REBOUL
le voudrais, mais de ce bonheur qui est à la portée de rhomme et que Dieu donne à tous ici-bas. »
Les œuvres d^ugénie de Guérin sont généralement empreintes de ce sentiment d'amour, de dévouement fraternel, qui lui fit deviner tous les soins et accomplir tous les sacrifices d'un cœur de mère.
REBOUL (Jean)
Jean Reboul naquit à Nîmes le 23 août 1796. Mis de bonne heure en apprentissage chez un boulanger, il en apprit le métier et Texerça toute sa vie. En donnant à sa qualité de poète une originalité nouvelle, cette humble condition devait un jour aider activement à sa réputation. U apparut sur la scène littéraire en 1828. La Quotidienne publia et divers journaux reproduisirent avec d*un animes éloges une touchante élégie, VAnge et VEnfant^ dont le canevas se trouve tout entier dans un auteur étranger, Grillparzer. Reboul a de beaucoup surpassé le poète allemand. U a fait, en lui donnant la vie et la parole, d'une réflexion froide une réalité frappante, d'une pensée un drame. Le dénouement de Grillparzer est sans chaleur. Le trait vif et incisif de Télégie française, bien qu'attendu, est saisissant. VAnge et VEnfant émut le cœur de toutes les mères. La pureté et la grâce naturelle de cette aimable composition attirèrent sur son auteur l'attention des maîtres. Lamartine^ et Chateaubriand * lui donnèrent de nombreux éloges. Le chantre des Harmonies célébra le Génie dans Vobscurité. Reboul répondit. Ce fut entre les deux poètes un noble échange de pensées élevées, une joute courtoise dignement soutefiue. l^en de plus délicat, par exemple, que ces vers de Reboul, tout imprégnés de reconnaissance :
u S'il est vrai que ma muse en plus d'une mémoire A laissé des accords et des pensera touchants, Chantre ami^ qu'à toi seul en retourne la gloire t Mes chants naquirent de tes chants, b
Alexandre Dumas, passant à Nîmes en 1835, vint le visiter. Enthou- ■siasmé par la lecture de quelques vers, il lui conseilla de publier un premier recueil. Ce volume parut en i836, sous ses auspices et ceux
1 Lamartine, Harmonies,
* Chateaubrian-^, Essai sur la lit(ératw*e ongtaiscy t U, p. 341.
de Lamartine. La note générale est la mélancolie. La tristesse devait être la source la plus franche de ses inspirations. Le malheur l'avait fait poète :
a C'est l'infortune qui m'enflamme :
Ma lyre est l'écho de mon âme, Et ses accents sont des soupirs. »
Les pièces les plus belles, Consolation sur Voubli, le Soupir, un Soir d'hiver, la Lampe de nuit, sont nées de ce sentiment. La Lampe de nuit, inspirée par une pensée de Bossuet, est d'une grande élévation lyrique. Dans ce premier volume, bien supérieur à tous ceux que Reboul publia depuis, se trouvent encore quelques poésies remarquables à différents points de vue : V Aumône, Souvenirs c^ enfance, V Hirondelle et le Troubadour, V Arabe à son coursier, VOde à Lamennais.
Les autres recueils sont formés, en majeure partie, de pièces religieuses et royalistes animées de sentiments élevés et sincères, mais d'une expression faible et monotone.
La vaste élégie de Reboul manque dlntérôt. La poésie est terne et inégale« L'unité du récit se perd à travers des transitions vagues ou pénibles et d'intei^minables digressions. Le style est quelquefois déclamatoire; .très souvent incorrect. Les fautes de langage, les oublis des règles et de l'orthographe ^ les inversions forcées, les consonnances désagréabléSi les encheviôtrements de mots inexplicables s'y rencontrent avec une désolante abondance. Le sacrifice de la langue à la rime a souvent amené des vers de ce genre :
ff Âllez'brÙler, maudits, qui dans le misérable ITavez toujours foulé^ë'un pied inexorable. &
Le Dernier Jour est donc une œuvre très défectueuse. )|ais on y rencontre encore un certain nombre de beautés partielles, quelques vers dont Chateaubriand a loué l'énergie *, et d'heureux mélanges
- lyriques et fantaisistes rompant la monotonie de l'épopée.
