‹ Histoire de la littérature française (volume 3)Chapitre 150 sur 294 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

I. MONTESQUIEU. — Sa vie ; l’homme. — Les Lelires persanes. — Les Considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence des Romains. — L'Esprit des lois. — Montesquieu écrivain.

IT. BUFFON. — Sa vie ; son caractère. — L'Histoire naturelle. — Le Discours sur le style. Buffon écrivain.

Montesquieu est le premier en date des grands écri- Sa vie ; l’homme. vains du xvi° siècle. On lui doit les principes les plus solides qui servent encore de

base à la pensée moderne en matière politique. Charies de Secondat, baron de la Brède et de Monlesquieu, est né à la Brède (Gironde) le 18 janvier 1689. D'une famille de robe, il fut de tout temps destiné à la magistrature, succéda à un oncle comme conseiller au parlement de Bordeaux (1714), et, deux ans après, fut président à mortier. C’est d’abord vers l’histoire naturelle et la physique, sciences alors à la mode, qu'il dirigea sa curiosité ; et bien qu'il ne s’en soit occupé qu’en amateur, ces premières études ont sans doute contribué à orienter son esprit vers cette méthode de l’expérience qu'il appliquera par la suite à l’étude des sociétés et de leurs lois. La même année 1721, où il rédigeait un Discours sur les causes de la transparence des corps et des Observations sur l’histoire naturelle, il faisait paraître les Lettres persanes. L’immense succès qu’elles obtinrent engagea définitivement leur auteur dans la carrière littéraire. Déjà il portait en lui le projet

de ce grand livre de jurisprudence qui devait être l’œuvre de toute sa vie. C’est pour faire provision d’obser-

Archives photographiques.

(D’après un buste en marbre par Lemoyne, Musée de Bordeaux).

Une tête à la fomaine qu’on ne s'étonne pas d’être celle du plus

grand des juristes français. Le visage tout illuminé d'intelligence

révèle l’auteur de l'Esprit des Lois, tandis que le sourire de gaieté

qui brille dans les yeux et plisse les lèvres fait songer à celui des Lettres persanes el rappelle le compatrioté dé Montaigne.

vations de touté sorte, ainsi que pour étudier les constitutions étrangères, qu'il entreprit une série dé voyages eh Hongrié, en Allemagne, en Italie, en Suisse, en

Hollande, en Angleterre. En 1734, parurent les Considérations sur les causes de la grandeur et de la décadencé des Rômains ; èn 1748, l'Esprit dés lots, dont il s’enleva vingt-deux éditioñs en peu de temps. Montesquieu avait été élu à l’Acädémie en 1728 : il est mort à Paris en 1755.

Montesquieu nôus a peu parlé de Jui-même : cette réserve le distingue de ses contemporains et le rattache au siècle précédent. Néanmoïns, quelques lettres et des Pènsées intimes, non destinées à la publication, nous pérmettent de fixer lés principaux traits de sa physionomie qui est très complexe.

Montesquieu est d’abord un très honnête homme, un dé ceux, asséz rares à cétte époque, à qui va le plus sûrement l'estime. C’est un magistrat : il en à la gravité, lé $oüci du juste ét du vrai. Nature tempérée, douée d’uné modération qui ést én parfait contraste avec la séntimentalité d’un Rousseau, 11 ÿ à chez lui un fond de stôtcisme, C’est un béau câractére. — Voici les petits côtés. Îl à Ja vanité du gentilhommé qui parle volontiérs de $es terrés, de ges Yassaux ét de sa race : « Jé fais faire uñé assez sotte chôse : c'ést ma généalôgie. Quoique Mmôn nom ne soit ni bon ni mauvais, n'ayant guère que déux cent cinquante ans de noblesse prouvéé, cepéndant j'y suis attaché. » De Ià le préjugé contre lés géns de lettrés : « J'ai la maladie de fairé des livres, ét d’eñ être honteux quand je les ai faits. 5 — Notons éncoré un coin de libertinage qui est d’un contemporain dé la Régence et qu’on trouverait suffisamment indiqué darts des écrits tels qué les Lettres Dorsanés et lé Témple de Cnide. = I! ÿ à enfin chez ce compatriote de Montaigne des traits de légéreté g'asconne. Il est homme à avoter « qu'il n’a jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n'ait dissipé ». Preuve, sañs doute, que le chagrin ne s’est janiais, chéz lui, enfoncé très avant. Tél est ce caractère où les influences du pays natal, dé la société et du temps sant venues égayér la gravité foncière.

