CHAPITRE XX
Progrès de la langue castillane. — Poètes du temps de D. Juan II. — Villasandina, Francisco Impérial. — Baena. — Rodriguez del Padron. — Écrivains en prose. Gibdareal et Fernan Perez de Guzman.
Considérées sous un certain point de vue, toutes les œuvres de Juan de Mena sont assez importantes. Elles marquent les progrès de la langue castillane, qui se développa plus dans ses mains qu'elle ne Tavait fait dans une longue période antérieure. Depuis le règne d'Alphonse le Sage il s'est écoulé près de deux siècles; pendant ce temps, ce fortuné dialecte a presque complètement établi sa suprématie sur tous ses rivaux, et, par la force des circonstances politiques, il s'est répandu sur une grande partie de TEspagne, mais on n'a fait que peu de chose pour renrichir, et rien pour l'élever et le purifier. Le ton grave et majestueux des Partidas et de la Cronica gênerai n'a pas été atteint , et Tair plus dégagé du Comte Lucanor n'a pas été imité. En effet, des temps de désordre et de troubles, comoie les temps de Pierre le Cruel et des trois monarques qui lui sueeédèrent sur le trône, ne permirent aux Espagnols que de penser, ï peu d'exceptions près, à leur sûreté personnelle et à leur bien-être immédiat.
Mais à présent, sous le règne de D. Juan II, si les af&dres du royaume sont certainement plus embrouillées, leur état présente plutôt le caractère d'une lutte entre les grands seigneurs que d'une guerre contre la couronne. Alors, par des circonstances toutes fortuites, les scimoes et les lettres sont non-seulement honorées et estimées, mais elles de* viennent encore de mode à la cour. Le style commence à être regardé comme une chose importante , le choix des mots conune le
premier pas vers son élévation et son amélioration, premier pas qu'essayèrent ceux qui désiraient capter la faveur des classes les plus élevées donnant alors le ton et aux mœurs et aux lettres. On rencontra de sérieux obstacles pour le choix du style tel qu'on le demandait. La langue castillane avait été d'abord grave , digne et pittoresque, mais elle n'avait jamais été riche. Juan de Mena regarde autour de lui pour chercher les moyens d'augmenter son vocabulaire poétique : s'il avait mis plus de discrétion dans les moyens qu'il adopta, s'il avait montré plus de jugement dans l'emploi des moyens auxquels il eut recours, il aurait pu modeler presque la langue espagnole sur la forme qu'il avait choisie.
Quoi qu'il en soit, Juan de Mena lui rendit de grands services. Il prit hardiment les mots qui répondaient à sa pensée, partout où il les trouva, dans le latin principalement, et parfois dans d'autres langues (1). Malheureusement il n'exerça pas sa propre habileté dans le choix de ces mots. Plusieurs de ceux qu'il adopta ont de la bassesse et de la trivialité, et son exemple n'eut pas assez de force pour leur donner de la dignité : d'autres ne sont pas meilleurs que les mots auxquels ils se substituent, et tombent, par conséquent, plus tard, en désuétude ; d'autres ont encore une structure et un son trop étranger pour prendre racine sur un sol où ils n'auraient jamais dû
(1) Ainsi, A valencien ou provençal, pour hijOf Qls, dans les Trescientas, stanoe 37 ; irmqitete, pour voile de misaine, stance 165, peuvent servir d'exemple. Lope de Vega (Oàras sueltas, tome IV, p. 474) se plaint des latinismes de Juan de Mena, latiniâmes choquants et nombreux, et il cite le vers suivant :
El aiDor es ficto, Taniloqao, pigro.
Je ne me rappelle pas de Tavoir lu dans ses œuvres; mais, s'il s'y trouve, j'avouerai qa'U est aussi mauvais que les mauvais vers de la même espèce, objet de tant de ridicule cbez Ronsard. Nous devons remarquer cependant qu'aux époques primitives de la langue castiUane, cette langue a plus de rapport avec le français qu'elle n'en avait da temps de Juan de Mena. Ainsi dans le Poème du Cid nous trouvons très-souvent cuer pour corazon, cœur; tiesta pour cabeza^ tète; dans Berceo, asemblar pour ^tmtor^f , s'assembler; «opear pour cenar, souper (voyez Clémencin, D, QukhoUt tome iV, p. 56). Si donc nous rencontrons dans Juan de Mena quelques mots français qui ne sont plus usités, comme sage, dont ledit poète fait un dissyllabe guttural pour rimer avec viage^ voyage, dans la stance 167, il faut présumer que ledit mot était usité de son temps, et que depuis lors il a perdu sa signification. Quoi qu'il en soit, ilestcer- ^in que Juan de Mena fut très -hardi pour former des mots et en introduire d'é-> trangers dans la langue. Le docte Sarmientodit de lui, dans un manuscfitde ma bihUothèque : • Un grand nombre des mots qu'il employa ne sont pas castillans; ils ne furent usités ni avant ni après lui , en Espagne. >
être transplantés. Ainsi donc, une grande partie des tentatives de Juan Mena de restèrent, sous ce rapport, infructueuses. Mais, il n'y a pas de doute, la langue de la poésie espagnole reçut plus de vigueur, la versification plus de noblesse, par les efforts de Juan, et Texemple qu'il donna, imité comme il le fut par Lucena, Diego de San-Pedro, Garci Sanchez de Badajoz, les Manrique et d'autres , servit de base véritable au développement plus étendu et plus judicieux de tout k vocabulaire castillan dans le siècle suivant.
