‹ Histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 224 sur 281 · V. — Taine · texte numérisé non relu

V. — Taine

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Derniers Essai^nl^i.\ f ■) ^^^'^''"''''''''^ (1865), uei niei s J^ssais (1894) de critique et d'histoire

La méthode de Taine est cpIIa h« c . T^ poussée ju.squ'à ses exSîmpL.n Sainte-Beuve, mai? l'influenie de la phiSSf. ?r f''"f ^'^^'q»^^' ««"^i exposé dans la p ZîcTlTfl J''^ f '^'''""^ ^

qu'il étudie Shakespeare, Milton, Swift, Byron, types représentatifs du génie anglais aux seizième, dix-septième, dix-huitième et dix-neuvième siècles. La même méthode, il rapplique à La Fontaine dans sa thèse de doctorat, à Racine, à Balzac, à Stendhal, dans ses Essais de critique. C'est vraiment, beaucoup pius que chez Sainte-Beuve, « l'histoire naturelle des esprits ». Sainte-Beuve a très justement réfuté ce qu'il y a d'exagéré dans ce système : « ...Entre un fait si général et aussi commun à tous que le sol et le climat, dit-il, et un résultat aussi compliqué et aussi divers que la variété des espèces et des individus qui y vivent, il y a place pour quantité de causes et de forces plus particulières, plus immédiates ; et tant qu'on ne les a pas saisies, on n'a rien expliqué. Il en est de même pour les hommes et pour les esprits qui vivent dans, le même siècle, c'est-à-dire sous un même climat moral : on peut bien, quand on les étudie un à un, montrer tous les rapports, qu'ils ont avec ce temps où ils sont nés et où ils ont vécu ; mais jamais, si l'on ne connaissait que l'époque seule, et même la connût-on à fond dans ses principaux caractères, on n'en pourrait conclure à l'avance qu'elle a dû donner naissance à telle ou telle nature d'individus, à telle ou telle forme de talent (4). »

Taine apporte la même rigueur dans sa critiqued'art. Son effort consiste principalement à nous faire connaître le pays, les mœurs, les coutumes, parmi lesquels tel artiste s'est formé et développé, afin de nous expliquer comment les statues d'un Phidias, les tableaux d'un Raphaël, d'un Rembrandt, sont conditionnés par la race, le moment et le milieu. Cependant, et presque malgré lui, Taine apporte dans ce genre de critique des préoccupations esthétiques et morales.

Trop systématique, trop absolu, Taine a le mérite éminent d'avoir donné plus de précision scientifique à la critique littéraire, qui a toujours une tendance à s'échapper vers le dilettantisme et la dissertation morale. plus, il a présenté ses idées dans un style qui, pour être un peutendu et volontaire, est aussi remarquable par la solidité que par l'éclate

(1) Causeries du lundi, t, XIIL

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