LAMARTINE REVENANT DE L'HOTEL DE VILLE
(D'après une eslampé de Trichet).
Poèle égaré dans la politique, mécontent de la place qui lui est faite à la Chambre, el gagné à l'idéologie humanitaire, Lamartine par son Histoire des Girondins et sa campagne des banquets, provoqua la révolution de février 1848. Le voici dans l’enivrement d’une popularité qui devait être sans lendemain.
et dans Vergniaud, et qui, en cours de route, passe du parti des Girondins à celui des Montagnards. C’est dire que la valeur historique de l’œuvre est nulle. On à justement reproché à l’auteur des Girondins d’avoir « doré la guillotine ». Lui-même s’est repenti d’avoir fait une
« concession menteuse à cette école historique de la
évolution qui a attribué un bon effet à une détestable cause et qui prétend que la Terreur a sauté la Patrie ». Et ce démenti qu'il s'adresse à lui-même est encore une preuve de sa noblesse d'âme.
La mode après J.-J. Rousseau et Chateaubriand est aux confessions, Des Confidences (1849) de Lamartine se détachent une délicieuse idylle Graziella (1852), où Lamartine a poétisé l'épisode napolitain de sa jeunesse en des pages qui ont la fraîcheur et le charme naïf de Paul et Virginie, et un roman Raphaël (1849) qui transpose dans la demi-réalité d’un récit en prose l'idéal épisode d’Elvire. :
Lamartine s’est encore essayé au roman populaire dans Geneviève (1851) dont on:a retenu l’émouvante
Prière de la servante » et dans le Tailleur de pierres de Saint-Point (1851). Enfin, les dernières années de sa vie ont été remplies par la composition de ce Cours Jamilier de Littératare (1856-1869) dont les 128 Entretiens contiennent, avec beaucoup de fatras et de compilation, de beaux morceaux et cette poétique merveille : La vigne et la maison.
Aucun écriväin n'a réalisé plus complètement l’idée L'écrivain. que nous aimons à nous faire
du poète considéré comme un être inspiré, écrivant sous une sorte de dictée d’en haut :
‘Je chantais, mes amis, comme l’homme respire,
Comme l'oiseau gémit, comme le vent soupire, Comme l’eau murmure en coulant.
De là une facilité, qui ne va pas sans entraîner des négligences : Lamartine s’est lui-même qualifié de n’être qu'un «amateur distingué ». Mais de là aussi ce naturel, cette aisance, ce quelque chose de fluide, d’aérien. Nul autre poète n’a usé de mots aussi peu chargés de matière, aussi propres à traduire les sentiments les plus épurés :
Tout ce qui monte enfin, ou vole, ou flotte, ou plane.
Une telle poésie est vraiment la musique de l'âme.
RENIXSSTÈCLE
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VE =MNICTOR TEGO:
Victor Hugo est né le 26 février 1802, à Besançon, Sa vie ; son caractère. « vieille ville espagnole »,
« d’un sang lorrain et bre-
ton à la fois ». Son père, « vieux soldat », le général Léopold Sigisbert Hugo, était fils d’un menuisier, petit-fils d’un cultivateur. Sa mère, « vendéenne », Sophie Trébuchet, était fille d’un capitaine au long cours. De son père Victor Hugo tient son culte pour Napoléon [°, dont la grande figure a hanté son imagination. De sa mère lui est venue sa première ferveur royaliste. À la suite de son père, et avec ses deux frères, Abel et Eugène, il fit en 1807, âgé de cinq ans, un séjour en Italie, puis, en 1811, à neuf ans, un séjour plus prolongé en Espagne, où il fut mis au collège dés Nobles :
J'ai des rêves de guerre en mon âme inquièle, J'aurais été soldat si je n'étais poète...
Avec nos camps vainqueurs dans l’Europe asservie J'errai, je parcourus Ja terre avant la vie.
