CHAPITRE XXIV
Intolérance espagnole. — L'Inquisition. — Persécution des Juifii et des Maura. Persécution des chrétiens pour leurs opinions. — État de la prean ea Eapagne. Conclusion et observations sur la période qu^on vient d examiner.
L'état des choses, en Espagne, à la fin du règne de Ferdinand et dlsabelle, semblait, comme nous Tavons indiqué, annoncer une longue période de prospérité nationale. Mais une institution, destinée à décourager et à réprimer cette liberté intellectuelle sans laquelle il ne peut y avoir, chez aucun peuple, de sage et généreux prqjrès, avait déjà commencé à donner des signes de sa grande et pernicieuse puissance.
Les chrétiens espagnols ont été, depuis les temps les plus reculés, essentiellement intolérants. A leurs guerres perpétuelles contre les Maures est venu s'ajouter, depuis la fin du quatorzième siècle, un sentiment implacable contre les juifs, sentiment que le gouvernement a cherché d'arrêter en vain , et qui s'est traduit, à différentes époques, par le pillage et le massacre d'une multitude de familles de cette race maudite, dans toute la Péninsule. Ces deux races étaient détestées par la masse du peuple espagnol avec une haine cruelle : la première , comme conquérante ; la seconde, pour les droits oppressifs que leurs richesses leur avaient donnés sur un grand nombre d'habitants chrétiens. Jamais on n'avait oublié que les uns et les autns étaient les ennemis de la croix, sous la bannière de laquelle tous les vrais Espagnols avaient livré bataille, pendant tant de siècles. Aussi le clergé enseignait et les laïques croyaient volontiers que leur opposition à la foi du Christ était une offense contre le Seigneur, et que c'était une action méritoire que de punir ces deux peuples (1). Co-
(I) LVnergie de cette haine peu chrétienne et barbare contre les Ifauret, bâine qv servit de base à cette intolérance qui a exercé plus tard une si grande infloenoe ssr
)mb traînant le cordon de Saint-François dans les rues de Séville, onsacrant h la guerre contre les mécréants d'Asie les richesses u'il espérait trouver dans le Nouveau-Monde, et désirant que son dl n'ait jamais été foulé par d'autres pieds que par ceux des chréens catholiques, apostoliques et romains, était un type du caractère spagnol à l'époque où il vivait (1).
Aussi, quand on se proposa d'introduire l'Inquisition en Espagne, aquisition si efficacement employée pour exterminer l'hérésie des ibigeois, et qui avait même suivi ses victimes dans leur fuite de rovence en Aragon, on ne trouva dans cette entreprise qu'une oposition peu sérieuse. Ferdinand n'était peut-être pas éloigné d'y oir une puissance grandissant à côté de son trône, et avec laquelle ? gouvernement politique de l'Espagne devait nécessairement faire Iliance, tandis que la piété de la sage Isabelle, piété qui peut sem- 1er peu éclairée si nous en jugeons par sa correspondance avec son >nfesseur, produisit, dans sa conscience, un égarement tel que cette une favorisa finalement l'introduction du Saint-Office, dans ses pro-
ndépeodance intellectuelle du peuple espagnol , cette énergie fut telle qu'on pourit à peine y croire aujourd'hui, si on la dépeignait en termes généraui. Il noos at par conséquent rapporter quelques-uns de ses actes pour en faire connaître toute ntensité. Quand les Espagnols se livraient à quelques-unes de cet incursions sur le rritoire des Maures, incursions si fréquentes dans ces siècles, les chevaliers chrésns, au retour, portaient suspendues à l'arçon de leurs selles les têtes des Maures fils avaient coupées et les jetaient aux enfants dans les rues des villages pour exas- *rer leur haine naissante contre Tennemi de leur foi. Ces actes, suivant le témoilage d'un écrivain estimable, se continuèrent