‹ Histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 191 sur 281 · II. — Le nouveau public · texte numérisé non relu

II. — Le nouveau public

La Révolution a transformé le public.

« Avant 4789, dit M. Emile Faguet, l'auteur s'adressait à un public très restreint et très connu de lui, parce qu'il était, sinon formé de cinq ou six salons littéraires de Paris, du moins très suffisamment et exactement représenté par eux. C'était donc à des gens qu'il connaissait, à des figures connues et qu'il voyaic de ses yeux quand il écrivait, que l'auteur s'adressait directement quand il composait son ouvrage. La littérature d'avant 89 est, dans son ensemble, une littérature de société.

« Depuis 1815, le public est toute une nation, moins nombreuse sans d^ùle que la nation française elle-même ; mais il est toutun peuple, considérable, dispersé, vaste, et, rernarquez-le, non hiérarchisé, non discipliné, et ne prenant plus son mot d'ordre de quelques comitéslittérairesparisiens(l).)i>

Ce public s'étend de plus en plus, à mesure que le siècle avance. Il reste tout de même une sorte d'élite, éparse d'ailleurs, pendant la période romantique. Si la littérature, après la Révolution de 18 i8, incline SiU réalisme ; si, après 1870, elle devient nahiralisle, c'est pour satisfaire un public plus mêlé, où les nouveaux arrivants réclament leur pâture ; les hautes classes « s'encanaillent » plus volontiers et plus rapidement que le peuple ne s'élève.

Il en résulte la modification et la disparition graduelle de ce que les siècles précédents appelaient le goùl, et qui suppose toujours: — chez le public, la recherche et le désir d'une satisfaction déterminée par des principes et par l'éducation, — chez les auteurs, la nécessité d'atteindre et de ne point dépasser une esthétique moyenne. Le public étant maintenant disposé à tout accepter et réclamant sans cesse, pour une curiosité insatiable, de nouvelles sensations, les écrivains sejié^aguui^Jo^iyor^^^^

(1) Inîrodiidion aux tomes VII et VIII de la Litléraliire française de Petit de JujLLEViï^E^(Cohn).

ÎAËLËAU GENERAL DU XIX^ SIÈCLÉ

^ De îà, au dix-neuvième siècle, la fortune singulière du fhéâlrCj du roman et de la presse,

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