Un autre poëte jouit, sous le règne de D. Juan H, d'une réputation qui se ternit encore plus vite que la renommée de Juan de Mena: c'est Alphonse Alvarez de Villasandino , appelé aussi parfois de Illescas. Ses premières poésies semblent avoir été composées sous le règne de D. Juan P'; mais la plus grande partie a été écrite sous les règnes de Henri III et de D. Juan 11^ et particulièrement sous celui de ce dernier. Un petit nombre d'entre elles sont adressées à ce monarque, un plus grand nombre le sont à la Reine, au Connétable, à l'Infant D. Ferdinand, depuis roi d'Aragon, et à d'autres personnages distingués de ce fi m^j||i Pin ii m de leurs passages nous font connaître que leur auteur étair'un soldat et un courtisan ; qu'il se maria deux fois; qu'il se repentit sincèrement de son second mariage; qu'il fut généralement pauvre; qu'il adressa souvent des soUicitatioDS à tout le monde, sans aucune honte^ depuis le roi jusqu'au dernier courtisan, et demanda des places, de l'argent et môme des vêtements.
Comme poëte, son mérite n'est pas grand ; il parle de Dante, mais il ne donne aucune preuve de ses connaissances en littérature italienne. Ses vers sont effectivement plutôt écrits selon le genre provençal, quoique leur ton de courtisan et ses réclamations personnelles y dominent au point d'empêcher tout autre sentiment de s'y faire distinctement reconnaître. Ce sont des pointes, des jeux de mots, des calembours qu'il introduit partout pour plaire au goût de SCS nobles amis. Peut-être se concilia-t-il leur faveur principalement par sa versification , presque toujours excessivement facile et coulante, et par ses rimes singulièrement abondantes et uniformément exactes (1).
Quoi qu'il en soit, Villasandino obtint une grande considération
(I) Ces détails sur Villasandino se lisent dans Antonio, BibL vetuà, édit. BayaTi tome II, p. 34 1 ; dans Sanchez, Poésies antérieures^ tome I, pp. 200, etc. Ses premières poésies s*impi-imèrent dans VAppendix aux chroniques de Henri Jf^ de D. /mm/, et de D. Henri lit, par D. Pedro Lopei de Ayala, pp. 604, 016, 6S1, 610, 646. Mili
de la part de ses contemporains. Le Marquis de Santillane parle de lui comme d'un poëte érudit de son siècle, et il rapporte qu'il a composé un grand nombre de canciones et d'autres petits poèmes ou decires irè&-esiimés et très-répandus (t). Rien d'étonnant, par conséquent, que Baena, composant, pour l'amusement de D. Juan II et de sa cour, la collection de poésies qui nous est parvenue sous son nom, y ait inséré un grand nombre de vere de Villasandino, déclaré par ce secrétaire de cour : « Esmalte, e lus, e espejo, e corona, e moa narca de todos los poetas e trovadores que fasta oy fueron en toda « Espaùa (2). » Mais les poésies admirées par Baena sont, pour la plupart, si courtes et si personnelles qu'elles ont dû être bientôt oubliées avec les circonstances qui leur ont donné naissance. Plusieurs sont curieuses, parce qu'elles ont été composées pour l'usage de personnages de distinction dans l'État, tels que l'adelantado Manrique , le comte de Buelna, le grand Connétable, tous admirateurs de Villasandino, et qui l'employaient à écrire des vers qu'ils faisaient ensuite passer sous leur propre nom. Il y a un petit poëme, une hymne à la Vierge, con su desfecha por arte destrybote (3), dont le poëte luimême avait conçu une si bonne opinion, qu'il ne cessait de répéter qu'il serait, par elle, délivré, dans l'autre monde, de la puissance de l'ennemi, que serya libertado del enemigo por ella (4).
la plus grande partie se trouve dans le CancUmero de Baena, extrait par Castro, BibL espag.f tome I, pp. 268, 296, etc.
(1) SancheZy tome I. p. lx.
