‹ Histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 237 sur 281 · III. — De 1848 à nos joors · texte numérisé non relu

III. — De 1848 à nos joors

Plusieurs orateurs, déjà fameux sous la monai^hie de Juillet, continuent à occuper les premières places pendant la seconde République, le second Empire et la troisième République. A ceux que nous avons précédemment nommés, il faut ajouter: Odilon-Barrol, Ledru-RolUn, Falloax, Victor Hugo, Jules Favre.Émile Ollivier, Rouher, Jules Simon, Gambella, Buffet, /. Ferry, etc.

Victor Hugo (1802-1885) n'est pas comparable à Lamartine comme orateur politique : les dons de nature n'y étaient pas. Outre qu'il lisait ses discours et que les interruptions, qui sont un stimulant pour le véritable orateur, le désarçonnaient, son style à antithèses et à formules grandioses passait par-dessus l'objet même de la discussion. Cependant, il a parlé sur la liberté de renseignement et sur le suffrage universel (1850) d'une façon véhémente et souvent heureuse. Il a lui-même recueilli dans Actes et Paroles ses nombreux discours prononcés à la Chambre des pairs, à l'Assemblée de 1848, à l'Assemblée de 1871, et au Sénat (1876-1885) (2).

Jules Favre (1809-1880). — Député en 1848 et 1849, alors qu'il avait déjà une grande réputation d'avocat, réélu en 1858, Jules Favre joua surtout un rôle important commue membre du gouvernement de la Défense nationale, où il fut ministre des Affaires étrangères. 11 devint sénateur en 1876. Les discours de J. Favre sont, comme ceux de Berryer,desp/a/c/o?/ers.J. Favre n'a pas le même enthousiasme; mais il argumente peut-être d'une façon plus serrée ; oar

(1) Pellisson, pp. 41, 61, 81, 88, etc. ; J. Reinach, p. 218.

(2) Pellisson, pp. 253, 263; J. Reinach, p. 255.

TA TJTTKRATURE FRANÇAISE

de pressantes interrogations, il fatigue et réduit ses aaversaires. On peut citer ses discours sur Vexpédilion de Rome (1849), sur la guerre du Mexique (i86"2), sur la candidaîure oflicielle (4864) (1).

Gambetta (1838-1882). — Avocat, Gambetla fut célèbre du jour où il défendit Delescluze, directeur du journal le Réveil, poursuivi pour avoir ouvert une souscription destinée à élever un monument à Baudin, tué. le 3 décembre 1851 sur les barricades (1858). L'année suivante, Gambetta fut élu député, et combattit vivement l'Empire. Après Sedan, il devint membre du gouvernement de la Défense nationale, et fut un des organisateurs les plus actifs de la résistance. Président de la Chambre en 1879, président du Conseil en 1881, il ne put se maintenir au pouvoir, et mourut prématurément. Gambetta est un des plus beaux tempéraments oratoires que la France ait connus depuis Mirabeau ; il était vraiment né pour parler, pour exprimer en phrases claires et sonores les idées générales de la politique, et parfois ses banalités. Geste, voix, port de tête, tout concourait à l'effet que produisait cet orateur, plutôt tribun qu'homme d'État. Lus dans un livre, et même à POffîciel, ses discours paraissent un peu redondants et vides; ce n'est pas là, certes, du Démosthènc ni du Mirabeau, pas même du Lamartine. Mais ceux qui ont entendu « rugir le lion » en ont conservé, paraît-il, un inoubliable souvenir. — On peut citer ses discours sur le Plébiscite (avril 1872), Aux Alsaciens (1872), le discours de Thonon (1872), le discours de Cherbourg (1875), le discours de Romans (1878) (2).

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