III. — François Villon
Biographie. — François des Loges, ou de Montcorbier, né d'un père bourbonnais et d'une mère angevine, en 1431, à Paris, fut adopté par Guillaume de Villon, chapelain de Saint-Benoit. L'enfant prit le nom de son « plus que père », et fit de bonnes études, quoi qu'il en dise (Hélas ! si f eusse étudié, Au temps de ma jeunesse folle !...). II suivit les cours de la Faculté des arts (2), pour devenir clerc; et il était maître ès arts en à vingt et un ans. Gaston Paris
pense avec raison que ses remords doivent s'appliquer à la période qui suivit sa réception comme maître. Alors, il se fit inscrire soit à la Faculté de théologie, soit à la Faculté de décret (de droit canon).
A cette époque, les étudiants de l'Université étaient en perpétuels conflits avec la justice royale. Villon dut prendre part à plusieurs émeutes entre 1451 et 1454. Il nous dit, dans son Grand Testament (strophe 78), qu'il avait écrit un Roman du Pet-au-Diable, récit d'une équipée burlesque (3); il aida ses camarades à décrocher des enseignes, à voler
(1) Voyez AuBERTiN, Sudre et Clédat.
(2) La Faculté des arts correspondait à peu près à notre l'acuité des lettres ; maître es arts était l'équivalent de licencié ès lettres.
(3) G. Paris, François Villon, p. 26.
POÉSIE LYRIQUE
des marchandises aux étalages. Bref, ^1 .^f>f Ï cHudiants facétieux et ^^^^-^^ ^ ^'^^^J^ % gercux vagabond, plus connu ^^ns les ta^crne^ q l'Université. On ,.ublie 'l'orduia.re a la su e des œ^^^^^^^^ de Villon, nn (.ctit poème intitule . les ■^?;/^""^ rl. François Villon et de ses compagnons (1), une epuc de '''««Ç'?''/ i ne coûte rien; on prend tripes
burlesque dCi vol,- il faut sans doute qu il ait laisse une
''El^Ï5'\Ï5Tuin, Villon se prend de querelle avec un nrl re Phi ippe Sei'moise, et le tue. Il s^enfuit, puis solli-
rUe sa JrS et l'obtient : des lellres de rémission lui son ^rcordeS uin 1456. On ne sait où il avait vécu pendant cet
^xM iolontai -e - Rentré à Paris, il se remet sans doute f rJnien ter une société équivoque; et il descend d'un LÏrTÎ rè fait compUce de voleurs de profession; il îrend oart à m vol par effraction au collège de Navarre
iE^lot^Ïa^^^^^^ •
B^^hT-Z- ^^^^^^
En V mon 5 aurait été reçu par Charles d'Orléans a^i rhi eau de Blois. En 1458, on le signale en Bourbonnais Put n semble s'être affilié à une bande de brigands, les Co ^lS dans le jargon desquels il a ^crit pluaieur, r^ipr^ç d'une interprétation douteuse. Un beau jour, u Kum-endre en l461, on retrouve Villon en prison, a Ai i^ r loire U Y à été enfermé à la requête de féXurd'or Sns Thibault d'Assigny. Colin deCayeux a étJ Sdu vTllon redoute le même sort. Heureusemen pour^ lui, Louis XI, récemment sacré, passe par Meun et
' ^'cestc'lÏÏe même année 1461, « en l'an trentième de son âge'! que Villon écrit sou Grand Testament. Uparait tout
(1) Edit. P. Jannet, p. 178.
•'î ^'^ LITTERATURE FRANÇAISE
mi'î.rw."''M " ''■^''i'V^lf sentiments de honte et de f T { n"' '^^t Châtelfct,et condamné
/ " ""''^ admirable /?a//«rfe rfe.pe«:
d^filtT'. ''^'''^'^ ^/w-e^...). II est encore
de Paris I'*'"'" 'l'^"»'^ d^la
no'^i^HÎ"' P^""^ t^'^ce de Villon. Rabelais
se ïelh n f «'"Î'm"-" ^'"•"««'^ '^"'•««s vieux jours,
homml h1 f.'^'"^*îî".xcnt en Poictou, sous la faveur d'un
Zn^nn ^ ^^'^'^ pour donner passe-
temps au peuple, entreprit faire jouer la Passion en gestes
1 ,nf f 0" q"*^!!*^ «nnée U
de 1489 l^"'''"''*'''^ ses œuvres, à Paris, est
auSi^lf H?!ff T"/'- ~ .^'^ P*'^™^ '^^ quarante strophes porte
Sam 1 . nT' ?" '^^ ^""•9^* Jean B^del et
1 îegnfer (Hsl) ' de Jean
Au^ssI^v/mPT"'' " "'«^t «certain du retour.