(2) a Émail, lumière, miroir, couronne et monarque de tous les poètes et troubadours qui ont jusqu'ici existé en Epagne. »
(3) « Avec sa glose au moyen du refrain. »
(4) L*bymne en question est dans Castro, tome I, p. 369. Mais, comme preuve de la fociiité de Villasandino, je préfère les vers suivants, composés pour le comte Pero Nino, qui devait les offrir à dona Béatrix, aimée du comte, ainsi que nous Tavons indiqué en parlant de sa Chronique :
La qae siempre obedeci , E obedezco todavia.
Mal pecado, solo un dia Non se le membra de mi.
Perdi mea tempo en servir ▲ la que me fàs bevir Coidoso desque la vi, etc.
Cel!c à qui J*al toujours obéi — Et j*obéis encore, — Pour mon malheur, un seul Jour — Ne se souvient de moi. — J*ai perdu mon temps a servir — Celle qui m'a fait vivre —Soucieux dès que Je l'ai vue, etc.
Mais, comme le prétend réditcur de la Chronique de D. Pedro Pfirio, « ce sont là
Francisco Impérial, né à Gânes, fut, en réalité, un Espagnol dont la patrie était Se ville. Ce fut aussi un poëte qui jouit d'une grande faveur à la même époque, et qui appartint à la même école artificielle que Yillasandino. Sa pièce principale et la plus longue est une eomposition sur la naissance du roi D. Juan II, en 1 405. Un grand nombre de ses autres poésies se rattachent, comme celle-ci, à des sujets d'un intérêt transitoire. Il y en a une cependant qui, par le ton et la singularité du sujet, est extrêmement curieuse. Elle roule sur la destinée d'une dame qui fut mise parmi les dépouilles, dans une grande victoire remportée, à Textrémité de TOrieut, par Tamerlan, et envoyée, comme un présent, par ce conquérant à Henri m deCastille; et il faut avouer que le Génois dépeint la situation particulière de cette infortunée avec des touches d'une tendresse tout à fait poétique (1).
Quant aux autres poëtes qui eurent plus ou moins de valeur, en Espagne, vers le milieu du quinzième siècle, il n'est pas nécesBaire de s'occuper de tous. La plus grande partie d'entre eux ne sont maintenant connus que des antiquaires curieux : il ne reste que peu de chose du plus grand nombre, et, dans la plupart des cas, on est incertain de savoir si les personnes dont les noms paraissent en tète des poèmes sont ou non les auteurs réels. Juan Alphonse de Baena, Féditeur de la collection où se trouve le plus grand nombre d'eux, a composé beaucoup de poésies (2) ; il en est de même de Ferrant Manuel de Lando (3), Juan Rodriguez del Padron (4), Pedro Vêlez deGuevara,
des vers qu*on peutaUribuer à tout autre amant et A toute aulro dame, de sorte qB*il semble que Villasandino composait des stances de ce genre pour les donner au pcenier qui les lui demanderait, » paroles textuelles que nous copions ici parce qu'elles peuvent parfaitement s'appliquer à un grand nombre de poésies de ce règne, ordinaire* ment remplies de pensées triviales et écrites pour un usage pareil àceloiqu'en Ciisait Villasandino.
(1) Sur Micer Francisco Impérial, voyez ce que dit Sanchez (tome I, pp. ix, lOS), Argote de Molina (Nobleza de Àndalucia, fol. 244, 206), et le discours mis par le mênr écrivain en télé de la Vida del Gran Tamorlan (Madrid, 1782, in-4*, p. 3) : ses poésies se trouvent dans Castro, tome I, pp. 296, 301, etc.
(2) Castro, tome I, pp. 319-330, etc.
(3) Ferrant Manuel de Lando est connu comme un page de D. Juan H, dans la Ah cesion de los Manudcs d'Ârgote de Molina, publiée avec le Comte Lucanor^ 1676; Ml poésies ont été regardées comme « agradables para aquel sigio », agréable pour ee siècle.
(4) Il est ainsi supposé que le Juan Rodriguez del Padron, dont les poésies le trouvent dans Castro (tome I, p. 331), et dans le Cancionero manuscrit attribué à
et Gerena et Calavera (1). Parmi les poésies qui nous restent des poètes du second ordre, il n'y en a pas de plus intéressantes, c'est probable, que la Vision^ composée par Diego de Castillo, le chroniqueur, sur la mort d'Alphonse V d'Aragon (2), et qu'une esquisse de la vie et du caractère de Henri III de Castille, en la personne du monarque lui-même, par Pedro Férus (3) ; deux poèmes qui nous rappellent vivement les exemples qu'on trouve dans le vieux livre anglais intitulé : le Miroir des magistrats , « Mirror for magistrates. »
En même temps que la poésie se cultivait avec tant de soin, la prose, quoique moins estimée, quoique s'ajustant avec moins de convenance au goût littéraire du siècle , la prose faisait quelques progrès. Nous devons donc porter maintenant notre attention sur deux écrivains qui fleurirent sous le règne de D. Juan II, et qui semblent avoir constitué , avec les chroniques contemporaines et d'autres ouvrages semblables, déjà examinés, le véritable caractère de la meilleure littérature en prose de leur temps.
