LE SONNET
Oq ferait une bibliothèque de ce qui a été écrit, tant en prose qu'en vers, à différentes époques, sur le sonnet*.
Ce petit poème dut son succès et sa popularité, son importancehistorique et littéraire, à la perfection de sa forme.
Des données précises sur son étymologîe et sa véritable origine manquent encore. Nous ne discuterons point les diverses conjectures hasardées à cet égard ; mais, laissant de côté les objections de Raynouard ' et de Fauriel ', nous reproduirons Topinion la plus anciennel celle deColletet^, maintenant reçue par un grand nombre d'érudits. Le sonnet florissait à la cour des premiers rois de France : les poètes qui le cultivaient l'apprirent aux troubadours de leur pays, auxquels les ItaliensFempruntèrent. Du Bellay le rapporta en France.
L'histoire du sonnet présente deux périodes d'éclat : au seizième et au dix-neuvième siècle.
Il était la passion, la fureur de tout ce qui rimait à la cour de Henri II. C'est au seizième siècle que furent imaginées ses complications les plus baroques, et qu'un artiste, entre autres, voulut écrire un sonnet à la fois acrostiche^ mésostiche, losange et croix de Saint- André ^, Sonnets casse-tôte dont on devait se moquer fort au siècle suivant, où Saint-Amand disait, faisant probablement allusion à ce phénix de la poésie difficile :
a J'ai vu qu'un sonnet acrostiche, Anagramme par rhémistiche, Aussi bien que par les deux bouts, Passait pour miracle chez nous *. »
Parmi les sonnets les plus célèbres on connaît : celui d'Honorat Langier, sieur de Porchères, Sur lesyeux de samaitresse^ «poésie dont la réputation s'étendit tellement en France qu'elle en fit naître une
1 Ch. Âsselineau, H ist, du sonnet pour servir à Vhist.de ia poésie franc, 18S5. s Traduction de Redi\ annotations au dithyrambe de « Bacchus en Toscane ». 8 Histoire de la poésie provençale,
* Traité du Sonnet,
* CoUeiet, Vie de Schelandre.
* Le Poète crotté.