‹ Histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 233 sur 281 · VI. — Thîers (1 797-1 «'7'r\ m · texte numérisé non relu

VI. — Thîers (1 797-1 «'7'r\ m

iwîi/ iîi77). — Mig^net (1796-1884).

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l'histoire au dix-neuvième siècle

pays ou se sont déroulés les grands événements ; il cornaît les champs de bataille des armées républicaines et impériales ; il en établit la topographie, non pas à la manière d'un poète comme Michelet décrivant la Provence, mais en géographe savant et consciencieux. Il mène de front, avec une sage économie, l'histoire intérieure et l'histoire extérieure. Il suit, en politique, la corrélation des affaires financières, diplomatiques, commerciales, avec les grands exploits, qui, d'ordinaire, attirent seuls l'attention. Tous ces éléments si divers, Thiers les soumet à Vintelligence, qui, selon lui, est la qualité maîtresse de Fhistorien (préface du Consulat et l'Empire, t. XII) ; l'intelligence cherche, évalue, groupe, dose ; elle classe et elle organise ; elle conduit et maîtrise l'imagination ; elle prévient les erreurs et les injustices.

Son style. — Le style de Thiers est clair et aisé. Les qualités que l'homme d'État apportait à la tribune, l'écrivain les possède au plus haut point. En le lisant, on a la ■satisfaction de comprendre. On comprend la bataille d'Austerlitz ou la bataille d'Eylau, comme on comprend la politique religieuse ou financière de Napoléon. Enfin, cette clarté et cette exactitude n'excluent pas, chez Thiers plus lue chez Guizot, une certaine vie intense et communicaive. Si Guizot touche par sa foi, Thiers émeut, dans l'ensemble, par son sincère patriotisme. Il a des réflexions qui trouvent l'enthousiasme contenu ou la douleur profonde. 3n le goûte mieux, contrairement à Michelet, à une lecture rensemble, que par la citation de quelques fragments.

Acôtéde Thiers, ilfaut nommer Mignet, qui fut également ournaliste libéral sous la Restauration [Courrier français, Vaîiofial). Mignet fut nommé conseiller d'État et directeur les archives des Affaires étrangères par Louis-Philippe. — l a publié : Antonio Pérez et Philippe II (1845), Marie ylLiart (1851), Charles-Quint (1854), Bivalilé de François P' t de Charles-Quint (1875). La valeur de Mignet est dans a forte documentation de ses études historiques. C'est un tiaître dans l'art de manier, de grouper et d'approfondir 3S sources. S'appliquant à des sujets restreints et bien imités^ à la manière d'un historien antique ç^mms Sal^

Des Granges. ~~ Littérature. 27

luste, il creuse les événements et les caractères. Son style, un peu monotone dans sa gravité, est d'une vigueur soutenue et d'une concision toute latine.

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