MOLIÈRE ET LA COMEDIE AU XVU^ SIÈCLE 49S
auelaiies changements (qae nous connaissons avec une certaine précision par îa Letlre sur la comédie de V Imposteur, écrite par un spectateur), et il compte sur un grand succès. Mais, le lendemain 6 août, le Tartufe est interdit par M. de Lamoignon, premier président du Parlement. Le roi était alors en Flandre. Molière lui adresse, par deux de ses comédiens, La Grange et La Thorillière, un placet, qui reste sans effet immédiat. G est seulement le 5 février 1669 que Tartufe est définitivement autorisé La pièce est de celles qui soulèvent les questions les plus délicates. Nous ne pouvons que renvoyer ici aux notices et aux dissertations innombrables dont Tartufe a ete 1 occasion.
1665 Don Juan. — Après la première interdiction de Tartufe, Molière fut obligé d'écrire à la hâte une pièce capable d'attirer le public. On jouait alors, chez les Comédiens italiens, à l'Hôtel de Bourgogne, au Marais, des imitations ou adaptations du Don Juan de Tirso de Molina ; le sujet faisait fureur. Molière eut donc, lui aussi, son Don Juan. Il traduisit assez singulièrement le titre de la comédie des Italiens, // Convitaîo di pietra [le Convié de pierre) en le Festin de pierre. — Le Don Juan de Molière est la première de ses grandes pièces en cinq actes qui soit écrite en prose. Le public ne Ten accueillit pas moins avec faveur. Il applaudit particulièrement les passages qui lui rappelaient Tartufe, et surtout, au V« acte, la tirade sur l'hypocrisie. Mais les ennemis de Molière furent scandalises de la hardiesse de certaines scènes, et Molière dut faire des corrections En 1677, Thomas Corneille mit en vers le Don Juan de Molière ; il en adoucit les passages scabreux ; et c'est sous cette forme que la pièce fut jouée jusqu'en 1840.
1665. L'Amour médecin, comédie-ballet, musique de Lulli, est une des premières pièces où Molière attaque et ridiculise les médecins. C'est une refonte du Médecin volant, farce que Molière avait composée en province. Quelques scènes sont de premier ordre ; et c'est de là ^e vient le proverbe : « Vous êtes orfèvre, monsieur Josse. »
1666. Le Misanthrope. - Il peut nous suffire dlndiquer à sa date le chef-d'œuvre de Molière, qui est étudié dan$ les classes sous tous les aspects.
La même année, le Médecin malgré lui. On prétend que Molière dut composer cette farce pour soutenir le Misanthrope, qui n'attirait pas le public. Mais la petite pièce n'accompagna la grande qu'à partir de la vingt-quatrième représentation. Ce dut être pour les spectateurs un singulier régal que de voir^ dans
ja mèinc l epréientalion, Molière jouer les fureurs d'AIrem*. c\
nonr w f^; " ?''°"P'''" P'èces écrites par Molière
1667^ Dan? BnuT, ' 'it/""'' ' ^^'^«'"•'r^ 20 février 10t./. mns des il/uses, imaginé par Benserade hallpt
qui se compose de treize entrées, et où l'on vit danLrron/« Y v
Henriette d'Angleterre, Mlle de la VaHière et Mme de Montiï'
pan Molière fut chargé de la troisième entrée p^ur laquelle 1i
fit J/e/.cer/e comédie-pastorale héroïque. - i/éLr/e fut bien
tôt remplacée par la Pastorale conique ; puis on ajouta une
quatorzième entrée, où Molière pla/a le L/C oi fLZr
1668. Amphitryon. - Cette pièce est une imitation et nre^rii.e une adaptation en vers libres, de la comédie latbié de'^^^u'tT ?o L (1650) Mnir'' d°""é ,"ne version française dans es femme de ^^^^ ^ -Tl?'^ personnage de Cléanthis, la emme de Sosie, pour établir un parallélisme complet, et 1 a prête plus de dignité à Alcmène. '
La même année, George Dandin nous ramène à la farce mais hZT '-f ^"-^ ^''"^ P°"^«" ''écrire l'auteur du
Se intit ,.é?'7"';'',P""'' transformer en trois actes, la pochade intitulée la Jalousie du Barbouillé. George Dandin M joue pendant les fêtes données à Versailles pour célébier a conquête de la Franche-Comté. ceiebier la
Et toujours en 1668, Molière écrit une nouvelle pièce en cin.j actes, mais en prose, un de ses chefs-d'œuvre, l'Avare, puisé à de Llrfvr"''"""' ^"'"^ autres l'A«/«/û/re d^ Plaute elles Esprits
5669 Pour la cour, qui séjournait à Chambord, Molière compose Monsieur de Pourceaugnac. comédie-ballet en trois actes ou les souvemrs de sa vie de province sont plus vifs qu'en aucune autre pièce. La satire des médecins y devient très mor-
^ 1070. C'est pour les fêtes de Saint-Germain que Molière donne au roi les Amants magnifiques (magnifique signifie généreux. ,?nn^n"'T Magnifique), musique de Lulli. Puis, il cour se tiansporte de nouveau à Chambord, où Molière est appelé, et ou 1 fait jouer le Bourgeois gentilhomme, comédie-ballet, avec muMqi e de l.ulh. Le divertissement turc, qui termine la pièce, tait alors une sorte d'actualité ; la turquerie était à la mode