Voici la lise des principales œuvres de Victor Hugo
Premier volume des Odes (1822) ; — Han d'Islande (1823); — Bug-Jurgul (1825) ; —— Deuxième volume des Odes (1826) ; — Cromwell (1827); — Odes el Ballades (1828) ; —.Les Orientales (1829) ; — Le Dernier Jour d'un condamné (1829); — Hernani (1830) ; — Marion Delorme (1831); — Notre-Dame de Paris ; Les Feuilles d'automne (L831); — Le Roi s'amuse (1832); — Lucréce Borgia; Marie Tudor (1833) — Littérature et philosophie mélées (183%) ; — Angelo (1835) ; — Les Chunls du crépuscule (1835); — Les Voix intérieures (1837) ; — Ruy Blus (1838) ; — Les Rayons el les Ombres (1840) ; — Le Rhin (4842); — Les Burgraves (1843); — Nupoléon le Petit (1852) ; — Les Chäliments (1853) ; — Les Contemplalions (1856);
— La premiére série de la Légende des siècles (1859 — Les Misérables (1862); -
l'influence de Chateaubriand et de Lamartine et, à leur exemple, demande son inspiration à la double foi royaliste (Quiberon ; la Mort du duc de Berry ; la Naissance du duc de Bordeaux) et catholique (Vision ; Dernier. Chant ; la Lyre et la Harpe ; Dévouement). Il emprunte en outre des thèmes poétiques à un certain moyen âge de convention alors à la mode. L’auteur débutant cherche sa voie, étudie son métier, soucieux d’acquérir la maîtrise de la forme, la science du rythme et de la rime comme l’attestent telles pièces (la Chasse du burgrave ; le Pas d’armes du roi Jean), qui sont comme des tours de force ou des exercices d’assouplissement. C’est dans les Orientales (1829), qu'il révèle son originalité. Toujours soucieux de l’actualité, il ne pouvait manquer de « vibrer » aux événements qui tournèrent vers la Grèce et l’Orient l’attention de l’Europe tout entière, et qui venaient d’inspirer à Casimir Delavigne (1793-1843), écrivain de transition entre le classicisme el le romantisme, ses Messéniennes (1818) dont la popularité fut immense. Le poète n’avait pas visité les lieux qu'il évoquait : il les imaginait d’après sa vision intérieure. Un «visionnaire », c’est ce que Victor Hugo ne cessera jamais d’être. Les Orientales sont une date dans l’histoire de notre poésie, où elles font entrer la couleur. Dans les recueils qui suivent : Les Feuilles d'automne (1831), les Chants du crépuscule (1835), les Voix intéricures (1837), les Rayons et les Ombres (1840), maître désormais de sa forme, et revenant à une poésie plus intime, Victor Hugo chante les émotions qu'’éveillent en Jui la vie et ses multiples spectacles. Tout, dit-il, Fait reluire et vibrer mon âme de cristal,
Mon âme aux mille voix que le Dieu que j'adore Mit au centre de tout, comme un écho sonore.
William Shakespeare (LRG4) ; — Chansons des rues el des bois (1865) ; — Les Travailleurs de la mer (1866) ; — L'homme qui rit (1869) : — L'année terrible (1872) ; — Quatre-vingt treize (1874); — Avant l'exil, pendant l'exil, depuis l'exil (1875) ; — Douxieme série de la Légende des siècles (176) ; — Histoire d'un crime ; L'art d'élre grand-père (1877); — La Pitié supréme (1879) ; — L'Ane (1880) ; — Les quatre vents de l'esprit (1881); — Torquemada (1882) ; — Troisième série de Ja
Légende des siècles (188%); — La fin de Satan (886); — Dieu (1886).
ls sont les thèmes dont il s'inspire le plus sou. vent ? Certes on retrouverait chez Victor Hugo, poète
FD E es
Cliché G, Bouchetal.
FRAUENFELS (D’après un dessin à Ja plume de Victor Hugo).
