , imprimée à Salamanque, chez Lorenzo de Liom de Deis, 1514, in-fol., et dédié# au premier médecin, Fernando Alvarez, se trouvent plusieurs de ses lettres familières, écrites en latin, à divers personnages de la cour du roi catholique ( Ejusdem doctoris epistolœ quœdam familiares de vita ejus et fortuna pantin tangentes). Deux sont adressées à son père, à la date de 1598, l’une de Zamora; l’autre, de Santa Maria del Gampo, 1507; deux, à Gonzalez de Moros, 1501 et 1507 ; à Garcia de Tolède, 15 avril 1508; au Dr Parra, *23 juillet 1598; à D. Fadrique de Tolède, duc d’Albe et marquis de Coria, mars 1599; à D. Cosme de Tolède, évêque de Plasencia, 9 mars 1509, 20 janvier et 10 octobre 1510. On y trouve, comme dans les autres, qu’il dit avoir publiées à la suite de son commentaire sur Aristote, des détails fort curieux non-seulement sur la vie de leur auteur, mais encore pour l’histoire des mœurs du temps. Il raconte parfois de piquantes anecdotes, des contes gracieux des seigneurs qu’il visitait. Il nous peint avec franchise sa vie domestique, motif qui lui fait ajouter en terminant : Hortor quoque lectores ne quis audeat ea ad sermonem traducere patrium.
Chap. V, note 1 , page 69. — Durant tout le seizième siècle et pendant une partie du siècle suivant, il fut fort à la mode d’écrire sous la forme de dialogue. Le capitaine Diego de Salazar, le même personnage a qui Mendoza adressa sa célèbre et si piquante lettre du Bachelier d’Arcadie, mit en dialogue un Tratado de arte militât , reproduisant une conversation tenue, selon lui, à Burgos, par le grand capitaine et le duc de Najera, dans l’hôtel de ce dernier, où il était logé.
Y como a mi, dice el autor, cupiesse, y parte no pequefla, del dolor de su muerte (de la del grand capitan, oc uni d a en 1515), como à uno de sus servidores, assi por baver militado prosperamente debaxo de su bandera, como por aver recibido parte de sus acostumkradas mercedes; y por esto haviendole sido y tenido obligacion de particular servidor ; y aviendome la fortuna con la muerte privado del uso de tan aniador seflor, me parece no poder tomar raejor remedio que gozar cou la memoria de las cosas que por èl fueron prosperamente hechas y agudamente dichas y sabiamente disputadas ; y por que no hay cosa mas fresca de las que de èl me acuerdo que el razonamiento que poco tiempo a que pause con el illustrissimo D. Pedro Manrique de Lara, duque de Najera y conde de Trevifto, donde largameute en las cosas de la guerra, estuvo con él en disputa, y en todas las cosas aguda y prudentemente por ël demandado, y sabiamente por el Grnn Capitan respondido; lo quai todo me ha parecido reduzirà la memoria y eacrêvirlo, porquo leyendolo sus amigos y servidores, refresquen en sus àninios la memoria de sa virtud, y los otros se duelan por no aver intervenido en su tiempo, para deprender muchas cosas utiles, no solamente al liabito milita)', mus à la vida politica. que entendian las cosas de la guerra por dos tau sapientissiinos hombres preguutadas y respomlidas : por que si con el ver no las alcanzaron, con el leer lus depreud&n. Quiero dezir que tornando el gran capitan de las partes de Italia, donde grun tiempo avia vietoriosamente militado, como lu garteniente général del catholico rey d'Espafla, D. Fer- . nundo de Aragon, y estando en Burgos, fue por el illustrissimo sobre dicho duque à su posada solemnemente convidado, adonde murhos parientes y amigos del un seflor y del * otro convinieron ; en la quai cosa al gran capitan por el duque Tué rogado que por très o quatro dias le pluguiesse reposar por tencr occasion de largameute se informar de algunas cosas que de tal homhre se podian deprender, etc.
L’ouvrage a pour titre : Tr a latin de Re militari, et au-dessous de certaines armes : Tratatlo de eavalleria hccho a mariera de dialogo que passô entre los illustrissime!» senores Don Gonçalo Fernande* de Cordova ,llamado Gran Capitan , duque de Sessa . etc., y Don Pedro Manrique de Lara, duque de Najera ; en et quai se contienen tnuchos exemptas de grandes principes y senores y excellentes avisos y figuras de guerra, muy pravachosas para caballeros, capitancs y soldados. Et  la fin : e Acabôse la présente obra en casa de Mignel de Eguya, a XII dias del mes de mayo, afto de MDXXXVI aftos; » fol., caractères gothiques, de 60 feuillets et 2 de préliminaires. Il existe une édition postérieure, de Bruxelles, <590, in-4».
Malgré l'affirmation de Salazar, on a des motifs pour douter que son œuvre soit, comme il l'annonce, un résumé de la conversation du Grand Capitaine. On y trouve en effet des morceaux entiers extraits du Libro dell'arte de la guerra, de Machiavel, livre écrit aussi sous forme de dialogue entre Kabricio Co'onna et Cosrae de Rosetlar, gentilhomme florentin.
