‹ Histoire de la littérature française (volume 3)Chapitre 156 sur 294 · Voyez Chap. XX VII · texte numérisé non relu

Voyez Chap. XX VII

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dants ‘: et combien a-t-on perdu de ces lettres, improvisées au milieu des innombrables occupations de cette vie fiévreuse ! On saisit ici sur le vif l'activité de Voltaire, sa curiosité téujours en éveil, sa pensée toujours en mouvement et la merveilleuse variété de sa fantaisie. Nous n'avons pas de correspondance plus vivante et plus vraie : non certes qu'il n’y déguise pas souvent la vérité et que ses lettres ne soient souvent des lettres de combat ou des lettres diplomatiques. Mais il est si spontané, si impulsif, qu’elles se corrigent l’une par l’autre et qu'intrigues, manœuvres, habiletés, mensonges, tout y devient apparent, tout s’y trahit, tout s’y dénonce et cela, on peut le dire, à tel point qu'il n’y à pas de réquisitoire contre lui qui n’aille s’alimenter dans sa correspondance. Il écrit à chaque instant les quatre lignes qui suffiraient à le faire pendre. On connaît bien M"° de Sévigné quand on l’a lue :; je crois qu'on connaît encore mieux Voltaire, On n’est jamais sa dupe, mais on reste constamment son admirateur.

Ses principaux Correspondants sont : ses nièces, — M"° du Deffand, celle qu'il appelait « l’aveugle clairvoyante », car cette femme qui avait perdu l’usage de la vue à été une des plus spirituelles et des plus intelligentes du siècle ; — le duc de Choiseul et la délicieuse duchesse, pour laquelle Voltaire se mit toujours en frais de fantaisie ; — le maréchal duc de Richelieu : — les d’Argental qu’il nomme ses « anges » ; — son médecin, le Genevois Tronchin ; — d’Alembert qui est à Paris comme son chef d'état-major ; — Frédéric IT et Catherine IT, — et des comédiens et des hommes de lettres et des gens d’affaires. Personne n’a su comme Voltaire donner à un compliment, à une petite nouvelle, au récit d’un léger incident un tour aussi charmant, aussi imprévu. Personne n’a sy mieux que lui, ni même avec autant d’aisance, prendre le ton qui convenait à chacun de ses correspondants et aborder le genre de sujets qui lui plaisait. Jamais, quand il le fallait, on n’a su mêler à des éloges plus adroits des réserves plus fines.

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