Les dessins de Victor Hugo, dont on possède uné importante collection nous aident à comprendre le génie du poète : Cessins Ce visionnaire caractérisés par les violentes oppositions ‘e lumière et d'ombre, ainsi qne par un tour d'imagination qui donne à la réalité une apparence fantastique,
lyrique, les grands thèmes éternels que Bamartirre avait fait rentrer dans la pôésie : ainour, mort, Señtiment de ja nature et de l'infini. Il les traite avec éclat, mais sans y apporter un. accent très personnel €t y mettre sa marque, Son apport au répertoire lyrique est différent.
D'abord les émotions de la famille. Il a mis dans ses vers toute sa famille, son père « ce héros au sourire si doux », sa mère dont il fait gratuitement une brigande vendéenne, ses frères et lui-même, ses souvenirs d’enfañce, sa tendresse pour sa femme et pour ses enfants. Alors que notre littérature classique faisait si peu de place à l'enfance, il est le premier qui en ait parlé adinirablement., On a pu faire tout un livre, et qui est uh chef-d'œuvre de sensibilité et de grâce, en réunissant lés pièces qu'il a consacrées aux enfants.
On en a fait un autre avec les pièces consacrées à l'Empereur, Victor Hugo a été l’un des ouvriers les plus puissants de ce qu’on à appelé la « légende napoléonienne ». Depuis le début de son œuvre, il est hanté par l'image de Napoléon. Au temps de sa ferveur royaliste, il représente Napoléon comme un fléau de Dieu, mais il en parle, Puis l’adiñiration éclate, et, dans: des pièces telles que Bounaberdi, ‘Lui, bien d’autres eñcore, il célèbre Napoléon promenant ses bataillons vainqueurs à travers l’Europe et revenant joyeux dans sa ville capitale aux acclamations de tout un peuple. Enfin, dans ses dernières pièces, il va dire le Napoléon de l'exil, frappé tout à la fois dans ses rêves de domidation universelle, dans sa gloire et dans son affection de père.
Puis c’est le reflet des événements du jour, publics et privés, les naissances et les morts, les fêtes et les deuils, les cérémonies et les cortèges, les variations de la politique et jusqu'aux faits divers qu'il habille du manteau somptueux de ses rimes. Ajoutez des lieux commüns de morale : il faut faire l’aumône (Pour les pauvres), il faut prier pour tout le monde (Prière pour tous), il ne faut pas se suicider (11 n'avait pas vingt
ans), etc. Dans foute celte poésie nè cherchons ni une pensée très originale, ni toujours une émotion très profonde. Ce qui est admirable, c'est la richesse du cadre, du décor, du vêtement. C’est une symphonie où l’idée
vaut moins par elle-même que par les variations savantes et la splendide orchestration.
Pendant là période qui va dé la bataille de Hernant à l'échec des Burgraves (1843), Victor Hugo s’est partagé entre la poésie lyrique et le théâtre. Nous parlerons plus loin de sôn théâtre !. I1 nous suffira ici d’en faire niention én indiquant que par certains éléments, les uns de pamphlet, les autres d’épopée, il achemine le poète vers une nouvellé inspiration, satirique et épique.
L’exil va mettre Victor
Hugo dans des conditions de
Pendant l'exil. vie exceptionnelles qui, pro-
longées pendant dix-huit an-
nées, influeront profondé-
ment sur son génie. Dans la solitudé où sa volonté le
confine, n’écrivant plus au contact et sous l'œil de la so-
ciété, il se libère de toutes les entraves qui contenaient
son génie. En quotidienné contemplation avec l'Océan,
il s'adapte à la mesuré de son imrnénsité, et à la vio-
lence de ses colères. Le rôle de justicier qu'il s’attribue
grandit en lui démésurément le sentiment dé sa per-
sonfälité. Enfin là pratiqué du spiritisme, [a foi aux
tables tournantes achèvent de donner à son inspiration
ce caractère mystique, qui fait de lui en quelque sorte le vatés suivant la conception antiqué.
C’est d’abord la satire qui jaillit de sa colère de vaincu et d’exilé. Après les Tragiques d'Agrippa d’Aubigné, où des éclairs brillent dans beaucoup d’obscurité, après les Jambes inachevés de Chénier, et les Jambes encore d’Auguste Barbier où se
Le poète satirique. Les « Châtiments ».