Diego Nuftez de Alba imprima aussi à Cuença, 1589, les Diatogos de la vida del soldado, en que se cuenla la conjuraeion y paeificaeion de Alemania, eon todas las batallas que en ella acontecieron en los anos de 1567 ; œuvre d’une lecture agréable et d’une diction des plus soignées. Bernardino de Escalante publia ses Dialogos del arle militar, Madrid, 1583, in-4». C’est dans la même forme que sont écrits les traités militaires de Sancho de Londofio, Discurso militar, etc., Madrid, 1593, in-4»; de Francisco de Valdés, Kspejo y disciplina militar, Bruxelles, 1586, in-4» ; les traités sur l'art d'écrire d’Ixiar (1553, in-4°) et de Pedro de Madariaga (1565, in-8»), tous deux basques; la Rlielorica de Juan de Guzman, divisée en quatorze convites d’orateurs (Alcali, por Joan lniquez de Lequerica, 1589, in-8°), et l’ouvrage que composa sur le même sujet le célèbre Pinciano ; Philosophia antigua poetica, Madrid, 1590, in-4». Francisco de Miranda y Villafane publiait, à Salamanque, 1582, petit in-8», ses Dialogos de la fantastica filosofia de los très en uno cuinpuestos, suivis du Dialogo de las letras y armas et du Dialogo del honor, œuvres où, laissant de cété certains préjugés de cette époque, on remarque une érudition peu commune et une saine critique. Plus tard, Francisco Nuiiez de Velasco imprimait un ouvrage presque sur le même sujet et aussi en forme de dialogue. Là il discute, avec une singulière érudition et dans un style pur et châtié, laquelle des deux carrières est préférable et plus noble, de celle des lettres ou de celle des armes : Diatogos de contencion entre la milicia y la cirncia, Valladolid, 1614, in-4». Enfin le Dr Francisco de Avila, chanoine de la collégiale de Belmonte, publia, en 1576, Alcalà, chez Juan de Lequerica, in-8», les Dialogos en que se trata de quitar la presumpeion y brio al hombre a quien cl favor y prosperidad del manda tienen ranoglorioso y soberbio, y de esforçar y animar al que su trabqjo y adversidad tienen fdligado y a/ligido. Ce traité estimable, du genre didactique, est écrit dans un Style simple, propre et pur. Son auteur se propose, avec l'aide des lettres divines et humaines, de sentences, de propos, d’opinions, comme aussi de contes et d'anecdotes adoucissant la narration, de modérer la présomption excessive de ceux qui, favorisés de la fortune ou chéris du peuple, deviennent orgueilleux â l’excès J de donner de la force à ceux qui, croyant manquer des avantages du corps ou des biens de la fortune, s'affaiblissent et se découragent aussi à l'excès. A cet effet, dans tous les dialogues au nombre de vingt-six, il introduit deux interlocuteurs w dont l’un est toujours le Desengano, la désillusion.
N jus pourrions citer encore un plus grand nombre d'ouvrages, tous écrits
au seizième siècle, sous forme de dialogues ou d’entretiens : mais ceux dont nous avons parlé ci-dessus suffisent pour prouver à quel point le genre didactique était cultivé parmi nous.
Chap. V,no(e4,page69. — L’édilion princeps de la Si/ra de varia lecrion, donnée en lô4i, ne contient en effet que trois parties ; l’édition de 1517 en a une de plus, ajoutée par son auteur, et celle de Saragosse, 1555, deux autres ajoutées par un anonyme. Le livre se réimprima à Anvers, Martin Nucio, 1555, in-8»j Lyon, 1556, et ailleurs. Les éditions plus modernes ont fait disparaitre le chapitre relatif à la papesse Jeanne.
Chap. V, note 1, page 70.— Quoi qu’en disent Nicolas Antonio, Brunetet d’autres, les üialogos de Pero Mejia s'imprimèrent, pour la première fois, i Séville, en 1548 et non en 1547, comme dit notre auteur, puisque le permis d’imprimer placé en tête de la dite édition, que nous avons sous les yeux, est du 12 lévrier 1548. C'est un volume petit in-8", en caractères gothiques et de 90 feuillets. A la fin on peut lire : < Fueron impressos los présentes dialogos en la muy noble y muy leal ciudad de Sevilla.por Dominico de Robertis,à XXII diasde agostodeMDy XLVIIIafios.v L’édition de Séville, de 1562, aussi in-S°, en caractères gothiques, de 152 feuillets, porte en tête un permis d’imprimer, accordé à Francisco Mejia > fils de Pedro Mejia, défunt, s
Chap. V, note 2, page 70. — Dans la bibliothèque de l’Université de Saragosse, on conserve deux volumes in-fol. de l’écriture de Jeronimo Ximenez de Urrea. Ce sont le second et le troisième volume d’un livre de chevalerie, intitulé, à ce qu’il parait, Don Clarisel de las Flores. Le second commence ainsi : « De lo que avino
• al cavallero indiano con unos cavalières que dcl profaçavan, y de la cruda y es-
• pantosa batalla que con Celadonte el Silbano huvo. o C’est un des livres les plus remarquables qui se sont écrits dans ce genre : il y a des morceaux véritablement intéressants. Le style en est pur, châtié, dégagé, et les vers sont assez bons pour figurer dans le Cancionero general. Les suivants peuvent en servir de preuve :
Faz, Amor. lo que qaisieres Por fuerça o por traicion :
Que mi vida esta en mi mano,
Miedo no te tiene, non.
No tienes que ver en ella Que se rije por razon,
Et si e de tomar amores.
An de eer por eleccion
Y con ojoa claros libres Serè amador sin amor,
Oalan enamorado,
Libre é quito de pasion.
