‹ Histoire de la littérature espagnoleChapitre 4 sur 70 · X LE TRADUCTEUR AU LECTEUR · texte numérisé non relu

X LE TRADUCTEUR AU LECTEUR

sandra. Les vers d'Escriva , la traduction de \ Amphitryon de Plaute , dénotent encore quelques nouveaux essais dramatiques; mais, pour obtenir des œuvres théâtrales sérieuses, il faut arriver à Bartholomé Torres Naharro. Outre sa Propalladia^ ce dernier a écrit huit drames qu'il appelle comédies , qu'il divise non en actes , mais en journées. Malgré ces progrès, malgré le nombre des interlocuteurs que Naharro augmente et porte de six à douze, ni lui, ni ses devanciers n'ont encore la pensée de constituer le drame national populaire.

Après avoir ainsi conduit la poésie et la prose de la langue vulgaire, écloses sur le sol espagnol , jusqu'au seizième siècle , Ticknor quitte la Castille , remonte vers le Nord , et juge Tinfluence des pays voisins sur l'Espagne. C'est d'abord laTrovence et ses troubadours ; les troubadours que la guerre des Albigeois et des annexions successives font descendre d'Arles et de Marseille à Barcelone , de Barcelone à la cour d'Aragon , de la cour d'Aragon à la cour de Castille, et qui disparaissent ensuite , malgré les Jeux floraux de Toulouse , le Consistoire de la Gaie science de Barcelone, les Concours poétiques de Valence, lorsque l'idiome castillan acquiert la prédominance que le royaume de Castille s'arroge sur toute la Péninsule hispanique. Rien n'est plus curieux que de suivre cette grandeur et cette décadence de notre langue et de notre poésie méridionales , en même temps que les efforts du galicien , du valoncien et du catalan , pour ne pas subir dans la langue la fusion imposée par la politique , surtout après avoir produit les Chroniques de D. Jaime le Conquérant, de Ramon Muntaner , les poésies d'Ausias March et de Jaume Roig.

L'Italie et l'Espagne , si voisines , reliées par la Provence et la Méditerranée , ne pouvaient manquer d'avoir un étroit commerce , que devaient nécessairement entretenir une langue presque la même , une communauté d'idées religieuses et politiques. Ce sont surtout leurs relations littéraires que Ticknor nous fait apprécier par le tableau du règne de D. Juan II et de la cour de

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