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La littérature didactique

A aucune autre époque de notre histoire, les traités didactiques de tout genre, en vers ou en prose, ne furent aussi nombreux qu'au nioyen âge. Sur toutes les questions scientifiques ou morales, les clercs ont écrit. Mais ce qu'ils cherchaient avant tout dans Tétude de l'astronomie, de l'histoire naturelle, etc., c'était l'enseignement par Texemple d'un principe de morale ou de religion.

Bestiaires et Lapidaires. — Ainsi, dans les ^es//a/res (1), ils décrivent les animaux pour y trouver des analogies avec Dieu, le Christ, les vertus, les vices. Dans les Lapidaires, on énumère les caractères et les propriétés des pierres précieuses ou exotiques: les sources en sont orientales.

Image du Monde. Le Trésor. — Parmi les ouvrages plus considérables, et qui peuvent être regardés comme des encyclopédies de la science du moyen âge, signalons rimage du Monde (xiii^ siècle), par Gautier de Metz, en sept mille vers ; le Trésor, en prose, de Brunetto Latini (4265), un Florentin qui fut, dit-on, maître de Dante Alighieri : c'est une compilation de la Bible, d'Aristote, de Gicéron, de Sénèque, et d'une foule d'ouvrages plus ou moins techniques écrits en latin 'par des clercs des siècles précédents. Il jouit d'une grande célébrité.

Chastiements. — Sous le nom de Chaslienienl ou Casloiement, on désignait des ouvrages à tendances pédagogiques. Le plus célèbre est le Chasliemenl d'un père à son fils (xii® siècle), très curieux en ce sens qu'il renferme un certain nombre de contes arabes bons à rapprocher de quelques-uns de nos fabliaux (2).

(1) Les plus célèbres Besliaires sont ceux de Philippe de Thaon (xn* siècle) et de Guillaume Le Glerc (1210).

(2) Ce Chasliemenl est la traduction en vers de la Disciplina

LITTÉRATURE SAVANTE ET ALLEGORIOUE

Dits. — Enfin, c'est une foule de petits ouvrages en vers plus satiriques que didactiques, appelés Dils, et dirigés contre les moines, les différents corps de métiers, les femmes, etc. : le Dit des Jacobins, le Dit des Cordeliers, le Dit des cornettes (contre les coiffures), le Dit des rues de Paris, le Dit du bon vin, le Débat du vin et de Veau, la Bataille de Carême et de Carnage, etc.

BIBLIOGRAPHIE

L. CoNSTANS, V Épopée antique [Ilisl. de la tilt, fr., Julie ville- Colin), I, chap. III.

P. Meyer, Alexandre le Grand dans la littérature française du moyen âge. Paris, Vieweg, 1886, 2 vol. in-8.

Le Roman de la Rose, éd. Francisque Michel, 1864, 2 vol. in-12.

E. Langlois, Origines et Sources du Roman de la Rose, Paris, 1890, in-8.

Id., Le Roman de la rose {Hist. de la lilL fr.^ Julleville-Golin, t. II, ch. III).

ctericalis, écrite, au début du douzième siècle, par Pierre Alphonse, juif espagnol converti au christianisme ; les sources en sont orientales. Le même ouvrage fut traduit en prose sous le titre de Discipline de Clergie,

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