jusqu'à la guerre des Àlpujarras, »us D. Juan d'Autriche, durant le règne de Philippe II (Clémencin, Mémoires de ieadémU royale d'histoire, tome VI, p. 390). Quiconque voudra lire V Histoire de la hfolie et du châtiment des Morisques du royaume de Grenade, par Luis del Marmol irvajol (Malaga, 1600, in-fol.)» verra avec quelle complaisance un témoii oculaire, ioins disposé qu'un grand nombre de ses compatriotes à regarder les Maures avec >rreur, décrit des cruautés qu'il nous est impossible de lire aujourd'hui sans frémir. isez son « Récit du massacre ordonné par le chevaleresque D. Juao d'Autriche, o\. 191) de quatre cents femmes et enfants, captifs à Galera, massacrés , • muchos I fie presencia, dit l'historien qui s'y trouvait. Nous pourriona en dire autant du oond volume des Guerres civiles de Grenade, par Hita, histoire dont nous parlerons lus tard. Ce n'est que par la lecture de ces livres qu'il est possible d'apprécier le igré d'abaissement et de dégradation que cette haine produisit sur le caractère espaiol,durant les neuf sièclesqui s'écoulèrent depuisl'époqueduGoth Rodrigue jusqu'aux mps de Philippe III ; et de voir comment cette haine fit non-seulement partie de la àélité dont les Espagnols sont si fiers, mais encore du devoir religieux de chaque irélien du royaume.
(1) Bernaldez, Chronique, chap. 131, Ms. — Navarrete, CdUetUm de voyages, >m. I, p. 72.
près domaines, comme un avantage réel pour ses peuples chrétiens (1). Après quelques négociations avec la cour de Rome et quelques modifications dans le projet original, cette institution s'établit donc dans la cité deSéviUe, en 1481 . Les premiers grands Inquisiteurs furent des Dominicains, et leur première assemblée se tint, dans un couvent de leur ordre, le (Jeuxième jour du mois de janvier. Leurs premières victimes furent des juifs. Six furent bnilés dans les quatre jours qui suivirent la première installation de ce tribunal, et Mariana porte le nombre total de ceux qui souffrirent le dernier supplice, en Andalousie, durant la première année de son existence, à deux mille, sans compter dix-sept autres mille qui subirent les formes d'un chfttiment moins sévère que celui du bûcher (2). Toutes ces rigueurs, qu*OQ !3e le rappelle bien, s'exerçaient au milieu de la joie et avec le consentement de la masse du peuple espagnol , qui accueillait avec des cris d*allégresse l'expulsion de toute la race juive de FEspagne, en 1492, et qui n a pas cessé jusqu'à nos jours de poursuivre le sang des Hébreux partout où il Ta trouvé, et de quelque manière q[U*il se soit caché sous le déguisement de la conversion et du baptême (3). La chute de Grenade, qui précéda de quelques mois la cruelle expAsion des juifs, ne laissa pas moins les restes de la nation maure à h merci de leurs conquérants. Le traité de reddition decette cité aux Rois Catholiques garantissait solennellement aux vaincus, il est vrai, leun propriétés, leurs privilèges religieux, leurs mosquées et leur culte; mais, en Espagne, toute portion du sol que les chrétiens arrachaient à leurs anciens ennemis était regardée comme une simple restitutioD territoriale faite à ses légitimes possesseurs, et toute stipulation accompagnant la reprise était rarement respectée. L'esprit et même ks termes de la capitulation de Grenade furent, par conséquent, bientft violés. Les lois chrétiennes de l'Espagne y furent bientôt introduites;
(1) PrescoU, Ferdinand et Isabelle, part I, ch. yii.
(3) Mariana, Bist., liv. XXIV, chap. xvii, édit 1780, tome U, p. 517. La kotanii ce chapitre nous scandaUse et nous étoDne, tant est grande la reconnalwiine pê l'auteur exprime pour rétablissement de llnquisition^qu'U regarde oomme \ national. Voyez aussi Llorente, HUt. de VinquUUion^iomt l, P- 100.
