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CHAPITRE VI

MONTAIGNE ET LES MORALISTES

Sommaire: i° Montaigne (i533-i592), né au château de Montaigne, conseiller au Parlement de Périgueux, puis de Bordeaux, publie en i58o les deux premiers livres de ses Essais. Il voyage ensuite, visite l'Allemagne et Tltalie; il devient à son retour maire de Bordeaux, et donne en i588 le troisième livre des Essais, Il meurt sans avoir le temps de publier une nouvelle édition, très augmentée, qui paraît après sa mort par les soins de Mlle de Gournay, en lôgS.

Il compose les Essais en lisant Plutarque, Sénèque, les poètes latins, et en les commentant d'après sa propre expérience. Son moi est le thème essentiel de son livre ; mais « en se peignant, il peint la nature humaine ». Sa philosophie tient en ce mot : Que sais-je ? C'est un prudent et discret scepticisme. — Sa pédagogie est surtout négative. Il veut qu'on développe le Jugement plutôt que la mémoire, qu'on fasse voyager l'enfant, qu'on le fasse causer en société. Cette éducation formera Vhonnéte homme du dix-septième siècle. — Son style est primesautier et imagé c'est celui d'un poète.

2*? Pierre Charron (i 541-1608) est le plus remarquable disciple de Montaigne. Il publie en 1601 son Traité de la Sagesse^ dont l'épigraphe est : Je ne sais.

Guillaume du Vaiiî, célèbre magistrat et orateur, représente la grandeur stoïcienne et chrétienne. Son traité de VÉloquence française le met au rang de nos meilleurs critiques.

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