Le premier de ces auteurs, c'est Fernan Gomez de Cîbdaréal, qui, si son existence est réelle, fut médecin du roi et, à certains égards, son confident et son ami intime. H naquit, d'après les lettres qui nous sont parvenues sous son nom, vers 1386 (4), et, sans être d'une famille distinguée, il avait pour grand-père Pedro Lopez de Ayala, le grand chroniqueur et le Chancelier de Castille. Cibdaréal n'avait pas
Lope de Staniga (fol. 18), est le même que le Juan Rodriguez del Padron, dont les poésies sont insérées dans le Caneionero général (1573, fol. 121-4), comme on le croit communément, quoique j'aie quelques doutes à cet égard.
(1) Sanchez, tome I, pp. 199, 207, 208.
(2) Ochoa Ta publiée dans le même volume que les Rimes inédites du Marquis de Santillane ; il l'accompagna de quelques poésies de Snero de Ribero, dont le nom figure parmi ceux du Candonero de Baena et du Caneionero de Lope de Stnàiga, d'autres compositions de D. Juan de Dueùas, qui se trouvent aussi dans Stuàiga, et de celles de deux ou trois autres poètes de peu de valeur, appartenant tous au règne de D. Juan II.
(3) Castro, tome I, pp. 310-12.
(4) La meilleure biographie de Cibdaréal est en tête de ses Lettres (Madrid, édition 1775, in-4«), préparée par D. Eugenio Llaguno y Amirola. Sa naissance est placée vers Tannée 1388, quoique le Bachelier lui-même, dans la lettre 105, dise qu'il avait soixante-huit ans en 1434, ce qui correspondrait à l'année 1386 pour la véritable date. Du reste, nous ne savons absolument rien sur le Bachelier, à part ce qu'il nous dit lui-même , dans les lettres qui circulent sons son nom.
360 mSTOIRE DE LA LITTÉRATURE ESPAGNOLE.
encore \ingtrquatre ans, et D. Juan II était encore enfant, quand il entra au service du roi, et resta attaché à sa royale personne jusqu'à la mort de son maître ; à partir de ce moment nous perdons tout à fait ses traces. Durant ce long espace d'environ quarante ans, il entretint une correspondance à laquelle nous avons déjà fait allusion plus d'une fois, avec les principaux personnages de TÉtat, aiec le roi lui-même, avec plusieurs évoques etarchevêques, avec un nombre considérable de gentilshommes, de gens de lettres, parmi lesquels nous trouvons Alphonse de Garthagène et Juan de Mena. Une partie de cette correspondance, comprenant cent cinq lettres, écrites de 1425 à 1454, a été publiée dans deux éditions. La première prétend avoir été imprimée en 1499, et la seconde a été préparée avee soin, en 1775, par don Eugenio Llaguno y Amirola, secrétaire de TAcadémie royale d'Histoire. Un grand nombre de questions discutées dans ces lettres par cet honorable médecin et courtisan sont des plus intéressantes. Plusieurs d'entre eUes , telles que celle de li mort du Connétable , qu'il décrit minutieusement à TarcheTéque de Tolède, sont des plus importantes, si on peut y ajouter foi comme à des lettres authentiques. Dans presque tout ce qu'il écrit, Cibdaiéal montre une bonhomie et un bon sens qui lui conservèrent la faveur des chefs des factions opposées de ce temps, et qui, tout en le laissant attaché au parti du Connétable, l'empêchèrent d'être aveuglé parles défauts de ce grand homme ou d'être enveloppé dans sa disgrâce. Le ton de sa correspondance est simple et naturel, toujours très-castilkun et parfois vraiment divertissant^ quand il répète, par exemple, les causeries de la cour au grand justicier de Castille, ou qu*il raconte des histoires à Juan de Mena. Mais une lettre des plus intéressanteSi c'est la lettre qu'il adresse à l'évêque d'Orense, et qui contient le lé» cit de la mort de D. Juan II. C'est elle qui peut nous donner, peutêtre, la meilleure idée de l'esprit général de l'auteur et de sa manière d'écrire, en même temps qu'elle nous montre plusieurs traits de son caractère personnel.
