‹ Histoire de la littérature française au XIXe siècleChapitre 45 sur 106 · RATISBONNE · texte numérisé non relu

RATISBONNE

Viennet faisait alors partie de TAcadémie. Il céda aux sollicitations de ses amis et commença par lire ses fables aux séances particulières de rinstitut. Elles y furent fort bien reçues. Ce succès le décida tout à fait à se consacrer sérieusement à ce genre. «J*ai donc regardé faire mon siècle, dit-il, je l'ai écouté parler, et j'ai écrit souvent sous sa dictée. »

Les fables de Viennet, essentiellement satiriques, sont pleines d*allusions et d'attaques contre le romantisme et la démocratie républicaine ; elles abondent en méchancetés innocentes et piquantes.

L'auteur s'accuse ainsi d'avoir mêlé de la politique dans ses apologues:

<t C'est peut-être fâcheux, dit-il, mais si le but du fabuliste doit être d'améliorer les mœurs de son temps, il était bien difficile de ne pas heurter en passant les petits travers que nous ont laissés les dix révolutions qui ont remué cette pauvre France. »

Il a réellement renouvelé et transformé le genre de la fable. « Il y a mêlé, dit Cuvillier-Fleury, je ne sais quelle verve gauloise, une sorte d'intrépidité railleuse et de bonhomie provocante^ une abondance toute méridionale avec une précision académique, une vivacité de sarcasme très agressive avec un accent honnête et convaincu, quelque chose qui, en un mot, tenant par le cadre aux dimensions habituelles de l'apologue, par cette vivacité du ton se rapproche de la satire*. »

Ces éloges ne peuvent pas s'appliquer aux fables dont le sujet est plus général. Celles-là sont faibles et souvent ennuyeuses.

RATISBONJNE (Louis)

Nous avons peu à dire des fables de M. Louis Ratisbonne, publiées sous le titre de Comédie enfantine. Si, le plus généralement, elles sont imaginées et écrites pour l'enfance, elles ne remplissent pas toujours les conditions difficiles d'extrême simplicité qui doivent s'imposer à ce genre, et, comme le constate Villemain, « ses fables, bien conçues d'ailleurs, offrent quelques traits qu'un autre âge seul pourra comprendre. »

* Cuvillier-Fleury, Études historiques et littéraires, 22 juin 1851.

Le goût chaque jour plus vif que montre le public pour le théâtre en fait une des expansions dominantes de la littérature contemporaine. Devant les productions du théâtre, les autres genres littéraires s'effacent de plus en plus et perdent de leur importance.

Depuis le commencement de ce siècle, il y a eu une progression constante des œuvres dramatiques ; chaque genre^ la tragédie, puis le drame qui en est la forme essentiellement moderne, et la comé • die, furent cultivés par un grand nombre d'écrivains de talent dont quelques-uns donnèrent à notre littérature de véritables chefsd'œuvre.

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