Chap. V, note 1, page 78. — A l’appui de l’observation que fait ici notre auteur, nous ajouterons que dans les ouvrages en dialogue de ce temps, les interlocuteurs sont généralement des personnes connues et versées dans la matière dont il est question. Ainsi, dans la HMorique de Juan de Guzman (convite I»), sont introduits D. Luis Gaytan de Voxmediano et Frederico Furiô Ceriol, tous deux écrivains bien connus, dont le dernier composa un excellent traité de politique, sous le titre de
El Conecjo y Consejeros d te principes , Anvers, Martin Nucio, MDLIX,in-8°. Dans les dialogues militaires de Francisco Valdès, l’un des interlocuteurs est D. Sancho de Londofto, colonel des armées espagnoles en Flandres, et auteur de divers traités sur l’art militaire.
Chap. V, note 2, page 78. — A ce que dit Ticknor, sur lemanuscrit du Dialogo de las lenguas, qui servit à Mayans pour son impression et auquel manquait un ou plusieurs feuillets; à ce que nous avons déjà dit sur ce fait, dans les notes du premier volume, pag. 600, ajoutons les détails suivants. Nous avons eu l'occasion de parcourir, à Londres, le manuscrit qui s’y conserve dans la bibliothèque du Britisb Muséum, comme provenant de la bibliothèque de Mayans. Nous avons cru alors que c’était lui qui avait pu servir pour l'impression. Nous l’avons trouvé en tout conforme à l’imprimé; il y manque aussi un ou plusieurs feuillets; la seule différence, c'est que, dans plusieurs endroits, on a supprimé un ou plusieurs mots, toutes les fois qu'il était question du pape ou de ses cardinaux. La copie de Londres, plus ancienne que leB deux copies conservées dans notre bibliothèque Nationale, dut sans ancun doute être expurgée par quelque inquisiteur ou quelque autre personne autorisée par le Saint-Office.
Chap. note 2, page 78. — Sur Juan de Valdès, on peut voir un excellent article deM. le marquis de i’idal, dans la fievisla Hispano-Americana, lom. I, pp. 18-30. Valdès, fut, parait-il, secrétaire des lettres latines de l’Empereur; d’autres disent secrétaire du vice-roi de Naples ; il eut un frère du nom d'Alphonse. Tous deux, assure-t-on, naquirent A Cuença,et étaient fils d’un D. Hernando de Valdès, chevalier d’illustre naissance, habitant de ladite ville. Outre le lHalogo de las lenguas, Juan Valdès composa plusieurs autres ouvrages, défendus par l’Inquisition, tels que : Tratado utilisimo del bcneficio de Jesu Chrislo, que d’autres attribuent à un moine de S. Séverin ; Comentario o déclaration brève y compcndiosa à la epislola de S. Pablo à lus romanos, muy saludable para lus crislianos, Venecia, 1556, in-8°; Los Salmos de llavid en lengtia castillana, sans date; Dos dialogos, uno de Mercurio y Caron y olrode Laetancio y un arehediano sobre el saco de Homa. Tous ces ouvrages, comme ceux de Heinaldo Gonzalez de Montes et d'autres analogues, ont été réimprimés, dans ces derniers temps, par des amateurs désireux de les sauver de l'oubli.
Chap. V, noir 4, page 79. — Francisco N'unez de Vclasco, auteur des Dialogos de contention entre la tnilicia y la cienciu, déjà cités (pag. 534), traitant, dans le deuxième dialogue intitulé del'Autoridad,da la corruption de la langue castillane, note plusieurs vocables italiens introduits de son temps dans notre langue. < C’est « ainsi, dit-il, que je ne peux tolérer qu’un grand nombre de personnes pour se
• targuer de curieux et de savants, introduisent et mêlent dans notre langue des c mots étrangers, et surtout des mots italiens, disant pour un tropcl de y en te, una « tropa, que pour dire hisicronse tanlas companias, ils disent : hizôse leva de < tanta gentc ; d’autres qui se vantent d’étre habiles praticiens et de dire : « estringu pour agujela, escarpe pour çapato, csliral pour buta de calçar, carrela
• pour gorra, fazoleto pour lienço de nariecs, estrada pour catnino, estais pour
• caualteriza, osteria pour meson, esgazo pour r ado del rio , et de ay esguazar pour t vadear, piiiata pour alla, lençol pour satiana, etc., pag. 347.
Chap. VI, note 2, page 84. — Les quatre premiers livres de la Cronira general de
Florian de Ocampo se réimprimèrent, à ce qu’il parait, en 1544 ou 1545, deux ans après la publication de la promièrie édition. Ils forment un volume in-4», caractères gothiques. L’imprimeur, dont le nom n’est pas donné, dit, dans l'avis préliminaire, que, la première édition étant in-folio et peu maniable, il s'était résolu, sur la prière de plusieurs amis, à les réimprimer, sous une forme plus commune et plus vulgaire.