Les diverses oeuvres de BiCboul témpignent d'une inspiration in-
- termittente. Les compositions les plus banales côt^oient les poésies les plus élevées* Deux .sentimentsi le patriotisme et la mélancolie, ont seuls donné à ses vers la force ou l'émotion. Ses impressions de tristesse se sont traduites en des élégies véritablement touchantes : VEnfant noyé, ^Première Douleur^ la Confidence» Son amour du pays lui a dicté de nomb reuses pièces pleines de vigueur et d'intérêt* n a célébré souvent sa ville natale,
tt Ce morceau détaché des bords de l'Italie, Où le ciel, se peignant d'un éternel azur, Est presque monotone à force d'être pur, &
1 Voir, à ce sujet, le curieux relevé de Collombet : Jean Reboul, étade biographique et littéraire (Lyon, 1839).
« Mémoires d Outre-Tombe,
Les Arènes de Nîmes ont tous les caractères de la haute poésie. Les ruines grandioses du vaste amphithéâtre romain sont décrites avec une hardiesse, une énergie d'expression frappantes. Reboul a dépeint très heureusement aussi, en conservant toujours la plus stricte exactitude ^, la plaine de Nîmes, le pont du Gard, la mer au Grau-du-Roi, les environs d'Aiguës- Mortes, les figures bronzées des gitanes et les mille aspects de cette nature méridionale si pittoresque et si intéressante. Le poète provençal a môme composé des chansons dans la langue des félibres que ses amis Roumanille, Mistral, Aubanel et Roumieux ont fort goûtées.
Mais, à Texception de ces quelques pièces, sa poésie est trop lettrée, trop académique. Ses vers môme les plus incorrects ont une fâcheuse apparence d'affectation. On voudrait y trouver des accents plus simples, plus familiers, plus populaires. Les tendances sérieuses de son esprit et son ardeur pour la science ont souvent comprimé sa force d'imagination. L'allure grave, doctrinale de ses Traditionnelles, par exemple, en rend la lecture profondément monotone et fatigante.
Quoi qu'il en soit, Reboul mérite de grandes louanges. Toutes ses poésies reposent sur des sentiments purs, chastes et religieux. U a pu se rendre le témoignage de n'avoir jamais fait défaut à l'honneur et à la vertu. D'une nature éminemment élevée, il pratiqua comme homme les principes qu'il célébra comme poète ; il sut se rendre, dans sa ville natale, sympathique à tous, et forcer ses compatriotes à lui décerner cet éloge d'une admirable simplicité : « On l'aimait tant, que tout le monde semblait ôtre de son avis '. »
Julien-Auguste-Pélage Brizeux naquit le 12 septembre 1803, à Lorient :
« Dans notre Lorient tout est clair dès qu'on entre ; De la Porte- de- ville on va droit jusqu'au centi e ; Ainsi marchent ses fils au sentier du devoir \ »
Sa famille était originaire d'Irlande. En quittant la verte Ërin
1 L'abbé de Cabrières, préface des Nouvelles Poésies^ ^ A. de Pontmartin, Nouveaux Samedis, mal 1865» ^ La Fleur d'or.
pour la Bretagne, les Brizeux ou Brizeuk ^ n'avalent point changé de patrie :
n Car les vierges d'Eir-inn et les vierges d'Ârvor Sont des fruits détachés du môme rameau d'or* n
La tendresse maternelle développa de bonne heure la sensibilité de son âme. Ses vers ont conservé le souvenir ému de cette première éducation du cœur. A Tâge de huit ans, il fut confié aux soins d'un excellent curé de village, le recteur d'Arzanno. Il continua ses études au collège de Vannes et les termina à celui d'Arras. Vers 1824, il se rendit à Paris pour y faire son droit ; mais il délaissa bientôt l'étude de la jurisprudence et débuta dans les lettres par une comédie anecdotique, en vers, imitée d'Andrieux : Racine ou la troisième Représentation des Plaideurs '. Elle fut jouée au Théâtre-Français, le 27 septembre 1827. Un voyage que Brizeux fit quelque temps après en Bretagne lui indiqua sa véritable voie poétique. De retour à Paris, tout frémissant encore des émotions du sol natal, il écrivit le poème idyllique de Marie. Les impressions les plus gracieuses et les sentiments les plus élevés, l'amour, la religion et la nature, ont inspiré ces élégies ravissantes.