L'Espagne, par la nature de son sol et de son ciel comme par son génie, exerça sur l'esprit de l’enfant une influence profonde dont on retrouvera maintes traces dans l’œuvre du poète, Au retour, la famille s'installa dans une maison, située derrière le Val-de- Grâce, qui était un ancien couvent de Feuillantines. Victor Hugo, qui y a vécu de 1808 à 1813, en a immortalisé le souvenir et célébré le jardin « grand, profond, mystérieux », qui abrita sa jeune rêverie.
Mis à la pension Cordier pour se préparer à l’École polytechnique, Victor Hugo y fit surtout des vers et . prit part à des concours pour l’Académie française (Avantages de l'étude), ou pour les Jeux Floraux de Toulouse (Les Vierges de Verdun, le Rétablissement de ia Statue de Henri IV et Moïse sur le Nil).. En 182?
parut son premier recueil, les Odes, qui, complétées, deviendront en 1828 les Odes et Ballades. Doué d’un tempérament de chef d'école, il groupe autour de lui
Cliché Bulloz,
Vicror HuGo À 16 Ans (D'après le portrait par J. Duvidal de Montferrier).
Ce vase front, ces yeux profonds et bien ouverts sous les sourcils écartés, des yeux qui déjà ont vu Napoléon, l'Espagne, le retour de l’Aigle, les Bourbons, ce visage pensif, c’est bien là le portrait de « l’enfant sublime » en qui Chateaubriand saluait son successeur. Jamais figure enfantine n’a porté à ce degré la marque du génie.
un Cénacle composé de Sainte-Beuve, Louis Boulanger, Antony et Émile Deschamps. C'est Jui qui, en 1827, 1édige le manifeste de l’école romantique dans la Pré-
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face de Cromwell, et lui qui, avec son drame de Hernant (1830), livre la bataille au théâtre. L'année suivante, il donne dans son roman de Notre-Dame de Paris (1831) un chef-d'œuvre inspiré des idées du Génie
Cliché Bulloz
Mme Vicror HuGo (D’après son portrait par Louis Boulanger).
Voici, dans sa fière beauté et son port de déesse, celle à qui sont
adressées les Lettres à la fiancée, Adèle Foucher, que le poète épousait à vingt ans.
du Christiänisme !. Il fut reçu à l’Académie française le 3 juin 1841.
Membre de la Chambre des pairs sous la monarchie de Juillet, il fut, en 1849, envoyé à l’Assemblée cons- Utuante par la Ville de Paris. Désormais il prend une
1. Voir au chapitre du Roman, au xixt siècle, l'étude sur Notre-Dame de Paris.
part aclive au mouvement politique et accentue de plus en plus sa tendance démocratique et humanitaire. D'abord partisan du prince Louis Napoléon, puis exilé après les événements de 1851, et refusant de rentrer en France tant que durerait l'Empire, il passa ces dix-huit années à Bruxelles, puis à Jersey, enfin à Guernesey dans sa maison de Hautéville-House.
Le départ pour l'exil met une coupure dans la vie de
Victor Hugo et détermine une période nouvelle et particulièrement féconde dans son œuvre. C’est alors que parurent ses plus beaux livres : Les Châtiments (1853), Les Contemplations (1856), La première ‘série de la Légende des siècles (1859), Les Misérables (1862). .… Rentré à Paris après la révolution du 4 septembre, il fit partie des différentes assemblées législatives et devint une sorte de personnage représentatif, une idole de la démocratie. 11 continuait d’ailleurs de produire, avec une fécondité intarissable des recueils de vers dont plusieurs ne parurent qu'après sa mort.
Il mourut le 22 mai 1885, à l’âge de quatre-vingt-trois ans. Ses funérailles furent une sorte d’apothéose. Ses restes ont élé déposés dans la chapelle désaffectée du Panthéon.
L'œuvre de Victor Hugo est considérable par la variété
Le poète lyrique!. des genres et des sujets,
comme par l'extraordinaire virtuosité du poète.
C’est par la poésie lyrique que Victor Hugo a débuté. Dans les Odes, puis dans les Odes el Ballades, il subit