‹ Histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 222 sur 281 · III.— Saint-Marc Girardin · texte numérisé non relu

III.— Saint-Marc Girardin

Saint-Marc Girardin se distingua d'abord, comme Villemain, par des succès académiques (Éloge de Lesage, Eloge de Bossuet, etc.). Très libéral sous la Restauration' il collabore à divers journaux, tels que le Mercure du dixneuvième siècle et la Bévue française, et surtout au Journal des Débals. En 1833 il est nommé à la Faculté des lett-.-s

d'abord comme suppléant de Guizot, puis comme titulaire de la chaire de poésie française. De 1834 à 1848 il est député ; mais il n'interrompt pas ses cours de la Sorbonne, qu'il continue jusqu'en 1863.

Ses principaux ouvrages, composés de ses leçons publiques, revues et réunies, sont : Cours de lilléralure dramatique ou De V Usage des passions dans le drame (4 vol., 1843), La Fontaine elles Fabulistes (2 vol., 1867), J,-J, Rousseau,sa vie et ses œuvres (2 vol., publication posthume, avec une préface d'E. Bersot, 1875). Dans d'autres volumes, Saint-Marc Girardin a recueilli divers articles de journaux, rapports, etc.

Saint-Marc Girardin estun^ritique moraliste. En disciple de Villemain et en contemporain dé " S^^^^^^ il ne

néglige pas l'histoire ; mais il y cherche moins les faits que les mœurs ; il étudie moins la biographie que les caractères (voyez surtout son J.-J. Rousseau), De plus, il aime à s'élever au-dessus de la « monographie » pour considérer l'évolution des idées ou celle des procédés littéraires appliqués à la peinture d'un même sentiment. C'est ainsi que, dans son Cours de littérature dramatique, il prendra Vamour paternel et Fétudiera successivement chez les anciens, chez les classiques français, chez les romantiques; de même pour le patriotisme^ le sentiment religieux, etc. Si Ton peut faire un reproche à ce genre de critique, c'est de tourner à l'enseignement didactique et moral. Saint- Marc Girardin reste toujours professeur, ayant conscience qu'il s'adresse au public, et surtout à la jeunesse, et croyant devoir la guider vers tout ce qui est sain et élevé. Si c'est un défaut, il n'en est pas de plus honorable.

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