L'œuvre abonde de détails exquis et de pensées touchantes. Tantôt c'est la marche rêveuse du poète cherchant sur sa route une fleur à respirer, un doux langage à écouter et un cœur à aimer , tantôt le spectacle émouvant de la mer ou le tableau calme du foyer. L'amour de la Bretagne éclate à chaque page en vers attendris ou énergiques. C'est avec amertume que Brizeux songe aux combats et aux désillusions qu'il a trouvés loin d'elle :
« Oh ! ne quittez jamais le seuil de votre porte ! Mourez dans la maison où votre mère est morte. »
Mais sa passion patriotique s'augmente de ses regrets. Il s'écrie dans un mouvement d'enthousiasme :
a Oui, nous sommes eiicor les hommes d'Armorique,
La race courageuse et pourtant pacifique,
Comme aux jours primitifs la race aux longs cheveux.
Que rien ne peut dompter quand eUe a dit : Je veux !
Nous avons un cœur franc pour détester les traîtres.
Nous adorons Jésus, le Dieu de nos ancêtres I
Les chansons d'autrefois, toujours nous les chantons :
Oh! nous ne sommes pas les derniers des Bretons !
Le vieux sang de tes fils coule encor dans nos veines,
0 terre de granit recouverte de chênes I »
* Brizeuk signifie Breton, deBi^eiz (Bretagne).
* Lire sur cette anecdote la Lettre de M, de Yalincouv^ successeur de Racine à rA.cadémie française, à tabbé d'OHveL
Lafin du poème, le chant, après la messe de minuit, sur les rochers qui terminent Ker-Rohel, est d'une grandeur émouvante.
La poésie, dans Marie, est presque toujours douce, sereine, simple, familière. En quelques passages seulement, où Fauteur s'est abandonné à des réflexions graves et spiritualistes, on remarque des vers empreints d'une vive mélancolie et exhalant l'amertume du doute.
Après les rêveries gracieuses de Marie, Brizeux voulut étendre son horizon et demander au mouvement des sociétés et aux agitations des villes de nouvelles inspirations. Il publia les Ternaires ou la Fleur d'or. Dans ce recueil de notes de voyage, double voyage, ditl'auteur S ^ 1& fois idéal et réel, d'un bourg de Bretagne aux villes d'Italie, l'artiste apparaît bien plus que le poète. Ces rythmes ternaires sont pénibles, ces vers sont froids, recherchés, énigmatiques. Il est difficile de reconnaître le barde d'Arvor, le chantre des landes bretonnes dans cette poésie symbolique où sont prodiguées toutes les subtilités de Fart italien.
Mais bientôt Brizeux abandonne le ciel pur de l'Italie pour les brumes de l'Armorique; il redevient le barde celtique, « le poète de rizôl et de l'Avon^le chantre deTElléet des bruyères de Gornouailles*. En 1845, il publia les Bretons, Cette épopée rustique rappelle Hésiode et Virgile. Brizeux néglige la légende historique et les grands noms de son pays ; il célèbre les mœurs des paysans ; il chante Loïc et Lilès. L'Italie revient sous sa plume ; mais c'est pour être sacrifiée à l'antique patrie des Druides.