a Bien antevedo que si yo con Uanto de angustia escribo esta épis- (( tola, vtra mrd. con llanto de aflicion la logera ; ca de consuno lo (( debemos à la horfandad con que quedamos, e queda toda Espafia. « Ha fallecido el bueno e sublimado, el noble e el justo wj a D.Juan nuestro sefior: e yo misero, que no avia yeinte yquatro a aâos quando à servir à sa seûoria vine, comensal del bachilkr (( Arévalo, cumplidos sesenta y ocho aùos, é en su palacio , que « mejor dixera en su càmara, cerca de su lecho, cerca de
RISTOIBE DE LA JJTTËRATURE ESPAGNOLE. 961
« SU mas puridad, é no ponsando en mi, con xxx mil maravedis c< de juro me hallâra un luengo servir, si quando flnàndose estaba, €( no dixera que la Alcadia de gobernacion de Gibdadreal se la daba a por el tiempo de su vida al Bachiller mi fijo, que mas ventura a haya que fué su padre : ca bien pensé yo acabar mis dias en la a vida de Su Alteza. E su Sefioria acabo sus dias en mi presencia, <c vispera de la Madalena, que en plaûir sus culpas bien semej6 é la « bendita Santa. Fine de fiebre, que mucho lo apretô. Como el Rey « estaba tanto trabajado de caminar dacâ parallâ, e la muerte de D. a Alvaro siempre delante la traya, plaùiendo en su secreto, e veia non *• por esto à los grandes mas reposados, antes que el rey de Navarra K al rey de Portugal persuadiera que por las guerras de Berberia con « el rey D. Juan oviese debates, e que el Rey le mando à este fin a una carta e respuesta zorrera, todo le fatigaba el vital ôrgano : e « asf caminando de Avila para Médina, le diô en el camino un parole gismo con una fiebre acrecentada, que por muerto fué tenido. El m prior de Guadalupe supito mandé â Uamar al principe D. Enrique, a ca temiô que algunos grandes se llevàran al infante D. Alonso ; a pero â Bios plugo que volviô el rey en su acuerdo, ca le eché una a melecina que le volviô. E fué à ValladoU, e el mal desque en la villa c( entro fue de muerte, e el Bachiller Prias me le oyô quando el por (1)
(1) « Je prévois bien que si j'écris, moi, cette lettre avec des pleurs de détresse, V. M. la lira avec des pleurs d'affliction : c'et^t un témoignage que nous devons ensemble à la perte que nous éprouvons et qu'éprouve toute l'Espagne. U est mort, le bon, le sublime, le noble et le juste roi D. Juan, notre seigneur; et moi, malheureux, qui n'avais pas vingt-quatre ans lorsque j'entrai au service de Sa Seigneurie, commensal du bachelier Arévalo, j'ai accompli soixante-huit ans dans son palais» ou, pour mieux dire, dans sa chambre, près de son lit, dans sa plus grande intimité ; et, sans penser à moi, je me trouverais avec trente miUe maravedis de rente, pour mon long service, si, au moment de sa mort, il n'avait dit qu'il donnait l'alcaldia de Gibdareal au Bachelier, mon fils, sa vie durant. Plaise à Dieu que le fils ait plus de bonheur que son père! Je pensais finir mes jours durant la vie de Son Altesse. Sa Seigneurie les a finis, la veille de la Madeleine, et, en pleurant ses fautes, il ressemblait bien à cette sainte. Il mourut de la fièvre qui le saisit vivement. Comme le Roi était tourmenté du désir d'aller par monts et par vaux, il avait toujours devant ses yeux la mort de D. Alvaro qu'il déplorait en secret , parce qu'il ne voyait pas pour cela les grands plus tranquilles. Loin de là, le roi de Navarre avait persuadé au roi de Portugal deprofiterdes guerres de Barbarie et d'avoir des démêlés avec le roi D. Juan; le Roi envoya à ce dernier une lettre très-polie et une réponse très-fine. Tout lui fatiguait les organes de la vie. En se rendant d'Avila à Médina, il fut, en chemin, atteint d'une surexcitation et d'une fièvre violente : on le crut mort. Le prieur de Guadalupe envoya chercher immédiatement le prince D. Henri, dans la crainte que certains grands ne se tournas-
Zet HISTOIRE DE LA LITTËRATURE ESPAGNOLE.