(3) L'éloquent Père Lacordaire, au chapitre vi de son Mémoire powr U ment de Vordre dee Frères Prêcheurs (Paris» 1839, in-S»), cherche à ftnmvir qulN Dominicains ne sont aucunement responsables de rétablissement de 1 Espagne. A cet égard, il se trompe. Il est, je crois, plus heureux qoaad il i ailleurs que l'Inquisition fut, dès l'origine, intimement liée au gouvememnit [ que, en Espagne, et qu'elle dut toujours à l'Ëtat une grande partie de la f» sance.
rinquisition les suivit. La persécution des descendants des vieux envahisseurs arabes commença donc de la part de leurs nouveaux maîtres ; supportée pendant un siècle environ avec une progression constante de crimes, elle finit, en 1609, comme la persécution des jiiifs, par l'expulsion violente de toute la race (1).
Une sévérité pareille devait naturellement produire une immense quantité de fraudes et de subterfuges. Une multitude de sectateurs de Mahomet, à commencer par les quatre mille que baptisa le cardinal Ximénès, le jour où, contrairement aux articles prévus dans la capitulation de Grenade, il consacra la grande mosquée de rAlbaicin, et en fit un temple chrétien, une multitude, dis-je, se virent forcés d entrer dans le sein de TÉglise sans comprendre sa doctrine, sans désirer de recevoir son instruction. C'est contre les Maures et les Juifs convertis que l'Inquisition se permit d'exercer sa tyrannie sans aucune contrainte de la part des pouvoirs de l'État. Elle commença par surveiller d'abord, bientôt par emprisonner ces malheureux; elle les tortura ensuite pour obtenir la preuve que leur conversion n'était pas sincère. Mais toutes ses manœuvres s'opéraient dans le secretet l'ombre. Du moment où l'Inquisition mettait la mainsur l'objet de ses soupçons jusqu'à celui de son exécution, pas une voix ne s'entendait sortir de ses cachots. Les témoins eux-mêmes étaient punis de mort ou de la prison perpétuelle , s'ils révélaient ce qu'ils avaient entendu ou vu devant ce tribunal redoutable. Souvent on ne savait rien des victimes, sinon qu'elles avaient disparu du milieu de leur société accoutumée pour ne plus y reparaître.
L'effet fut terrible. Les imaginations se remplirent d'horreur à l'idée d*un pouvoir aussi vaste et aussi mystérieux, pouvoir qui les environnait constamment, mais d'une manière invisible, dont les coups étaient mortels, et dont on ne pouvait ni entendre ni suivre les pas, au milieu de l'obscurité dont il s'enveloppait, quels que fussent les efforts tentés pour l'atteindre. Dès les premiers temps de l'établissement de l'Inquisition, la grande majorité des chrétiens espagnols se réjouissait dans la pureté et l'orthodoxie de sa foi, et voyait sans répugnance ses enne-
(1) Voyez le savant et consciencieux livre du comte Albert de Circourt, intitulé : Histoire des Maures Mtidi^ares et des Morisqves ou des Arabes d* Espagne sous la domination des chrétiens (3 vol. iu-8^, Paris, 1846, tom. If, passim). Voyez aussi une belle étude de D. Florencio Janer, couronnée par rAcadémie royale d'histoire de Madrid en 1867 ; Condition sociale des Morisques (^Espagne ^ etc. Ce mémoire a été traduit par J.-G. Magnabal. (Paris, 1859, in-8s A. Durand.)
