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CHAPITRE PREMIER

TABLEAU GÉNÉRAL DU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE

Sommaire : i° Deux grandes divisions dans le dix-neuvième siècle: le romantisme de i8i5à i85o; le réalisme de i85oà 1900. A la fin du siècle, un retour au symbolisme.

2° Le public est devenu légion. Les écrivains ne peuvent plus s'adresser à un goût déterminé^; ils chantent et racontent pour eux-mêmes. La littérature devient individuelle. — Tout le siècle a : le sentiment de la nature, la religiosité, la manie des thèses inorales et sociales.

3» Le romantisme a des origines françaises (J.-J. Rousseau), des origines étrangères (Goethe, Schiller, Ossian). Il se caractérise par: l'abandon de l'antiquité et des littératures méridionales pour les littératures du Nord; l'imagination substituée à la raison; l'individualisme ; la liberté des genres et des styles.

4** Le réalisme est objectif, impersonnel, documentaire, amoral.

S'» La presse devient au dix-neuvième siècle une puissance nouvelle, qui forme et déforme Topinion.

6« Les arts suivent le mouvement littéraire : pseudo-classiques avec David et ses élèves, ils deviennent romantiques avec E. Delacroix, et réalistes âYec Courbet. — Les sciences prennent en tous sens un prodigieux essoret envahissent la philosophie et la critique.

7» Parmi les influences extérieures : l'Angleterre (Scott, Byron). l'Allemagne (Schiller, Schlegel, Mommsen), l'Italie (Léopardi. lAanzoni), la Russie (Gogol, Tourgueniev, Tolsloï).

TABLEAU GÉNÉRAL DU XIX^ SIÈCLE

L — Grandes divisions

Le dix-neuvième siècle commence littérairement et socialement avec Chateaubriand et Mme de Staël ; l'apparition d'Atala (iSOl) et du Génie du Christianisme) (1802, celle de Idi Littérature (iSOO) contiennent déjà toutes les aspirations nouvelles. Mais l'Empire retarde leur influence, qui ne se fait sentir que sous la Restauration (1814). Cependant, avant cette date, se pose et se poursuit l'antagonisme entre pseudo-classiques et novateurs. Des opinions politiques se mêlent aux théories littéraires.

De 18^20 [Méditations de Lamartine) jusque vers 1850, c'est la période romantique .

De 1850 à 1870, le réa/i^me pénètre tous les genres, surtout le théâtre, et la poésie sv^bit des influences archéologiques et scientifiques.

Après 1870, une crise de naturalisme, et, vers 1880, tin retour à des formes d'art plus subtiles, avec le symbolisme, qui se développe parallèlement au naturalismer—

Le siècle s'achève sur une nouvelle poussée de romantisme, mais qui a profité du réalisme et du symbolisme, et qui se manifeste surtout au théâtre avec le Cyrano de Rostand.

On remarquera que, dans la littérature du dix-neuvième siècle, les changements d'écoles et de tendances correspondent à des faits historiques : le romantisme, contenu sous l'Empire, éclate en gerbe éblouissante sous la Restauration et la monarchie de Juillet ; — après 1848, le réalisme ; — après 1870, le naturalisme et le symbolisme. D'où vient cette concordance, sinon de ce que, à chacune de ces dates, se produit non pas une circonstance fortuite comme l'avènement d'un roi, une bataille, une découverte, mais une manifestation de r opinion et un déplacement de forces sociales ^

Mais, d'autre part, tous les genres inaugurés au dixhuitième siècle trouvent des circonstances favorables à leur plein et libre épanouissement. Plus désintéressés, moins agressifs, travaillant pour l'avenir et non pour une polémique présente, les philosophes, les critiques, les historiens font œuvre loyale et durable. L'éloquence trouve, dans les différentes formes du régime parlementaire, et devant un public plus étendu et plus instruit^ des con-

dilions meilleures. Enfin, une nouvelle puissance, à peine entrevue même sous la Révolution, la presse^ absorbe, com^ bat ou oriente la plupart des talents,

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