‹ Histoire de la littérature française au XIXe siècleChapitre 62 sur 106 · GULISTAN · texte numérisé non relu

GULISTAN

« Le point du jour

 nos bosquets rend toute sa parure ;

Flore est plus belle à son retour ;

L'oiseau redit son chant d*amour :

Tout célèbre dans la nature

Le point du jour. »

Suivent deux autres couplets qui sont loin de valoir celui-là.

En 1810, Etienne fit représenter Cendrillon, opéra-féerie, que Nicolo mit en musique : c'est tout simplement le petit chef-d'œuvre de Perrault que l'auteur avait porté sur la scène, en conservant au sujet son intérêt naïf et simple et en en développant avec beaucoup d'art la moralité. La pièce eut plus de cent représentations.

Joconde ou les Coureurs d'aventures fut représenté en 1814. Nicolo fit encore la musique de cet opéra-comique, qui est un des plus jolis ouvrages d'Etienne, bien que ce ne soit pas un chef-d'œuvre, comme on le prétendit alors.

Le sujet de Jeannot et Colin, dont Etienne a fait un opéra-comique en trois actes avec le compositeur Nicolo, est tiré du joli conte de Voltaire. L'idée morale est développée avec art ; les personnages sont vivants et bien dans leur caractère ; tous les incidents dramatiques sont heureusement inventés. Seulement les deux premiers actes, d'ailleurs bien charpentés, préparent trop au troisième et enlèvent ainsi au dénoûment l'attrait de Timprévu. Cette pièce fut représentée en octobre 1814 et eut beaucoup de succès.

Le Rossignol, opéra en un acte, est l'ouvrage le plus connu d'Etienne» Il a été joué si longtemps que les airs, comme le nom, en sont deve« nus populaii^es.

Dans son Rossignol, Etienne a mis la fable en action par d'ingénieuses inventions^ et il a eu assez d'art pour sauver l'invraisemblance des moyens que comportait le sujet. La pièce est restée sur l'affiche pendant des années et des années; mais ce succès n'& guère tenu qu'à la nécessité de compléter une représentation, de faire entendre un acte d'opéra avant un grand ballet.

Le Rossignol, médiocre comme poésie et comme musique, ne peut attacher que par les situations et par la petite intrigue.

Ên'I82^, Etienne donna à l'Opéra Aladin ou la Law^e wenjôittewsô, féerie en cinq actes et en vers. Nicolo se -surpassa, Daguerre et Ciceri firent un chef-d'œuvre de décoration. Le poème est ce que peuvent ôti^e des poèmes de féerie. Mais c'était une grande nouveauté que ce conte arabe mis en scène. Il y avait là de quoi amuser l'imaginatien et plaire aux yeux; qu'on y joigne le prestige du surnaturel et des décors, et l'extraordinaire succès qu'eut' cette pièce s'expliquera facilement.

En résumé, l'œuvre lyrique d'Etienne perd beaucoup à être jugée de loin, surtout après les chefs-d'œuvre qui depuis ont été portés sur notre première scène chantante. On rencontre, il est vrai, chez lui de l'imagination, de l'esprit, une grande connaissance des moyens scéniques, de l'habileté dans les intrigues et les situations ; mais son st^le est pauvre, et il ne possède pas plus l'élévation des pensées et des sentiments que la poésie de la forme et de l'expression. Son théâtre en prose vaut beaucoup mieux, bien qu'il n'ait pas été autant applaudi.

SrAINT-GEORGES (Jules^Hênri VERNOY m)

— Né en 1801 —

Saint-Georges a signé seul ou en collaboration la plupart des ballets-opéras, opéras et opéras-comiques qui ont eu le plus de succès depuis quarante ans sur nos scènes lyriques. Ses œuvres sont très connues, les titres en sont devenus populaires à force d'avoir figuré suï* les affiches de spectacle. Ce sont : le Roi et le Batelier^ V Artisan^ Pierre et Catherine, la Magicienne, la Rose de Florence, Margot, la Bohémienne, V Ambassadrice, le Corsaire, les Mousquetaires de la reine, le Val d'Andorre, la Reine de Chypre, et plusieurs autres, sans compter plus de cinquante œuvres en collaboration avec Scribe.

De toutes ces pièces, deux sont restées au répertoire avec la réputation attachée aux chefs-d'œuvre : la Reine de Chypre et le Val d'Andorre,

La Reine de Chypre, musique d'Halévy, fut représentée pour la première fois en 1839. Malgré la bizarrerie de la donnée, cet opéra en cinq actes est une œuvre littéraire remarquable, qui rappelle la tragédie lyrique telle qu'on l'envisageait au dix-septième et au dix-huitième siècle.

Le Val d* Andorre, opéra-comique en trois actes, musique d'Halévy, fut représenté en IS^^avec le plus éclatant succès. Aujourd'hUien-

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