II. — Emile Augier
Émile Augier n'a, comme Scribe, d'autre histoire que celle de ses oeuvres. Il débute, chose singulière, par un succès, en 1844, avec la Ciguë [O^éon). Ces deux petits actes envers qui passèrent bientôt an répertoire du Iheatre- F"ançais, et qui sont d'une lecture en-ore agréable, n an-
(1) Sur toutes ces pièces réalistes antérieures à Augier et, à Duœasnis,voirnotreCom«dieso«s/iïii«sfauraî/û/i...(toiHemoiiig).
LA HTTÉRATURE FRANçAlSM
et de plusinsinidp «./'^ / •^''^^■^'en déplus obscur
comédie en S aS/. .f ? '''"^ ''^'""'"^
Français. M^^s'lZ'' !^^^^^^^^^ - ^*^f tre-
préciser les tenr1nnP^S^-~r-^^^ commencent à se
bourgeoi de cet écrivain
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^HiieSk^e^'d^nces don G^^^^^^ , ion pluicomplète et nlus réal .7p . ^''P'"^^-
/ une sorte de couraa-e T^mL x f^i-oirait-on qu'il fallait U-respect du Sfl ett^^ époque, pour louer au théâtre
Vhèseîon.antiqu"r..l r/CS? Je'lV'""'^ ' ea-cuse w réffnaitalor<^«npio ' poswo/z g«/
Dans G«6,4w/f Ém le Cit '''T" ^""^'^
de résister à là paZn rep ZentL na"r St^T' ".'"^'^
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Désormai^î Hor^o / dénouement, défense "r'^ VSo a tTlVr.^ ^ «'établira le
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■honnêteté n'est D4 ré^.Tl -r "^"^^^^^'^^ femme sans tera toujo, .< îf no f •
jeune fille richement dotée A ' ~ «"^'^^
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Dans Un Beau mIToI u^'q^' , ^'"""'^^/""«•'■e*(18a8). un jeune snvnnt m f ^^^^^^'.f "'''e genre de mésalliance:
LA COMKniE AU XIX'' SII^CT.E
et le Fils de Gihotjer{iS6'^) sont deux comédies qui se font suite. Dans la première, c'est encore un conflit entre riionneur et l'argent; Clémence est sur le point d'en être < la victime. L'effronté Vernouillet, d'abord honteux d'avoir été condamné comme escroc, relève la tête, édite un Journal, se crée des protections politiques, et s'il ne réussit pas à épouser Clémence, il continue à prospérer. C'est là qu'apparaît le fameux Giboyer, le bohème, le déclassé, le nouveau Figaro, bon à tout et propre à rien. Ce personnage devient le héros du Fils de Giboyer, pièce où la politique et la polémique prennent décidément trop de place. — Dans la Contagion { 1 866), Paul Forestier ( \ 868) , / ean de Thommeray (1872), Augier attribue au désœuvrement, à l'ambition mal comprise, à la blague, la décadence de la jeune génération. — Il écrit en 4876 une pièce sur le divorce, Madame Coverlet, et en 1878 il fait ses adieux au public par les Fourchambault : là, il traite encore la thèse de l'intégrité et de la beauté de la famille, mais en y mêlant des situations et des sophismes où Ton sent de plus en plus l'influence de Dumas fils.
Nous avons laissé de côté les deux chefs-d'œuvre : le Gendre de M, Poirier (1854), et Maître Guérin (1864). La première de ces pièces est tirée du roman de Jules Sandeau : Sacs et Parchemins, M. Poirier est le M. Jourdain du règne de Louis-Philippe. Ce ne sont plus les allures et les costumes des gentilshommes qu'ambitionne un bourgeois enrichi de 1840; ce sont leurs titres de noblesse et leur influence politique. « Je suis ambitieux », dit piteusement M. Poirier, qui soutient que « le commerce est la véritable école des hommes d'Etat», et qui a donné sa fille au marquis de Presle, pour devenir lui-même baron et pair de France. La pièce, très spirituelle et très équitable, où aucun des deux partis n'est systématiquement sacrifié à l'autre, est à la fois un chef-d'œuvre dramatique et un document social. — Quant à Maître Guérin, c'est l'admirable peinture d'un homme au caractère absolu, qui sacrifie tout à la lente et sûre édification de sa fortune, et qui s'enrichit, et qui est très fort; mais qui perd l'estime de tous les siens, et qui, abandonné par eux, doit mourir isolé et exploité. Augier écrit dans une langue sobre et vigoureuse, par-
LA LITTÉRATURE FRANÇALSE
Sx Mais 'if eTr'nt'H voloataire.nent spi-
niueue. Mais u est, au dix-neuviènie s ècle, notre Ju^ robuste tempérament dramatique. ^
m. — Alexandre Dumas fils (1824 189H).
