Pseudonyme de Pascal, qui en à donné
dans les Pensées l'anagramme : Sulomon de Tultie.
z LES MORALISTES : PASCAL. 333
ion du jansénisme, des cinq propositions, de la grâce, du pouvoir prochain. À partir de la quatrième, Pascal laisse de côté la question théologique et, quittant la défensive, ouvre l'attaque contre la casuistique et la morale des jésuites. Afin de rendre l’exposé de la doc-
trine plus piquant, il le place dans la bouche de l’un
des Pères, brave homme d’une naïveté comique, et qui, entrant en scène dans la cinquième lettre, développe les théories les moins soutenables avec la sérénité de l’in-
conscience. Pascal, de son côté, joue son personnage,
tantôt proposant des objections et tantôt donnant son approbation, afin que son interlocuteur soit amené à s'engager plus avant et à expliquer sa pensée d’une façon plus complète. Le bon Père disparaît après la neuvième Provinciale, et Pascal, désormais, s'adresse directement aux jésuites. Dans les dix-septième et dix-huitième lettres adressées au R. P. Annat, jésuite, il revient à la question de la grâce.
Le succès fut prodigieux, augmenté encore par Île mystère dont s’entourait la publication et par l’incognito de l’auteur. Ces discussions de doctrines religieuses, Pascal venait de les faire sortir de l’école et du cloître et de les mettre à la portée de tous. Et il inventait pour elles une langue nouvelle, non plus raide comme celle des théologiens du siècle précédent, non plus embarrassée comme l’est encore celle de Descartes, mais souple, capable de prendre tour à tour le ton de la raillerie et de l’indignation, procédant par phrases courtes, rapides, nerveuses. La langue de la polémique était créée.
Les Provinciales ajoutent à la physionomie de Pascal un trait que nous n'avons pas encore eu l’occasion de noter : c’est sa puissance d'ironie. Il y a dans les Provinciales des scènes de pure comédie. Pascal excelle à trouver, pour le mettre à nu, le point faible, à faire ressortir le côté ridicule, plaisant et méprisable. C’est chez lui une des facultés dominantes. Comme il vient de s’en servir contre les jésuites, il l’appliquera, le moment venu, à l'humanité tout entière. Ce railleur impitoyable
qui est en Pascal, c’est lui qui va découvrir et mettre à nu les petitesses et la vanité de l’homme.
Lés Provinciaiés ne sont,
dans l’histoire de Pascal,
Les « Penséës ». qu'un accident : l'œuvre de sa
vie devait être l’Apologie de la
religion. I y travailla à partir
de 1658, mais, la maladie lui interdisant déjà toute étude