Chap. VI, note2, page 85. — Pero Mejia écrivit en outre une histoire dest’owiunidades de Castille, histoire qui ne s’est pas imprimée, mais dont il existe de nombreuses copies. On a des raisons de croire qu’elle faisait partie de sa Cronica <U Carlos I’, qu’il laissa incomplète, la mort l’ayant saisi au moment où il allait raconter le couronnement de l’Empereur, à Rome. En parlant de son Historia de las comunidadrs. Antonio Ferrez del Rio, dans son récent ouvrage sur la Ihxadenria de Hspana (Madrid, 1850, in-8“), s’exprime en ces termes : « La partie consa-
• crée aux Comunidadrs de Castille, extraite de sa chronique, est plus que sufli- « santé pour former un volume séparé. L’œuvre reste inédite : elle brille par la « pureté du langage, et sa narration a quelque chose de la majesté de Tite Live. < L'auteur a de la méthode et sait donner de l’intérêt à son histoire. Quant à la
• catégorie d’impartial, il n’y monte pas même de loin, tant il se travaille pour <■ encenser en même temps son Achille et son Mécènes, puisque c’est le même « personnage qui l’inspire et qui le paie. >
Chap. VI, note 3, page 91. — Ici notre auteur tombe dans l’erreur en confondant deux œuvres distinctes et séparées d’Oviedo, les Uatallas y Quinquagenas et les Quinquagenas. Ces dernières sont écrites en vers et en prose et se composent de cinquante stances en rslilo rouiu» y micro ; chaque stance de cinquante vers, accompagnée d’une espèce de commentaire en prose où sont expliqués et amplifiés es idées et les faits qui s’y trouvent exprimés. Sans aucun doute, la copie de la première de ces deux œuvres, que notre célèbre D. Martin Navarrete remit à M. Prescott, ne parlait pas de l'existence d’une autre composition distincte d’Oviedo, avec un litre presque semblable. Cette omission, jointe à une certaine confusion, sensible dans la notice qu’en donne Clémencin dans son Elogio de la flatta Catolica, pp. 123, 124, induisit en erreur l’érudit anglo-américain, et par conséquent Ticknor. Mais tous ces points et beaucoup d’autres relatifs à la vie politique et littéraire d’Oviédo, se trouvent complètement éclaircis par l’académicien D. José Amador de los Rios, dans sa l’ida y Escritôh de Uvirdn, pour servir d'introduction à VHisloria general de huilas qu’a réimprimée l’Académie Royale d’Histoire de Madrid, pp. xciit-xcviii.
Chap. VI, note 4, page 95. — Avant que Ramusio publiât, en italien, la Relation de la conquista del Peru , écrite par Francisco de Jerez, elle avait été déjà imprimée deux fois en castillan; la première, à Séville, 1534; in-fol. gotli., par Bartolomé Perez; la seconde, à Salamanque, en 1547, par Juan de Junta, conjointement avec la première partie de V Histoire générale des Indes du capitaine Conzalo Fernandez de Oviedo.
Les vers qui se trouvent à la fin, loin d'être mauvais et inopportuns, sont du plus grand intérêt. En elîet, ils contiennent non-seulement l’éloge de l’auteur de l’ouvrage, mais encore des détails très-circonstanciés sur sa famille et sur ses services. De leur contexte, il résulte que Francisco de Jerez naquit à Séville et fut
niSTOIRE DE LA LITTÉRATURE ESPAGNOLE
01s de Pedro, honnête citoyen de Jerez ; qu'il quitta cette ville pour se rendre aux Indes, à l’âge de quinze ans, en 1519; qu'il y passa vingt ans, dont dix-neuf, dans la pauvreté; que dans la vingtième année, par un de ces coups de fortune, si communs dans ces temps parmi la gent aventurière qui se rendait au Nouveau- Monde, il dut se rendre puissant, puisqu’il rentra dans sa patrie avec cent dix arrobes d’argent. Il fut bon soldat, et, sans avoir jamais exercé aucune fonction militaire, il s’acquit la réputation d’homme de cœur, plein d’expérience des affaires de la guerre; il reçut plusieurs blessures, une, entre autres, qui occasionna la fracture d’une jambe Comme preuve de la générosité de son caractère et de sa charité pour les pauvres, on cite le fait d’avoir, peu de temps après son débarquement, dépensé quinze cents ducats en aumônes, sans compter d’autres fortes sommes qn’il répartissait en secret aux gens nécessiteux.
Tous ces faits résultent des vers dont nous parlons, supprimés dans la réimpression de 1547, d'où les copia Barcià ( Hixtoriadorrs primitivos dr Jndiax , tom. III), et la composition se trouva réduite à quelques strophes formant à peine un sens. Quel en était l’auteur, pour quelle raison les lit-on düparaître de l’édition de Salamanque ? Ce sont là des points que nous discuterons plus loin, après avoir offert à nos lecteurs les strophes supprimées, telles qu'elles se trouvent dans l’édition principale de 1534 et que voici :
Délia s&len, a ella vieoen Ciudadanos labradores,
De pobres hochos sert ores,
Pero ganan lo que tienen Por buenos conquistadores :
Y pues para lo escrevir Sé que no puede complir Memoria, papel ni mano.
De an maucebo Sevillano Que he visto quiero dezir.
Entre los muchos que ban ydo (Hablo de los que han tornade) Ser este el mas seflalado,
Porque he visto que ha venido Sin tener cargo, cargado :
Y metiô en esta colmena
De la flor blancs, muy buena, Ciento y dies arrobas buenas En nueve caxas bien llenas, Segun vimos y se suena.
Ha veinte aftos que esta allé.
Los diez y nueve en pobreza,
Y en uuo quanta riqueza Ha ganado y trae aeà Ganô cou gran fortaleza; Peleando y trabajando
No durmiendo, mas velando,
Con mal comer y beber :
Ved si merece tener Loque ansi ganô burlando.
Tanto otro alla estuviera Sin que alla nada ganarà :
Sin dubda desconfiara
Y sin nada se volviera,
Siu que mas liempo esperara :
De modo que su ganancia Procediô de su constancia.
Que quiso con su virtud Proveer su seneclud Cou las obras de su infancia,
Con ventura, que es juez En cualquiera qualidad.
Se partiô desta cuidad En quinze aftos de su edad ;
Y ganô en esta jornada Traer la pierna quebrada Con lo demas que traia Sin otra mercaderia Sino su persona armada.
