MOLIÈRE KT LA. COMEDIE AU XVU" SIECLE
due au Vieillard T. ufaldin par des bohémiens. I' /«"f « ^él^ une assez, forte somme d'argent pour délivrer Cehe c est a a irouver aue s'emploie le génie de Mascarille, son va et, te ôurbe Z fourbes (fourJm '"Verator) M^is e^^V^ef^^ Mascarille a inventé quelque ruse '"f^'ll-ble la malj^^dresse et l'étourderie de Lélie la font échouer. Enfin, t?»' fj>f\"f ^ moyen d'une double reconnaissance, et Lebe épouse Celie. Le style de VÉtourdi est charmant, d'une vivacité parfois un peu négligée, mais plein de verve et toujours scenique.
1656. Le Dépit amoureux. - De nos jours, on représente cette pièce en deux actes. A l'origine, le Dépit «'"«"'■««^^^«^.^'^ ^" cinq actes, imité d'une comédie italienne de Nicolo Secchi. La par ie que l'on supprime depuis la fin du dix-hu.t.eme s.ec e est un imbroglio de la plus singulière invraisemblance On ne conserve que les charmantes scènes de brouille et de reconciliation, entre Éraste et Lucile, Marinette e Gros-Rene Mol.e.e devait souvent revenir à cette situation ; et combien de pièces de son théâtre pourraient avoir pour sous-titre : le '««P'f^f o"; reux, comme celles de Marivaux sont toutes plus ou moins aeb surprises de l'amour.
16.59. Les Précieuses ridicules (1). - On appelait alors farce toute comédie en un acte écrite en prose. Aussi avons-nous un compte rendu de cette pièce, écrit en 1660 par Mlle des .Jardins, sous ce titre : Récil de la farce des Précieuses - <^ est peut-être à Montpellier, où Chapelle et Bachaumont (von lem Vouaae) signalent la présence d'une coterie de « précieuses de campagne », que Molière observa les types qu'il a Pf'ntf d^"/ sa première comédie originale. Arrivé de la veille a Pans, e Vayant pas encore ses entrées dans les salons il « aurai pu prendre sur le vif des modèles de la capitale. D ailleurs Mme de Rambouillet et ses t mis applaudirent vivement la.P'ece de Molière. Cependant, on sait par Somaize qu un alcovisje de qualité fit interdire la pièce pendant quinze jours. Nous n avons pas k étudier ici ce petit chef-d'œuvre classique qui n a jamais quitté le répertoire. C'était le vrai début de Molière ; il pouvait dire, à dater de 1659 : « Je n'ai plus qu'à regarder e monde;- , et, du parterre, une voix lui criait : « Courage, Molière ! voila la bonne comédie. »
1660. Sganarelle, farce en un acte et en vers, fondée sur un
(1) Cf. les Précieuses ridicules, édition Larroumet (Paris, Garnier, 1884), Introduction ; et édition Paul Crouzet (Paris-Privat). Sur les intentions de Molière, cf. Rigal, t. I, p. 1069.
quiproquo. C est la première fois que paraît (pour se substituer a MascariUe) le type traditionnel de Sganarelle, trembleur, poltron battu et content, que l'on retrouvera dans ti^cole des maris, le Mariage forcé, Don Juan, r Amour médecin et le Médecin malgré lui,
1661 Don Garcie de Navarre ou le Prince jaloux. - La jalousie, ridicule dans la farce précédente, est ici présentée sous un aspect tragique. Don Garcie est une tentative malheureuse de Molière dans le genre de la « comédie héroïque » ; la pièce ne réussit pas. Elle est intéressante aujourd'hui parce que Molière en a tiré plusieurs passages qu'il a introduits, avec les variantes nécessitées par la différence des genres dans le Misanthrope (1). & '
1661. L'École des maris fut, au contraire, un gros succès. Cette pièce, en trois actes et en vers, est imitée très librement des Adelphes, de Térence.
Mais Térence comparait l'éducation donnée à deux jeunes gens, Eschine et Ctésiphon, par un père trop sévère, Déméa, et un oncle trop indulgent, Micion. Chez Molière, nous sommes dans les traditions de la comédie italienne : Sganarelle et Ariste e event chacun une pupille; le premier tient Isabelle dans \i plus dure contrainte, et se la voit enlever parle jeune Valère^ Ariste est plein d'indulgence pour Léonor, gagne sa confiance, s en tait aimer et l'épouse. La partie comique et même bouffonne est très développée. Le titre (ïécole, qui sera repris par tantd'auteurs dramatiques, signifie : pièce ou Von s'instruit, où l'on apprend comment il faut se conduire dans telle ou telle situation.
1661. Les Fâcheux, trois actes en vers, ont été composés par Molière pour le surintendant Fouquet. La pièce fut écrite et apprise en quinze jours, et jouée au château de Vaux le 17 août 1661, pendant les fêtes que Fouquet donnait au Roi et à a reine-mère. Louis XIV en fut charmé; il félicita Molière, et lui indiqua un nouveau type à introduire dans sa comédie, le grand veneur, M. de Soyecourt. Le 25 août, les Fâcheux furent joues à Fontainebleau devant la cour, avec le récit du chasseur, — C'est une comédie « à tiroirs » ; dans un cadre très large sont introduites un certain nombre de scènes, où apparaissent des types qui ne reviendront plus. Pas d'autre intrigue que celle-ci : Eraste, qui aime Orphise, a obtenu d'elle un rendez-
(1) Toutes les éditions classiques du Misanthrope donnent ces rapprochements. Mais il est bon que les élèves hsenL Don Garcie pour apprendre comment le vrai génie sait rentrer dans son naturel et se corriger lui-même.
