I.E TRADUCTEUR AU LECTEUR v
ambulantes, des représentations à Séville, à Valence, à Ségovie, et méritant, malgré sa profession de comédien, d’ôlrc enterré dans la grande cathédrale de Gordoue. Juan de Timoneda recueille et publie les comédies, les coloquios pastoriles, les pasos que Lope de Rueda jouait, non pas dans les églises, ni dans les palais des grands, mais sur les places publiques, suivant le goût et l’humeur de la multitude. Il marche sur les traces de son prédécesseur, fait faire quelques pas de plus à l'art dramatique naissant, comme le prouve son paso des Deux Aveugles , avec Alonso de la Vega, avec Antonio Cisneros, également auteurs et acteurs, et nous assistons aux divers efforts tentés à Séville et à Valence, où Viruès introduit la division en trois jornadas ou actes. Nous apercevons quelques traductions de l’antiquité grecque et latine, des pièces d’Euripide et d’Aristophane, de Térence et de Plaute, mais ce qui plaît surtout, ce sont les tragédies nationales, les tragedias espafiolas, et les pièces de Lupercio Leonardo de Argensola, qui ferment la période primitive du théâtre espagnol et préparent l’époque de Cervantès, de Lope de Vega et de Caldéron.
Je ne veux pas entrer ici dans les détails biographiques que donne Ticknor sur chacun de ces trois poètes, je ne cherche qu’à indiquer quelques traits principaux dont le lecteur trouvera le développement dans les chapitres qui les concernent. En ce qui touche Cervantès, il lira avec plaisir tout ce qui constitue sa personnalité dramatique, son action sur la composition du drame en général, les qualités et les défauts de chacune de ses pièces. La question des rapports qui existèrent entre Cervantès et son rival heureux, celui qu’il appelle un monstruo de la naturaleza et le monarque du théâtre, sert de transition pour arriver à Lope de Vega. Pour lui comme pour Cervantès, Ticknor nous fait toucher du doigt les divers points d’une vie des plus agitées, et nous en montre le reflet dans ses œuvres. Disciple de l’école italienne, Lope cependant ne doit sa réputation qu’au drame national, dont il expose la théorie dans son Arle nue vo de hacer comedias. il commence par des églogues représentées devant des grands; par des moralités jouées devant les cathédrales; et il finit par ces drames sans nombre, d’une facilité inconcevable, où il flatte le goût du peuple, et établit définitivement le théâtre national. Que ce soient des comédies de cape et d’épée, de capay espada; des pièces roulant sur des sujets historiques, comedias héroicas ou liistoriales, sujets fournis par l’histoire ancienne, comme Roma abrasada; par l’histoire contemporaine, comme El
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