Sobre esta tanta excelencia A y mil malos enbidiosos, Maldizientes, mentirosos,
Que quieren poner dolencia En los hombres virtuosos;
Con esta embidia mortal, Aunque es su natural,
Dizen dèl lo que no tiene,
De embidia de como vient :
Mas no le es niuguno igual.
Dizen me ques sin reproche Milite sabio en la guerre
Y en su tierra y no su tierra,
Dizen que nunca una noche Sin obrar virlud se encierra ;
Y que desde do ha partido Hasta ser aqui venido,
Tiene en limosna gastados Mil y quinientos ducados Sin losma8 que da escondido.
Esto he querido escrivir Para vues ira mages lad,
Porque si alguna maldad De embidia van à decir,
Sepa de mi la verdad :
Y estos aies el bneo R:>y Es obligado por ley Honrar y favorecellos,
Y juntamente con ellos Domine , memenlo me».
Y porque estoy obligado Que he de escrevir las hazanat De los de vueslras Es panas,
Cada hecho seft&lado En nuestras partes 6 estranas :
Pareciendome esta cosa Digna de escrevir en prosa
Y en métro, comodo la embio,
Tomesse el intento mio.
Si no va escrita sabrosa.
Les mots soulignés dans la dernière strophe semblent indiquer que l’auteur de ces vers était chroniqueur de l’Empereur pour les choses des Indes. A cette époque, nous ne connaissons d’autre historien remplissant ces fonctions que le capitaine Gonzalo Fernandez de Oviedo y Valdes qui les obtint en 1532. D’autre part, il résulte de la vie de ce capitaine, écrite par D. José Amador de los Rios pour servir d’introduction à la nouvelle édition de ses œuvres publiées par l’Académie Royale d’Hisloire, que Oviedo se trouvait d Séville, de retour des Indes, au printemps de 1534; il y a donc une raison suffisante de croire que lui, et non un autre, est l’auteur des vers à la louange de Francisco de Jerez. Il n’est pas aussi facile de deviner le motif qui fit supprimer, dans l’édition de 1547, toute cette partie qui peut être personnelle et qui retombe en même temps, en gloire et en estime, sur la personne de Jerez. D. José Amador de los Rios, qui semble avoir ignoré ce fait, incline à croire que la réimpression de Ylfistoria general de l u Indias, publiée d Salamanque par Juan de Junta, ne se fit pas sous les yeux d'Oviedo et de son consentement (pag. lxxiv). Mais est-il permis de croire qu’un imprimeur qui publiait de nouveau corrigida y aumentada, l’œuvre d’Oviedo, et y ajoutait la Relacion de la conquista del Perû par Francisco de Jerez, prit sur lui de supprimer, non pas toutes les strophes, mais seulement celles se rapportant d son auteur? Il nous
Y porque en un hombre tal Hernos de hablar foreado Deue ser muy bien mirado Porque no se hable mal
En quien debe ser honrado ;
Y pues yo, que escrivo, quiero Ser autor muy verdadero Porque culpado no fuesse Antes que letra escriviesse Me he informado bien primero.
Y he savido que su vida Es de varon muy honesto,
Y que mil vezes la ha puesto En arrisco tan perdida;
Quanto està ganada en eslo.
Y bien parece en lo hecho Que quien de tan gran estrecho Ha salido con Victoria,
Bien merece fama y gloria Con el mundano provecho.
Es de un Pedro de Jerez Hijo, ciudadano honrado :
Yo en mi vida le he bablado Sino fue una sola vez De passo y arrebatado :
Al hijo nunca lo vi Mas por lo que dél oi,
Y por quien es, merece ;
Muy poquito me parece Lo que en su favor escrivi.
parait plus raisonnable de supposer qu’Oviedo mit la main à la nouvelle édition, et que, pour des motifs qui nous sont inconnus, il ût enlever ce qu'il avait dit luimême, treize ans auparavant, à l’éloge de son ami Francisco de Jerez. Oviedo fut un homme d’un esprit difficile et d’une humeur versatile ; rien d’étonnant, par conséquent, qu’a mi de Jerez, à un certain moment, jusqu’au point d’écrire les vers élogieux insérés dans la première Relation, il n’ait depuis changé son amitié en froideur, et qu’il n’ait supprimé ou fait supprimer ce qu’il avait dit auparavant en son honneur.
Autre fait relatif à Francisco de Jerez et à son histoire, qui ne mérite pas d’être passé sous silence. La même année qu’il publiait sa Relacion , il s’imprimait à Séville, chez Bartolomé Perez, une autre relation anonyme des mêmes événements. sous le titre: La Conquista del Péril llamada (sic) la Nueva Caslilla. La quai lierra por (Urina voluntad fut maravillosa mente conquis tada, etc. 11 est à supposer que ce fut là la première relation donnée à la presse, sous forme de gazette, d’un événement aussi étrange que surprenant, relation que Francisco de Jerez développa et publia plus tard, pour satisfaire l’anxiété et la curiosité du public. L’ouvrage si rare auquel nous faisons allusion se trouve au D ri lis h Muséum de Londres; il se compose de huit feuillets in-folio, caractères gothiques, à deux colonnes. Il fait partie de la riche collection de livres de toutes les langues, réunie par l’infatigable bibliophile le Right, Hon. Thomas Grenville, et léguée à cet établissement, à l’époque de sa mort. La relation plus étendue de Jerez se compose de quarante-cinq feuillets, en caractères-gothiques et aussi à deux colonnes.
