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æ LES SUITE ‘DE. LA TRAGÉDIE : RACINE. AG
des lenteurs de Ja construction régulière, et, pour mieux se conformer à la logique brusque du sentiment exaspéré, se sert de la phrase hachée et du tour elliptique.
La langue de l’amour, au moment où écrit Racine, était tombée dans les fadeurs du langage de la galanterie. Les termes avaient servi si souvent dans les disserlations des salons et dans les madrigaux, qu'ils s'étaient
Louis XIV REÇOIT UNE DÉLÉGATION DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE
Gravure de J. Mariette d’après un dessin de J. B. Corneille.
Chaque élection devait êlre soumise à l’approbation du Roi: les académiciens lui présentaient ensuile leur nouveau confrère. La scène se passe ici à Versailles dans la Galerie des Glaces.
usés et avaient perdu leur empreinte. Racine va employer ces mêmes mots, les feux, les blessures, les orages ; mais il leur rend leur signification. Cette blessure, c’est celle dont est morte Ariane abandonnée. On parle des orages et des: naufrages de l’amour, mais c’est en des pièces toutes pleines des désastres causés par cette passion. Et, si Phèdre se plaint des feux qui la consument, nous ne sommes pas tentés de prendre pour une
. métaphore les termes dont se sert celle que nous voyons
devant nous mourante de son mal. C’est ainsi qu'il suffit à Racine de cette exactitude avec laquelle il mo-
dèlé l'expression sur la pensée, pour donner à uné langue simple, et qui né sé sért d'aucun tour qui ne soit communément usité, une vigueur qui n'appartient qu'à lui. à Sa versification qui, elle aussi, frappe d’abord par son aisance ét sa correction, est capable également, ainsi que le prouve l'exemple des Plaideurs, des hardiesses qu'une autre école a cru plus tard inventer, et qu’elle se bornait souvent à reprendre chez le plus classique de nos poètes. Ce qu'il faut en admirer surtout c’est combien Racine, doué d’une oreille particulièrement sensible, à su y mettre de souplesse et en varier l'harmonie.
RESUME
179. Quinault, en donriänt dans la tragédie une place prépondérante à l’amour, qui chez lui n’est qu'une galanterie conventionnelle, marque la transition entre Corneille et Racine.
180. Racine (1639-1699), élevé à Port-Royal, aborde le théâtre en 1664 avec la Thébaïde, le quitte en 1677, après l’échec de « Phèdre », par lassitude et par scrupule religieux, et n’y revient, douze ans après, que pour donner « Esther » (1689) et « Athalie » (1691).
181. Si dans la « Thébaïde » Racine s’est souvenu de Corneille et dans « Alexandre » (1665) de Quinault, « Andromaque » (1667), dont le succès fut éclatant, marque l’avènement d’un art nouveau.
182. Le système dramatique de Racine est une réaction contre le génré héfoïque ét romanesque. Les éléments principaux en sont la simplicité de l’action, la subordination de l’aetion aux caractères, la vérité dans la peinture des sentiments.
183. Racine est le peintre de l’amour: mais l'amour tel qu’il le conçoit est violent, impétueux, jaloux, souvent criminel. Il excelle à peindre les caractères de femmes.
184. La langue de Racine élégante et pure est pleine de hardiesses qui se fondent dans la tonalité générale. La délicatesse de son oreille lui permet de donner au
vérs autant dé souplesse et de variété que d'harmonie.
LECTURES RECOMMANDÉES
Sainte-Beuve, Portraits littéraires 1. Nouveaux lundis III, X: Port-Royal VI. — Deltour, Les ennemis de Racine. —
Taine, Nouveaux essais de critique el d'histoire, — Brunetière, Eludes critiques I. Histoire et littérature IT. Epoques du théâtre français. — E. Faguet, Dix-septième siècle. —
Jules Lemaitre, Impressions de théâtre, I, II, IV. Racine. — Larroumet, Racine (Grands écrivains français).
Racine (Ménard, Collection des grands écrivains de la France), — D. Mornet).