568 qu LE XVIII SIÈCLE.

Les Lellres persanes suffi-

raient pour assurer à Montes- Les« Lettres persanes». quieu une place importante

dans le mouvement littéraire

du xvin* siècle. Montesquieu y est déjà tout entier, et si cette fois c’est le Montesquieu frivole qui a donné à l’œuvre le ton général, l'observateur pénétrant et le philosophe s’y révèlent aussi. On peut, en effet, distinguer trois éléments dans les Lettres persanes : la fiction qui sert de cadre, les notes satiriques sur la société, les premiers germes de l'Esprit des lois.

Un Persan, qui est censé séjourner à Paris entre les années 1713 et 1720, écrit à ses amis, qui, de leur côté, le tiennent au courant de ses affaires de Perse, c’est-àdire des affaires de son sérail. L’idée de-cette fiction n’était pas nouvelle, et il importe peu que Montesquieu ait pu l’emprunter au Siamois de Dufresny ou qu’il s’en soit avisé de lui-même. Mais, à coup sûr, ce cadre était ingénieusement choisi : outre qu’il permettait à l’écrivain de traiter de tous les sujets à son gré et sans suite, Montesquieu y trouvait surtout cet avantage d'ajouter à son livre le ragoût d’une intrigue galante. Cette partie, qui paraît aujourd’hui bien vieillie et que nous jugeons fort déplaisante, fut justement celle qui détermina le succès à l’époque de la Régence.

Le Persan de Montesquieu passe en revue les caractères et les types de la société parisienne, Montesquieu est ici l’élève de La Bruyère ; et c’est dans la manière du maître qu'il trace les portraits du fermier général, du directeur de conscience, du poète, du vieil officier, de l’homme à bonnes fortunes, du décisionnaire, etc. Mais il aborde, en outre, des sujets interdits à La Bruyère qui

a écrit : « Un homme né chrétien et français se trouve :

contraint dans la satire : les grands sujets lui sont défendus. » Entendez : les questions touchant au pouvoir royal, à la papauté, aux affaires religieuses. Cet élément de satire politique était nouveau, et c’est par là que les Lettres persanes diffèrent des Caractères dont elles sont

par ailleurs une sorte de suite. Montesquieu quitte alors l'air de détachement qu'il affecte en général, et change sa raillerie amusée en une ironie cinglante.

Enfin, dans les lettres où il traite du despotisme, du droit des gens, de la liberté de conscience, de la population et de la dépopulation, des finances, de la différence des gouvernements européen et asiatique, Montesquieu se montre déjà préoccupé des questions de jurisprudence et donne les premiers linéaments de l'Esprit des lois. On y trouve jusqu’à ce goût de l’utopie, si fréquent au xvinm° siècle : c’est l'épisode des bons Troglodytes, chez qui règne le bonheur par la vertu et l'égalité, et qui annonce le prochain avènement du « bon sauvage ».

On voit tous les inèate d'intérêt que contiennent les Lettres persanes et qui, par leur variété, contribuent à en faire une lecture des plus attrayantes. Le livre fait date dans l’histoire de la littérature, parce qu’il marque la première apparition de Ja satire politique dans la peinture des mœurs ; dans l’hisioire de la langue, parce que l'exemple du style brillanté et de la phrase morcelée de Dons ouvrait la voie où allait s’engager la prose du xvrrr° siècle.

Depuis 1728, Montesquieu travaille à l'Esprit des lois.