Ciiap. VII, note 4, page 98. — Ce livre de Fr. Marcelo de Lebrija, commandeur de la Puebla, dans l’ordre d’Alcantara, fils du célèbre humaniste Ælio Antonio Nebrissense, est un volume in-folio de quatre-vingt-dix-huit feuillets, sans foliotage, sans date, ni lieu d’impression, quoique le genre du caractère et l’espèce du papier puissent faire conjecturer que ce lut ver» l’année 1545. Nous ne savons de son auteur que le peu qu’il nous en raconte lui-même dans ses œuvres. 11 fut gentilhommme de la maison des ducs d'Albe; fort protégé par le cardinal D. Fr. Juan de Tolède, évêque de Burgos, de 1539-50. Il revenait des Flandres sur la flotte qui portait Charles V, avec le grand commandeur de Léon, D. Francisco de Toledo, D. Luis de Cordoba, le duc de Sesa cl d’autres chevaliers, lorsque le navire qui les portait échoua sur les bancs des Flandres. Un autre navire l’aborda, lui rompit un de ses flancs, et ceux qui se trouvaient dessus se sauvèrent par une faveur spéciale de la divine Providence. Cet événement lit sur Marcelo une impression telle que, désirant trouver une autre manière de vivre loin du tumulte et du bruit de la cour; de fuir les joùies, tournois, fêtes et réjouissances en d’autres temps si agréables pour lui et maintenant si fastidieuses, il résolut de se retirer dans sa commanderie, retraite pour laquelle il sollicita et obtint la permission de son maître, le Grand Commandeur. 11 avait quarante ans lorsqu'il composa la première partie de son œuvre, c’est-à-dire la Triaca del aima. Dans l’avis au lecteur qui termine la Triaca de Tristes et tout l’ouvrage, il s’excuse de n’avoir pu mettre la dernière main à ses poésies, par suite des nombreuses occupations que l’empereur lui avait confiées. C’étaient les fonctions de juge des chevaliers et des personnes de l’ordre d’Alcantara, dont il était le visiteur général ; la surveillance des travaux et de la construction du célèbre couvent du dit ordre; la reconstruction du pont d’Alcantara. Ce dernier travail se termina en d543, ainsi
que le constate l’inscription latine placée sur le dit pont et qu'ont copiée à la lettre D. Alonso de Torres, Tapia, dans leur Cronica de lit (Jrden de Alcantara (Madrid, 1763, tom. I, pag. 160) et d’autres auteurs. Par conséquent, la Triaca dut se composer entre les années 1517, où «on auteur revint de Flandres en Espagne, et 1543, où il l’avait terminée et préparée pour l’impression.
Maicelo de Lebrija ne fut pas un grand poète • il n’en possédait pas les qualités : toutefois, son livre est écrit dans un langage pur et châtié. Pour preuve de son style grave et sévère, san3 être emphatique, défaut dans lequel tombèrent la plus grande partie des poètes qui suivirent les traces de Juan de Mena, nous copierons ici trois strophes du prologue qui précède tout l’ouvrage, et où il dit à son père :
O G^lio Antonio Nebrissa nombrado,
En actes maestro, profundo en saber ;
Cou ellas nmstrastes el vuestro valer Por ser de las scienciaa muy acompanado;
I)e hienes mundanos no ovistes cuydado.
Aquestos dexastes y su escura niebla Por dar lux à Espafta, qui eslaba en tiniebla Con el vuestro ingenio, por Dios inspirado.
Son vuestras ohras de tal qualidad Que quanto mas tiempo passare por ellas Seran mas eternas, polidas y bellas,
Muy resplandecientcs con auctoridad,
E vuestra sapienra que da claridad A todos los siglos sera muy notoria,
Sin que perezca tan clara memoria Con fama tan digna de immortalidad.
Vos fuiste la fuente de toda sapienra De do al universo tal fruto ha emanado Que en todas las sciencias no hallo leirado Que no deua daros continua obediençia ;
Y tanto es el saber de vuestra eloquencia Que puesto que saben que soy vuestro hijo,
A vos coinparado soy grano de mijo,
Y aun menos, porque ay mayor différencia.
Chai*. VII, note 2, page 93. — En l’année 1554, on imprima à Tolède une traduction anonyme en prose de Y Amphitryon de Plaute, sous ce titre : Comedia de Plauto, llamada Amphitryon, tradueida del latin en lengoa castcllana. Agora nuevamente impresa en muy dulce apaziblc y sentencioso estilo; 1554. A la fin : Pué impresa la présente obra en la impérial cilxtad de Toledo, en casa de Juan de AyaUi, en el anode MDL1I1I (in-4°, caractère gothique).
Dans une courte préface, l’auteur reconnaît s’étre servi des traductions déjà failes par le Dr Yillalobos et le maestro Oliva.
On imprima aussi à Anvers, 1555, in-8u, une traduction anonyme du Miles gloriosus de Plaute.