Dumas fils débute au théâtre, en 1852, par la Dame airt Camehas, pièce tirée d'un roman qu'il avait publié en im Le sujet en est banal et peu moral; mais la forme en étaU simple et d'un réalisme de style et de mise en scène au frappa le public. -Il donna ensuite, avec des succès divers .provoquant souvent plus de scandale que d'applaudisse
a argent (Ibo/), Un Pere prodigue (18o9), l'Ami fet mes (1864), les Idées de MmeAubragiiSe^) t PnT <^^f^e Georges (1871), la Femme de Claude (1873), l'ÉtrZ gère (1876), Denise (1883), FrandUon (1887) '^"«'î- Dirnias fils soutient que le théâtre doit être uUle- il est î'^.-i^Ea^^îîSSirde Diderot. << Toute littérature éSFïï ■
.^',""^.Pa« en vue la perfectibilité, la morali'sation 1 Idéal, 1 utile, en un mot, est une littérature rachitique et ! malsame, née morte. La reproduction pure et simple des faits et des hommes est un travail de greffier et de photographe, et je défie qu'on me cite un seul écri vain consacre par le temps, qui n'ait pas eu pour desse a la plus-value humaine. » - Dumas fils ne se contente pas comme Augier, de rappeler la société présente oE
Il est à la fois un des esprits les plus généreux et les nlus faux de notre temps : il a des idées justes, et il abo , a à des conclusions absurdes ou monstrueuses. Tantôt^ dans les Idées de Mme Auhrag, et dans Denise, il confond le pardon avec l'estime, et prêche le mariage dans des con
moraï \" fn ^/""'f^»' P^- tard la sé' uriîé
moiale. Tanto , dans la Femme de Claude, il exio-e le
écrit ""'e Enr"' «^-P^t^Je, jusqu'au meurtre, \\
écrit . lue-la! - Enfin, aux embarras ou aux conflits du mariage, il ne trouve qu'un remède, le divorce {!a F^niZ
LA COMÉDIE AU XIX* SIÈCLE
de Claude, la Princesse Georges, rÉlrangère, etc.). Ces pièces ont contribué, tout autant que les discussions de la presse, à exalter l'opinion publique.
Dumas fîls est, en soi, un réaliste, un esprit aigu et pénétrant ; mais il est aussi « le fils de Dumas père » : de là, toute une partie romanesque dans ses pièces. Ses intrigues sont souvent bizarres jusqu'à l'absurde, comme dans VÉtrangère et dans la Princesse de Bagdad. Parfois, il les obscurcit par un symbolisme ibsénien avant Ibsen, comme dans la Femme de Claude. Ces « poussées de romantisme » se retrouvent aussi dans les tirades de ses raisonneurs ou de ses jeunes gens et de ses jeunes filles; une poésie intempestive et luxuriante envahit la pièce, entre deux scènes réalistes. Que dire de ses préfaces, parfois si éloquentes, où le paradoxe et le sophisme, s'engendrant Tun l'autre, finissent par former d'incohérents ensembles.
Dumas fils tient aussi de son père un certain don dramatique, qui se retrouve dans toutes ses pièces, et qui lui en fait construire quelques-unes avec autant de force que de logique, par exemple la Princesse Georges, véritable tragédie en prose, et Denise, comédie dans les trois unités classiques, uniquement basée sur des passions et sur des sentiments. — Il n'a guère créé de caractères. Ses jeunes filles sont pour la plupart de petits « moutons bêlants » qui promettent de devenir d'insupportables « femmes du monde ». Ses femmes sont tellement occupées à développer des thèses, qu'elles ressemblent à des mécaniques parlantes : la duchesse de Sepimonis (V Étrangère), Francine de RiveroJles (Francillon), Césarine (la Femme de Claude), Séverine (la Princesse Georges), sans parler des raisonneuses comme Mme de Rumières ou Mme Godefroy. Il faut faire exception pour Denise et pour sa mère, Mme Brissot, les plus vivants personnages de cette galerie de femmes. Les hommes sont encore plus artificiels; ils sont tous chargés par l'auteur d'incarner une thèse et de prononcer des discours. Mettons à part le duc de Septmonts (V Étrangère), le père Brissot (Denise) et surtout un certain nombre de bonshommes épisodiques, parfois très amusants, comme Carillac [Francillon).
Le style de Dumas fils est cinglant, spirituel, souvent
TA LITTÏ^RATURE FRANÇAISH: ^
oratoire et éloquent. Ce n'est pas à vrni r]^.o * i ' ci.amatiquc. Tous les V^rsonn.^,:,^^^^^::];^ a même angue, et leur style ne les caractcTise a, Ce nalurahsle manque au plus haut point de nal reT Au fond, c est un pamphlétaire, un jourâaliste irnrédirn teur, qui donne à sa polémique la forme c rnuintinuo' parce qu'il est, encore une fois! « le hls Toumas pèrL ..'