: Les Considérations n’en sont

et de la décadence des qu'un fragment, qui à pris

RE un développement trop con- ” sidérable pour tenir dans le cadre général de l'ouvrage. Aussi bien le sujet qu'y abordait Montesquieu n'était pas nouveau pour lui. I avait, dès l’année 1716, composé une Dissertation sur la politique des Romains dans la religion. Cette fois, traitant la matière dans son ensemble, il va suivre l’ordre des temps et indiquer quelles causes ont successivement travaillé à la grandeur, puis à la décadence des Romains. Les causes de la grandeur sont, d’abord, le mérite personnel des rois ; puis, au temps de la république, les vertus romai-

« Considérations sur les causes de la grandeur

570 LE XVIIIS SIÈCLE.

nes, passion de l'égalité, religion du serment, obéissance aux lois, bon sens pratique et, parmi les défauts même du caractère national, cette duplicité qui se tourne en habileté politique, Les causes de la décadence sont : l'agrandissement démesuré de l’empire, les guerres lointaines, la disparition de la classe moyenne, la COFFRE tion des mœurs.

Ici ericore Montesquieu avait eu un modèle : Bossuet, dans deux chapitres de l'Histoire universelle. Mais voici là différence essentielle, Pour BossSuet, c’est Dieu qui tient « le fil de toutés les affaires » : les hommes né sont maîtres que du détail des événements. Montesquieu se passe de la Providence et écarte l’action de toute cause extérieure aux événements : c’est à l’intérieur qu'il se place et c’est du seul enchaînement des faits qu'il tire leur explication. Il considère que le pouvoir des idées en marche, les passions des hommes, l’action et la réaction des causés et des effets suffisent à rendre Compte de tout et règlent le cours de l’histoire.

Ce n’est pas la fortune qui domine le monde. 11 y a des causes cénérales, soit morales, soit physiques, qui agissent dans Chaque monarchie, l’élèvent, la maintiennent ou la précipitent ; tous les accidents sont soumis à ces causés ; el si le hasard d’une bataille, c’est-à-dire une cause particulière, a ruiné un État, il y avait une cause générale qui faisait que cet État devait périr par une seule bataille : en un mot, l’allüre principale entraîne avec elle tous les accidents particuliers.

Telle est pour Montesquieu cette philosophie dé l'histoire, dans laquelle n'entre plus aucuñ élément emprunté à la théologie. Les anciens auraient dit qu'il avait ramené l’histoire du ciel sur la terre. Le fait est que de son œuvre dérive la conception moderne, de l’histoire.

C’est dans l'Esprit des lois que Montesquieu a mis le

« L’Esprit des lois », résultat du travail et des

méditations de toute sa vie. Sa pensée est contenue dans lx définition même qu'il donne de la loi en laquelle i!

voit non le résultat du caprice et de l'arbitraire, mais le produit de facteurs impersonnels : « Les lois, dans la signification la plus étendue, sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses. » Montesquieu va donc examiner comment les lois se forment sous l'influence du gouvernement, du climat, de la religion, des mœurs.

L'ouvrage comprend trente et un livres : Livres 1 à vit. Les lois par rapport à la nature du gouvernement. Il y a trois formes de gouvernement, monarchie, république, despotisme, correspondant à trois sentiments : honneur, vertu, crainte. Chaque gouvernement périt par l’exagération de son principe, — Livres 1x à x. Les lois par rapport à la liberté. La liberté est garantie par la distinction des trois pouvoirs, dont l’un fait les lois, un autre les applique, et le troisième les exécute. C’est à ce propos que Montesquieu décrit la constitution anglaise, à laquelle vont toutes ses pré-

férences. — Livres xIrv à xvur. Les lois par rapport à la nature du climat et du terrain. Origine de l’esclavage. — Livre xix. Les lois par rapport aux mœurs. — Livres xx à xxrr. Les lois par rapport au commerce, à la monnaie, à la population. — Livres xxiv et xxv. Les lois par rapport à la religion. — Livres

xxvi à xxx. Ces derniers livres sont historiques, et contiennent l’histoire du droit de succession chez les Romains et chez les Francs et l’étude des lois féodales.