Nous pourrions en citer beaucoup d’autres qui ne s’imprimèrent pas et qui, selon toute probabilité, ne se représentèrent pas non plus, preuve évidente du peu d'influence qu’elles exercèrent sur la formation et le développement du théà-
tre national, dont les tendances ont toujours été populaires. Elles appartiennent presque toutes i l'époque de Charles-Quint . Sous le même règne, un écrivain excessivement extravagant, Vasco Diaz Tanco del Fragenal, dont nous nous proposons de parler, tant de lui que de ses œuvres, dans le 3e volume de celte traduction, rh. xxtx, composa, outre les trois tragédies A'Absalon, à' Anton et Saul et de Jonathas, citées par Moratin dans son Caluloyo de Piezas dramaticas, du n° 30 au 33', plusieurs autres pièces. 11 nous en donne lui-méme la liste dans la préface du Jardin del Alma cliristiana, imprimé à Valladolid, en 1652. En voici les litres t
Comedia Juslina, onde ay xi modos de metrificar ;
— Potrnciana, la cual trato de los bruxos ;
— Dorothea. de los milagros de Santiago ;
La farsa Benedicta, de la natividad de Jesu Christo ;
— Arrtina, del mismo natal por otro estilo e arte ;
— Patricia, que trata de lo quaresmo et del ayuno;
La Embaxada del angrl Gabriel à nuestra seftora ;
La Embaxada de los clerigos probres al Papa en Borna ;
La Embaxada de los coneejns al Bey eslandn ausente ;
La Deslruyeion de Jerusalen por Nabuchodonosor ;
La Captura de Jerusalen por Vespasiano y Tito ;
La Empresa de Jerusalen por Constanlino el Alagno ;
La Enlrada de Jerusalen por Godofredo de Bullon.
Il composa aussi, ajoute-t-il, des autos quadragesitrtales, extraits des Évangiles et de l’Écriture Sainte, pour des représentations pendant tout le Carême. Ce sont les autos suivants :
El auto del Baptismo celcbrado m el rio Jordan ;
— de la Tentado en el desierto ;
— de Abraham quando llevo a su hÿo a sacrificar;
— de la Chananea que pedio sahtd para su hijn ;
— de Sancla Susana como fui arusada falsamenle ;
— de Como Jesu Xpo sano al eiego ;
— de Cuando lierodes maiulo degollar à San Juan ;
— de la Samariuna que estava al pozo -,
— de la Resurescion de Lazaro, como Xpo le resucilô;
— del Consejo de losjudios sobre la passion de Xpo;
— de Como jesu Xpo entro en Jerusalen con clamores ;
— de Como Xpo écho los cambiadores del Templo ;
— de la Cena postrera de Xpo con sus discipulos ;
— de la Prison de Xpo en el huerto;
— de Como Jesu Xpo fué acusado y crucifigado;
— de Como Judas desesperado se ahorcé;
— delà Resurescion de Jesu Xpo, muy complido, por estilo muy eslrsno y muy regocijado.
Il parle aussi de trois entretiens, colloquios, qui pouvaient bien avoir aussi quelque chose de dramatique ; le premier, de la Violmcia, sur les choses vues de son temps ; le second, de P Esfuerço belico, Bur les exploits des Espagnols ; et le troisième, de la Loea osadia, sur les événements étranges qui se sont accomplis.
Aucune de* œuvres dramatiques de cet écrivain si fécond et si extraordinaire, n'est parvenue jusqu’à nous, n’a pas été même, que nous sachions, imprimée. 1 a perte n’est pas grande, sans doute, si l’on considère le style ridiculement affecté que l’auteur emploie dans ses autres ouvrages, ainsi que l’extravagance de ses idées. Dans un exemplaire des Triunfos du dit poète, que nous avons vu il y a quelques années, se trouvent quelques feuilles imprimées, avec les titres suivants : 1° Tertio dialogal aulual de Vasco Dias Tanco de Frexenal, dedicado al lllmo. Sr. D. Pedro Velasco, condeslable de Castilla ; 2» Trrno romnliario de Vasco, etc., dirigido al muy magnifico Sr. D. Juan de Aragon, castellano de Amposta, prior de la Caballeria de San Juan, en el inclito reino de Aragon ; 3° Ternn farsarin autual de Vasco. etc., enderezado al illustre y catholico Sr. D. Juan Puertocarrero, marqués de Villanueva, chaque titre étant accompagné d’un petit argument en prose et d’un certain nombre de redondillas.
Ciup. VU, note 2, page 102. — Pour contlrmer les assertions que notre auteur avance fort à propos, dans divers passages de ce chapitre, sur la lenteur avec laquelle le théâtre national marchait à sa perfection, surtout du temps qui s’écoule de Torres Naharro à Lope de Rueda, nous citerons ici les titres de certaines pièces parvenues à notre connaissance et qui furent tout à fait inconnues à Mo rat» n Plusieurs de ces compositions sont aussi incultes que les églogues de Juan del Encina, que leurs auteurs prirent sans doute pour modèle ; d'autres témoignent de plus de perfection, appartiennent à l’école plus féconde de Torres Naharro et * aux imitations de U Céieslinc. Il en est dont nous n'avons pu indiquer que l'existence ou l'endroit où elles se trouvent, afin que les savants qui ont du goût pour notre vieux théâtre puissent les examiner, les étudier et les apprécier suivant leur mérite respectif.
* Egloga de unos pastores liecha por el dicho Martin de Herrera con dos vil- « lancetes que se cantan à canto de organo ô a lus tonos que abaxo se diran.