La foi robuste de la Bretagne, ses croyances naïves, ses mœurs, ses coutumes, ses paysages, la cabane du pêcheur, le sillon de l'homme des champs, les humbles scènes du foyer, les spectacles de la lande et de la mer, le souvenir des Celtes au bord des flots, les descriptions vigoureuses des rochers de Penn-Marck et des grèves du Morbihan : Brizeux a tout mêlé et tout uni avec art dans cette vaste composition. Les grâces naturelles et rustiques de Marte ne s'y retrouvent pas partout; mais le poème a le mérite, considérable dans une œuvre si longue, d'intéresser toujours. Parfois, de ces peintures locales se détache un enseignement général sur le caractère et les sentiments primitifs des peuples. Ce tableau d'une race particulière devient alors une image simple et forte de l'humanité tout entière ••
Après les Bretons, que l'Académie française couronna, Brizeux publia les Histoires poétiques, et Frimel et Nola.
Le premier de ces ouvrages contient un certain nombre de pièces vraiment chrétiennes. Tout n'y est pas égal, mais on trouve là des inspirations élevées et des vers admirables.
* Les TemaireSf préface.
* CuviUier-Fleury, Etudes historiques et littéraires,
' Saint-Ilené Taillandier, préface des CEuvres de Drlzeux»
Primel et Nola est une heureuse compositioa, tout empreinte de celte douce simplicité qui faisait le charme des premières poésies de Brizeux. C'est la Bretagne sans affectation, ce sont les paysans sans recherche de rusticité. Les aventures qui se déroulent dans ce poème ont un mouvement tout à fait neuf, et les personnages sont d'une ingénuité très naturelle. De là Tintérôt d'une œuvre où Brizeux à placé les impressions les plus sincères et les plus candides du cœur et de l'âme K
Brizeux fut un poète sincèrement épris de son art. A part sa traduction de la Dwine Comédie et sa notice sur le philologijie Legonidec, imprimée en tête de la Grammaire ceUo-bretonne, il n'a rien écrit dans le langage de la prose, qu'il dédaignait ^ Iln'aimait que la poésie, pour laquelle il professait une espèce de culte. Il avait la passion, le tourment du beau^. Le sentiment de l'idéal et le goût de la réalité étaient également vifs en lui ; son intelligence était ouverte aux beautés de toutes les littératures. Il connaissait Shakespeare, Byroo, les Lakistes, Gœthe ; mais sa préférence était pour la poésie du Midi, surtout pour la poésie grecque. Brizeux était donc un poète très cultivé. Mais ses connaissances, en développant la délicatesse de ses vers, en ont souvent altéré le caractère primitif. L'auteur de la Fleur d'or et des Histoires poétiques est moins naiturel que plusieurs écrivains du dix-septième siècle. Sa poésie pastorale ne respire pas toujours, comme celle de Racan, une naïveté franche et un véritable amour des champs. Ce poète d'esquisses excelle à raffiner une peinture ; il ne présente pas assez de larges tableaux pris dans le vif. U ne s'affranchit complètement de ses scrupules de distinction et d'élégance que dans Marie et dans Primel et Nola, Dans le premier poème surtout il a su rester à la fois sobre et pur, simple et délicat. Là, mieux que personne, il a fait entendre les accents véritables de l'ingénuité rustique. Quoi déplus simple et en môme temps de plus original que la Chanson de Loïc ?
Malheureusement Brizeux ne devait pas tarder à perdre, en la recherchant avec trop de soin, cette naïveté délicieuse. Sa versification ne deviendra alors plus riche, plus régulière, qu'aux dépens de la poésie pt de la sincérité des inspirations.
En s*attachant à trouver surtout la concision, il a trop souvent rencontré l'obscurité ; en condensant, en resserrant à l'excès sa pensée, en voulant conserver sans cesse la tempérance et la mesure, et en
* Cuvillier-Fleury, Études historiques et littéraires, tome II.
2 a Brizeux avait fini par poasser si loin Thorreur de la prose, qu'il n'écriTtit à ses amis qu'au crayon, et dans un caractère à peine visible, de peur, sans doute, que les lignes qu'il ri«quait ne vinssent à être lues un jour et à le compromettre. » (Sainte-Beuve, Nouveaux Lundis,X\
8 « U est doux par le beau d'être ainsi tourmenté,
Et de le reproduire aTec simplicité. »
(Baizsvx„ Marie*)
exagérant ces qualités, il a trop multiplié les ellipses et les sous-en-tendus.
