LE TRADUCTEUR AU LECTEUR
affiches, billets d'entrée, places, etc., il parcourra avec intérêt les additions nombreuses sur le même sujet, sur les représentations mimiques en Espagne, sur les danses, sur l'origine des théâtres du Principe , et de la Cruz, sur les droits des confréries, des hôpitaux et par conséquent sur le droit des pauvres : enfin sur les nombreuses pièces inédites qui pourraient être insérées dans une nouvelle collection du théâtre espagnol.
Tout cet ensemble d'illustres écrivains espagnols qui prennent tantôt la plume, tantôt l'épée, et qui finissent, presque tous, par abandonner les armes pour les lettres, nous a rappelé cette pensée de Cicéron : Ilœc sludia pernoctanl nobiscum , peregrinantur, rusticantur. En apprenant qu'un empereur, tel que Cbarles-Quint, s’étudiait, au milieu d'une vie des plus agitées, à mettre en prose castillane un roman français : Le Chevalier Délibéré; qu’un roi, tel que Philippe IV, composait des sonnets et des pièces de théâtre, on peut bien ajouter que ces études récréent et charment l'esprit, détectant et sccundas res ornant. Bien plus, en voyant les Garcilaso de la Vega, les Diego de Mendoza, les Quevedo, trouver dans la poésie et les lettres une heureuse compensation de leurs infortunes et de leurs disgrâces ; Fray Luis de Léon se consoler par elles des persécutions du Saint-Office, pour avoir traduit en langue vulgaire le Cantique des cantiques ; Cervantès concevoir et écrire son D. Quichotte dans la prison d’Argamasilla, on ne craint pas de dire encore : ces études consolent des malheurs des temps et des injustices des hommes : adversis perfugium ac solatium prœbent.
* J.-G. MAONABAL.
Paris, ce 30 juin 1870.