Sur toutes ces matières et en dépit d’erreurs de détail, Montesquieu projetait une lumière toute nouvelle. Sa seule erreur grave, qui lui vient de son temps, est la conception d’un état de nature qui aurait été contemporain d’une ère de paix universelle. La guerre aurait commencé avec la constitution des sociétés. C’est l’idée que reprendra J.-J. Rousseau, en l’amplifiant hors de toute mesure pour en faire la base paradoxale de tout un système philosophique, utopique, et nettement anti-social.

Montesquieu qui propose maintes réformes, ne souhaile nullement une révolution : « Si je pouvais faire

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en sorte que tout le monde eût de nouvelles raisons pour aimer ses devoirs, son prince, sa patrie, ses lois, qu’on pût mieux sentir son bonheur dans chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque poste où l’on se trouve, je me croirais le plus heureux des mortels. » Mais les idées, une fois lancées dans la circulation, ne s'arrêtent plus. Les idées de Montesquieu ont en partie inspiré la Révolution de 1789. Elles ont été promptement dépassées et remplacées par d’autres qui en étaient la négation. C’est plus tard, au temps de la monarchie parlementaire, que l’Esprit des lois deviendra comme le manuel politique des hommes d’Etat.

L'idée principale et la plus féconde de toutes celles qu'on doit à Montesquieu est celle de la dépendance qui, dans l’ordre des choses de l'esprit comme dans celui de la nature, rattache la formation de l'individu à tout ce qui l’entoure. C’est déjà la théorie du milieu appelée à jouer un si grand rôle au siècle suivant, et d’où est sorti le renouvellement de la critique.

Ce qui manque à Montes-

quieu, dans ses divers ouvra-

Montesquieu écrivain. ges, c’est l’art de la compo-

sition. Il ne prend pas la

peine de lier ses idées : il n’a

pas un plan fait de larges vues d'ensemble. Il a beau-

coup lu, médité plus encore ; il a pris des notes : il nous

les présente sans s’astreindre à une suite très rigoureuse

et pour ainsi dire en ordre dispersé. Ce trait est carac-

téristique. Il distingue Montesquieu des écrivains du

siècle précédent, qui ont, avant tout, le souci de l’ordre et de l’enchaînement.

Ce caractère fragmentaire se retrouve dans son style : les phrases y sont découpées, hachées, comme le sont les chapitres. C’est, suivant le mot de Buffon, un style sautillant. Montesquieu procède par accumulation de traits également forts, sans s'occuper de la progression. Il y a, en outre, dans ce style, de l'affectation et de la recherche. M"° du Deffand appelait l'Esprit des lois « de

l'esprit sur les lois », et Voltaire se demandait s'il étail convenable de « faire le goguenard dans un ouvrage de jurisprudence ». Ces mots fameux portent la marque de l’exagération qui provient de la malveillance, mais ils contiennent une part de juste critique. Si les Leitres persanes annoncent par endroits l'Esprit des lois, à son tour l’auteur de l’Esprit des lois est resté par certains côtés celui des Lettres persanes.

Néanmoins, par l'éclat, par la précision et la propriété des termes, le style de Montesquieu est d’un grand écrivain. Ce qui était nouveau, c'était d'appliquer ces qualités de Style à des matières qui, jusque-là, ne les comportaient pas. La politique et la jurisprudence, avant Montesquieu, n’avaient donné lieu qu’à des travaux d’érudition ou à de sèches nomenclatures : elles entrent avec lui dans la littérature.