Brizeux, dont le talent fut toujours au service des plus nobles sentiments, n'a pas été cependant un poète yraiment religieux. Sa foi était incertaine; son christianisme était mêlé de scepticisme mélancolique et de rationalisme désespéré. Il dit dans Marie :
« Aujourd'hui que mes pas négligent le saint lieu, Sans culte, et cependant plein de désirs vers Dieu.. ; »
dans le Doute :
« Et moi, tel qu*un aveugle aux murs tendant la main, A tâtons dans la nuit je cherchais mon chemin.. ; r>
et dans la pièce intitulée Jésus :
« Si la sagesse est Dieu, nul n*aura reflété Une plus grande part de la Divinité. »
Ce n'est pas là, on le voit, la foi bretonne. Paris avait effacé les traces de Lorient ; la philosophie moderne avait remplacé le catéchisme qui lui avait été enseigné à ce presbytère d'Arzanno qu'il a immortalisé dans Marie.
Mais si sa religion fut quelquefois bien vague, ses inspirations furent toujours idéales et généreuses. Il a pu se rendre, à l'heure suprêmej le témoignage de n^avoir jamais prêté sa voix aux séductions de la volupté, aux entraînements de l'orgueil, de n'avoir chanté que les plus pures émotions de l'âme humaine. Ces qualités, si remarquables à notre époque matérialiste, suffisent à faire de Brizeux une des physionomies les plus intéressantes du siècle \ Gomme l'a dit l'ami dévoué qui l'assista dans ses derniers moments : « Il y a dans notre poésie contemporaine des imaginations plus variées, plus éclatantes, il n'en est pas de plus pure "• »
1 Gustave Planche, Revue des Deux Mondes, 15 février 1855. » Saint-René Taillandier, Notice sur Brizeux,
VIOLEAU (Hippolyte)
— Né en 1818 —
Un autre Breton, Hippolyte Violeau, écrivain doux et simple, plus jaloux « des bénédictions du ciel que des louanges humaines ^ », a répandu dans son Livre des mères chrétiennes et de la jeunesse quelques pensées tendres et consolantes. Humble et délicat poète dont Louis Yeuillot a dit :
« Ainsi Toiseau perdu dans le profond espace
Jette sa note pure à la brise qui passe,
Et ne demande pas si seulement ses airs
Ont d*un charme de plus embelli les déserts ;
Ainsi sous ton figuier^ près de la mer bretonne,
Sans que Tor te séduise ou que Toubli t'étonne,
Tu donnes ta chanson, candide Violeau,
Et, de tes humbles Jours esquissant le tableau,
Tu peins sans y songer cette haute victoire
D*un cœur trop près de Dieu pour songer à la gloire K •
Ses vers sont Técho des plus saintes affections dei'âme et du cœur. La charité, le dévouement maternel, Tamour des humbles, telles ont été les inspirations préférées de cette muse pudique. Il a chanté sans fatigue
« Les tendres sentiments de la chaste nature, Le respect aux vieillards, le bonheur filial, L*amour de la famille et le pays natal 3. »
« Ceci, dit Hippolyte Violeau dans sa préface, est moins une œuvre d'art qu'une œuvre de foi. » Si la pensée, en efi'et, ne cesse jamais d'élre noble et pure, la forme, le soin de la versification laissent beaucoup à désirer. Les rimes sont pauvres, quelquefois même insuffisantes. Le terme propre échappe souvent au poète. On voudrait, ea différentes pièces, trouver des expressions plus justes et plus pénétrantes. Ce qui rachète ces défauts, c'est le mérite de ne jamais tomber dans le lieu commun et la banalité, en ne traitant que des sujets familiers.
* Le Livre des mères, préface.
« Louis Veuillot, Satires, Art poétique.
• Le Livre des mères^ p. 155.