« mener le ténia, e el bachiller Beteta por pasabola; e no fué sino c( pasamundo, que fablando yerdé, es como bola en su rodar. La c( consolacion que me queda es que el fin lo ovo de Rey christiano é (( bueno e leal al su Criador : e me dixo très horas antes de dar d « anima : Bachiller Cibdaréal, naciera yo fijo de un mecanico, e ho- « biera sido frayle del Âbrojo, e no rey de Castilla. E a todos deman- « daba perdon, si algo los oviese fecho de mal ; e â mi me dixo, que tt por su Seûorialo demandase àlos que él no podia. Fasta ila tiimba <c de San Pablo le acudi; e enpues à un solo aposento me he Tenido (( al arrabal ; ea de vivir estoy con tal hastio, que oomo otros la <c muerte temen, yo pienso que el viyir no se ha de despegar demi, (c Andé & ver à la Reina dos dias son ; e todo el palacio lo vide tan dar- (( riba abajo sin los que primero, que la casa del Almirante e dd « conde de Benavente mas populadas son. El rey D. Enrique re- « cibe à los criados del rey D. Juan ; mas yo soy yiejo para tomar <( de nuevo otro amo, e andar caminos : e se Dios quiere é Gibdadred « con mi fijo andaré, ca alli del Rey esperaré con que pasar (1). » C'est là la dernière chose que nous savons de Taffliction de ce vieillard, qui mourut probablement bientôt après la date de cette lettre, écrite, selon toute apparence, en juillet 14S4. Un autre personnage très-renommé, comme prosateur, au siècle de
sent du côté de l'infant D- Alfonse. Mais il plut à Dieu de faire reprendre Me MM au Roi; on lui donna une potion qui le fit revenir. U alla à Valladdid. Le mal demi mortel en entrant dans la ville : le bachelier Prias me Tentendit dira quand il 11 croyait, lui, sans gravité, et le bachelier Beteta, un passe-la-boule; et ce ne fot qa*n passe-le-monde, car, pour dire la vérité, c'est comme une boule qoi toame. Lt coimIi tion qui me reste , c'est qu'il a fait une fin de roi chrétien et bon , et fidèle à Ml Créateur ; il me dit, trois heures avant de rendre l'&me : Bachelier Cibdareal, qae m suis-je né fils d'un artisan ! j'aurais été moine de l'Abrojo, et non roi de Gistille. 11 demandait à tous pardon, s'il leur avait fait quelque mal : il s'adresM à moi et ne pria de demander pardon pour Sa Seigneurie à ceux à qui il ne pouvait le demaadM Mmôme. Je l'accompagnai jusqu'à la tombe de saint Paul, et puis je me rais retiré daîn une chambre isolée du faubourg. Je suis si dégoûté de la vie que les aatree ont natail de crainte de la mort que j'ai, moi, la pensée que la vie ne m détachera pM dt aoi. Je suis allé voir la Reine, il y a deux jours ; j'ai vu le palais tout Mos deMOS i sans aucun de ceux qui s'y trouvaient auparavant, de sorte que la maison de VA rante et du comte deBenavent sont plus fréquentées. Le roiO. Henri reçoit 1m t do roi D. Juan : mais, moi, je suis trop vieux pour prendre de nouveau an antre Mil* tre et courir les chemins. Si Dieu le veut, j'irai à Gibdareal avee mon fils, et là fil* tendrai du Roi de quoi passer m« jours. >•
(1) C'est la dernière lettre de la collection. Voyez ce que nous disons de son as* thenticité dans l'appendix C.
HISTOraE DE LA LITTÉRATURE ESPAGNOLE. 363
). Juan II, fut Fernan Ferez de Guzman. Comme beaucoup d'aures Espagnols distingués, il fut soldat et homme de lettres, bien n'appartenant à la haute aristocratie du pays et se mêlant à ses aflires. Sa mère était sœur du grand Chancelier Ayala, son père était rère du Marquis de Santillane; de sorte que ses alliances étaient aussi randes et aussi nobles que la monarchie pouvait les produire. D'un utre côté , Garcilaso de la Vega est un de ses descendants en ligne irecte ; nous pourrions donc ajouter que ses honneurs furent reflétés ar les générations successives avec le môme éclat qu'il les avait eçus.
Feman Ferez de Guzman naquit vers l'année 1400; il fut élevé our être chevalier. A la bataille d'Higueruela, près de Grenade, en 431, où il fut amené par Tévêque de Falencia, qui ressemblait à un osué armé, semejaba un Josué œmmdo^ à ce que nous raconte honnête Cibdareal, Fernan montra tant de hardiesse dans son couige, que, le combat fini, le roi, qui avait vu son imprudence de ses ropres yeux, le fit mettre aux arrêts et ne l'en releva qu'à Tintercesion de ses puissants amis (1). Ferez de Guzman se trouva généralelent parmi ceux qui formaient opposition au Connétable, comme le lus grand nombre des membres de sa famille ; mais il ne semble pas voir montré un esprit de faction ni de violence. Il fut jeté une fois Q prison sans motif plausible ; sa position lui parut dès lors si fausse L si désagréable qu'il se retira pour toujours des affaires.
Farmi les amis de Fernan Ferez de Guzman dont la culture intelictuelle était plus développée, il faut comprendre la famille de ainte-Marie. Deux de ses membres ont été évêques de Carthagène ; s sont donc plus connus par le nom du siège qu'ils ont occupé que ar leur propre nom. L'atné de tous était juif de naissance, Selemoh [alévi : en 1390, et à l'âge de quarante ans, il fut baptisé sous le om de Faul de Sainte-Marie. Ses grandes connaissances et sa ferleté de caractère le firent élever, avec le temps, aux plus hautes dinités de l'Église espagnole, dont il continua à être Fomement le lus distingué jusqu'à sa mort, en 1432. Son frère, Alvar Garcia de aiote-Marie, et ses trois fils, Gonzalve, Alphonse et Fierre, ce derier vivant encore sous le règne de Ferdinand et d'Isabelle, se distinuèrent, comme le chef de la famille, par leurs entreprises littéraires, ntreprises dont les vieux Cancioneros nous fournissent d'abondan-
(I) Cibdareal, leUresi.
tes preuves, et dont la cour de D. Juan II, c'est évident, ne fut pas peu fière. Les rapports de Ferez de Giizman furent surtout intimes avec Alphonse, longtemps évoque de Carthagène, qui composa un traité de religion à l'usage de son ami, et dont la mort, arrivée en 1 435, fut pleurée par Ferez de Guzman dans un poème qui compare le vénérable évêque à Sénèque et à Flaton (I).