Villon If"! jx^^'''*'^^"/'^^'»™^"!' Il lègue à Guillaume de à cenem,^! V .f'l«l^^'f',«on c'est-à-dire sa renommée;
a celle qu 1 aimait et qui le dédaigne, son cœur; à divers ner-
Touchirie 'r?^"f célèbres du quartier: à' Jean Trou'v", lie. du ^ùS if// • ^'"^ a» cheval
Jacan^f R.^n .""o ' ^««'«'"«^ 5 ^ maître
oui^se,^ll ^ r'' ^""""^ -P'" («enseigne d un cabaret, ce raisonV^ l'a ''If ^!"' y Séjournait plus que de
raison), il lègue de l'argent à trois petits enfants tout nus
fonTTifortf ' " d»""*^ noms or! ce sont tiois abominables usuriers ; différents objets, gants
ThoI oi'i't r ^"'^' ^ ''^^ °" imaginas :
cabarSt lpT T."'''? -^''"''' «^«l^Son^) «ont en gages au ch^vlnv f Trumeheresià son barbier.les rognures de ses cheveux, a sou savetier, ses vieux souliers, etc. Suivent quelques figures ou allégoriques, à des chanoines, à ses compagnons de misère, aux curés de Paris, aux moines, iiien qu on trouve beaucoup a esprit, et surtout, çà et là, de
(1) Raiielais, liv. IV, 13.
(2) Lais ou legs ; la forme lais est la meilleure. Le mot se rattache au verbe laissier et non à léguer. D'ailleurs la prononciation correcte du mot legs est lai.
POÉSIE LYRIQUE 05
1 1. D^iit Tp<;lamenL celte œuvre jolis traUs (Je ^^^}^^.^^::%^lJ-^J^S^^ aisserail conn'aurait pas assuré a Villon a '^''fj'll^^'^^^^^ ondu dans la niasse des poêles de econd oulie. ^^.^
Le Grand Teslamenl. - Ici, bien '1"*=^,;®^ •^'^'l''; "ème a cent analogue, la composition est P us coniplexe. Le poeme ^ soixante-treize slrophes. De plus, vmon y breuses ballades, dont quelques-unes selon G Faus^^^ écrites bien avant 1461, et que le poêle a eu heuieu^^ d-enchâsser à la «"*^"^X ei so; déve loppement de manière a souvent dirige ou . perdre. - Les stro-
à amener la ballade quil tenai a ne P^'"X'°',^ye,le Villon «b'es 1 à 70 forment une prenuere P^rl.J-ns^ ^^'^e, de la qon emprisonnement, ae sa jeunesse r
Fuite%'u%emps, le la -jj^ ^1^//^^"^ /e.Tp^^ trouvent (après 'asU'opntél) la f>aHad^^^^^^^^ ^
(refrain : Ma/s où son! 'f ^^'^ f X'^f 7ù 'is k pre.x C/i«r/e- ^,„eurs rfu ,tLnèv"etï de l'a Jeunesse, et
Ta?f;:rîè;\rSif%^;^
lui-même il Pl^'n ^V'^^est la sec"partie, formant comme ion commence a ?es(er ; c est la seconde p^ ,^^^^ ^^.^^^
un poème sépare. - Les 'f;^/^^™" „t ^„core souvent ironiburlesquesje^euxduP /,m^^^^^
ques : a Guillaume ae vmuii, s rionne les os aux malades aux frères mendiants, une «'e, dont donne es o
des hôpitaux se uf^nte^ pour les
a™e à un moine querelleur ; à sa mère, il lègue cacher ; des armes, a un lu" h l'intérêt du Grand
une ballade à Notre-Dame, etc. -J^^f ' fusions sont obs- . Testament n'est pas dans ces egs don a i«"/,t'dans les - cures, et ont perdu presque toute 2 ™ réflexions morales amenées pai .que'qucs ""^ . .