A Y un romance de labradores con su mudanza, y otro villancete en latin de
• cortesanos, con su mudanza, para taner, cantar, danzar. Item otra cancion mas
• romun con su mudanza sobre el llanto que se hizo en Tremezen ; lo quai todo se
• hacc para que cada quai se goce segun su condicion de la nueva acquisicion y « divinal Victoria que de la insigne cibdad de Oran uvo el illustre revercndisimo x y muy vitorioso senor el seîior cardenal despana, arzohispo de Toledo. >
Cette composition dramatique, écrite, parait-il, à l'imitation des pièces de Juan del Encina, se trouve à la fin d’un poème descriptif intitulé : Istorias de la divinal vitoria y nue re aitquisicion de la muy insigne cibdad de Oran, liecha por el illustrissinu y muy vitorioso dignissimo gran capilan contra los africanos el senor D. Fray . Francisco Ximenez cardenal de Espaila, arçobispo de Toledo, etc., dirigidas al muy magnifico Sr. D. Pedro de Ayala nbispo de Canaria, dean de la Sanla Iglesia de Toledo, trobadas por .Martin de Herrera. in-fol., caractère gothique, dix-huit feuillets, sans foliotage, sans indication d'année, ni de lieu d’impression. On peut croire cependant que cet ouvrage s’est imprimé en 1510 ou 1511, au plus tard. Il manque à notre exemplaire la partie du titre relative à des vers sur la conquête de Jérusalem ; il y manque aussi malheureusement l’églogue qui n'a été citée par aucun bibliographe à notre connaissance. L’auteur dit. dans le prologue : • Par
• conséquent il m’a paru convenable d'écrire succinctement en vers, genre de style
• le plus beau, une courte relation du dit mystère et de cette immortelle victoire,
■ pour ceux qui l'ignorent, afin qu'ils célèbrent et louent celui sans lequel les
• moyens et les instruments de puissance manquaient à cet effet, conformément „ aux lettres que l’illustrissime, révérendissime et très-victorieux seigneur, car-
• dinal d’Espagne, prince romain, écrivit, à celles que d’autres de ses serviteurs . écrivirent, le secrétaire lllan, le maestro de Caçalla et Miguel de Herrera,
• lieutenant de ses gens d’armes; & ce qui est établi d’une manière plus diffuse
- par la relation du très-révérend S. D. Fr. Francisco Uuyx, évêque de Cibdad » Rodrigo, témoin oculaire, et le premier de cette ambassade de retour en Cas-
• tille, etc..., » et plus loin ; - Pour ce motif, commençant pour les plus gros-
• siers et les plus ignorants, je mets, à la fin, une églogue de bergers; églogue
■ qui, avec ses personnages et son spectacle, se représenta dans la ville d’Alcala,
■ accompagnée de certains villancetes, afin que tout le monde puisse goûter et . jouir d’une chose qui ne doit pas se passer sous silence, ni se dissimuler par
■ aucun catholique. Pour donner son complément d’éloges et de louanges & celui
• qui les mérite, tous les membres de notre edrps ne pourraient suffire, lors
- même qu’ils se convertiraient en langues. Aussi les susdits bergers, par leurs s expressions grossières et leurs incultes raisons, par d’autres descriptions plus
• habiles que ma composition, relatent toujours la vérité du fait, tel qu’il a eu « lieu, pronostiquent certains points de l’avenir, qui leur sont parfois révélés et « qui sont cachés aux sages et aux savants. Ces églogues, ces romances, ces vit—
< lancetes, débités ainsi à la lettre, sans être mis en acte, sans spectacle, sans
• intonation, sans accord de six voix musicales ; sans ces dénoûments, ces per-
• sonnages, ces mouvements rustiques, tels que je l’ai dit, ne sont pas & voir, parce
• que, par un pareil artifice, on ne prétend pas rassasier l’oreille, mais les yeux et
■ l’intelligence, afin que les volontés et les esprits de ceux qui entendent ces faits
• soient bien informés. *
11 finit et traite de la conquête de Jérusalem, en disant : « De même je ne man-
• ([lierai pas de parler incidemment du sujet que me fournira celte autre matière,
« je veux dire la victoire semblable et divine que Vespasien et son fils Titus rem-
< portèrent sur la grande cilé de Jérusalem. C’est vers cette fin que tendent et « marchent tous ces commencements. Votre Seigneurie aimera autant ce sujet,
• quoique ancien, que le moderne, tant pour les théories contemplatives qui y
• trouvent leur application; les actes de la passion de notre rédempteur appliqués
• à la lettre du texte de saint Jean, que pour d’autres maximes théologales, mo-
• raies et exemples de l’Écriture sainte, et comme pronostics et présages de cette « dernière victoire, la reconquête de cette grande cité et du Saint Sépulcre, que
nous verrons de nos jours, sous la même forme que la conquête d’Oran. •
Comédia llamada Clariana, nuevainente compuesla, en que se refirent par licrogco rstibi Ins amorrs de un encallero moço llamailo Cliiren eon una dama noble de Valeneia dieha Clariana. /Issi mismo una egloga pasloril entre iks paslorrs Julio y Louzinio, « la muerte de una paslora Uamada Julia; compuesta por un vect'no de Toledo, y pur el diriyida al duque de Gandin.
Valencia, por Maestro Juan Jofre, al mole de la Roveila : acabosc a IX de mayo
del afto de nuestra réparation MDXX1I, in-4* de vingt-deux feuillets, sans foliotage, caractère gothique. La comédie est écrite en prose avec mélange de vers.
Auto llumado de Clarindo, sacado de las obras del captivo por Antonio Diez, librero sortlo, y en partes aûadido y enmendado. Es obra muy sentida y graeiosa para se represcntar. Elle se divise en trois journées, et les acteurs qui y entrent sont : Clarindo, caballero ; Clarisse, donc c lia ; Floriana, domestique: Florinda, dame ; Antonica, domestique ; Estor, serviteur ; Coristan, idem; Pandulpho, bouffon; Alicano et Raimundo, pères des dames; Felecin, caballero; un berger nommé Vidal ouvre la scène et se présente en chantant :
A tan alla va la luna Como el sol à media noche ; Mirando lo eslà la Reina Del m&a alto corredore.
Peine de oro en la mano,
Y el agua hasta la cin'a,
De los sus ojos lloraba,
Y el buen Coude no venia.
; Que tripis y contra puntos