Les occupations de Fernan Ferez de Guzman, après sa retraite dans ses domaines de Batras, où il passa la dernière partie de sa vie, et où il mourut vers 1470, sont tout à fait en rapport avec son caractère et avec l'esprit de son siècle. Il composa un grand nombre de poésies, toutes du goût à la mode parmi les personnes de la classe à laquelle il appartenait, et admirées, toutes, par son oncle, le Marquis de SantiUane. On en trouve quelques-unes dans la collection de Baena, qui montrent combien elles étaient en faveur à la cour de D. Juan IL Un plus grand nombre furent imprimées, en 1492, dans le Cancionero de Llavia et dans d'autres qui commencèrent à paraître quelques années plus tard. De sorte que les poésies de Fernan Ferez de Guzman semblent avoir encore été estimées par ce puUie restreint qui portait de l'intérêt aux lettres, sous le règne de Ferdinand et d'Isabelle.
Mais le poëme le plus long qu'il composa, et peut-être le plus important, est celui qui a pour titre : Loores de los claros varcfna A Espaha^ « Éloges des grands hommes d'Espagne, y> espèce de chronique remplissant quatre cent neuf octaves. On peut y ajouter cent deux proverbes rimes, cités par le Marquis de SantiUane, mais compoaéi principalement après la collection que réunit le Marquis luiniièine pour l'éducation du prince Henri. Après ces deux compositions, ks deux poésies de Ferez de Guzman qui affichent le plus de prétentioDS
(1) Les meilleures notices, comme les extraits les plus longs, sur lea oaviagBiii cette famille remarquable de juife, se trouvent dans Castro, BWL espmi.f tottali p. 235 ; dans Amador de los Bios {Études sur les Juift (FEspagnef pp. 339-989 4aS9Cle. Voyez la traducUon française de J.-G. Magnabal. Paris, 1861 , in-8^, Durand), tk grand nombre de leurs poésies, insérées dans les Gancioneros généraux, sont du | erotique, et valent ce que valent toutes celles qui composent oes vieiUes i général. U existe de D. Alonzo de Sainte-Marie deux ouvrages imprimét : V€ ou Livre de prières , cite dans le texte, comme ayant été composé pour Pttrei de G«man (Murcie, 1487), et le Doctrinal de Cavalleros, imprimé la même année àBuifOi (Diosdado, Df prima typographie Hispan, a?/a/e,Rome, 17939'ia-4% pp. S2,16•M^ Ces deux livres sont curieux, mais le dernier est en grande partie tiré des d'Alfonse le Sage.
par leur longueur sont une allégorie des quatre vertus cardinales, Cuatro virtudes cardinales^ de soixante-trois stances, et une autre de cent, sur les sept péchés mortels et les sept œuvres de miséricorde, Siete pecados mortales et Siete obras de misericordia. Les meilleurs vers qu'il composa se trouvent dans ses petites hymnes. Mais toutes ses poésies sont oubliées et méritent de l'être (i).
Sa prose est meilleure que ses vers. Nous avons déjà fait connaître la part qui peut lui revenir dans la chronique de D. Juan II. A des époques différentes, tant avant de s'être engagé dans cet ouvrage qu'après, il s'occupa d'en composer un autre d'un caractère plus original et d'un mérite littéraire plus élevé. Ce dernier a pour titre las Generationes y Semblanzas^ a les Générations et les Ressemblances;» il contient, dans trente-quatre chapitres, des esquisses, plutôt que des peintures complètes, de la vie, des caractères et des familles de trentequatre des principaux personnages de son temps, tels que Henri III, D. Juan II, le Connétable Alvarode Luna, le Marquis de Villena(2). Une partie de cet intéressant ouvrage semble, d'après une évidence intrinsèque, avoir été composée en 1430, tandis que d'autres parties ne peuvent avoir qu'une date postérieure à 1454. Mais aucune d'elles ne peut guère avoir été connue qu'après la mort des principaux person-
(1) Le manuscrit dont je me suis servi est une copie d*un autre, en apparence du quinzième siècle, et faisant partie de la magnifique collection de Sir Thomas Phillips Middle Hill, comte de Worcester, en Angleterre. Ce qu'il y a d*imprimé de Fernan Ferez de Guzman se trouve dans le Cancionero général de 1536, ff. 28, etc. ; dans les Œuvres de Juan de Mena , édit. 1566, vers la fin; dans Castro, tom. I, pp. 398, 340, 342 ; et dans Ochoa, à la fin de ses Rimes inédites de D, Jhigo Lapez de MendozOp Paris, 1844, in•8^ pp. 269, 356. Voyez aussi Mendez, Typ, esp., p. 383; et le Cancionero générai, 1573, ff. 14, 15, 20,22.
