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e faisser prendre aux choses » ; et la cour, parce que : t Du simple bon sens naturel et du commerce de tout le beau monde, on s’y fait une manière d'esprit qui, Sans comparaison, juge plus finement des choses que fout le savoir enrouillé des pédants. » Le parterre et la “our, c'est-à-dire les bourgeois letltrés et la haute Société, — tout le public cultivé d'alors, — tels sont ls « honnêtes gens », pour qui écrit Molière,
La peinture. des mœurs étant l’objet de la comédie de ‘Système dramatique. Molière, tout son système “ dramatique en découle. Dans * ses farces même il a jeté à bleines mains les traits d'observation. Dans ses comédies il est aisé de voir que tout ce qui n’est pas étudé de la société et du cœur est pour lui secondaire. Au lieu Jue l'intrigue dans les comédies d'alors était l'élément xincipal, il la subordonne à l'étude des sentiments lont elle devient seulement le véhicule : elle est d’une HMaïveté voulue dans l’Ecole des femmes, et réduite au minimum dans le Misanthrope.
- Il en est de même des dénouements, souvent peu vrali-
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semblables et de pure convention. Plutôt que de s’ingénier à les défendre, mieux vaut comprendre que pour Molière l'intérêt n’est pas de ce côté : les événements de la pièce n'ont pas, à ses yeux, de valeur par eux-mêmes & ils ne sont que les moyens employés pour mettre en lumière un travers, une manie, un ridicule : ce but une lois atteint, la pièce est terminée.
Ce qui est vrai de toutes les pièces de Molière, l’est sur tout de ses comédies de caractère, forme supérieure de son art. Le caractère est l'âme même de la pièce. Il crée le milieu : Alceste, afin que sa manie ait plus complètement lieu de s'exercer, appartiendra à la plus haute so: ciété et fréquentera le monde des gens de cour, des mar2 quis et des coquettes ; Harpagon sera riche et aura un rong à soutenir. Il crée les personnnages et les oppose l'un à l’autre : Philinte, l'ami de tout le monde, donnera la réplique au misanthrope, et Cléante, le fils prodigue, au père avare. Et cela est d’excellent théâtre, mais aussi de Ja psychologie la plus sûre. Ce. n’est pas seulement pour exaspérer la misanthropie d’Alceste que le poëèls l’a rendu amoureux de Célimène : c’est encore parce qu'il sait que rien n’est plus ordinaire à l’homme et conforme à sa nature que toutes les sortes de contra diclions ; et c’est parce qu'il a observé que rien ne cons tribue plus que le spectacle de nos travers à jeter les gens qui nous entourent dans les travers justement opposés. Ainsi, l’idée même du caractère à peindre con: duit l’auteur à l'invention des rôles et des situations et préside à la composition de la pièce tout entière.
Enfin, le moment que choisit Molière est celui où là passion, arrivée à son dernier période, est sans retours possibles. D'un bout à l’autre de la pièce, le caractère reste fidèle à Iui-même sans jamais se démentir. Au début, il est déjà formé tout entier : toute l'hypocrisie de Tartufe est dans ce premier vers, ;
Laurent, serrez ma haire avec ma discipline :
toute la brusquerie d'Alceste est dans sa querelle avec Philinte, À la fin, le personnage n'est pas corrigé à
Léa 4:
Jartufe n'est que démasqué ; Alceste fuit les humains ; Harpagon retourne à sa cassette : et le dernier cri de - Don Juan lui est arraché par la douleur physique, non par le repentir.
Le personnage est d’ailleurs si complètement possédé par la manie qui le rend ridicule ou odieux, qu'il devient insensible aux conseils, aux reproches, aux moqueries. Il en arrive à faire la théorie de son travers ou de son vice et à se décerner des éloges et des applaudissements. Porté à ce degré, un défaut influe sur le caractère tout entier, un vice modifie toute la personne morale dont il a ‘fait sa chose. Harpagon, dominé par son avarice, n’est plus ni homme, ni père : il n’est au’avare. I trahit les intérêts de ses enfants. H] fait plus. À l’emprunteur qui « s'engage que son père mourra avant qu'il soit huit mois », il répond : « C’est quelque chose que cela ». Et, s'étant trouvé devant son fils dans la posture de l’usurier devant son emprunteur, au lieu de rougir, il se sent fort aise de la découverte el se promet d'en profiter.
On voit comment Molière à pu s’attirer le reproche, si injuste, d’avoir « outré les caractères ». Il n’a garde de nous les présenter dans l’incomplet et l’inachevé où on les rencontre dans la vie réelle ; tout au contraire, il épuise en chacun de ses personnages l'étude d’un ridicule, d’un travers, ou d’un vice ; il en concentre dans une seule physionomie toutes les formes, et tire de là des effets qui sont dans la logique d’un sentiment ainsi poussé à bout. C’est par là qu'il a réussi à élever à la hauteur d’un type les principaux caractères qu'il a mis en scène.
Quelques-uns de ces types - : dépassent les limites d’une
Les types d'humanité à que déterminée et s’appli-
générale. quent à l'humanité de tous
les temps : ainsi l’hypocrite, le misanthrope, l'avare, la coquette, la prude. C’est l'éternel honneur de Molière, que nous ne puissions observer autour de nous quelqu'un de ces caractères,
LA PREMIÈRE SCÈNE DU MISANTHROPE Gravure extraite de l’Édition de 1682. :
PHILINTE Qu'est-ce donc ? Qu’avez-vous ?