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■ VOUS- il est sans cesse retardé par des fâcheux (importuns), un . duelliste un joueur, deux bavardes précieuses, un chasseur,
îriédant Ênfm Éraste peut rejoindre Orphise, et leur mariage est décidé. — Molière a dédié sa pièce au roi.
1662 L'École des femmes. - Voici le premier « grand ouvrage » de Molière, celui dont la nouveauté et l'importance furent si vivement senties qu'il y eut une querelle de l'Ecole des femmes. comme une querelle du C,d et une querelle à'Andromaque. La niècrvalut à Molière d'être inscrit sur l'état des pensions pour une somme de mille livres (1). - En apparence du moins, a pièce est plutôt d'intrigue que de caractères Arnolphe a une Pnnp DUDiUe Agnès, qu'il veut épouser, et qu'il maintient dans ■Ignorance e^ relcla;age pour éviter qu'elle lui échappe. Cependant! un jeune hommeTHorace, fait la cour à l'mnocente Agnes; Sente des stratagèmes pour attirer son attention et mériter son amour. Et c'est au malheureux Arnolphe lui-même, qu il ne connaît point pour le tuteur d'Agnès, qu'Horace fait confidence de ses succès. Les précautions nouvelles prises par Arno"phe tournent contre lui, et tout aboutit au mariage d Agnes et d'Horace. La pièce pourrait porter pour épigraphe ces mot* de Figaro : « Voulez-vous donner de l'esprit à la plus sotte: enfermez-la. Mais, dans cette intrigue, empruntée au conteur italien Straparole, et dont Scarron avait déjà tiré une nouvelle, Molière a su peindre des caractères et enfermer une philosophie - Les attaques contre l'Ecole des femmes étaient les unes littéraires (on accusait Molière de plagiat, de manquer aux rèales d'Aristote, etc.), les autres, plus graves, morales (equi- ' voques grossières, allusions impertinentes à la religion etc.). Mo ière, pour répondre à ces critiques, commença par dédier sa pièce à Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans Puis ilcom- Dosa une petite comédie de circonstance, afm d instruire le procès de l'École des femmes devant le public, seul juge en ces matières.
1663. La Critique de l'École des femmes. - L'action de ce petit acte se passe dans le salon d'une femme d'esprit, Uran.e.l ara.s-
■ sent des visiteurs, qui les uns attaquent Molière, les autres le défendent. Le marquis a trouvé la pièce du dermer détestable pourquoi? c'est ce qu'il ne daigne pas expliquer. Le pedan Lysidas la juge mal faite, et la décompose en prolase epitase el péripétie. La prude Clymène rougit de son immoralité. Le poète
m Boileau, qui n'avait encore publié aucune de ses satires, adresse à Molière des Stances sur l'Ecole des femmes,qm témoignent, dès cette époque, de la sûreté de son gout.
Là littérature française
est défendu par Uranie, par sa cousine Élise, et surtout par le chevalier Dorante, qui représente Molière lui-même — A l'œu yre de Molière de Visé répondit par Zélinde on la Véritable Cri^ îiqae de l Ecole des femmes, Boursault par le Portrait du
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. 1663. L Impromptu de Versailles est un autre à>propos, joué a Versailles le 4 octobre de celte même année, et à Paris en novembre. ^ Molière se défend contre Visé, Boursault et les comédiens de 1 Hôtel de Bourgogne. Dans cette petite pièce, Il nous ouvre les coulisses de son théâtre ; nous
y voyons comme directeur et comme acteur; et autour de lui tous ses artistes, sous leur vrai nom, avec leur caractère! s agitent, discutent et, tout en répétant une pièce nouvelle provoquent ses conseils, ou ses remontrances. L'Impromptu est précède d'une dédicace au roi, en vers, qui est un portrait aussi hardi que piquant du marquis à la mode.
1664 Le Mariage forcé fut écrit pour la cour, et représenté avec des ballets dont Lulli composa la musique. Parmi les danseurs on voyait le duc de Saint-Aignan, le duc d'Enghien le marquis de Villeroi, et Louis XIV. ~ Aujourd'hui, le Mariage force est toujours joué sans les ballets; on n'en apprécie que mieux la saveur comique, notamment dans les scènes où Sganarelle consulte les deux philosophes. Molière héritait ici de ce qu il y a de plus sensé dans Rabelais.
1661 La même année, Molière écrit encore pour les fêtes données a la cour une comédie-ballet, la Princesse d'Élide.
1664. Tartufe. — Il faut résumer très brièvement ici Thistoire de lartufe, sur laquelle on trouvera partout les détails les plus circonstanciés (1). Tartufe fut d'abord représenté le 12 mai 1664 à la cour, en trois actes; la pièce était-elle complète sous cette première forme ou inachevée ? On ne sait. Cependant, à la demande d'Anne d'Autriche et de l'archevêque ? ^^l^^' permit pas la représentation publique :
et Mohere allait en faire des lectures dans les salons; on jouait même Tartufe chez Monsieur et chez la Princesse Palatine Le 5 août 1667, Molière est autorisé à jouer sa pièce: il y a apporté
/J^^u^?"^' particulier, les notices des éditions classiques (Hachette, Belin,Delagrave); E. Rigal, I, 221 ; Brunetière, Con. ferencesde lOdéon, II, et Etudes critiques (I et IV); É. Faguet, Propos de théâtre; J. Lemaitre, /mpress/o/2s rfe théâtre (passimy DouMic, Etudes sur la littérature française, 1- série Perrin Raoul Allier, La Cabale des Dévols, Hachette, 1902.