mis appelés à expier leur infidélité par le plus terrible des châtiments mortels. Mais la partie intelligente et cultivée de la société sentit sa sécurité personnelle graduellement menacée, jusqu'à ce qu'enfin Tobjet de ses inquiétudes, dans la vie, fut d'écarter les soupçons de ce tribunal, qui jetait dans les cœurs une terreur d'autant plus profonde et plus effective qu'elle était accompagnée d'un certain scrupule pour savoir comment on pourrait s'opposer consciencieusement à son autorité. Beaucoup d'Espagnols, des plus nobles et des plus distingués, surtout sur le sol comparativement plus libre de l'Aragon, luttèrent contre l'invasion de leurs droits dont ils prévoyaient en partie les conséquences. Mais les pouvoirs de l'État et de l'Église s'unirent pour décréter des mesures qui, soutenues par les passions et la religion des basses classes de la société, devinrent iiTésistibles. Les bûchers de l'Inquisition s'élevèrent peu à peu dans toute la Péninsule, et le peuple s'y porta partout en foule pour voir ces sacrifices, comme des actes de foi et de dévotion.
Dès ce moment, l'intolérance espagnole qui, durant les guerres contre les Maures, avait caractérisé la lutte, adoucie par Tesprit de chevalerie, cette intolérance prit cet air de fanatisme sombre qu*d]e n'a jamais perdu depuis. Bientôt sa fureur se tourna contre les opinions et les idées des hommes, plutôt même que contre leur conduite extérieure et contre leurs crimes. L'Inquisition, son véritable interprète et son instrument légitime, élargit peu à peu sa juridiction au moyen d'artificieux abus autant que par les formes régulières des lois, jusqu'à ce qu'il ne se trouva personne de trop humble pour échapper à sa vigilance, ni de trop élevé pour que son pouvoir ne put Tatteindre. Toute l'Espagne plia sous son influence, et le p^ nombre de ceux qui comprirent le mal qui pouvait en résulter se courbèrent, comme le reste, devant son autorité, ou furent irictimes de ses châtiments.
De l'inquisition sur les opinions particulières des individus à l'intervention dans les affaires de la presse et des livres imprimés, il n*y a qu'un pas. Ce pas ne se fit cependant pas immédiatement, soit parce que les livres étaient encore en petit nombre, et d'une importance comparativement faible partout, soit parce qu'ils étaient déjà soumis, en Espagne, à la censure de l'autorité civile, qui ne paraissait pas dis. posée à abandonner volontiers sur ce point sa juridiction. Haistoos ces scrupules s'écartèrent entièrement lors de l'apparition et des progrès de la réforme de Luther. Cette révolution appartient à la seconde période de l'histoire de la littérature espagnole, où nous verrons dé-
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ployée, dans toute son étendue pratique et dans ses résultats , l'influence de Tesprit d'intolérance, la puissance de l'Église et do 1 Inquisition sur le caractère du peuple espagnol.
Si toutefois, avant d'entrer dans cette période nouvelle et plus variée, nous portons nos regards en arrière sur l'époque que nous venons d'examiner, nous la trouverons pleine d'intérêt et d'originalité, et nous donnant des espérances de progrès et de succès ultérieurs. Elle s'étend à travers presque quatre siècles entiers, depuis les premiers souffles de l'enthousiasme poétique de la masse du peuple, jusqu'à la décadence de la littérature de cour, dans la dernière partie du règne de Ferdinand et d'Isabelle. Elle est remplie de matériaux capables de produire enfin une école de poésie et de prose élégante, école qui constitue encore aujourd'hui, d'après le jugement éclairé de la nation elle-même, le corps et le fond de la littérature nationale. Les vieilles romances, les vieux poèmes historiques, les vieilles chroniques et le vieux théâtre, toutes ces compositions peuvent n'être que des éléments, mais ce sont des éléments d'une vigueur et d'une espérance qu'on ne peut méconnaître. Elles constituent une mine d'une richesse plus variée que celle que nous a offert, dans des circonstances semblables et à une époque si reculée, la littérature d'aucun autre peuple. Il s'y révèle un caractère plus élevé et plus héroïque. En écoutant ses tons, nous nous sentons au milieu d'un mouvement extraordinaire de passions qui donnent un caractère et produisent une élévation qu'on ne trouve point ailleurs dans une même situation précaire de la société.
