IV. — MASSILLON
De Fléchier procède Mas-
| sillon. Celui-ci, né à Hyères
Le «: Petit Carême ». en 1662, entra à l'Oratoire à
dix-sept ans e6t débuta par
l’enseignement, En 1699, ïl
prècha le carème à Paris dans l’église de l'Oratoire de ia
rue Saint-Honoré et l’avent à Versailles ; en 1701 et
1704, il prêcha le carême devant la cour. En 1715, il
prononce l'Oraison funèbre de Louis le Grand, qu'il
commence par ces mots : « Dieu seul est grand, mes
frères... » En 1718, il prêche encore devant le jeune roi
les sermons qui composent le Petit Carême, son chef-
d'œuvre. Evêque de Clermont depuis 1717, il consacre
entièrement ses dernières années à l’administration de son diocèse. Il meurt en 1742.
Massillon apporte à la prédication toutes les ressources de la rhétorique : une phrase abondante, un riche vocabulaire, une harmonie et une cadence toutes nouelles dans la période. Mais aussi a-t-il de la rhétorique tous les défauts : il abuse des figures recommandées par ies traités d’école, énumération des parties, subdivisions à outrance, figures de pensée et figures de mots, périphrases nobles, antithèses précieuses. Ce qui est
416 LE XVIIe SIÈCLE.
plus grave, c’est que Massillon, abandonnant la tradilion de Bossuet, ne se soucie plus d'appuyer sa morale