ÏV. — LE THÉATRE DE 1950 À
La réforme du théâtre était l'un des articles principaux du programme de la Pléiade.
Elienne Jodelle eut le mérite de composer la première tragédie et la première comédie imitées de l'antique.
C'était en 1552 un jeune homme de vingt ans doué d'une facilité merveilleuse qui fit illusion, Accueilii . à la cour, favorisé par la seconde Marguerite, sœur de Henri Il, Jodelle à rang de poète officiel. Mais il ne sait pas diriger son talent ; il est apte à tout et ne s'arrête à rien : il se disperse. Une vanité insensée est l’un des traits de son caractère. Il disait : « Un Ron: -sard a le dessus d’un Jodelle le matin, l’après-dîner un Jodelle l’emportera sur Ronsard. » Cette excessive confiance en soi lui attira de graves désagréments, et le rendit ridicule, Déréglé dans sa vie comme dans son lälent, il mourut à quarante et un ans (1573), non de faim, mais de ses désordres, Il avait imputé sa détresse au roi dans un sonnet dont on a retenu ce beau vers
La tragédie. Jodelle. La « Cléopâtre ».
Qui se sert de la lampe, au moins de l'huile y met.
En toute justice, il ne devait accuser que lui seul. Par sa Cléopâtre jouée devant le roi, Jodelle inaugure
chez nous l’histoire de la tragédie. La représentation eut lieu à l'hôtel de Reims et ensuite dans la cour du collège de Boncourt, les fenêtres servant de loges et la cour de parterre. Jodelle et ses amis, Jacques Grévin, Nicolas Denisot, Remi Belleau, La Péruse, étaient les acteurs.
Après la représenlation, ils célébrèrent à Arcueil une fête, elle aussi imilée de l'antique
on amena un bouc en grande pompe.
C'était une fantaisie d'’érudits. Les ennemis de Ronsard voulurent y voir une démons-