LACORDAIRE
(D’après le portrait de Chassé:iau).
L'âme même de l’illustre dominicain transparaît dans ce visage ascétique et dans l’admirable regard de ces grands yeux ouverts sur l’au-delà, brille une lumière qu'on serait tenté de dire surnaturelle.
que l’abbé Lacordaire entra dans l’ordre des Dominicains. Il figure dans le mouvement de 1848 comme représentant du peuple. Il fut élu à l’Académie française en 1860. Il est mort en 1861. Esprit très ouvert, généreux et libéral, non point ennemi de son siècle mais bien désireux de le réconcilier avec l'Eglise, Lacordaire à su
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ranimer la prédication et la faire rentrer dans le grand courant de la pensée et de la vie contemporaines.
Il avait. commencé par prêcher avec un grand succès dans la chapelle du collège Stanislas. Il prononça dans la chaire de Notre-Dame, en 1835 et 1836, puis de 1843 à 1852, les sermons connus sous le nom de Conférences de Notre-Dame. 11 y renouvelle le genre de l’éloquence dé la chaire. D'abord, il élargit le cadre de l'ancien sernon, Le fond n’en est plus emprunté seulement au dogine et à la morale : considérations philosophiques, politiques, sociales, il y fait tout rentrer. C'est l’avantage de la prédication ainsi comprise, qu'en parlant aux hommes de son temps des questions qui les intéressent, Lacordaire leur fait reprendre le chemin. de l'Eglise, C’en est aussi le danger ; car on risque ainsi de’ faire de la chaire une succursale de la tribune. Ensuite, au point de vue proprement littéraire, Lacor. daife modifie profondément la forme du sermon, Plus de texte, plus de division par points ; mais une entière liberté d’allures. Outre les sermons, Lacordaire a prononcé plusieurs oraisons funèbres : son chef-d'œuvre en ce genre est l'Oraison funèbre du général Drouot (1847),
Lacordaire avait tous les dons de l’orateur : une voix, un peu faible et voilée au début, qui s'élevait peu à peu et vous enveloppait, le geste ample, sans exagération théâtrale. Surtout, on sentait en lui une passion ardente qui entraînait l'auditoire, En disant que Lacordaire a transporté le romantisme dans la chaire, on signale à la fois l'éclat et les écarts de son imagination et une sorte de lyrisme qui pénètre son éloquence.
A côté de lui le P. de Ravignan (1795-1858), qui appartenait à l’ordre des Jésuites, faisait contraste par la simplicité de sa parole élégante et persuasive.
Parmi les polémistes catholiques, il faut citer le plus vigoureux et le plus violent de tous : Louis Veuillot (1813-1883). Né d’une famille pauvre et sans posséder d'outre instruction que celle de l’école primaire, il embrassa la carrière du journalisme, Après un voyage