‹ Histoire de la littérature française (volume 3)Chapitre 179 sur 294 · NT) 10 NP ORPI V9 SP RP IT SR RAA I SP · texte numérisé non relu

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Grand voyageur, Chateau-

CRT ENS : briand n’a pas seulement L’ « Itinéraire de Paris ., P Si tiré de ses voyages le cadre à Jérusalem ».

- et la couleur de ses récits romanesques ; il a cru pouvoir en outre publier ses « notes de voyage » plus ou * moins retouchées. Le voyage en Amérique lui a servi pour cette vaste « épopée de l’homme primitif », les Natchez (1798-1826), où il décrit les mœurs des sauvages de la Louisiane, sous l’influence des idées de Jean-Jacques Rousseau, et à laquelle se rattachent Afala et René ; il n’en a pas moins publié le Voyage en Amérique (1827) qui contient de belles pages descriptives. I! faut signaler surtout l’Itinéraire de Paris à Jérusalem (1811) dont le succès a tourné l'attention des littérateurs vers l'Orient, et qui a déterminé en littérature

et en art le grand courant de l’orientalisme.

Pendant longtemps les Etudes historiques, qui n'ont paru qu'en 1831, ont passé .pour une vulgaire besogne de librairie. En féalité, lou- \ragé, annoncé à la fin des Martyrs, est contemporain,

Les « Études historiques ».

Me RÉCGAMIER A L'ABBAYE-AUX-BoIs

(D'après la lithographie, par Aubry Lecomte, du tableau de Dejuinne),

Une petite chambre au second étage d’une maison de retraite, tel était ce salon où pendant vingt ans s’empressèrent toutes les illustrations du talent, de la naïssance et de la fortune, faisant leur cour à la grâce de la maîtresse de maisoh et au génie de son hôte illustre, Mmè Récamier est étendue à dernisür le lit de repos où David l'avait peinte. Au mur, le tableau de Gérard, Corinne au Cap Misène, évoque le souvenir de Me de Staël; cependant que la harpe donne la note ossianesque et romantique.

pour la plus large part, des grandes œuvres de Chateaubriand ; celui-ci l’a conçu de propos très délibéré, et non pas du tout pour satisfaire à des besoins pécuniaires ; dessein longuement müûri et très laborieusement

poursuivi : « Le plus long et le dernier travail de-ma vie, disait Chateaubriand, celui qui m'a coûté le plus de recherches, de soins et d'années, celui où j'ai peutêtre accumulé le plus d'idées et de faits ».

- On ne peut que lui donner raison. I y à beaucoup d'érudition dans les £tudes historiques ; Chateaubriand remontait aux sources et, à cet égard, il a donné à ses successeurs un exemple qui n’a pas toujours été scru- -puleusement suivi. De plus, les admirables pages, les ‘rands et vivants tableaux d'ensemble, les formules saisissantes, les beaux portraits abondent dans ces quatre volumes. Enfin, parmi toutes les vues originales et pénétrantes que Chateaubriand a semées à profusion dans ce livre, il faut signaler celle qui en forme comme 1° armature intérieure : l’auteur a voulu prouver par l’histoire que l’idée de progrès n’est nullement inconciliable avec l’idée chrétienne, et il s’est proposé de réconcilier Bossuet et Voltaire, la philosophie du Discours sur l'Histoire universelle et celle de lEssai sur les mœurs. Ainsi qu'il l’a dit lui-même, il a, dans ses Etudes historiques, complété le Génie du Christianisme.

Commencés à Rome en L Mémoires d'où 1803, achevés en 1847, les er SPORE Mémoires d’outre-tombe ont

tre-tombe ». paru d’abord en feuilleton dans la Presse, après la mort du grand écrivain. Cette œuvre, qu’il a si longtemps portée en lui-même et qui fut son œuvre de prédilection, est peut-être la plus significative de toutes celles qu’il nous a laissées ; car c’est le seul de tous ses livres où il se soit mis tout entier, le seul où il ait déployé librement tous les aspects de son génie ét toutes les contradictions de son cœur. Ce que sont les Confessions dans l’œuvre de Rousseau, les Mémoires d'outre-tombe lc sont dans l'œuvre de Chateaubriand.

» C’est d’ailleurs pour suivre l'exemple de Rousseau que Chateaubriand a entrepris ses Mémoires. Lui-

même, dans une lettre à Joubert, nous le laisse clai-

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rement entendre : «Ce ne seront point, écrivait-l, des confessions pénibles pour mes ais... Ce n'est pas qu’au fond j'aie rien à cacher ; je n’ai ni fait chasser une servante pour un ruban volé, ni abandonné mon ami mourant dans la rue, .ni déshonoré la femme qui m'a recueilli, ni mis mes bâtards aux Enfants trouvés

mais j'ai eu mes faiblesses, mes abattements de cœur ;

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