(2) Les Générations et Bessemblances parurent pour la première fois, en 1512, comme partie du rifacimento de Giovanni Colunna, Mare historiarum,(\m peut aussi bien être Tœuvre de Ferez de Guzman. Dans ladite édition , elles commencent au chap. cxxTUf après avoir longuement parlé des Troyens, des Grecs, des Romains, des Pères de l'Église, et d'autres, pris dans Colonna (Mém. de l'Académie d'histoire, tom. VI, pp. 452, 453, notes). La première édition séparée des Générations est celle de Logroùo, 1517, à la tin de la Chronique de D. Juan II, Elles ont été comprises aussi dans les deux réimpressions postérieures de 1543 et de 1779. Elles ont été encore réimprimées avec le Centon epistolario dans Fédition de Lluguno Amirola, 1775, et précédées d'une biographie de Fernau Ferez de Guzman, contenant le peu de détails que nous savons sur lui. Quant à l'hypothèse proposée dans la préface de la Chronique de />. Juan {éàil, de 1779, p, xi), que les deux derniers et plus importants chapitres des Générations ne sont pas Fœuvre de Ferez de Guzman , je la crois suffisamment renversée par Tcditeur de la Chronique de D, Alvaro de Luna
Madrid, 1784, préf., p. xxiii).
nages dont il est question, ni par conséquent avant le règne de Henri IV, durant lequel arriva la mort de Ferez de Guzmaa luimême. Le style du livre est ferme, et marqué souvent par des pensées originales et vigoureuses. Plusieurs de ses esquisses sont courtes et sèches, comme celle de la reine Catherine, fille de Juan de Gand; mais d'autres sont longues et travaillées, comme celles de rinfiwt D. Ferdinand. Farfois on y remarque un esprit supérieur à son siècle, comme celui qu'il montre dans la défense des juifs, nouvellement convertis, contre les cruels soupçons qui les faisaient alors persécuter. Flus souvent il témoigne d'un certain penchant à corriger les vices de la société. Ainsi, après avoir examiné le caractère de Gonialo Nuûez de Guzman^ il laisse son sujet de côté, et dit solennellement:
a Ë sin dubda eran notables autos, e dignos de loar, guardar la (( memoria de los nobles linajes, e de los servicios hechos i los reyes <c e à la repûblica; de lo quai poco cuenta se hace en GastiUa. Y a c( decir verdad es poco necesario ; ca en este tiempo aquel es mes no- (( ble que es mâs rico. ^Fues para que catarémos el libro de los lioa* « jes, ca en la riqueza hallarémos la nobleza dellos? Otro si los 8e^ « vicios no es necesario de se escribir para memoria; ca los reyes « no dan galardon à quien mejor sirve , ni a quien mâs virtuosac( mente obra, sino à quien màs les signe la voluntad e les corn- « place (1). »
Dans ce passage, ainsi que dans d'autres, Ferez de Guzman 8*eiprime sur le ton d'un homme d'État désappointé, et peut-être sur celui d'un courtisan, aussi désappointé. Mais plus souvent, comme quandii parle du grand Connétable, il prend un air de bonne foi et de justice qui lui fait le plus grand honneur. Fiusieurs de ses portraits, parmi lesquels nous citerons ceux du Marquis de Villena et de D. Juan II,
(1) « Cétaient sans aucun doute des actes louables et dignes d'éloges que de gardflrh mémoire des nobles lignages et des services rendus aux rois et à la lépabUqu^ chw dont on Ueot si peu de compte en Castiile. Et, à dire vrai , c'est peu nêoeMdre; cir. dans ces temps, celui-là est le plus noble qui est le plus ridie. Aussi pourquoi nipce* terons-nous le livre des lignages ? n'est-ce pas dans la richesse que nous tnmwiM leur noblesse? D'un autre côté, il n'est pas nécessaire d'écrire les services pour sbcoiserver le souvenir , car les rois n'accordent pas de récompense au meillear leriitwr, ni à celui qui agit le plus vertueusement , mais à celui qui suit le plut leuif to* lontés et leurs plaisirs. • {Générations^ etc., chap. x. On trouve une égale dans les chap. v et xxx )
sont dessinés avec habileté et énergie, et tous sont écrits avec la richesse et la gravité du style castillan, et parfois avec un bonheur et une finesse d'expression qui en relève la dignité, et dont on ne pourrait trouver d'exemple qu'en remontant jusqu'à Alphonse le Sage, et jusqu'à D. Juan Manuel.