Nous sentons, à travers les éléments les plus grossiers de la vie qui nous entoure fortement, que l'imagination est encore plus forte, qu'elle leur communique ses teintes de mille couleurs, et leur donne cette puissance et cette grâce qui forment un frappant contraste avec ce qu'ils ont d'agreste et de rude dans leur nature primitive. En un mot, nous sentons que nous sommes appelés à être témoins des premiers efforts d'un peuple généreux pour se délivrer des froides étreintes d'une existence purement matérielle; à observer avec confiance et sympathie le mouvement de ses affections secrètes, de son énergie robuste et de ses essais pour communiquer à la poésie l'enthousiasme véritable et national (1). Nous restons enfin persuadés que
(1) Il est impossible de parler de Tlnquisilion comme je l'ai fait dans ce chapitre, sans éprouver le désir de savoir quelque chose sur Antonio Llorente, qui a, plus que toute autre personne, exposé sa véritable histoire et son caractère. Les traits impor-
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tous ces éléments doivent produire par eux-mêmes uoe littérature hardie, passionnée et originale, marquée des traits et de Ténergie du caractère national, et capable de revendiquer pour elle une place au milieu des monuments les plus permanents de la civilisation moderne.
tantsde sa vie sont peu nombreux. U naquit à Galahorre, dans l'Aragon, en 17&6; il entra primitivement dansTËglise, mais il se consacra à l'étude du droit canoniiiiie e( des belles-lettres. En 1789 il fut nommé secrétaire général de Tlnquiâtion, et prit ni grand intérêt à ses affaires. Mais il fut privé de son emploi et exilé, dans sa paraiae,ai 1791, parce qu*il était suspect d'inclination vers la philosophie française de cette époque. En 1793, un inquisiteur général, plus éclairé que celui qui l'avait perséenléy nmena Llorente dans les conseils du Saint-Office, et, avec Taide de Jovellanoe et d'antres hommes d'État influents , il tenta d'introduire, dans le tribunal même, qoélqna changements, entre autres d'obtenir la publicité pour set procédures. Sea eflbftiM réussirent pas non plus, et Llorente fut de nopveau disgracié. En 1805, cependant, il fut rappelé à Biadrid, et en 1809, quand la fortune de Joseph Bonaparte en fit le roi nominal de l'Espagne, Llorente fut chargé par lui de tout ce qui avait rapport aax archives et aux affaires de l'Inquisition. Llorente fit un bon usage des moyens mk dans ses mains. Obligé de suivre le gouvernement de Joseph Bonaparte, à PÛis, apm sa chute en Espagne, il tira, des nombreux et riches matériaux qu'il avait réunis darant la période où il s'était livre au contrôle des mémoires secrets de l'InquisitioB, une histoire étendue, qu'il publia, de sa conduite et de ses crimes. Cet ouvrage» sm ordre, sans esprit philosophique, est cependant le plus grand répertoire de tout ee qw l'on a exposé de faits les plus authentiques sur le sujet qui Foccupe, et ae composa éi ce que l'on peut trouver dans toutes les autres sources réunies. Llorente ne pat pai vivre en paix à Paris, où il menait une existence des plus pauvres. En 1823, legoovernement français l'obligea de quitter la France ; il fut forcé de faire son voyage dirant une saison rigoureuse, alors qu'il était déjà brisé par l'Age et les infinniléi, et il mourut de fatigue et d*épuisement, le 3 février, peu de jours après son arrivée à ] Son Histoirede l'In^isUion (quatre volumes in-S"", Paris, 1817-1818) forme i cipal ouvrage; on peut y joindre sa Notice biographique (Paris, 1818, in-T^^c et intéressante, non-seulement cooune une autobiographie, mais encore pour Icf détails relatifs à l'esprit de l'Inquisition.