11, = BUÜUFFON:

Ce que Montesquieu vénait

de faire pour la jurispru-

Sa vie ; son caractère. dence, Buffon le fera pour l’histoire naturelle. Georges-

Louis Leclerc de Buffon

est né à Montbard, près de Dijon, le 7 septembre 1707. Il était fils d’un conseiller au parlement de Bourgogne. Il fit ses études au collège de Dijon et ne s’y distingua que par un goût pour les mathématiques dont il revint plus tard. S’étant lié avec le duc de Kingston, il fit avec lui son seul voyage, en Italie et à Londres. En 1733, un Mémoire qu'il adressa à l’Académie des sciences lui valut le titre de membre adjoint. En 1735, il traduit de l’anglais la Statique des végétaux de Hales, en y ajoutant une préface qui fit du bruit. En 1740, il traduit le Traité des fluxions de Newton. Rien n’annonçait encore l'écrivain de génie. Ce fut une occasion qui détermina la direction que Buffon devait donner à ses études. Nommé à la direction du Jardin du Roi, après la mort du savant Dufay, il se consacra désor-

574 LE XVIHE SIÈCLE. :

mais à l’histoire naturelle. En 1749, parurent les trois premiers volumes de l'Histoire naturelle générale et

Archives photograph iques

BUFFOoN D’après le buste de Houdon (Musée du Louvre),

Celui que philosophes et encyclopédistes se sont évertués à discréditer est une des grandes figures du xvirre siècle, Savant à l’imagination de poète, son œuvre dont la valeur scientifique est aujourd’hui reconnue est la Première où la Nature nous apparaisse dans la grandiose majesté de sa puissance et de son mystère.

particulière. Buffon en publia quinze volumes avec

divers collaborateurs, dont le principal fut Daubenton.

Grand savant doublé d’un grand écrivain, il fut à la

fois de l’Académie des sciences et de l’Académie française. Il est mort à Paris le 16 avril 1788.

Buffon est une des plus hautes figures du xvrrr° siècle. Ce qui le caractérise, c’est une dignité un peu solennelle, qui contraste avec le laisser aller de beaucoup de ses contemporains, philosophes et encyclopédistes. Ceux-ci ne l’aiment pas : ils lui en veulent de ne pas s'associer à leurs violentes campagnes et de ne pas faire de la science une arme contre la religion. Ils le raillent, le traitent de « grand phrasier », insinuent que son Histoire naturelle n’est « pas si naturelle que cela », répandent la légende que pour écrire il met des manchettes de dentelle. La vérité est que, se tenant à l'écart des coteries et des salons, Buffon ne vit que pour son œuvre.

C’est à Montbard, où il passe la plus grande partie de l’année, qu’il faut le voir, dans la régularité méthodique de ses journées dont un contemporain nous décrit ainsi l’immuable emploi : « À cinq heures il se lève, s'habille, se coiffe, dicte ses lettres, règle ses affaires. À six heures il monte à son cabinet qui est à l’extrémité de ses jardins... À neuf heures, on lui apporte son déjeuner... Il travaille ensuite jusqu’à deux heures. Il dîne... À cinq heures, il retourne à son cabinet, se rémettre à l’étude jusqu’à sept heures... Telle a été sa vie pendant cinquante ans ». C’est ainsi qu'il a pu élever un monument qui domine la science du xvirr° siècle et qui, aujourd'hui encore, s'impose au respect des savants.

Ceux-ci ont vengé Buffon

des dédains intéressés de ses

« L'Histoire naturelle ». contemporains. Ils reconnais-

sent chez Buffon tous les

traits du véritable esprit

scientifique : absence de toute idée étrangère à la science

et qui risque d’en fausser les données, constant recours à l’observation, soumission à l’objet.

L'Histoire naturelle parut de 1749 à 1788, en 366 volu-

976 LE XVILHC SIÈCLE.

mes comprenant les divisions suivantes : Théorie de la Terre. Histoire de l'homme. Histoire des quadrupèdes. Histoire des oiseaux. Histoire des minéraux. Epoques de la nature.

Dans la partie consacrée à l'étude des animaux, la méthode adoptée par Buffon est celle de la description. Il faut voir beaucoup ; puis décrire, « sans préjugé, sans

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