CHAPITRE VII LE THÉÂTRE AU SEIZIÈME SIÈCLE
Sommaire: i° La Tragédie. — Dans les collèges, on joue des tragédies latines; on traduit des tragédies italiennes; on représente des traductions françaises de tragédies grecques.
2° Etienne Jodelle donne en i552 la première tragédie originale en français : il fait jouer sa Cléopâtre au collège de Boncour. — Dans cette œuvre, tirée de Plutarque, on trouve déjà les éléments essentiels de la tragédie classique. Parmi ses contemporains, il faut signaler Jean de la Périise, Jacques Grévin, etc.
En même temps, la théorie de la tragédie est formulée par J.-C. Scaliger en i56i.
30 Robert Garnier, magistrat, compose sept tragédies qui ont déjà Taccent cornélien et dont les plus célèbres sont Porcie (i568), Cornélie (1574) et les Juives (i58o). Le style en est oratoire et très énergique.
4« MoNTCHRESTiEN public à la fin du siècle plusieurs tragédies, d'un style plus simple et plus aisé, entre autres: Sophonisbe, Aman et r Écossaise ou Marie Stuart.
5« La Comédie. —Oncommence pardes traductions d'Aristophane, deTérence et de Plante. Mais la farce ne cesse d'évoluer et se combine bientôt avec ces imitations antiques, pour donner la vraie comédie française. Il faut y joindre l'influence très forte de Tltalie.
Jodelle donne ayecCléopâtre en ib52, une farce en vers, Eugène; RÉMY Belleau, la Reconnue, en vers (1577); Jacques Grévin, la Trésorière (i558), en vers.
En prose, le plus remarquable auteur est Pierre Larivey, né en France d'un père italien. Il a publié douze comédies adaptées de ritalien, mais animées de l'esprit français. La plus célèbre est les Esprits (1579), <iont Molière a imité quelques traits dans son Avare.
La seconde moitié du seizième siècle et les premières années du dix-septième sont pour le théâtre une période
LE THEATRE AU XVI*' SIÈCLE 259
de transition assez obscure. Une étude approfondie des origines de la tragédie classique, ou des transformations de la comédie, est du domaine de l'érudition ; nous nous bornerons ici à signaler les principaux auteurs et les théories essentielles.